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	<title>Winckler's Webzine</title>
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	<description>Site personnel de l'&#233;crivain et m&#233;decin Martin Winckler (Dr Marc Zaffran)</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La caste hospitalo-universitaire fran&#231;aise est l'ennemie du syst&#232;me de sant&#233;</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/La-caste-hospitalo-universitaire-francaise-est-l-ennemie-du-systeme-de-sante</link>
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		<dc:date>2013-09-28T22:59:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler, Martin WInckler/Dr Marc Zaffran</dc:creator>


		<dc:subject>Politique sanitaire fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie pharmaceutique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Monde a publi&#233; le 14 f&#233;vrier 2009, dans le cadre d'un ensemble sur la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233;, un texte de mon cru. Il n'est plus accessible aux non-abonn&#233;s. En voici la version originelle, l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente. MW Le projet de loi 1210 sur l'h&#244;pital, et &#171; relatif aux patients, &#224; la sant&#233;, au territoire &#187; passe compl&#232;tement sous silence une contradiction majeure, principal obstacle &#224; une d&#233;livrance rationnelle et &#233;quitable des soins : Alors que la s&#233;curit&#233; sociale est un syst&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Politique-sanitaire-francaise" rel="tag"&gt;Politique sanitaire fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Industrie-pharmaceutique" rel="tag"&gt;Industrie pharmaceutique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Monde a publi&#233; le 14 f&#233;vrier 2009, dans le cadre d'un ensemble sur la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233;, un texte de mon cru. Il n'est plus accessible aux non-abonn&#233;s. En voici la version originelle, l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente. &lt;br class='manualbr' /&gt;MW&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi 1210 sur l'h&#244;pital, et &#171; relatif aux patients, &#224; la sant&#233;, au territoire &#187; passe compl&#232;tement sous silence une contradiction majeure, principal obstacle &#224; une d&#233;livrance rationnelle et &#233;quitable des soins : &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la s&#233;curit&#233; sociale est un syst&#232;me solidaire, les facult&#233;s de m&#233;decine poussent les professionnels &#224; penser en lib&#233;raux individualistes, loin de tout souci du bien commun. &lt;br&gt;
Et, de fait, la caste hospitalo-universitaire interdit toute &#233;volution du syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici pourquoi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
1&#176; La formation m&#233;dicale fran&#231;aise est &#233;litiste, violente et antiscientifique.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs de mes livres , de nombreux t&#233;moignages d'&#233;tudiants et d'enseignants publi&#233;s sur mon site ainsi que L'&#233;cole de m&#233;decine, documentaire en 10 &#233;pisodes de Marie Agostini (Arte, 2007) attestent qu'aujourd'hui encore la formation m&#233;dicale est violente, culpabilisante et humiliante pour les &#233;tudiants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le recrutement des &#233;tudiants en m&#233;decine ne repose pas sur les aptitudes &#224; soigner - qui peuvent &#234;tre identifi&#233;es - mais sur des crit&#232;res de s&#233;lection datant du 19e si&#232;cle. Par sa forme, son contenu et le traitement qu'il impose aux &#233;tudiant(e)s, le concours de premi&#232;re ann&#233;e est contraire &#224; l'&#233;thique et &#224; la raison. Il &#233;limine, de fait, des soignants potentiels de grande valeur et favorise les &#233;tudiants les plus susceptibles de se soumettre &#224; l'autorit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment peut-on pr&#233;tendre enseigner le soin &#224; des jeunes gens que l'on maltraite ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le recrutement archa&#239;que (par cooptation !) des professeurs de facult&#233;, leur inamovibilit&#233;, le cumul de leurs fonctions (enseignement + soins + recherche) et leur hypersp&#233;cialisation, par nature &#233;loign&#233;e des r&#233;alit&#233;s de terrain, favorisent l'autarcie intellectuelle et l'obscurantisme. Faute de s'accorder sur des consensus scientifiques valid&#233;s et r&#233;guli&#232;rement mis &#224; jour, les enseignements varient au gr&#233; des lubies des Professeurs de facult&#233; : nombreux sont ceux qui s'obstinent ainsi &#224; enseigner des notions obsol&#232;tes ou simplement inadapt&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; m&#233;dicale de terrain. Faute d'avoir re&#231;u une formation initiale rigoureuse les m&#233;decins sont ensuite incapables d'exercer le moindre esprit critique face &#224; une &#171; formation continue &#187; presque enti&#232;rement financ&#233;e par l'industrie. La seule revue m&#233;dicale notoirement ind&#233;pendante, Prescrire, n'est m&#234;me pas syst&#233;matiquement recommand&#233;e par les enseignants, tandis que l'examen national classant (ancien &#171; internat &#187;) contenait encore en 2008 des contre-v&#233;rit&#233;s scientifiques r&#233;voltantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment pr&#233;tendre d&#233;livrer &#233;quitablement les soins quand les soignants ne sont pas tous form&#233;s de mani&#232;re scientifique et critique &#224; l'&#233;gard des int&#233;r&#234;ts commerciaux ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&#176; Beaucoup d'hospitalo-universitaires poussent ouvertement leurs &#233;tudiants &#224; devenir sp&#233;cialistes hypertechniciens et manifestent le plus profond m&#233;pris &#224; l'&#233;gard de la m&#233;decine et de la chirurgie g&#233;n&#233;rale, dont la population a le plus besoin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Une fois connus les r&#233;sultats de l'examen national classant, nombre d'&#233;tudiants refusent d'opter pour les postes de m&#233;decine et de chirurgie g&#233;n&#233;rale, qui restent alors sans titulaires. Comment s'en &#233;tonner ? Nombre de doyens et d'enseignants leur d&#233;conseillent, ouvertement, de s'orienter dans ces directions ! Quand ils ont malgr&#233; tout choisi cette voie, les m&#233;decins et chirurgiens g&#233;n&#233;ralistes ne sont pas seulement sous-pay&#233;s et m&#233;pris&#233;s - ils ne sont m&#234;me pas associ&#233;s de mani&#232;re &#233;quitable &#224; la formation des futurs praticiens. En CHU, l'enseignement est, de fait, confisqu&#233; par des hypersp&#233;cialistes qui d&#233;nigrent ou d&#233;valorisent souvent la formation en &#171; hopitaux de r&#233;gion &#187;. Accepterions-nous aujourd'hui que la formation des instituteurs soit confisqu&#233;e par des professeurs de facult&#233; ignorants des r&#233;alit&#233;s d'une classe de CP ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
3&#176; Objectivement, les hospitalo-universitaires les plus influents n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; ce que les choses changent.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
En effet, beaucoup tirent leurs revenus de trois sources : des salaires publics ; des actes de m&#233;decine lib&#233;rale ; des honoraires vers&#233;s par des tiers (compagnies d'assurances, industrie pharmaceutique, agences de sant&#233; publique ou institutions d'&#233;tat). Cette confusion des revenus cr&#233;e in&#233;vitablement des conflits d'int&#233;r&#234;t majeurs. Les m&#233;dias fran&#231;ais ont d&#233;nonc&#233; (&#224; juste titre) le fait que les laboratoires Eli-Lilly aient financ&#233; la campagne 2004 de George W. Bush mais ignorent (ou feignent d'ignorer) que l'immense majorit&#233; des &#171; experts ind&#233;pendants &#187; consult&#233;s par les agences de sant&#233; nationales ont travaill&#233; ou travaillent pour l'industrie et occupent des postes de chercheurs ou d'enseignants ! &lt;br&gt;
&lt;i&gt;Comment les soignants pourraient-ils exercer de mani&#232;re conforme &#224; l'&#233;thique ou utiliser les ressources de mani&#232;re appropri&#233;e alors que leur formation est profond&#233;ment influenc&#233;e par des &#171; enseignants &#187; dont les revenus et les int&#233;r&#234;ts sont radicalement &#233;loign&#233;s du bien commun ?&lt;/i&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
4&#176; En France, toute critique de la caste hospitalo-universitaire et de son influence d&#233;l&#233;t&#232;re est condamn&#233;e au silence.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Pour sortir de cette contradiction il faudrait prendre des mesures radicales : supprimer les nominations de Professeurs &#224; vie ; interdire le cumul des fonctions d'enseignement, de recherche, de soin et de d&#233;cision ; r&#233;glementer le partage des t&#226;ches entre fonction publique et exercice priv&#233; ; surveiller strictement les relations avec l'industrie ; int&#233;grer des praticiens de terrain en exercice &#224; l'&#233;laboration des programmes et &#224; l'enseignement, au m&#234;me niveau de responsabilit&#233; que les sp&#233;cialistes hypertechniciens ; associer les associations de patients au contenu des enseignements ; favoriser les enseignements crois&#233;s : les m&#233;decins apprendraient beaucoup des infirmier(e)s, des kin&#233;sith&#233;rapeutes, des orthophonistes, des sage-femmes. &#192; commencer par l'humilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Il faudrait &#233;galement repenser enti&#232;rement le mode de s&#233;lection, en ayant pour objectifs de favoriser l'engagement des individus les plus soucieux du bien commun et de prot&#233;ger leur exercice professionnel des influences id&#233;ologiques, industrielles et commerciales. &lt;br&gt;
Mais pareille r&#233;volution est impensable : les hospitalo-universitaires ne tiennent pas &#224; ce qu'on remette en cause leur pouvoir et leurs privil&#232;ges. Ils ne tiennent pas &#224; ce qu'on pi&#233;tine leurs pr&#233;s carr&#233;s ou &#224; ce qu'on conteste leur autorit&#233; suppos&#233;e - morale, intellectuelle ou scientifique. Sur tous ces points, les silences du projet de loi refl&#232;tent le poids des hospitalo-universitaires - qui si&#232;gent &#224; l'Assembl&#233;e, ont leurs entr&#233;es aux minist&#232;res, re&#231;oivent les ministres et leurs familles dans leur cabinet ou leur clinique - et leur sugg&#232;rent ce qui est pensable et dicible et ce qui ne l'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, j'assurais une chronique scientifique matinale sur France Inter. Quelques interventions sur la collusion entre l'industrie pharmaceutique, le monde m&#233;dical et les m&#233;dias ont provoqu&#233; mon exclusion d&#233;finitive de la premi&#232;re cha&#238;ne de radio publique. Depuis, mes livres n'y sont m&#234;me plus mentionn&#233;s. Par crainte qu'ils ne contaminent les auditeurs, j'imagine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, j'assurais de modestes mais passionnants enseignements dirig&#233;s &#224; la facult&#233; de m&#233;decine Paris V. &lt;a href=&#034;http://www.martinwinckler.com/spip.php?article892&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une d&#233;nonciation de l'archa&#239;sme hospitalo-universitaire parue dans la revue &#171; La Vie Universitaire &#187; m'a valu d'&#234;tre remerci&#233; par le d&#233;partement de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale.&lt;/a&gt; De peur que je n'infecte l'esprit des &#233;tudiants, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inventer de nouvelles mani&#232;res de former les soignants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, personne n'interdit aux soignants de premi&#232;re ligne - g&#233;n&#233;ralistes, sages-femmes, infirmi&#232;res, kin&#233;sith&#233;rapeutes, dentistes - et aux professionnels de sant&#233; hospitaliers qui voudraient se joindre &#224; eux d'imaginer une &#171; &#233;cole de soignants &#187; qui travaillerait hors du cadre archa&#239;que et r&#233;actionnaire des institutions actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, un article sur ce th&#232;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin Winckler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une fac qui abrite des bourreaux peut-elle former des soignants ?</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/Une-fac-qui-abrite-des-bourreaux-peut-elle-former-des-soignants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.martinwinckler.com/Une-fac-qui-abrite-des-bourreaux-peut-elle-former-des-soignants</guid>
		<dc:date>2008-09-25T15:13:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2004, quand j'ai publi&#233; Les Trois M&#233;decins, j'ai re&#231;u quelques courriers d'&#233;tudiants me disant que les s&#233;vices impos&#233;s aux &#171; nouveaux &#187; dans les ann&#233;es 70 par les redoublants de 1&#232;re ann&#233;e de m&#233;decine, tels que je les d&#233;crivais dans mon roman, n'avaient plus cours en France. D'autres courriers - venus d'&#233;tudiants d'autres facult&#233;s mais parfois aussi des m&#234;mes... - me disaient le contraire. &#192; moins d'aller dans tous les amphis de P1 de France, il m'&#233;tait impossible de savoir si ce genre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2004, quand j'ai publi&#233; &lt;i&gt;Les Trois M&#233;decins&lt;/i&gt;, j'ai re&#231;u quelques courriers d'&#233;tudiants me disant que les s&#233;vices impos&#233;s aux &#171; nouveaux &#187; dans les ann&#233;es 70 par les redoublants de 1&#232;re ann&#233;e de m&#233;decine, tels que je les d&#233;crivais dans mon roman, n'avaient plus cours en France. D'autres courriers - venus d'&#233;tudiants d'autres facult&#233;s mais parfois aussi des m&#234;mes... - me disaient le contraire. &#192; moins d'aller dans tous les amphis de P1 de France, il m'&#233;tait impossible de savoir si ce genre de pratique existait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, voici ce qu'on pouvait entendre au journal de 7 heures sur RTL au matin du 25/09/2008 (et &lt;a href=&#034;http://www.rtl.fr/fiche/1019538/bizutage-quotidien-a-la-fac-de-medecine-d-amiens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne sur le site de la station&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Depuis dix ans, une loi interdit le bizutage en France. Et pourtant, il se pratique encore au quotidien. Information RTL : &#224; la facult&#233; de m&#233;decine d'Amiens, il faut &#234;tre redoublant ou copain avec un redoublant pour acc&#233;der &#224; l'amphi principal. Sinon, les s&#233;vices pleuvent. Les enseignants font mine de ne rien voir. &#187; &lt;/i&gt; Suivent plusieurs t&#233;moignages d'&#233;tudiant(e)s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peu apr&#232;s ce reportage (o&#249; il &#233;tait dit que l'administration n'avait pas voulu r&#233;pondre aux questions des journalistes...) le ministre a ordonn&#233; une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais s'il y a effectivement du bizutage en fac de m&#233;decine &#224; Amiens, ce sera &#224; la police de le d&#233;terminer, mais si c'est vrai, il n'y aucune raison de penser qu'il n'y en a pas aussi dans d'autres facult&#233;s de m&#233;decine fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici ce que dit la loi :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Code p&#233;nal - Article 225-16-1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors les cas de violences, de menaces ou d'atteintes sexuelles, le fait pour une personne d'amener autrui, contre son gr&#233; ou non, &#224; subir ou &#224; commettre des actes humiliants ou d&#233;gradants lors de manifestations ou de r&#233;unions li&#233;es aux milieux scolaire et socio-&#233;ducatif est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se taire, c'est &#234;tre complice &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a aucune excuse valable pour participer &#224; un bizutage - un bizutage, par l'humiliation qu'il provoque chez la victime est un viol, un point c'est tout ; et un viol est inexcusable - il n'y a aucune excuse non plus &#224; fermer les yeux quand on est responsable de l'amphith&#233;&#226;tre o&#249; ces violences se d&#233;roulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas acceptable de rester sans rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les t&#233;moignages &#233;tudiants, des professeurs sauraient que ces bizutages ont lieu : ils y auraient assist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'est vrai, et si ces enseignants sont au courant, ne disent-ils, ne font-ils rien ? Ils peuvent s'interposer (je ne connais pas beaucoup d'&#233;tudiants en m&#233;decine qui courraient le risque d'en venir aux mains avec un prof et de se faire virer de toutes les facs de France...). Ils peuvent refuser de faire cours dans ces conditions. Ils peuvent au moins d&#233;noncer cet &#233;tat de fait &#224; l'administration. Et s'ils l'ont fait, l'administration &lt;i&gt;doit&lt;/i&gt; faire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il ne faut pas laisser faire ou se laisser faire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une administration, il est tr&#232;s simple de faire quelque chose : tout &#233;tudiant surpris en train d'en maltraiter un autre doit &#234;tre vir&#233; des &#233;tudes de m&#233;decine. D&#233;finitivement. Imm&#233;diatement. Sans recours possible. La maltraitance, la violence, le viol, les coups et blessures sont punis par la loi. Les amphith&#233;&#226;tres de P1 seraient-ils une zone hors la loi ? Une zone de non-droit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment identifier les bizuteurs ? Tr&#232;s simplement : en invitant les personnes bizut&#233;es et les enseignants t&#233;moins de ces actions &#224; d&#233;poser plainte. Si les &#233;tudiants ET les enseignants le font ensemble, c'est encore mieux. Et il suffit de quelques &#233;tudiants soutenus par quelques enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents peuvent le faire aussi, en venant assister aux cours et en observant de leurs yeux ce qui se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut des preuves, presque tout le monde a un t&#233;l&#233;phone portable qui filme, aujourd'hui. Il faut filmer les bizutages et les montrer pour dire : voil&#224; ce qui se passe ici, dans ma fac, en France. Les responsables de fac ont horreur qu'on leur fasse de la contre-publicit&#233;. Si &#231;a doit les faire bouger, il ne faut pas s'en priver&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si cela ne suffit pas, j'ai une autre suggestion pour les &#233;tudiants de P1 qui en ont marre de se faire bizuter, pour leurs parents qui ne supportent pas ce harc&#232;lement, et pour les enseignants qui ne tol&#232;rent pas que l'administration se taise : demandez &#224; un huissier de venir constater les pratiques de bizutage. Un huissier est asserment&#233;. Il constate et note tout ce qu'il voit sur papier timbr&#233;. C'est un t&#233;moin irr&#233;futable. Et les juges de correctionnelle adorent les t&#233;moins irr&#233;futables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, arm&#233;s du constat d'huissier, allez d&#233;poser plainte contre X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les responsables et enseignants qui se taisent sont aussi coupables que les &#233;tudiants qui bizutent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une plainte pour bizutage engage la responsabilit&#233; de la facult&#233; de m&#233;decine. L'administration de la facult&#233; est en effet directement responsable de ce qui se passe entre ses murs. Elle est responsable de la s&#233;curit&#233; des &#233;tudiants, et du maintien de l'ordre. Elle l'est encore plus si ces violences sont connues de tous et de toutes. Et les enseignants qui ont assist&#233; &#224; un bizutage (parce que &#231;a s'est pass&#233; juste avant leur cours, sous leurs yeux) et qui n'ont rien dit doivent eux aussi &#234;tre cit&#233;s dans la plainte. En droit fran&#231;ais, celui qui assiste &#224; un crime et qui ne dit rien est complice du crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment peut-on pr&#233;tendre former des soignants quand on laisse certains &#233;tudiants se comporter comme des bourreaux ??? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il ne peut y avoir aucune raison valable de tol&#233;rer le bizutage parmi les &#233;tudiants que l'on est charg&#233; d'&#233;duquer.&lt;/i&gt; Ce n'est acceptable dans aucune &#233;cole, &#231;a ne peut pas l'&#234;tre dans une &#233;cole o&#249; l'on est cens&#233;, en principe, &lt;i&gt;former des soignants&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ajouterai qu'aucune forme d'humiliation n'est acceptable. Jamais. Que ce n'est pas &#224; ceux qui disent que &#034;tout &#231;a c'est seulement pour rigoler&#034; de d&#233;cider ce qui est acceptable ou non, ce qui est humiliant ou non. Le fait qu'un &#233;tudiant ou une &#233;tudiante puisse refuser d'&#234;tre humili&#233;(e) et de subir un bizutage ne justifie en aucune mani&#232;re que ce bizutage existe. Il peut y avoir de multiples mani&#232;re de forcer un &#233;tudiant &#224; faire quelque chose qu'il ne veut pas faire. Ce sont des jeunes gens, ils ont entre dix-sept et dix-neuf ans quand ils arrivent l&#224;. Qu'on ne me dise pas qu'il n'est pas possible, dans l'atmosph&#232;re toxique de la P1, de leur faire faire des choses qu'ils ne veulent pas faire, et de les obliger, en plus, &#224; se taire, par honte ou par peur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aucun enseignant de m&#233;decine ne peut cautionner par son silence les violences ou les humiliations qui s'exercent dans les facs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Se taire, c'est laisser entendre que le bizutage (donc, le viol) n'a aucune importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Se taire, c'est laisser entendre que la fac de m&#233;decine est une zone de non-droit, une zone o&#249; l'on peut ignorer la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Se taire, c'est laisser entendre que pour devenir m&#233;decin il faut soit subir des humiliations, soit les exercer. Soit les subir PUIS les exercer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Se taire, c'est laisser entendre aux bizuteurs et donc, &lt;i&gt;&#224; de futurs m&#233;decins&lt;/i&gt; qu'ils peuvent se comporter en bourreaux, en toute impunit&#233;, aujourd'hui et demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Se taire sur le bizutage de premi&#232;re ann&#233;e, c'est disqualifier tout l'enseignement. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dire &#034;je ne savais pas&#034;, ce n'est pas suffisant non plus...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois savoir que dans certaines facult&#233;s le programme de premi&#232;re ann&#233;e comprend un enseignement de sciences humaines - et donc, d'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on enseigner l'&#233;thique sans rougir si l'on ne d&#233;nonce pas le bizutage qui a lieu dans le m&#234;me amphi ???? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, tout ceci n'est que mon opinion, mon sentiment. Je ne sais pas exactement ce qui se passe dans les facult&#233;s de m&#233;decine. Je sais seulement que j'ai re&#231;u des courriers et des t&#233;moignages. Et que je n'ai pas de raison de les tenir pour faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, je r&#233;agis ainsi parce que sur certains points - et le bizutage en fait partie - je suis hypersensible. Mais je sais aussi que, si j'&#233;tais doyen d'une facult&#233; de m&#233;decine, et si j'entendais &#224; la radio, &#224; 7 h du matin, ce que j'ai entendu le 25 septembre, je me rendrais imm&#233;diatement, avant 8 h, sans pr&#233;venir, dans l'amphith&#233;&#226;tre de P1 de &#171; ma &#187; fac. Pour m'assurer, de mes yeux, que ce genre de chose ne se passe pas &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; dans &#171; ma &#187; fac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m'assurer personnellement qu'il s'agit d'une rumeur et non d'une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je sais que j'y retournerais r&#233;guli&#232;rement. Toujours sans pr&#233;venir. Car on n'est jamais si bien inform&#233; que par soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que si j'&#233;tais doyen d'une fac de m&#233;decine, et si j'avais l'honneur d'avoir fait dispara&#238;tre le bizutage de &#171; ma &#187; fac, si j'apprenais qu'un de mes coll&#232;gues doyens a ce type de probl&#232;me dans la sienne, je lui proposerais mon aide pour qu'il le fasse dispara&#238;tre &#233;galement. Mais je ne resterais pas les bras crois&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais je ne suis pas doyen, je suis seulement hypersensible. Et j'esp&#232;re vivement que tous les doyens de fac de m&#233;decine &#233;coutent RTL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant j'ai &#233;t&#233; &#233;tudiant, j'ai subi le bizutage, et je ne me suis pas laiss&#233; faire et je n'ai pas oubli&#233; ; je conseille donc vivement aux &#233;tudiants qui se font bizuter (et &#224; leurs parents), quelle que soit la fac, &lt;i&gt;de ne pas se laisser faire&lt;/i&gt;. Et d'exiger de leur fac qu'elles fassent cesser ces violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures apr&#232;s le reportage de RTL, le ministre a demand&#233; qu'une enqu&#234;te soit men&#233;e &#224; la fac de m&#233;decine d'Amiens et la police s'en m&#234;le. Si vous subissez un bizutage dans votre fac, vous savez &#224; pr&#233;sent que les radios nationales vous prendront au s&#233;rieux ! Alors, parlez ! Ne vous laissez pas faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de d&#233;noncer le grave manquement &#224; l'&#233;thique que repr&#233;sente un bizutage, grand ou petit, quotidien ou occasionnel, dans les amphith&#233;&#226;tres. Il est temps que les futurs soignants cessent d'&#234;tre maltrait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Martin Winckler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Site du comit&#233; national contre le bizutage : &lt;a href=&#034;http://www.contrelebizutage.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://contrelebizutage.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeunes M&#233;decins : les raisons d'un mouvement</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/Jeunes-Medecins-les-raisons-d-un-mouvement</link>
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		<dc:date>2007-10-07T13:50:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les jeunes m&#233;decins (externes, internes, chefs de clinique et assistants) ont entam&#233; depuis plusieurs jours un mouvement de protestation contre les mesures inscrites dans le projet de loi de financement de la S&#233;curit&#233; Sociale, remettant en cause la libert&#233; d'installation des praticiens. Ce mouvement n'est pas un mouvement corporatiste pour d&#233;fendre un quelconque privil&#232;ge, mais son but est bien de d&#233;fendre le syst&#232;me de soins solidaire, contre la menace d'une m&#233;decine &#224; deux vitesses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Afin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les jeunes m&#233;decins (externes, internes, chefs de clinique et assistants) ont entam&#233; depuis plusieurs jours un mouvement de protestation contre les mesures inscrites dans le projet de loi de financement de la S&#233;curit&#233; Sociale, remettant en cause la libert&#233; d'installation des praticiens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mouvement n'est pas un mouvement corporatiste pour d&#233;fendre un quelconque privil&#232;ge, mais son but est bien de d&#233;fendre le syst&#232;me de soins solidaire, contre la menace d'une m&#233;decine &#224; deux vitesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de r&#233;soudre les in&#233;galit&#233;s de r&#233;partition des m&#233;decins sur le territoire, le gouvernement souhaite mettre en place des mesures limitant l'installation des m&#233;decins dans les zones les plus dot&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
De telles mesures auraient un seul effet : d&#233;tourner les &#233;tudiants de l'exercice lib&#233;ral et notamment de la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale. Des exp&#233;riences concr&#232;tes chez nos voisins europ&#233;ens nous le prouvent, notamment en Allemagne, o&#249; de telles mesures ont entra&#238;n&#233; une crise des vocations et d'&#233;normes difficult&#233;s d'acc&#232;s aux soins pour les patients.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il vraiment une in&#233;galit&#233; de r&#233;partition des m&#233;decins ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes, les m&#233;decins sont mieux r&#233;partis aujourd'hui qu'&#224; la fin des ann&#233;es 60.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, selon un rapport sur la d&#233;mographie m&#233;dicale, 95,9 % du territoire ne pr&#233;sente pas de probl&#232;me de r&#233;partition, 3,5 % du territoire est dit &#224; risque et seul 0,6 % du territoire est dit en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les mesures que veut mettre en place le gouvernement et que cachent-elles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi pr&#233;voit la mise en place du conventionnement s&#233;lectif selon la zone d'exercice. Les m&#233;decins s'installant dans des zones dites surm&#233;dicalis&#233;es, selon des crit&#232;res d&#233;finis par l'Assurance Maladie, ne seraient plus conventionn&#233;s. En clair, pas de conventionnement pour le m&#233;decin = pas de remboursement pour le patient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui alors aura la charge des d&#233;penses ? Le patient ? Les assurances priv&#233;es ? On peut croire que M. Sarkozy a choisi cette voie aux vues de ses r&#233;cents propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soi-disant in&#233;galit&#233; de r&#233;partition des m&#233;decins est donc un pr&#233;texte, nous sommes dans la m&#234;me logique que la mise en place du syst&#232;me des franchises : la fin du syst&#232;me de soins solidaire et &#224; terme la privatisation de la S&#233;curit&#233; Sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les revendications du Syndicat des Jeunes M&#233;decins G&#233;n&#233;ralistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons donc le retrait pur et simple de l'article 33 du PLFSS, pr&#233;voyant les mesures de conventionnement s&#233;lectif.
&lt;br&gt;
Nous demandons &#233;galement la tenue d'&#201;tat G&#233;n&#233;raux de la Sant&#233;, regroupant tous les acteurs du syst&#232;me de sant&#233; (y compris les patients), afin de d&#233;boucher entre autre sur la mise en place d'une v&#233;ritable politique d'incitation &#224; l'installation en agissant &#224; la fois sur la formation des m&#233;decins (meilleure connaissance de l'exercice lib&#233;ral et notamment rural), sur l'installation (d&#233;finition des besoins de m&#233;decins selon les communes), l'exercice ( d&#233;veloppement des maisons pluridisciplinaires, organisation de la Permanence des soins), tout ceci accompagn&#233;e d'une v&#233;ritable politique d'am&#233;nagement du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 10 ans, nous tirons la sonnette d'alarme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 10 ans, nous expliquons que sans r&#233;forme de fond, nous allons droit dans le mur ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 10 ans, nous ne sommes pas &#233;cout&#233;s, mais aujourd'hui le mur se rapproche et il se rapprochera encore plus vite avec les mesures pr&#233;vues par Mme Bachelot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aujourd'hui encore temps d'inverser la tendance, en ayant une r&#233;elle r&#233;flexion&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le long terme et pas uniquement en ayant comme objectif les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de l'ann&#233;e prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a dit qu'on nous aurait menti sur la politique de rupture ? Pas moi, enfin pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fabien Qu&#233;deville&lt;/strong&gt;, pr&#233;sident du &lt;a href=&#034;http://www.snjmg.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syndicat National des Jeunes M&#233;decins G&#233;n&#233;ralistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.appelcontrelafranchise.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Signez l'appel contre les franchises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une proc&#233;dure autoritaire qui ne r&#233;sout rien aux d&#233;penses de sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu avant que je ne re&#231;oive cette contribution de Fabien Q., j'avais re&#231;u d'une lectrice un message concernant ce mouvement des jeunes m&#233;decins. Elle me demandait si je ne trouvais pas ce mouvement corporatiste et &#034;r&#233;ac&#034;. Pas du tout, et voici pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, aucun m&#233;decin n'a &#233;t&#233; contraint &#224; s'installer &#224; un endroit plut&#244;t qu'&#224; un autre. Imposer ou interdire une installation aux m&#233;decins d'aujourd'hui est inique et autoritaire. Et c'est contre-productif. Il &lt;br class='autobr' /&gt;
vaudrait beaucoup mieux &lt;i&gt;les aider&lt;/i&gt; &#224; s'installer l&#224; o&#249; on a besoin d'eux. Or, tel que c'est pr&#233;sent&#233;, ils ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent le vivre que comme une brimade, &#224; juste titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;decins sur le point de s'installer ont souvent pr&#232;s de 30 ans, souvent un(e) conjoint(e) qui travaille et des enfants. Les emp&#234;cher de s'installer dans la r&#233;gion o&#249; ils ont fait leurs &#233;tudes, par exemple, c'est les condamner &#224; l'exil, eux et leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la moiti&#233; d'entre eux, d'ores et d&#233;j&#224;, sont des femmes ! Et que dans les facult&#233;s de m&#233;decine, aujourd'hui 2/3 des &#233;tudiants sont des femmes. Or, pour une femme m&#233;decin, les contraintes et les exigences d'installation ne sont pas du tout les m&#234;mes que pour un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est une r&#233;alit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Statistiquement, le mode d'exercice des femmes est diff&#233;rent des hommes : elles bossent plus souvent en association et &#224; temps partiel que les hommes, elles choisissent moins souvent la chirurgie que les sp&#233;cialit&#233;s m&#233;dicales... elles choisissent plus souvent la ville que la campagne, elles choisissent plus souvent que les hommes des sp&#233;cialit&#233;s sans urgences ni gardes, et elles tentent beaucoup plus que les hommes de concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle (car elles ne peuvent pas se reposer sur les hommes comme les hommes se reposaient traditionnellement sur elles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 30 ans, la majorit&#233; des m&#233;decins &#233;taient des hommes et beaucoup &#233;taient mari&#233;s &#224; des femmes qui ne travaillaient pas et ne pouvaient pas objecter au fait de les suivre l&#224; o&#249; ils s'installaient. Pour les femmes m&#233;decins d'aujourd'hui il est difficile de d&#233;cider de s'installer sans tenir compte du m&#233;tier de leur conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact de la f&#233;minisation sur la transformation de la d&#233;mographie m&#233;dicale devrait &#234;tre pris en compte dans la r&#233;partition des m&#233;decins et des sp&#233;cialit&#233;s qu'ils vont occuper. Le sexe d'un m&#233;decin a une importance. Il en a dans le choix des patients, il en a aussi dans le comportement des m&#233;decins eux-m&#234;mes... &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on a toujours fait comme si cela n'existait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les chiffres, je pense qu'il y a beaucoup trop de m&#233;decins dans certaines r&#233;gions (l'&#239;le de France et la r&#233;gion PACA, en particulier) et pas assez dans d'autres (venez dans la Sarthe et dans la Mayenne et regardez dans quelles conditions travaillent les g&#233;n&#233;ralistes...) Mais le nombre est une chose, l'activit&#233; en est une autre. La surconsommation m&#233;dicale est essentiellement li&#233;e &#224; la mauvaise formation des m&#233;decins et &#224; une surench&#232;re (&#233;conomique, m&#233;diatique, politique) qui entra&#238;ne une augmentation astronomique des prescriptions. Plus il y a de m&#233;decins dans une r&#233;gion, plus ces m&#233;decins sont en comp&#233;tition et veulent &#034;en faire plus&#034; pour rentabiliser leur activit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectivement, d'ailleurs, &lt;i&gt;seul les patients ont int&#233;r&#234;t &#224; ce que les m&#233;decins s'installent ailleurs que dans les grandes agglom&#233;rations urbaines :&lt;/i&gt; les prescriptions m&#233;dicales font vivre non seulement les pharmacies et les industriels du m&#233;dicament mais aussi les cliniques priv&#233;es, les laboratoires d'analyses biologiques, les fabriquants de machines m&#233;dicales de toutes sortes, les cabinets de radiologie, etc. Plus il y a de m&#233;decins en ville, plus ces &#034;marchands&#034;-l&#224; vendent leurs produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule m&#233;thode efficace &#224; long terme pour ma&#238;triser les co&#251;ts de sant&#233; serait de former correctement et d'envoyer dans les zones qui en ont besoin des m&#233;decins bien r&#233;mun&#233;r&#233;s dont la mission serait de faire de l'&#233;ducation sanitaire, de la pr&#233;vention et des soins de premi&#232;re ligne. Cela permettrait de diminuer le recours aux urgences, la prescription de m&#233;dicaments, d'examens, de radiographies, de consultations sp&#233;cialis&#233;es, d'hospitalisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qui a envie de mettre en place une politique pareille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement pas les hommes politiques en place et les syndicats de m&#233;decins majoritaires, massivement noyaut&#233;s par les sp&#233;cialistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation catastrophique de notre syst&#232;me de sant&#233; est directement li&#233;e au fait que notre syst&#232;me de sant&#233;, en principe solidaire et fond&#233; sur le partage, repose sur des h&#244;pitaux publics ET sur des praticiens agissant individuellement sans aucun sens collectif. Faute d'avoir &#233;t&#233; form&#233;s &#224; une pratique collective de l'exercice du soin (une pratique non comp&#233;titive mais coordonn&#233;e) et de se voir offrir des conditions d'exercices acceptables (c'est quand m&#234;me le conventionnement avec la s&#233;curit&#233; sociale qui leur permet d'exercer), beaucoup sont amen&#233;s &#224; faire la chasse &#224; l'acte. Et d'autres... ne s'en privent pas parce qu'ils trouvent &#231;a normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le paiement &#224; l'acte, d&#233;fendu par bon nombre de praticiens lib&#233;raux (les sp&#233;cialistes, beaucoup plus que les g&#233;n&#233;ralistes) ne devrait pas &#234;tre le seul moyen de r&#233;mun&#233;ration. Dire que le paiement &#224; l'acte est la seule condition de l'ind&#233;pendance des m&#233;decins est un mensonge &#233;hont&#233; : les hospitaliers ne sont pas pay&#233;s &#224; l'acte. Dans nombre de pays d&#233;velopp&#233;s (l'Angleterre, le Canada), les praticiens ne sont pas pay&#233;s &#224; l'acte et sont politiquement et scientifiquement bien plus ind&#233;pendants (car form&#233;s pour &#231;a) que ne le sont les praticiens fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination du lieu d'installation devrait faire l'objet d'un contrat en d&#233;but d'&#233;tudes (et non &#224; la fin), de mani&#232;re &#224; ce que tout le monde sache bien &#224; quoi il s'engage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux USA, pour qu'il y ait des m&#233;decins en Alaska, l'&#233;tat de l'Alaska paie les &#233;tudes de m&#233;decins volontaires, en &#233;change de quoi ils viennet passer quatre ans sous leurs cieux. On devrait faire la m&#234;me chose avec les &#233;tudiants, en s'engageant, s'ils viennent s'installer dans une r&#233;gion sous-m&#233;dicalis&#233;e, &#224; leur trouver un logement, une &#233;cole pour leurs enfants, des facilit&#233;s de boulot pour un&lt;br class='autobr' /&gt;
conjoint qui bossait et qui aura d&#251; quitter son boulot pour le suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a, actuellement, n'est absolument pas pris en compte, au contraire ! Dans certaines r&#233;gions, les difficult&#233;s d'installation sont d&#233;j&#224; telles qu'une grande proportion des m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes choisissent, tout bonnement, de ne pas s'installer. Quel g&#226;chis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple concret : dans la ville o&#249; je vis, on a cr&#233;&#233; une zone franche o&#249; les m&#233;decins qui s'installent sont exon&#233;r&#233;s d'imp&#244;ts locaux et de taxe professionnelle. Du coup, tous les sp&#233;cialistes d&#233;j&#224; install&#233;s en ville se sont d&#233;plac&#233;s l&#224;. &lt;strong&gt;Alors qu'il aurait fallu le r&#233;server aux nouvelles installations !!! &lt;/strong&gt; Eh bien non, ce sont les plus riches et les mieux en place qui en ont profit&#233; ! Bravo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour de jeunes m&#233;decins, savoir qu'ils vont se retrouv&#233;s &#034;interdits de s&#233;jour&#034; ou &#034;mut&#233;s&#034; sans avoir encore montr&#233; ce qu'ils savent faire, c'est une violence inou&#239;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez &#224; quel point c'est compliqu&#233;. Dans la th&#233;orie, je pense certes qu'un m&#233;decin devrait s'installer l&#224; o&#249; on a besoin de lui. Ca devrait &#234;tre entendu d&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
l'entr&#233;e en m&#233;decine. Et le num&#233;rus clausus qui s'applique en principe r&#233;gion par r&#233;gion devrait en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans la pratique, les m&#233;thodes employ&#233;es sont ponctuelles, autoritaires, inhumaines et favorisent toujours les m&#233;decins qui pratiquent la m&#233;decine la plus co&#251;teuse, sans contr&#244;le ni sanction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traiter les jeunes m&#233;decins comme des pions pour &#034;r&#233;soudre&#034; des probl&#232;mes dont leurs a&#238;n&#233;s sont en grande partie responsables, et ce sans toucher aux privil&#232;ges exorbitants de ces a&#238;n&#233;s, c'est proprement r&#233;voltant et c'est pour cela que je soutiens ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin W.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.appelcontrelafranchise.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Signez l'appel contre les franchises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;The Times Are Not A-Changin' &#034; (1)</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/The-Times-Are-Not-A-Changin-1</link>
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		<dc:date>2007-06-03T20:15:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e 2005, j'assurais quelques heures d'enseignement &#224; Paris V (Necker) dans le cadre du d&#233;partement de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale : enseignements dirig&#233;s sur la relation, le patient difficile, l'annonce de la mauvaise nouvelle (Lire un article sur ce sujet), la demande ambigu&#235;, et un module sur l'image du m&#233;decin &#224; l'&#233;cran (avec projection de films et de s&#233;ries t&#233;l&#233;) &#224; une vingtaine d'&#233;tudiants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant l'ann&#233;e 2006, j'ai &#233;t&#233; conseiller technique d'un documentaire tourn&#233; pour ARTE (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;Depuis la rentr&#233;e 2005, j'assurais quelques heures d'enseignement &#224; Paris V (Necker) dans le cadre du d&#233;partement de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale : enseignements dirig&#233;s sur la relation, le patient difficile, l'annonce de la mauvaise nouvelle (&lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Comment-annoncer-une-mauvaise-nouvelle-510' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lire un article sur ce sujet&lt;/a&gt;), la demande ambigu&#235;, et un module sur l'image du m&#233;decin &#224; l'&#233;cran (avec projection de films et de s&#233;ries t&#233;l&#233;) &#224; une vingtaine d'&#233;tudiants. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Pendant l'ann&#233;e 2006, j'ai &#233;t&#233; conseiller technique d'un documentaire tourn&#233; pour ARTE par Marie Agostini au sujet des &#233;tudes de m&#233;decine. (&lt;a href='https://www.martinwinckler.com/L-ecole-de-medecine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lire un article d&#233;crivant ce projet&lt;/a&gt;).
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;Il y a quelques mois, j'ai r&#233;pondu &#224; une interview de la revue &lt;i&gt;Vie Universitaire&lt;/i&gt; sur la formation des m&#233;decins. Je n'y disais rien que je n'avais d&#233;j&#224; dit &#224; la radio, &#224; des quotidiens, dans mes romans et mes essais, dans des d&#233;bats publics, et ce depuis 1998. &lt;br&gt;
(...)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) &#034;Les temps ne changent pas&#034;. Allusion ironique &#224; une chanson de Bob Dylan, &lt;a href=&#034;http://www.bobdylan.com/songs/times.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;The Times They Are A-Changin'&#034;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Vie Universitaire&lt;/strong&gt; - &lt;i&gt;Pourquoi avez vous un regard si critique sur l'enseignement de la m&#233;decine ? &lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Martin WINCKLER&lt;/strong&gt; - Parce qu'il est critiquable. Cet enseignement est confisqu&#233;, d&#233;tenu, par des m&#233;decins hospitaliers, hypersp&#233;cialis&#233;s, qui ne savent rien de ce qu'est la r&#233;alit&#233; du soin en France. Dans une fac de m&#233;decine on forme en moyenne plus de m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes que de sp&#233;cialistes. Or pour former ces &#233;tudiants il y aura quatre vingt dix neuf sp&#233;cialistes pour un g&#233;n&#233;raliste. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Les m&#233;decins de premier recours sont form&#233;s par des gens qui ignorent tout des besoins de la population. Ils ne connaissent pas les probl&#232;mes r&#233;els des gens, ni la r&#233;alit&#233; de la vie &#224; l'ext&#233;rieur de l'h&#244;pital. Ils ne voient que des maladies rares, ou des patients en grande difficult&#233;, et d&#233;tiennent pourtant les cl&#233;s de l'enseignement. De plus, l'enseignement de la m&#233;decine en France est un enseignement dont les modalit&#233;s sont archa&#239;ques. Elles remontent pratiquement aux ann&#233;es 50, pour ne pas dire &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, puisque l'enseignement de la m&#233;decine n'a pas beaucoup chang&#233; entre 1890 et 1955. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne est amplifi&#233; par la technologie galopante, qui encourage la vanit&#233; la morgue des hospitalo-universitaire et leur sentiment de sup&#233;riorit&#233;. Ils ne pensent plus que par la technologie. Prenons un exemple : en France il y a environs trente deux millions de femmes dont quinze ou vingt millions en &#226;ge de procr&#233;er. Leur probl&#232;me principal n'est pas d'&#234;tre enceinte mais de ne pas l'&#234;tre n'importe quand. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;C'est une vraie question de sant&#233; publique. Mais la contraception n'est pas enseign&#233;e, dans les universit&#233;s, alors que l'on passe des heures et des heures &#224; parler de grossesses pathologiques, de f&#233;condation in vitro et de procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;. Pourquoi ? Parce que c'est valorisant pour les m&#233;decins. Ils peuvent se vanter d'avoir permis de faire des enfants &#224; des femmes qui ne pouvaient plus en avoir, c'est &#224; dire &#224; 3% de la population. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Mais les femmes &#224; la recherche de m&#233;thodes de contraceptions ou qui doivent recourir &#224; l'IVG ou garder par-devers elles des grossesses non d&#233;sir&#233;es, &#231;a n'int&#233;resse pas grand-monde dans les facs de m&#233;decine. Ce seul exemple, qui concerne tout de m&#234;me 50% de la population fran&#231;aise est repr&#233;sentatif de tout le reste. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;VU&lt;/strong&gt; - &lt;i&gt;Selon vous le syst&#232;me m&#233;dical ne parvient pas &#224; se r&#233;former.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin WINCKLER&lt;/strong&gt; - Il n'y arrive pas parce que c'est un syst&#232;me archa&#239;que dans lequel la carri&#232;re hospitalo-universitaire ob&#233;it &#224; un syst&#232;me pyramidal, un syst&#232;me de castes. Nous sommes le seul pays au monde dans lequel les grands patrons de m&#233;decine sont nomm&#233;s &#224; vie. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Ailleurs, ils sont nomm&#233;s chef de service deux &#224; quatre ans, ils s'occupent de l'administration pendant que les autres font de la m&#233;decine et ils n'ont qu'une h&#226;te, c'est de retourner faire de la m&#233;decine. En France les grands patrons sont &#224; la fois responsables des soins, de l'enseignement et de la recherche. Ils deviennent des potentats, souvent sous l'influence de l'industrie pharmaceutique car il n'y a pas d'argent dans les services. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;La France n'a pas de politique de sant&#233; publique, on ne finance rien, on laisse les gens se d&#233;brouiller et &#233;videmment c'est l'industrie qui va financer le voyage, la conf&#233;rence, la machine &#224; photocopie... Le corps m&#233;dical est massivement sous influence, et ses membres, qui se comportent comme de petits marquis, professent souvent des b&#234;tises. C'est pour cela que je parle de f&#233;odalit&#233;. J'ai &#233;crit un roman qui s'appelle &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Les-Trois-Medecins-P-O-L-Folio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les trois m&#233;decins&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui parle de mes &#233;tudes de m&#233;decine il y a trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'y ai transpos&#233; &#171; Les trois mousquetaires &#187; dans une fac de m&#233;decine (le doyen est Louis XIII, le vice-doyen est Richelieu, etc.). Si la transposition est r&#233;ussie c'est parce que les facult&#233;s de m&#233;decine sont structur&#233;es comme la France de Louis XIII, les rapports de force et de hi&#233;rarchie sont les m&#234;me. Des &#233;tudiants m'&#233;crivent aujourd'hui et me disent que rien n'a chang&#233;. Je travaille d'ailleurs comme consultant sur un documentaire de dix fois vingt cinq minutes pour Arte qui s'appelle &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/L-ecole-de-medecine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'&#233;cole de m&#233;decine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;La cin&#233;aste Marie Agostini a film&#233; pendant un an des &#233;tudiant de Paris V pour montrer ce que sont les &#233;tudes de m&#233;decine : on y voit les rapports de force permanents, le m&#233;pris pour les &#233;tudiants et pour les patients, la d&#233;sinvolture extraordinaire des mandarins d'aujourd'hui, les professeurs qui insultent les &#233;tudiants...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note : Le lecteur curieux de v&#233;rifier mes dires n'aura aucun mal &#224; le faire...&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;VU&lt;/strong&gt;- &lt;i&gt;Alors, comment pourrait-on le changer ?&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Martin WINCKLER &lt;/strong&gt; - Je ne sais pas si on peut faire changer une structure aussi archa&#239;que. La solution serait de donner la possibilit&#233; &#224; des facult&#233;s qui veulent fonctionner autrement de le faire facilement, sans avoir de comptes &#224; rendre, sans se faire bloquer par des contraintes administratives, qu'elles viennent du minist&#232;re de la Sant&#233; ou de l'Education Nationale. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Il y a des facs dans lesquels les doyens ont envie de changement. Le seul moyen de modifier l'enseignement m&#233;dical serait de laisser &#224; celles qui ont envie de le changer la possibilit&#233; de le faire. Il faudrait aussi donner aux &#233;tudiants un droit de regard sur l'enseignement. Aux Etats-Unis, quand un m&#233;decin praticien a un &#233;tudiant en formation, &#224; la fin du stage, le m&#233;decin praticien note l'&#233;tudiant, mais l'&#233;tudiant note aussi le m&#233;decin. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Aux Pays-Bas, les &#233;tudiants ont un droit de v&#233;to sur les professeurs qu'on engage. Ils ont leur mot &#224; dire sur la fa&#231;on dont on leur d&#233;livre l'enseignement et quand quelqu'un dans un stage les m&#233;prise ou ne se comporte pas de mani&#232;re &#233;thique avec ses patients, il perd ses &#233;tudiants et n'a plus de financement... Bref, il faut que la hi&#233;rarchie disparaisse. &lt;br&gt;
En 1999, Jupp&#233; avait propos&#233; que les services hospitaliers universitaires fonctionnent comme des d&#233;partements, de mani&#232;re coll&#233;giale et que les patrons des services soient nomm&#233;s pour un an ou deux par leurs pairs, puis tournent. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Tous les patrons hospitaliers ont pouss&#233; des hauts cris en pr&#233;tendant qu'ils ne pourraient plus soigner les patients... Car ce qui les int&#233;resse, c'est surtout le pouvoir. Tant que les patrons des centres hospitaliers seront des hommes de pouvoir, &#231;a ne changera pas. Leur attitude est celle d'une caste de nantis qui ne se pr&#233;occupent absolument pas de savoir si ils forment des &#233;tudiants pour soigner et s'occuper du bien &#234;tre de la population, ou pour reproduire une profession dans laquelle on est incit&#233; &#224; choisir la sp&#233;cialit&#233; la plus lucrative. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;S'il n'est pas possible de casser cette institution, on pourrait au moins donner de la place &#224; des exp&#233;riences nouvelles. Quand j'&#233;tais &#233;tudiant, nous militions pour que le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste soit lib&#233;r&#233; du payement &#224; l'acte et puisse avoir une activit&#233; salari&#233;e ou semi salari&#233;e dans des structures associatives qui lui permette de travailler dans de bonnes conditions. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Aujourd'hui, ce n'est pas possible, la structure de la s&#233;curit&#233; sociale n'autorise pas cela. On ne permet pas &#224; des gens de bonne volont&#233; de mener des exp&#233;riences nouvelles. Si c'&#233;tait possible, cela donnerait d'autres mod&#232;les, d'autres exemples. Or, &#224; l'heure actuelle, le seul mod&#232;le d'enseignement et de comportement m&#233;dical est le syst&#232;me hospitalo-universitaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;VU&lt;/strong&gt; - &lt;i&gt;Vous &#234;tes aussi tr&#232;s critique sur la corporation m&#234;me des m&#233;decins.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin WINCKLER&lt;/strong&gt;- Ce sont les m&#233;decins qui d&#233;terminent la mani&#232;re dont on organise l'enseignement. Il existe un v&#233;ritable lobby qui n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que les m&#233;decins fran&#231;ais de base, les g&#233;n&#233;ralistes, soient correctement form&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tudes ont &#233;t&#233; men&#233;es dans plusieurs pays, et l'on sait que mieux un m&#233;decin est form&#233;, moins il a recours aux examens compl&#233;mentaires (radio, biologie, etc.) qui sont souvent pour lui, un moyen de se rassurer. Or la cat&#233;gorie de m&#233;decins qui fait le plus de revenus sont les radiologues et les biologistes qui dirigent les laboratoires d'analyses. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Si les m&#233;decins &#233;taient mieux form&#233;s, la consommation d'examens compl&#233;mentaires serait probablement r&#233;duite au moins du tiers ; la prescription de m&#233;dicaments baisserait elle aussi, car l'immense majorit&#233; des m&#233;dicaments qui sont prescrits en France ne servent &#224; rien ; pareil pour les consultations sp&#233;cialis&#233;es. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Or, les sp&#233;cialistes n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; ce que les g&#233;n&#233;ralistes fran&#231;ais soient bien form&#233;s, et sachent, comme les m&#233;decins des pays en d&#233;veloppement, faire beaucoup avec tr&#232;s peu. L'industrie et les laboratoires pharmaceutiques non plus n'y ont pas int&#233;r&#234;t. Ils ont int&#233;r&#234;t &#224; ce que les m&#233;decins fran&#231;ais soient ignorants, angoiss&#233;s, culpabilis&#233;s... et prescrivent beaucoup. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;VU&lt;/strong&gt; - &lt;i&gt;C'est un regard bien pessimiste.&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Martin WINCKLER&lt;/strong&gt;-Mais je ne suis pas le seul &#224; dire cela. Lisez les livres de &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Penurie-medicale-programmee-une-catastrophe-sanitaire-a-l-oeuvre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Christian Lehmann&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/L-avenir-menacant-de-l-industrie-pharmaceutique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Pignarre&lt;/a&gt;, ils expliquent tr&#232;s bien comment l'industrie noyaute la m&#233;decine en France. Pr&#232;s de 90% des textes m&#233;dicaux publi&#233;s en France sont financ&#233;s par l'industrie, il n'y a qu'une seule seule revue ind&#233;pendante dans ce pays, c'est &lt;a href=&#034;http://www.prescrire.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;la revue Prescrire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Evidemment si vous allez voir un grand patron hospitalier, il va vous dire que tout va bien et que tout est fait pour le bien des patients. Mais tout cela est faux. Les pays en d&#233;veloppement nous apprennent que l'on peut faire beaucoup de choses avec peu de moyens, &#224; condition de bien &#233;valuer les besoins, de distinguer ce qui est vital de ce qui ne l'est pas et de savoir bien utiliser la liste des deux cents m&#233;dicaments essentiels de l'OMS, par exemple. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Il y a deux cents &lt;a href=&#034;http://www.who.int/topics/essential_medicines/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;dicaments essentiels&lt;/a&gt;, alors qu'en France on commercialise quelque chose comme quinze mille marques ! Mais aucune fac de m&#233;decine ne fait de cours sur les deux cents m&#233;dicament essentiels... &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vie Universitaire&lt;/i&gt;, mars 2007&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Un dossier accablant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir relu cette interview, j'en maintiens chaque mot , &#233;videmment. &lt;br&gt;
Je pr&#233;cise par ailleurs qu'elle faisait partie d'un dossier intitul&#233; &#171; L'enseignement de la m&#233;decine, ou la r&#233;forme introuvable. &#187;. Dans l'article introductif, on peut lire (sous la plume de l'auteur du dossier), les phrases suivantes : &lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Cette vision [pessimiste] n'e semble pas &#234;tre l'apanage de [Martin Winckler]. Outre les innombrables forums t&#233;moignant massivement du besoin de r&#233;formes, certaines facult&#233;s ont amorc&#233; un tournant en ayant recours aux TICE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et semblent vouloir, au moins pour ce qui concerne la p&#233;dagogie, repenser leur cursus. &lt;br&gt;
Un tournant d'autant plus facile &#224; prendre que le statut des enseignants de m&#233;decine, d&#233;coulant des ordonnances de 1958, cr&#233;&#233; un statut de bi-appartenance, c'est-&#224;-dire conf&#233;rant aux enseignants-chercheurs une tripe mission d'enseignement, de recherche et de soin, co-partag&#233; entre l'h&#244;pital et l'universit&#233;. &lt;br&gt;
Mais il reste que les cl&#233;s d'une v&#233;ritable r&#233;forme de l'enseignement de la m&#233;decine sont entre les mains des chefs de clinique, puisque les pouvoirs publics ne semblent pas press&#233;s de revenir sur un mode de fonctionnement &lt;strong&gt;qui n'a pas boug&#233; depuis au moins cinquante ans&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est moi qui souligne - M.W.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De l&#224; &#224; penser qu'il ne bougera pas pour les cinquante prochaines ann&#233;es, il n'y a qu'un pas que les pessimistes franchiront. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cons&#233;quences... pas tr&#232;s surprenantes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 juin 2007, une semaine apr&#232;s la diffusion du documentaire de Marie Agostini et plusieurs mois apr&#232;s la publication de l'interview dans &lt;i&gt;Vie Universitaire&lt;/i&gt;, je re&#231;ois le mail suivant d'un de mes coll&#232;gues g&#233;n&#233;ralistes enseignants de Paris V. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;i&gt;Cher Marc,
&lt;br&gt; Suite &#224; ton interview dans une revue universitaire le conseil de fac a refus&#233; ta nomination en tant qu'attach&#233; d'enseignement que nous avions demand&#233;e et la commission de p&#233;dagogie n'a pas renouvel&#233; ton module optionnel.
&lt;br&gt; Si sur le fond (surtout apr&#232;s avoir vu le documentaire) les membres du d&#233;partement te soutiennent il n'a pas &#233;t&#233; possible de le faire sur la forme ... Le doyen a envoy&#233; personnellement [au chef du d&#233;partement] l'article apr&#232;s lui avoir t&#233;l&#233;phon&#233; en disant que les propos &#233;taient diffamants...La pr&#233;sidente de la commission de p&#233;dagogie est pr&#234;te &#224; te recevoir si tu le d&#233;sires.... &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JJe lui ai r&#233;pondu ceci : &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;i&gt;Cher ami &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Je suis &#233;videmment d&#233;sol&#233; qu'on me refuse une nomination &#224; un poste qui est l'un des plus modestes alors que &lt;br&gt; &lt;br&gt;1&#176; je crois avoir montr&#233; que j'assurais un enseignement solide
&lt;br&gt; &lt;br&gt;2&#176; Je ne crois pas avoir diffam&#233; qui que ce soit nomm&#233;ment mais simplement avoir exprim&#233; mon point de vue sur l'enseignement de la m&#233;decine en g&#233;n&#233;ral... Et pas sp&#233;cialement &#224; Paris V. &lt;br&gt; &lt;br&gt;3&#176; on n'a pas demand&#233; &#224; m'entendre puisque c'est toi qui me pr&#233;viens... Si le Doyen avait des choses &#224; me dire, il a omis de le faire... A-t-il vu le documentaire ? C'est peut-&#234;tre cela qui le g&#234;ne, plut&#244;t que les d&#233;clarations faites dans cette revue confidentielle, d&#233;clarations que j'avais d&#233;j&#224; faites maintes fois dans des livres, des revues, des romans, des quotidiens, &#224; la radio et m&#234;me &#224; la t&#233;l&#233;vision les rares fois o&#249; on m'a demand&#233; de m'exprimer &#224; ce sujet. Si tel est le cas, je pense que le documentaire a largement atteint ses objectifs, et je consid&#232;re ce refus de me r&#233;embaucher comme une preuve de succ&#232;s. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Je suis d&#233;sol&#233;, mais &#224; vrai dire, je ne suis pas surpris. Cette &#034;d&#233;cision&#034; en dit long sur la possibilit&#233; d'exprimer des critiques dans notre pays. Et ce n'est pas sp&#233;cifique aux facs de m&#233;decine. &lt;br&gt; J'en ai d&#233;j&#224; fait plusieurs fois l'exp&#233;rience, comme tu le sais. &lt;br&gt; &lt;br&gt;J'ai assur&#233; l'enseignement que [les membres du d&#233;partement de MG de Necker] m'ont confi&#233; avec plaisir, et avec enthousiasme pour le travail que vous faites. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Mais je n'irai pas me battre contre ces moulins &#224; vent universitaires qui ne respectent pas la libert&#233; d'expression des individus en g&#233;n&#233;ral (et des g&#233;n&#233;ralistes en particulier), car je ne tiens pas &#224; vous mettre en porte-&#224;-faux par rapport &#224; &#231;a. Vous avez des soucis plus urgents &#224; r&#233;gler que ma situation somme toute anecdotique. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Je n'irai donc pas qu&#233;mander quoi que ce soit &#224; qui que ce soit. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Je te remercie (je vous remercie tous) de l'amiti&#233; et de la confiance que toi, et tes camarades et coll&#232;gues avez bien voulu me t&#233;moigner. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Longue vie au d&#233;partement de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale. J'esp&#232;re que la MG pourra malgr&#233; les difficult&#233;s se d&#233;velopper encore dans les facult&#233;s de m&#233;decine fran&#231;aise. Si elle le fait, ce sera gr&#226;ce &#224; vous, envers et contre qui tu sais. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Amiti&#233;s &#224; toutes et &#224; tous (tu peux faire circuler ce message, bien s&#251;r)
&lt;br&gt;Marc Zaffran &lt;/i&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans le dossier de &lt;i&gt;Vie Universitaire&lt;/i&gt; o&#249; j'&#233;tais interview&#233;, Bernard Charpentier, pr&#233;sident de la conf&#233;rence des doyens de facult&#233;s de m&#233;decine d&#233;clare, &#224; mon sujet : &lt;br&gt; &lt;i&gt;&#171; C'est un pol&#233;miste, tout le monde l'a entendu &#224; la radio. Dans tous les m&#233;tiers il y a des pol&#233;mistes, heureusement, cela fait avancer le d&#233;bat. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Peut-&#234;tre, mais, manifestement, la pol&#233;mique n'est pas possible &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; les facult&#233;s de m&#233;decine fran&#231;aises. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;Dans ce pays, quand on travaille dans une institution, il est interdit de la critiquer. &lt;br&gt; Apr&#232;s &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/L-affaire-Odyssee-sur-France-Inter' class=&#034;spip_in&#034;&gt;France Inter&lt;/a&gt; (2003), Paris V (2007)... &lt;br&gt; &lt;i&gt;In France, The Times are Not A-Changin'.&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;Marc Zaffran/Martin Winckler &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Note : Le lecteur curieux de v&#233;rifier mes dires n'aura aucun mal &#224; le faire...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est moi qui souligne - M.W.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole de m&#233;decine</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/L-ecole-de-medecine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.martinwinckler.com/L-ecole-de-medecine</guid>
		<dc:date>2007-05-11T20:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>


		<dc:subject>S&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Radio </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mars 2005, j'enregistrais sur Arte Radio la chronique suivante &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une demi-heure, j'&#233;tais quatre &#233;tages au-dessus du studio o&#249; j'enregistre cette chronique, et j'allais y parler avec deux producteurs, une r&#233;alisatrice et une responsable de programmes documentaires, d'un projet documentaire qui s'appellerait &#034;Devenir M&#233;decin&#034;, et qui consisterait &#224; suivre pendant toute une ann&#233;e un certain nombre d'&#233;tudiants en m&#233;decine &#224; tous les niveaux de la formation m&#233;dicale.... (Lire la suite (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Series-televisees" rel="tag"&gt;S&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Radio" rel="tag"&gt;Radio &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.martinwinckler.com/local/cache-vignettes/L150xH98/arton548-f11e9.jpg?1763125999' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mars 2005, j'enregistrais sur Arte Radio la chronique suivante&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y a une demi-heure, j'&#233;tais quatre &#233;tages au-dessus du studio o&#249; j'enregistre cette chronique, et j'allais y parler avec deux producteurs, une r&#233;alisatrice et une responsable de programmes documentaires, d'un projet documentaire qui s'appellerait &#034;&lt;i&gt;Devenir M&#233;decin&lt;/i&gt;&#034;, et qui consisterait &#224; suivre pendant toute une ann&#233;e un certain nombre d'&#233;tudiants en m&#233;decine &#224; tous les niveaux de la formation m&#233;dicale.... &lt;/i&gt;(Lire la suite plus bas)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.arteradio.com/son.html?13237&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecouter la chronique sur ArteRadio.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ce projet a vu le jour. Produit par Sylvie Gautier pour Camera Lucida, tourn&#233; par Marie Agostini, &#034;avec la collaboration de Martin Winckler&#034;, c'est aujourd'hui un feuilleton documentaire intitul&#233; &lt;i&gt;L'&#233;cole de M&#233;decine&lt;/i&gt;. Il a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; Paris, avec l'aide des enseignants et la collaboration des &#233;tudiants de Paris V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il a &#233;t&#233; diffus&#233; sur Arte, &#224; 20.15 du lundi au vendredi, &#224; partir du 14 mai 2007 - dix &#233;pisodes de 26 minutes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un film impressionnant. Il montre, sans commentaire ni complaisance, comment on forme les m&#233;decins aujourd'hui dans les CHU fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.artevod.com/programDetails.do;jsessionid=1F80835960A29282DA6BA2872BC91DB5?emissionId=2185&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;l&#233;chargez le feuilleton sur le site d'ARTE :&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://blog.remede.org/index.php/2007/05/24/307-a-l-ecole-de-medecine-l-interview-de-marie-agostini&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire une interview de Marie Agostini sur le site Remede.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(Suite de la chronique d'arteradio.com)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La formation m&#233;dicale, c'est assez long, &#231;a dure huit-dix ans, et il y a des &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La premi&#232;re &#233;tape, c'est quand on passe le concours, qui est un concours extr&#234;mement dur, extr&#234;mement cruel, que beaucoup d'&#233;tudiants doivent passer deux fois, parfois pour l'avoir et tr&#232;s souvent pour le rater, malheureusement, et ils passent donc deux ann&#233;es absolument infernales. Ensuite, ils sont inclus &#224; l'int&#233;rieur de la formation m&#233;dicale, et ils commencent &#224; apprendre des choses un petit peu th&#233;oriques : qu'est-ce que c'est que l'&#233;thique, qu'est-ce que c'est qu'annoncer des mauvaises nouvelles, qu'est-ce que c'est que de parler avec des patients, qu'est-ce que c'est que d'examiner quelqu'un... Je me souviens que quand j'&#233;tais &#233;tudiant, j'ai appris &#224; faire l'examen clinique sur mes camarades, qui l'ont eux-m&#234;mes appris sur moi, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ensuite, ils vont &#224; l'h&#244;pital, c'est-&#224;-dire qu'ils sont des &#233;tudiants dans un syst&#232;me tr&#232;s hi&#233;rarchis&#233;, au sommet duquel il y a un grand patron, ensuite des agr&#233;g&#233;s, ensuite des chefs de clinique, ensuite des internes, et eux, ils sont en dessous, et ils sont le dernier rempart entre toute cette hi&#233;rarchie et le patient. Et alors soit ils apprennent &#224; tenir la main des patients, parce que ceux qui sont au-dessus d'eux font &#231;a, soit ils apprennent &#224; devenir les bourreaux des patients, parce que ceux qui sont au-dessus d'eux et qui leur donnent l'exemple font &#231;a, et ils leur donnent l'exemple de mani&#232;re insidieuse, un petit peu perverse, en les culpabilisant, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ensuite, ils deviennent internes, c'est-&#224;-dire qu'ils deviennent le m&#233;decin qui va soigner tel ou tel patient, qui va &#234;tre responsable de tel ou tel patient, de la prescription, du diagnostic, des examens compl&#233;mentaires, qui va donner les instructions aux infirmi&#232;res, et qui va recevoir d'autres instructions du m&#233;decin qui est au-dessus de lui.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et enfin, ils vont s'approcher de l'exercice final, c'est-&#224;-dire que soit ils vont aller faire une sp&#233;cialit&#233; dans des services sp&#233;cialis&#233;s, soit ils vont faire des remplacements pour faire de la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, et commencer &#224; envisager de devenir des m&#233;decins praticiens &#224; la campagne ou en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et donc, ce projet documentaire, ce serait quelque chose qu'on a con&#231;u avec la productrice et la r&#233;alisatrice comme un feuilleton de dix &#233;pisodes de 26 minutes, qui seraient diffus&#233;s dix soirs de semaine, du lundi au vendredi deux semaines de suite, et qui nous permettraient de suivre tous ces &#233;tudiants en superposant et en mettant en parall&#232;le toutes les ann&#233;es, parce que &#233;videmment, c'est pas la m&#234;me chose d'avoir un &#233;tudiant qui est en train de passer le concours et un &#233;tudiant qui l'a d&#233;j&#224; eu et qui r&#233;fl&#233;chit &#224; tout le stress, &#224; l'angoisse que c'&#233;tait de passer le concours l'ann&#233;e d'avant, et puis un autre &#233;tudiant qui lui est au contact du malade et qui dit &#034;oh l&#224;, tout &#231;a c'est bien loin de moi, j'ai des probl&#232;mes autrement plus concrets maintenant, comment j'annonce &#224; quelqu'un qu'il a un cancer, comment je lui dis que je vais lui faire un geste chirurgical un peu compliqu&#233;, etc&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, ce feuilleton pourrait &#234;tre absolument passionnant. Et la femme qu'on a vue &#224; Arte a l'air de trouver &#231;a passionnant. Malheureusement, la grille d'Arte risque de changer d'ici trois mois. Et donc, ce projet passionnant, eh bien... On le fera peut-&#234;tre pas.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Produit par Sylvie Gautier pour Camera Lucida, tourn&#233; par Marie Agostini, &lt;i&gt;L'&#233;cole de M&#233;decine&lt;/i&gt; est un feuilleton documentaire tourn&#233; &#224; Paris, avec l'aide des enseignants et la collaboration des &#233;tudiants de Paris V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il sera diffus&#233; sur Arte, &#224; 20.15 du lundi au vendredi, &#224; partir du 14 mai 2007 - dix &#233;pisodes de 26 minutes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous recommande vivement de le regarder. C'est un film impressionnant. Il vous montrera, sans commentaire ni complaisance, comment on forme les m&#233;decins aujourd'hui dans les CHU fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin Winckler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.arteradio.com/son.html?13237&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;couter la chronique sur ArteRadio.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.artevod.com/programDetails.do;jsessionid=1F80835960A29282DA6BA2872BC91DB5?emissionId=2185&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;l&#233;chargez le feuilleton sur le site d'ARTE :&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Former les m&#233;decins </title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/Former-les-medecins</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.martinwinckler.com/Former-les-medecins</guid>
		<dc:date>2006-09-24T08:22:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre de l'&#233;mission &#034;La bibilioth&#232;que de l'&#233;ducation&#034;, Philippe Meirieu a interrog&#233; Martin Winckler au sujet des Trois M&#233;decins &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez publi&#233; deux livres, Les trois m&#233;decins et La maladie de Sachs, qui traitent de la formation des m&#233;decins, pour le premier, du m&#233;tier de g&#233;n&#233;raliste, pour le second. C'est du premier dont nous allons parler aujourd'hui &#224; l'IUFM de l'acad&#233;mie de Lyon, parce que la mani&#232;re dont vous d&#233;crivez les &#233;tudes m&#233;dicales fait un peu froid dans le dos pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de l'&#233;mission &#034;La bibilioth&#232;que de l'&#233;ducation&#034;, &lt;a href=&#034;http://www.meirieu.com/BIOGRAPHIE/biographie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippe Meirieu&lt;/a&gt; a interrog&#233; Martin Winckler au sujet des &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Les-Trois-Medecins-P-O-L-Folio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Trois M&#233;decins&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous avez publi&#233; deux livres,&lt;/i&gt; Les trois m&#233;decins &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; La maladie de Sachs, &lt;i&gt;qui traitent de la formation des m&#233;decins, pour le premier, du m&#233;tier de g&#233;n&#233;raliste, pour le second. C'est du premier dont nous allons parler aujourd'hui &#224; l'IUFM de l'acad&#233;mie de Lyon, parce que la mani&#232;re dont vous d&#233;crivez les &#233;tudes m&#233;dicales fait un peu froid dans le dos pour les formateurs que nous sommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Diriez-vous de votre roman qu'il s'agit d'une fiction, que tout rapport avec des personnages r&#233;els ayant r&#233;ellement exist&#233; ne serait que fortuit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.meirieu.com/RADIO/radio2.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecouter l'entretien et en lire la transcription compl&#232;te sur le site de Philippe Meirieu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Oui et non. Mais avant de r&#233;pondre &#224; cette question, je voudrais dire que j'ai eu tr&#232;s vite envie d'&#233;crire un livre traitant de mes &#233;tudes de m&#233;decine qui serait &#224; la fois un roman de formation, un roman d'amiti&#233;, un roman d'amour, un roman politique et un roman d'aventures. Et j'ai cherch&#233; longtemps comment concilier tout cela pour en arriver &#224; la conclusion que l'&#233;criture de ce livre-l&#224; &#233;tait impossible. Jusqu'au jour o&#249; j'ai eu une id&#233;e absolument g&#233;niale et o&#249; je me suis dit si ! Cette &#233;criture est possible puisque quelqu'un l'a brillamment fait : c'est Alexandre Dumas dans &lt;i&gt;Les trois mousquetaires&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc pris mod&#232;le sur lui pour tenter de faire un &lt;i&gt;remake&lt;/i&gt; dans le monde si particulier de la m&#233;decine, dans mon roman que j'ai intitul&#233; &lt;i&gt;Les trois m&#233;decins&lt;/i&gt;, dont l'histoire se d&#233;roule tout au long des ann&#233;es 70 : Bruno Sachs est d'Artagnan, ses trois amis, les trois mousquetaires. Tous les quatre sont des partisans d'une m&#233;decine g&#233;n&#233;rale au service du patient quand, de l'autre c&#244;t&#233;, on trouve les internes en chirurgie qui visent &#224; acc&#233;der au grade de cardinaux. Le doyen de la facult&#233; de m&#233;decine figure le roi, le vice-doyen - un chirurgien gyn&#233;cologue pervers et manipulateur - Richelieu, et deux chefs de clinique ont sensiblement la m&#234;me fonction que Rochefort et Milady.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Effectivement, on d&#233;code cela tr&#232;s bien, notamment gr&#226;ce &#224; l'&#233;pisode du stylo de Buckley que l'on va r&#233;cup&#233;rer &#224; Londres, un joli clin d'oeil au lecteur !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le livre suit tr&#232;s exactement la trame des &lt;i&gt;Trois mousquetaires&lt;/i&gt;, ce qui a d'ailleurs &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; par l'association des amis d'Alexandre Dumas. C'est cette trame qui m'a donc permis de faire ce roman dont je r&#234;vais depuis si longtemps, un roman de formation qui soit respectueux de la mani&#232;re dont je con&#231;ois moi-m&#234;me la formation. C'est ainsi que j'ai pu poser qu'il est important de traverser la formation avec des gens qu'on aime, des gens qui vous enseignent, des gens de qui on apprend et &#224; qui on apprend. C'est la m&#234;me chose pour la litt&#233;rature, on l'apprend avec des gens et on leur en apprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, mon livre d&#233;bute sur le retard de Bruno Sachs. Celui-ci, m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, vient de publier un livre et il est convi&#233; par ses anciens camarades de promotion &#224; faire une conf&#233;rence &#224; l'universit&#233; o&#249; ils furent tous &#233;tudiants quelques ann&#233;es auparavant. Il est en retard, comme toujours : &#034;&lt;i&gt;tu es en r'tard&lt;/i&gt;&#034; est d'ailleurs la premi&#232;re phrase de &lt;i&gt;La vacation&lt;/i&gt; (un autre de mes romans). Ses amis m&#233;decins, en l'attendant, racontent leur histoire partag&#233;e, et chacun, &#224; sa mani&#232;re, relate une facette de leur exp&#233;rience commune de leur formation initiale. L'addition de ces r&#233;cits donne une id&#233;e assez pr&#233;cise de la formation toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Martin/Bruno, est-ce le m&#234;me personnage, la m&#234;me personne ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce n'est pas moi, c'est plut&#244;t un ami, m&#233;decin lui-aussi, mort quand il avait trente ans, et c'est aussi un peu mon p&#232;re, m&#233;decin, comme le p&#232;re de Bruno. Cela &#233;tant, je lui fais dire des choses auxquelles je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans votre livre, la terrible histoire de Mme Moreno fait un peu froid dans le dos...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour t&#233;l&#233;charger la transcription compl&#232;te de l'entretien, cliquez sur le fichier ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.meirieu.com/RADIO/radio2.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecouter l'entretien et en lire la transcription compl&#232;te sur le site de Philippe Meirieu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'enseignement m&#233;dical en France : l'h&#233;ritage du mandarinat</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/L-enseignement-medical-en-France-l-heritage-du-mandarinat</link>
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		<dc:date>2006-09-24T08:13:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour moi les &#233;tudes commencent &#224; dater, mais quand je lis les t&#233;moignages publi&#233;s sur votre site, elles me semblent encore proches, tant je ressents des sentiments encore vivaces... &lt;br class='autobr' /&gt;
Je brigue actuellement un poste de PH en psychiatrie, mais la formation reste un combat que j'ai bien du mal &#224; mener. &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;decine fran&#231;aise est pleine de contradictions. Elle ne sait pas faire de choix entre l'h&#233;ritage d'un mandarinat m&#233;prisant l'&#233;tudiant et les &#233;volutions n&#233;cessaires impos&#233;es par la baisse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour moi les &#233;tudes commencent &#224; dater, mais quand je lis &lt;a href=&#034;&#034;&gt;les t&#233;moignages publi&#233;s sur votre site&lt;/a&gt;, elles me semblent encore proches, tant je ressents des sentiments encore vivaces...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je brigue actuellement un poste de PH en psychiatrie, mais la formation reste un combat que j'ai bien du mal &#224; mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;decine fran&#231;aise est pleine de contradictions. Elle ne sait pas faire de choix entre l'h&#233;ritage d'un mandarinat m&#233;prisant l'&#233;tudiant et les &#233;volutions n&#233;cessaires impos&#233;es par la baisse de la d&#233;mographie m&#233;dicale et les exigences, toujours plus grandes, de notre soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard de notre profession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi les chefs de cliniques rechignent-ils tant &#224; dispenser leurs cours (il faut les entendre maugr&#233;er quand on est de ce c&#244;t&#233;-ci de la barri&#232;re...) ? A cela deux r&#233;ponses, de mon point de vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) les cours dispens&#233;s &#224; la facult&#233; de m&#233;decine ne sont plus adapt&#233;s &#224; la pratique, tant dans leur contenu que dans leur forme ; &lt;br class='autobr' /&gt;
2) la question de l'enseignement dans le recrutement des chefs de cliniques n'est jamais pos&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) &lt;strong&gt;La formation pratique&lt;/strong&gt; Lors de mes &#233;tudes de m&#233;decine &#224; Rennes, j'ai eu la chance et le malheur de participer &#224; certaines exp&#233;riences p&#233;dagogiques en provenance du canada (universit&#233; de Sherbrooke). L'objectif visait &#224; pousser l'&#233;tudiant &#224; chercher lui-m&#234;me les savoirs qui lui manquaient pour r&#233;pondre &#224; un probl&#232;me en lien avec la pratique (Apprentissage du Raisonnnement par Probl&#232;mes ; Apprentissage du Raisonnement Clinique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'enseignant &#233;tait de reprendre avec l'&#233;tudiant les failles de son parcours intellectuel et de l'aider &#224; d&#233;velopper sa m&#233;tacognition (capacit&#233; &#224; faire des liens entre des domaines divers) ; il agissait alors en tuteur p&#233;dagogique d'un petit groupe d'&#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette exp&#233;rience v&#233;cue en D2&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quatri&#232;me ann&#233;e de m&#233;decine&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans un colloque pour les profs (qui s'y sont montr&#233;s dubitatifs, voire hostiles &#034;on rabaisse le statut du professeur !!!&#034;), je n'ai plus support&#233; les cours que j'ai d&#233;lib&#233;r&#233;ment fuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fac a alors d&#233;cid&#233;, devant la d&#233;sertion des amphis en D4&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sixi&#232;me ann&#233;e&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , d'instaurer cette m&#233;thode pour les &#233;tudiants de D4 ; 1 groupe de 10 &#233;tudiants avec un tuteur se r&#233;unissant chaque mois autour d'un sujet clinique commun pr&#233;par&#233; pendant l'intervalle, et... plus de cours magistraux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel r&#233;gal de red&#233;couvrir alors par soi-m&#234;me des passerelles entre la patho, la physio et m&#234;me les sciences fondamentales (tant d&#233;test&#233;es en P1), m&#234;me notre tuteur s'est montr&#233; convaincu et passionn&#233; en fin de cycle (et ce n'&#233;tait pourtant pas gagn&#233; !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) &lt;strong&gt;Le recrutement des chefs de clinique&lt;/strong&gt;. Dans ce domaine &#233;galement s'exerce le mandarinat. A l'heure actuelle, un chef de clinique est recrut&#233;, non pas sur son int&#233;r&#234;t pour l'enseignement ( &#224; la fac ou sur le terrain), non pas pour ses qualit&#233;s cliniques, mais sur sa capacit&#233; &#224; s'inscrire dans la recherche et dans l'ordre &#233;tabli de son service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre alors fascin&#233; de voir des CCA, anciens internes ayant souffert du manque d'encadrement et de la faiblesse th&#233;orique, maltra&#238;ter leurs internes, soit de fa&#231;on passive par le m&#233;pris, soit activement en les infantilisant ou en les sur-utilisant. La fac ne nous forme ni &#224; encadrer, ni &#224; d&#233;l&#233;guer certes, mais le respect et l'empathie font partie des qualit&#233;s requises pour exercer la profession de m&#233;decin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement m&#233;dical a encore de gros progr&#232;s &#224; faire... Aucune r&#233;flexion sur la p&#233;dagogie n'est men&#233;e &#224; un &#233;chelon national. Pire encore, la m&#233;decine subit aujourd'hui les m&#234;mes &#233;volutions que la soci&#233;t&#233;. L&#224; o&#249; l'esprit de corps primait (m&#234;me s'il comportait une trop forte hi&#233;rarchie), il ne reste plus qu'individualisme et carri&#233;risme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est oeuvrer dans le sens voulu par les politiques actuelles qui souhaitent nous voir devenir des prestataires de service, et non plus des acteurs de la sant&#233; publique, au sens du soin comme du politique.J'ai beaucoup de compassion pour mes internes, et pour les externes. Si la baisse d&#233;mographique est un probl&#232;me pour la pratique, c'est &#233;galement une chance pour l'enseignement et les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 15 ans leur nombre diminue de mani&#232;re galopante. Ils sont les *rares* m&#233;decins de demain. La raret&#233; est une position de force quand on veut exercer le lobbying. Cela marche d&#233;j&#224; pour les internes dans certains CHU parisiens. Il faut faire entendre la voix des &#233;tudiants, il faut qu'ils montrent que les enseignants doivent apprendre &#224; leur faire confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement ne va pas dans un seul sens, de celui qui sait vers celui qui ne sait pas, mais il s'agit d'un &#233;change entre celui qui apprend/d&#233;couvre et celui qui a de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N. P. (Paris)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quatri&#232;me ann&#233;e de m&#233;decine&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sixi&#232;me ann&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Formation des m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes : une politique de sacrifice</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/Formation-des-medecins-generalistes-une-politique-de-sacrifice</link>
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		<dc:date>2005-11-01T10:09:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans le discours officiel des minist&#232;res, la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale est le maillon essentiel de la politique de sant&#233; nationale. La r&#233;alit&#233; est tout autre, et cela peut se voir &#224; la mani&#232;re dont les futurs m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes choisissent leur &#034;sp&#233;cialit&#233;&#034;, par le d&#233;pit, l'&#233;chec ou la contrainte. Ce texte de Chantal l'explique clairement, de l'int&#233;rieur. Question : qui a envie de se faire soigner par quelqu'un qui n'a pas choisi d'&#234;tre l&#224; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
MW Je suis actuellement &#233;tudiante en DCEM4 &#224; Paris, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le discours officiel des minist&#232;res, la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale est le maillon essentiel de la politique de sant&#233; nationale. La r&#233;alit&#233; est tout autre, et cela peut se voir &#224; la mani&#232;re dont les futurs m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes choisissent leur &#034;sp&#233;cialit&#233;&#034;, par le d&#233;pit, l'&#233;chec ou la contrainte. Ce texte de Chantal l'explique clairement, de l'int&#233;rieur. Question : qui a envie de se faire soigner par quelqu'un qui n'a pas choisi d'&#234;tre l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MW &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Je suis actuellement &#233;tudiante en DCEM4 &#224; Paris, et ce que j'ai pu lire &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance' class=&#034;spip_in&#034;&gt;des contributions des uns et des autres&lt;/a&gt; se r&#233;percute aussi chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans l'ensemble, cela correspond &#224; ce qui a toujours ete fait pour nous en m&#233;decine : du sacrifice.&lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque g&#233;n&#233;ration, sa r&#233;forme de l'internat, qui aboutissait pour la plupart &#224; un sacrifice d'une ou deux promos, lach&#233;es dans un concours qui changeait sans arret, et dont les r&#233;sultats n'avaient donc plus rien a voir avec la formation recue pendant plusieurs ann&#233;es (puisqu'elle &#233;tait forc&#233;ment inadapt&#233;e &#224; la r&#233;forme, ou &#224; l' &#187;esprit de la r&#233;forme &#187; cher &#224; nos doyens)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais celle-ci a de pervers qu'elle est faussement rassurante et m&#234;me revalorisante pour les medecins g&#233;n&#233;ralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;raliste comme sp&#233;cialit&#233; &#224; part enti&#232;re, ca peut para&#238;tre une bonne fa&#231;on de voir les choses, sauf qu'actuellement, le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste est le m&#233;decin sacrifi&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le prouver, il suffit d'y regarder d'un peu plus pres :
&lt;br&gt;- La nouvelle r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale n'apporte aucun b&#233;n&#233;fice &#224; ces travailleurs acharn&#233;s et meme d&#233;pr&#233;cie leur travail en leur imposant sans contrepartie des charges en mati&#232;re administrative
&lt;br&gt;- De plus, contrairement aux sp&#233;cialistes qui ont vu leur consultation revaloris&#233;e en termes de tarifs, pour les m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, nada
&lt;br&gt;- Encore plus grave, que ce soit dans les m&#233;dias, ou meme a travers ce qu'on entend chez nos patients, le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste est soit un mauvais m&#233;decin, soit une vache &#224; prescriptions (&#171; je vous mets quoi, ma petite dame ? &#187; on se sert comme au supermarch&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce rythme la, et en sachant qu'on ne voit aucun g&#233;n&#233;raliste pendant notre formation (sauf le sien quand on a un vaccin &#224; faire), comment voulez vous que cette merveilleuse discipline paraisse attractive ? et meme si elle l'est pour beaucoup, parce que c'est un des plus beaux m&#233;tiers du monde, quand on voit les pouvoirs plublics s'acharner dessus, on n'a pas tr&#232;s envie de faire partie de ceux sur qui on tape, pendant toute notre future activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on reprend ces deux &#233;l&#233;ments (la g&#233;n&#233;ration sacrifi&#233;e au concours et les m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes sacrifi&#233;s), on en arrive &#224; ce qui se passe dans les facs actuellement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concours d'internat, meme s'il est nomm&#233; pompeusement &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/L-Examen-National-Classant-ou-Comment-perenniser-l-elitisme-medical-casser-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;Epreuve Nationale Classante&#034;&lt;/a&gt; (ce n'est meme plus un examen), reste extr&#234;mement &#233;litiste, et favorise essentiellement le bachotage (surtout ne rien rien oublier pour avoir le plus de points &#224; ramasser, quand on sait que souvent quelques dizaines de points suffisent &#224; changer une centaine de places).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les places les plus demand&#233;es restent toujours les memes (sp&#233;cialit&#233;s avec de gros revenus, villes prestigieuses - Paris en premier lieu), ce qui fait le plaisir de tous les doyens, qui comptent les points avec les autres facs....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple dans la mienne : une heure de d&#233;cryptage des chiffres de l'ENC, pour dire qu'on est les meilleurs, qu'on se bat avec une autre fac pour les premi&#232;res places, et qu'on va y arriver. On a souvent l'impression de n'etre qu'une &#233;curie de poulains qu'on lache dans l'arene, pour voir quel est le meilleur entraineur. Parce que les doyens ne fixent d'objectifs de l'enseignement et ne modifient leurs strat&#233;gies qu'en fonction de ca : pas selon le crit&#232;re &#034;&lt;i&gt;Mes &#233;l&#232;ves seront de bons m&#233;decins&lt;/i&gt;&#034;, mais &#034;&lt;i&gt;Mes &#233;l&#232;ves seront les mieux class&#233;s&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, la plupart du temps, le concours reste le seul objectif. Personne pour explique didactiquement le principe de l'amphi de garnison, ou meme, encore plus simple, les types de sp&#233;cialit&#233;s, les villes existantes et le principe de la formation d'interne. On est oblig&#233;s de trouver ailleurs (tirer les vers du nez de nos internes, qui en ont une vision fauss&#233;e, puisque eux ont &#233;t&#233; bien class&#233;s, ils sont &#224; Paris !!)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on en vient &#224; une monstrueuse aberration : Les meilleurs au concours ne sont pas les meilleurs face au patient, et pour cause, ils ne voient le patient que sur une feuille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me aberration : ceux qui n'ont pas l'ambition premi&#232;re d'&#234;tre sp&#233;cialistes doivent bosser encore plus dur pour &#234;tre de bons m&#233;decins, et on ne les y encourage pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit vouloir etre g&#233;n&#233;raliste, en g&#233;n&#233;ral la r&#233;action est : &lt;i&gt;Ben c'est bon, tu n'as pas besoin de trop travailler&lt;/i&gt;. Le pire, c'est que c'est vrai, les modalites de l'examen permettant &#224; tout le monde de se classer !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat des courses : en ce moment, on forme des m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes de moins en moins bons, qui souvent ne choisissent la profession que par d&#233;pit (un peu comme on a eu des dentistes qui le sont devenus pour avoir rat&#233; le concours de premi&#232;re ann&#233;e de m&#233;decine), et m&#234;me contraints et forc&#233;s (les directives minist&#233;rielles essaient d'interdire le redoublement, et &#231;a fait un peu mal de ne pas avoir le choix de sa profession - et de son lieu de travail - au bout de 6 ans d'&#233;tudes qui ne sont pas encore termin&#233;es) et qui ne voient la suite que tout en noir, puisque meme les pouvoirs publics leur tapent sur les doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est simple : les minist&#232;res, les facult&#233;s de m&#233;decine fran&#231;aises et l'&#233;ducation nationale sont en train de massacrer la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le g&#226;chis humain de la &#034;s&#233;lection&#034; en m&#233;decine </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



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&lt;p&gt;De nombreuses contributions de ce site sont consacr&#233;es &#224; la souffrance des &#233;tudiants en m&#233;decine, &#224; la cruaut&#233; absolue de la formation actuelle en facult&#233; et au caract&#232;re inepte des crit&#232;res de s&#233;lection retenu pour &#034;s&#233;lectionner&#034; les futurs soignants. Voici une nouvelle contribution, r&#233;dig&#233;e cette fois-ci par le p&#232;re d'une &#233;tudiante. La clart&#233; de son analyse m&#233;rite toute votre attention. &lt;br class='autobr' /&gt;
MW &lt;br class='autobr' /&gt; Pour Marie &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#232;re de famille, j'attends aujourd'hui les r&#233;sultats des examens de premi&#232;re ann&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nombreuses contributions de ce site sont consacr&#233;es &#224; &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la souffrance des &#233;tudiants en m&#233;decine&lt;/a&gt;, &#224; la cruaut&#233; absolue de la formation actuelle en facult&#233; et au caract&#232;re inepte des crit&#232;res de s&#233;lection retenu pour &#034;s&#233;lectionner&#034; les futurs soignants. Voici une nouvelle contribution, r&#233;dig&#233;e cette fois-ci par le p&#232;re d'une &#233;tudiante. La clart&#233; de son analyse m&#233;rite toute votre attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MW&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour Marie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#232;re de famille, j'attends aujourd'hui les r&#233;sultats des examens de premi&#232;re ann&#233;e de m&#233;decine de Marie. Succ&#232;s ou &#233;chec, je l'ignore. Ce que je sais, c'est que cette ann&#233;e de vie &#233;tudiante v&#233;cue &#171; &#224; distance &#187;, mais si proche de ma fille, me laissera un go&#251;t amer et une col&#232;re enfouie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; PCEM1, un mal n&#233;cessaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re ann&#233;e des &#233;tudes m&#233;dicales (PCEM1) est d'abord con&#231;ue comme une ann&#233;e de s&#233;lection, plus que d'apprentissage. Ce paradoxe n'&#233;tonne m&#234;me plus, il est admis comme une &#233;vidence, un &#171; cela va de soi &#187;, au mieux comme un &#171; mal n&#233;cessaire &#187; que seul un na&#239;f pourrait questionner. Or justement, cela ne va pas de soi, et pourquoi, en terme d'enseignement, un mal serait-il &#171; n&#233;cessaire ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il ne va pas de soi que l'objectif d'un enseignement soit de s&#233;lectionner et de classer, avant m&#234;me de penser &#224; former.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question de nier le besoin d'une s&#233;lection, mais de la penser. Actuellement, la s&#233;lection op&#232;re sur des crit&#232;res peu ou pas explicit&#233;s (ne serait-ce qu'aux int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes), et dont personne ne sait sur quelles bases et avec quel consensus ils ont &#233;t&#233; construits. Sur quoi s&#233;lectionne-t-on en effet ? Sur un bachottage, d'une intensit&#233; extr&#234;me, et dans lequel &#171; chaque mot compte &#187;, ou sur des bases assimil&#233;es en profondeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un apprentissage du &#171; par c&#339;ur &#187; qui n'apprend &#224; peu pr&#232;s rien - sinon &#224; apprendre par c&#339;ur - ou sur des m&#233;canismes biologiques g&#233;n&#233;riques constituant l'armature de fond des futurs m&#233;decins ? Ou sur l'argent enfin en permettant &#224; certains &#233;tudiants de mieux se pr&#233;parer que d'autres par le recours &#224; des organismes priv&#233;s et parall&#232;les de pr&#233;paration &#224; un concours (&#171; les &#233;curies &#187;) ? Pourtant, l'une des premi&#232;res fonctions de l'enseignant, c'est pr&#233;cis&#233;ment de justifier son enseignement par rapport &#224; un objectif lui-m&#234;me explicit&#233;, et dans lequel son enseignement devient alors l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc concevoir un couplage entre l'apprentissage et la s&#233;lection diff&#233;rent de celui qui existe, en repla&#231;ant d'abord l'&#233;tudiant et la p&#233;dagogie au centre de l'enseignement, &lt;i&gt;et en consid&#233;rant que l'&#233;chelle de l'individu (apprentissage individuel) est aussi importante que l'&#233;chelle collective (s&#233;lection de masse)&lt;/i&gt;. Ce n'est pas parce que le nombre d'&#233;tudiants augmente sans cesse que la s&#233;lection doit intervenir sur un nombre croissant de questions toujours plus pointues et auxquelles l'&#233;tudiant doit r&#233;pondre dans un temps toujours plus bref (40 questions en 60 minutes par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le nombre de candidats aux &#233;tudes m&#233;dicales aura encore doubl&#233;, le nombre de secondes pour r&#233;pondre &#224; chaque item de l'examen sera-t-il encore divis&#233; par deux ? La th&#232;se soutenue ici voudrait que l'on peut s&#233;lectionner plus intelligemment, plus efficacement, plus justement, et &#224; moindre co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection actuelle correspond probablement &#224; un empilement progressif d'ajustements au cours du temps pour faire face &#224; une masse croissante d'&#233;tudiants : passage de l'examen traditionnel aux questions &#224; choix multiples, d&#233;finition de mati&#232;res nouvelles &#224; fort coefficient dans le seul but de s&#233;lectionner, cr&#233;ation &#171; d'&#233;curies &#187; priv&#233;es de pr&#233;paration parall&#232;le &#224; ce marathon, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais la question fondamentale r&#233;side dans le fait que le &#171; centre de gravit&#233; &#187; des crit&#232;res actuels de s&#233;lection (bachottage, encyclop&#233;disme, r&#233;sistance,..) ne correspond pas au centre de gravit&#233; des comp&#233;tences a priori requises pour un m&#233;decin : connaissances g&#233;n&#233;riques, mises en relation de connaissances, esprit de synth&#232;se, raisonnement logique, capacit&#233; &#224; construire un diagnostic, aptitudes relationnelles, capacit&#233; de dialogue, etc.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me actuel a donc statistiquement toutes les chances de ... ne rien s&#233;lectionner du tout, sinon un &#171; &#233;chantillon moyen &#187; de la population fran&#231;aise probablement plus apte &#224; participer &#224; &#171; Questions pour un champion &#187; qu'&#224; constituer &#171; le meilleur potentiel m&#233;dical du futur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le paradoxe serait que r&#233;sultat de cette ann&#233;e de travail inhumain, d&#233;sastreuse sur le plan psychologique, &#224; co&#251;ts individuel, social et familial exorbitants, soit finalement... de ne pas s&#233;lectionner du tout : dans un &#233;chantillon s&#233;lectionn&#233; par l'examen, les &#233;lus ont tous bien s&#251;r quelques points communs. Ils n'ont manqu&#233; ni de courage ni d'abn&#233;gation, ils ont beaucoup travaill&#233;, en partie inutilement, ils sont &#171; format&#233;s &#187; sur un mode d'apprentissage unique, ils ont appris &#224; se taire, ils ont d&#233;couvert un enseignement distant, parfois hautain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, en se basant sur une distribution statistiquement normale, cet &#233;chantillon s&#233;lectionn&#233; comprend sans doute une minorit&#233; de futurs m&#233;decins brillants et aux multiples qualit&#233;s, une minorit&#233; de parfaits incapables pour soigner des malades, et une majorit&#233; de futurs m&#233;decins &#171; moyens &#187;, ni pires ni meilleurs les uns que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une pr&#233;orientation et une information... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution semble finalement dans son principe assez simple, il s'agit &#224; la fois de pr&#233;orientation et de pr&#233;s&#233;lection. Une pr&#233;s&#233;lection bien comprise se pratique dans beaucoup de lieux de l'enseignement sup&#233;rieur. On rentre dans un IUT ou dans une classe pr&#233;paratoire sur dossier, et personne ne semble le contester ou s'en &#233;mouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre qu'elle permettrait d'all&#233;ger consid&#233;rablement les effectifs en premi&#232;re ann&#233;e, qu'elle permettrait donc de re-concevoir de fond en comble l'enseignement de premi&#232;re ann&#233;e (introduction de travaux dirig&#233;s par exemple), de le r&#233;-humaniser aussi (ne serait-ce qu'avoir le droit de poser une question oralement &#224; un enseignant, pour r&#233;tablir un minimum de dialogue entre l'enseignant et l'&#233;tudiant). La pr&#233;s&#233;lection obligerait aussi le corps enseignant m&#233;dical &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ce qu'il veut finalement construire, sur les crit&#232;res de s&#233;lection. Elle obligerait &#224; expliciter un corpus de crit&#232;res r&#233;fl&#233;chis et consensuels, &#224; choisir et &#224; arbitrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crit&#232;res &#233;tant d&#233;finis, on disposerait alors d'une grille d'analyse et de lecture permettant d'orienter des candidats et non des inscrits &#224; ce stade, de fa&#231;on d'une part &#224; all&#233;ger tout le dispositif d'enseignement ult&#233;rieur, et d'autre part, d'&#233;viter &#224; des milliers d'&#233;tudiants de commencer leurs &#233;tudes par l'exp&#233;rience am&#232;re de l'&#233;chec en perdant une ann&#233;e, voire deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... que l'&#233;ducation nationale ne propose pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les modalit&#233;s possibles, on peut en &#233;voquer plusieurs. Tout d'abord, une pr&#233;s&#233;lection pourrait s'appuyer en amont sur un r&#233;el travail d'aide &#224; l'orientation d&#232;s les classes de premi&#232;re et de terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail d'aide &#224; l'orientation approfondie n'est malheureusement pas r&#233;alis&#233; actuellement (ou mal) par l'&#233;ducation nationale, alors que ceci devrait faire partie int&#233;grante de ses missions si l'on con&#231;oit la formation comme une d&#233;marche continue. Comme les &#171; &#233;curies &#187; priv&#233;es pr&#233;parent les &#233;tudiants de PCEM1 &#224; leurs examens, des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es ont d&#233;j&#224; pris le relais de ce cr&#233;neau d'aide &#224; l'orientation, et certaines le font m&#234;me tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crit&#232;res dont on dispose pour aider dans ce processus d'orientation sont nombreux : (i) l'analyse du dossier scolaire des classes de premi&#232;re et terminale, (ii) un avis engag&#233; et circonstanci&#233; des professeurs de terminale par rapport &#224; un ensemble de crit&#232;res scolaires et comportementaux d&#233;finis, et choisis pour avoir du sens par rapport aux qualit&#233;s et propri&#233;t&#233;s attendues d'un futur m&#233;decin, (iii) des tests r&#233;v&#233;lateurs de comp&#233;tences crois&#233;s avec des tests r&#233;v&#233;lateurs des go&#251;ts, (iv) des entretiens individuels, et enfin (v) une information compl&#232;te sur le m&#233;tier qui manque cruellement dans le syst&#232;me actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est par exemple assez incroyable que des forums d'&#233;changes permettant un dialogue entre des m&#233;decins (d&#233;crivant eux m&#234;mes une large palette de sp&#233;cialit&#233;s, de conditions de travail, de contextes) et des futurs (&#233;ventuels) &#233;tudiants en m&#233;decine ne soient pas organis&#233;s depuis longtemps, pour &#233;clairer vraiment les candidats potentiels sur le m&#233;tier, ses avantages, ses limites, ses contraintes, ses satisfactions et ses d&#233;ceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elaborer des crit&#232;res collectifs, de mani&#232;re consensuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En confondant a priori le &#171; m&#233;tier &#187; et la &#171; formation &#187;, les risques futurs de d&#233;senchantement sont ainsi maximis&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'issue de ce premier travail de pr&#233;orientation, d&#233;bouchant pour l'&#233;tudiant sur une autos&#233;lection ou une autocensure, l'Universit&#233; devrait alors assumer un travail de pr&#233;s&#233;lection stricto sensu . On peut sans doute proc&#233;der en plusieurs &#233;tapes (premi&#232;re s&#233;lection sur dossier, puis conception de tests sp&#233;cifiques, etc.). En allant plus loin, on pourrait imaginer un niveau bas&#233; sur une analyse des motivations et un entretien oral par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe sans doute bien d'autres modalit&#233;s de s&#233;lectionner, l'essentiel &#233;tant d'abord de construire de fa&#231;on consensuelle et collective les crit&#232;res de cette s&#233;lection par rapport &#224; un objectif donn&#233;, les modalit&#233;s n'&#233;tant donc que la mise en &#339;uvre de ces choix collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne va pas de soi d'ailleurs que ces choix de crit&#232;res relatifs &#224; la pr&#233;s&#233;lection ne soient que l'affaire du corps enseignant m&#233;dical. A titre d'exemple, la construction de ces crit&#232;res avec l'ensemble du corps m&#233;dical, et pourquoi pas ... les citoyens eux-m&#234;mes m&#233;riterait discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les &#233;tudes ne sont pas faites pour souffrir, mais pour se former &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement, parlons en justement : Bas&#233; sur une conception encyclop&#233;dique de l'apprentissage, un apprentissage qui collectionne les faits plus qu'il ne les explique, qui met bout &#224; bout plus qu'il ne met en relation, et qui a pour premier effet de ne jamais fournir aux &#233;tudiants les crit&#232;res de distinction entre l'essentiel et l'accessoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en penseraient notamment les enseignants du secondaire qui m&#232;nent leurs &#233;l&#232;ves au baccalaur&#233;at en essayant de leur fournir des bases, de trier l'important du d&#233;tail, et le g&#233;n&#233;rique du cas particulier ? Tout ceci est balay&#233; en une ann&#233;e, voire deux puisqu'il est &#233;galement de bon ton d'admettre que cette premi&#232;re ann&#233;e se fait ... en deux ans, c'est du moins l'une des strat&#233;gies explicite en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais enseigner, c'est autre chose, et les &#233;tudes ne sont pas faites pour souffrir, mais pour se former. Enseigner, c'est apprendre bien s&#251;r, mais aussi, apprendre &#224; apprendre. C'est accepter une progression par &#233;tapes, c'est ouvrir un dialogue avec l'enseign&#233;, c'est accepter de recevoir ses questions mal formul&#233;es et ses r&#233;ponses d&#233;cousues pour ensuite les reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est accepter de faire le constat de ses propres &#233;checs p&#233;dagogiques &#224; travers les &#233;checs des &#233;tudiants, c'est &#234;tre plus qu'un livre en enrichissant les connaissances par la somme d'incertitudes, de controverses, et d'humilit&#233; qui les accompagnent. C'est enfin construire un apprentissage multiforme, vari&#233;, attractif aussi, bref une p&#233;dagogie, qui articule des &#233;l&#233;ments a priori disparates entre eux (et qu'il faut bien s&#233;parer provisoirement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est enfin reconna&#238;tre le droit &#224; l'erreur (la sienne et celle de l'&#233;tudiant), et le devoir de la corriger. La place de l'enseignant m&#234;me se trouve ainsi pos&#233;e. Avec un &#171; bon poly &#187; et &#171; une bonne &#233;curie &#187;, on peut aussi r&#233;ussir sans aller en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi sert l'enseignant alors ? Quelle est sa &#171; plus value &#187; par rapport &#224; l'ouvrage ? Aucune sans doute, et c'est dans un sens normal et logique pour un enseignement qui a perdu toute notion de dialogue et d'interaction &#171; enseignant-enseign&#233; &#187;, qui ne transmet plus rien ayant &#224; voir avec &#171; l'exp&#233;rience &#187; ou &#171; la d&#233;marche &#187;, mais tout &#224; voir avec &#171; la connaissance &#187;, elle-m&#234;me fig&#233;e et sanctifi&#233;e dans l'ouvrage ou le poly &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187; auquel tout &#233;tudiant sens&#233; devra se r&#233;f&#233;rer s'il veut b&#233;n&#233;ficier de &#171; la science qui fait foi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des enseignants sourds &#224; ceux qu'ils pr&#233;tendent &#233;duquer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui sont ils d'ailleurs ces enseignants, ces for&#231;ats des polycopi&#233;s aussi denses qu'abscons (on pourrait d'ailleurs parler de certains polycopi&#233;s manuscrits, mal r&#233;dig&#233;s, voire incompr&#233;hensibles) ? Et quelle conception se font-ils de la p&#233;dagogie, du m&#233;tier en acceptant, qu'on le veuille ou non, de contribuer &#224; une telle conception de l'enseignement ? Comment acceptent-ils de r&#233;duire leur mission &#224; cette r&#233;citation bien trop longue dont l'&#233;tudiant doit capter chaque d&#233;tail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment acceptent-ils de si peu conna&#238;tre, et si peu entendre aussi, ces &#233;tudiants auxquels ils s'adressent ? (On assiste par exemple &#224; l'impossibilit&#233; de poser des questions en amphi - &#171; pas le temps, trop press&#233;, trop nombreux &#187;, et un &#233;tudiant d'une universit&#233; de M&#233;decine m'a appris qu'il n'avait jamais vu &#171; le visage du prof &#187; : il n'a vu que ses mains, projet&#233;es sur l'&#233;cran g&#233;ant de l'amphith&#233;&#226;tre puisque &#171; le prof &#187; en question &#233;tait dans un autre amphith&#233;&#226;tre... Comme exemple symbolique achev&#233; de la d&#233;shumanisation de l'enseignement sup&#233;rieur, on ne pouvait gu&#232;re trouver mieux...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout enseignant qui monologue sait pourtant, par la pratique, le d&#233;sastre auquel il assiste quand, faisant passer &#224; l'occasion un &#233;tudiant &#171; au tableau &#187;, il mesure la distance entre ce qu'il croyait avoir expliqu&#233; et ce qui a r&#233;ellement &#233;t&#233; compris (on n'ose pas dire &#171; assimil&#233; &#187;). Il en est de m&#234;me quand il &#171; corrige les copies &#187; et lorsqu'il mesure alors &#171; ce qui passe et ce qui ne passe pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en M&#233;decine, il y a longtemps qu'on ne corrige plus de copies, ce sont des machines qui comptabilisent les cases coch&#233;es des &#171; QCM &#187; (questions &#224; choix multiples) : c'est plus rapide, plus facile, et &#231;a permet en plus de ne pas se poser de question... Ne disposant ainsi plus de mesure de l'&#233;cart entre ce qui est enseign&#233; et ce qui est r&#233;ellement assimil&#233; et construit dans le cerveau des &#233;tudiants, l'enseignant est isol&#233;, il ne peut plus &#171; corriger le tir &#187; de son enseignement, ni s'adapter, ni s'interroger. Et finalement, il ne peut plus progresser. L'enseignement court le risque de ne plus &#234;tre un &#171; plaisir de former &#187;, mais de devenir une corv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des processus d'examen pervers &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sid&#233;rant de concevoir qu'apr&#232;s plusieurs milliers d'heures de travail (environ 3000 heures par an, pour 270 jours &#224; plus de 10 heures par jour), les examens se r&#233;sument &#224; des &#233;preuves uniques par mati&#232;re, courtes (1/2 heure, 1 heure), et dont le r&#233;sultat final peut se jouer sur quelques questions ultra pr&#233;cises, voire perverses (des &#171; questions pi&#232;ge &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'enseignement qui a d&#233;j&#224; perdu dans son enseignement m&#234;me le sens de l'essentiel ou de l'accessoire, qui enseigne sans situer son enseignement dans une conception globale, sans mise en relation avec les autres mati&#232;res s'en vient &#224; cultiver la perversit&#233;, c'est inqui&#233;tant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'absence de contr&#244;le continu semble injuste et injustifi&#233;e, sauf &#224; admettre que le non dit derri&#232;re cette mesure consiste &#224; introduire un moyen de s&#233;lection suppl&#233;mentaire encore plus arbitraire que les autres en jouant sur le stress propre &#224; l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire &#224; ce sujet aux candidats malheureux, qui ayant suivi et assimil&#233; un enseignement d'une ann&#233;e, s'&#233;croulent sous le poids du stress, de la fatigue, et de la tension, le jour de l'examen, ce fameux jour o&#249;, justement, il fallait &#171; assurer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une s&#233;lection &#233;litiste et humiliante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;tant plus pragmatique, on pourrait penser que le corps enseignant cherche &#224; minimiser le temps total pass&#233; &#224; la conception des examens (la conception n'est pourtant pas si fut&#233;e quand elle consiste simplement en un sch&#233;ma tronqu&#233; d'un cours en &#171; gommant &#187; les l&#233;gendes d&#233;taill&#233;es que l'&#233;tudiant devra r&#233;inscrire sans une erreur...), &#224; leur correction (la correction des QCM n'est elle pas d&#233;j&#224; automatique cependant ?), &#224; leur traitement et archivage, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si telle &#233;tait la bonne interpr&#233;tation, on v&#233;rifierait alors une fois de plus que cet enseignement sup&#233;rieur m&#233;dical est d'abord con&#231;u autour de l'enseignant, pas de l'&#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment enfin ne pas &#234;tre effondr&#233; du mode de pr&#233;s&#233;lection des sp&#233;cialit&#233;s m&#233;dicales ult&#233;rieures et conditionn&#233;es par les examens ? Du rang 1 au rang 300, tu seras m&#233;decin mon fils. Du rang 301 au rang 400, tu seras dentiste ma fille. Du rang 401 au rang 450, bon pour &#234;tre sage femme... Pour quelques heures de bachottage de plus ou de moins, un futur bon m&#233;decin deviendra un mauvais dentiste, un bon dentiste aurait pu devenir un mauvais m&#233;decin, tu tireras sur le corps du b&#233;b&#233; ou sur la dent douloureuse... Quel g&#226;chis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les sciences humaines en m&#233;decine : ouverture ou hypocrisie ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Sciences-Hu&#034; - Sous ce vocable d'initi&#233;, il faut entendre les &#171; sciences humaines &#187;. Quoi ? Des sciences humaines en premi&#232;re ann&#233;e d'&#233;tudes m&#233;dicales ? Serait-ce enfin cette ouverture si na&#239;vement demand&#233;e par le moindre malade vers plus de &#171; dialogue &#187;, de &#171; communication &#187;, de r&#233;flexion &#233;thique, de questionnements &#233;conomiques aussi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las ! Les &#171; sciences-hu &#187;, c'est avant tout cent textes dactylographi&#233;s d'une page environ sur un sujet donn&#233; et &#224; apprendre par c&#339;ur. C'est avant tout 4 de ces sujets tir&#233;s au hasard le jour le l'examen et qu'il faut r&#233;gurgiter au mot pr&#232;s en deux heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout le plus fort coefficient de toutes les mati&#232;res (biologie cellulaire, anatomie, embryologie,...), celui qui ne vous fait rien gagner si vous &#234;tes dans la moyenne, mais qui peut vous faire tout perdre si vous &#234;tes un cran en dessous. C'est avant tout des milliers de copies (ou plus si on admet une double correction) &#224; corriger et pour lesquelles il n'est sans doute pas besoin d'un professeur de sciences humaines : un prof de biochimie fera l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout le choix judicieux par l'&#233;tudiant de la taille de la pointe du stylo (0.3 mm ? 0.4 mm ?) qu'il devra utiliser pour &#171; &lt;i&gt;respecter strictement le cadre impos&#233;&lt;/i&gt; &#187; pour l'&#233;criture du texte. Quel d&#233;sastre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un co&#251;t psychologique insupportable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;couter les &#233;tudiants, au risque d'ailleurs de les entendre. Il faut &#233;couter ces &#171; doublants &#187; qui n'ont pas encore compris parfois ni pourquoi ni comment ils n'ont pas pass&#233; le cap l'ann&#233;e d'avant, avec le sentiment tenace de ne pas avoir d&#233;m&#233;rit&#233;, et la peur au ventre de perdre encore une fois. Et dans le cas de deux &#233;checs, que leur reste-t-il d'ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans de travail acharn&#233;, d'isolement, de retrait de la vie sociale, familiale, affective, un &#233;coeurement profond sans doute, deux ans de perdus, et rien en poche... La d&#233;pression n'est pas toujours si loin (cf. les rapports ou enqu&#234;tes disponibles sur les conditions de vie et/ou de sant&#233; des &#233;tudiants en France), d'autant plus que cette premi&#232;re ann&#233;e est aussi celle de la d&#233;shumanisation. La journ&#233;e typique de l'&#233;tudiant(e) en m&#233;decine passe de l'amphi de six cents ou neuf cents &#233;tudiants devant des &#233;crans g&#233;ants et o&#249; chacun est un &#233;tranger pour l'autre, &#224; la r&#233;clusion dans la chambre d'&#233;tudiant o&#249; le m&#234;me isolement perdure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi entendre ces &#171; primants &#187;, inquiets sur la meilleure strat&#233;gie &#224; suivre, inquiets sur les bruits de couloirs diffus&#233;s par les &#171; doublants &#187;, et croyant parfois &#224; la r&#233;ussite tout en devant, statistiquement, se pr&#233;parer &#224; l'&#233;chec. On pourrait m&#234;me prolonger le bilan en terme de sant&#233; pour les &#233;tudiants. De l'aveu m&#234;me d'un m&#233;decin responsable de la visite m&#233;dicale des &#233;tudiants, deux probl&#232;mes de sant&#233; concernent sp&#233;cifiquement les &#233;tudiants en m&#233;decine : la baisse de l'acuit&#233; visuelle (li&#233;e probablement &#224; une sollicitation visuelle continue et excessive), et la prise de poids (&#171; grignotage &#187; et s&#233;dentarit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait &#233;ventuellement ajouter &#224; la liste la prise de fortifiants divers, vitamines et autres aides m&#233;moire, voire anti-d&#233;presseurs. En caricaturant, l'une des cons&#233;quences de la conception de la premi&#232;re ann&#233;e d'&#233;tudes m&#233;dicales consiste d'abord &#224; rendre ces &#233;tudiants...malades. Ces &#233;tudes ne forment pas, elles d&#233;forment. Elles n'irriguent pas, elles dess&#232;chent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un co&#251;t social exorbitant &#224; court et &#224; long terme &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes m&#233;dicales sont doute les championnes du maintien de l'hypocrisie de &#171; la d&#233;mocratie &#187; &#224; l'Universit&#233;. Sous ses airs d'ouverture quasi-totale, l'universit&#233; survit &#224; c&#244;t&#233; d'un syst&#232;me parall&#232;le d'&#233;coles priv&#233;es en g&#233;n&#233;ral (les &#171; &#233;curies &#187;, rien que le nom fait fr&#233;mir...) de pr&#233;paration au concours de premi&#232;re ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces organismes dont les droits d'inscription annuels varient de 500 &#224; 4500 euros environ, sont la face cach&#233;e de cet harmonieux &#233;difice de &#171; la d&#233;mocratie &#224; l'Universit&#233; &#187;, de &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;, et de &#171; l'absence de s&#233;lection &#187; &#224; l'entr&#233;e de l'Universit&#233;. Bien entendu, les &#233;tudiants ont besoin probablement de cet appui compl&#233;mentaire qu'ils ne trouvent plus dans l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, ils y retrouvent un minimum de contact, d'humanit&#233;, de relationnel dans un groupe plus restreint qu'un amphith&#233;&#226;tre avec des interlocuteurs qui vous appellent par votre pr&#233;nom, vous connaissent personnellement. Jusqu'o&#249; pourrait aller ce syst&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s loin probablement, presque sans doute vers une sorte d'universit&#233; parall&#232;le et &#171; cl&#233; en main &#187; et dans ce syst&#232;me, l'&#233;tudiant n'irait qu'une seule fois &#224; l'Universit&#233; : pour passer son examen. Rien d'anormal me direz-vous, un mal n&#233;cessaire de plus sans doute&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de pr&#233;s&#233;lection aboutit non seulement &#224; un syst&#232;me inhumain sur le plan individuel, inefficace peut-&#234;tre sur le plan de la formation, mais aussi &#224; co&#251;t social exorbitant : Que l'on pense au co&#251;t d'enseignement des &#233;tudiants dont 80 &#224; 90 % environ seront &#233;ject&#233;s du syst&#232;me (soit environ 30 000 &#233;tudiants en m&#233;decine chaque ann&#233;e), au co&#251;t de logement (pour lequel on sait que les grandes villes universitaires sont aussi le lieu de sp&#233;culation et d'exploitation de la vie &#233;tudiante), au co&#251;t d'inscription suppl&#233;mentaire dans les &#171; &#233;curies &#187;, etc....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapide calcul d'ordre de grandeur aboutit en prenant en compte simplement les frais les plus directs de logement (4000 euros par an), &#233;curie (2000 euros par an en moyenne), inscription et divers (1000 euros par an) pour 25 000 &#233;tudiants &#224; 245 millions d'euros par an. A ce prix l&#224;, on pourrait sans doute financer la pr&#233; orientation dont nous parlions plus t&#244;t, ou refaire plus d'une universit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des parents exclus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents sont les grands absents du syst&#232;me, et pourtant, ils sont l&#224; chaque jour et &#224; chaque instant : Pr&#233;sents pour la course &#224; l'inscription, pr&#233;sents pour le choix de &#171; l'&#233;curie &#187;, pr&#233;sents pour maintenir le moral de leur enfant bascul&#233; brutalement dans un monde parall&#232;le qui n'est plus vraiment &#171; la vie &#187;, en tout cas plus la &#171; vraie vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents auraient beaucoup de chose &#224; dire s'ils prenaient la parole, ou si on leur la donnait. Leur absence comme interlocuteur ou acteur d'un dialogue avec le corps enseignant fait d'ailleurs encore partie des &#171; cela va de soi &#187; de l'enseignement sup&#233;rieur : A qui viendrait il l'id&#233;e saugrenue en effet d'inviter &#224; la table du dialogue avec les enseignants des parents qui pourraient apporter leur part de t&#233;moignage et leur contribution constructive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A qui viendrait l'id&#233;e de r&#233;examiner la place inexistante des parents qui portent encore plus &#224; bout de bras leurs enfants (dont certains sont encore mineurs) que dans le secondaire, ces parents &#233;tant tout simplement invit&#233;s &#224; comprendre qu'apr&#232;s le bac, &#171; ce n'est vraiment plus leur affaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est grand temps pour les enseignants de renouer le dialogue avec les &#233;tudiants, avec les parents, et pourquoi pas entre eux aussi, pour repenser le syst&#232;me en profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est le syst&#232;me qui veut &#231;a... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il finalement qu'un syst&#232;me dont l'ineptie, la brutalit&#233;, sans m&#234;me oser parler de pertinence, sont reconnus &#224; peu pr&#232;s sans doute par tous perdure (en en discutant avec des m&#233;decins, enseignants universitaires, &#233;tudiants, ou parents, je n'ai pas rencontr&#233; &#224; ce jour un d&#233;fenseur de ce syst&#232;me, encore moins un &#171; th&#233;oricien &#187; capable d'en d&#233;fendre les vertus ou les pr&#233;suppos&#233;s), et se raffine m&#234;me d'ann&#233;e en ann&#233;e dans sa conception s&#233;lective aveugle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syst&#232;me venu de nulle part, &#233;labor&#233; au fil des ans, lent processus adaptatif &#224; une ouverture en masse de l'universit&#233; mais n'ayant jamais pris le temps de se repenser, sans responsable vraiment identifi&#233; (&#171; C'est le syst&#232;me &#187;), il s'impose &#171; de lui-m&#234;me &#187; comme une &#233;vidence, progressivement int&#233;rioris&#233; comme ce simple &#171; mauvais moment &#224; passer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'immobilit&#233; de ce syst&#232;me am&#232;ne en arri&#232;re fond un autre constat plus terrifiant encore : Personne n'a la possibilit&#233; de - ou int&#233;r&#234;t &#224; ?- changer le syst&#232;me : Les &#233;tudiants ? Domin&#233;s par un syst&#232;me qui les &#233;crase et qui les traumatise et dans lequel ils jouent leur avenir dans l'angoisse, impossible sans doute pour eux d'&#234;tre les porteurs du changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques ? S&#251;rement pas, qui s'amuserait d'ailleurs &#224; mettre des &#233;tudiants dans la rue &#224; la simple prononciation du mot &#171; pr&#233;s&#233;lection &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents ? Inorganis&#233;s, inexistants aux yeux de l'universit&#233;, pr&#233;sents mais invisibles, ils ne comptent pas. Les enseignants ? Mais le veulent-ils ? Acceptent-ils de revoir les bases m&#234;mes de ce syst&#232;me (au risque de se remettre en cause), veulent-ils un consensus m&#233;dical sur des questions de formation, donc de fond, ou pr&#233;f&#232;rent-ils, vaille que vaille, ne rien faire, en acceptant d'un air r&#233;sign&#233; &#171; ce mal n&#233;cessaire &#187; et en attendant... la seconde ann&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;decins ? Miracul&#233;s eux-m&#234;mes de ce syst&#232;me, confront&#233;s &#224; d'autres soucis, enjeux, ou int&#233;r&#234;ts, sans doute tr&#232;s diversifi&#233;s eux-m&#234;mes dans leurs trajectoires respectives, sans instance de dialogue organis&#233; avec le syst&#232;me de formation m&#233;dicale, quel espoir de ce c&#244;t&#233;-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les malades ? Peut-&#234;tre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;l&#233;phone sonne. C'est Marie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Texte envoy&#233; en juin 2005 ; mis en ligne le 9 octobre 2005 )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L' &#034;Examen National Classant&#034; ou Comment p&#233;renniser l'&#233;litisme m&#233;dical, &#034;casser&#034; les futurs soignants et d&#233;truire la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale en France</title>
		<link>https://www.martinwinckler.com/L-Examen-National-Classant-ou-Comment-perenniser-l-elitisme-medical-casser-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.martinwinckler.com/L-Examen-National-Classant-ou-Comment-perenniser-l-elitisme-medical-casser-les</guid>
		<dc:date>2005-10-02T20:17:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Winckler</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'examen national classant (ENC), qui donne &#224; tous les &#233;tudiants en m&#233;decine l'acc&#232;s &#224; des postes de m&#233;decins en formation dans les h&#244;pitaux fran&#231;ais, a remplac&#233; l'ancien concours de l'internat. Mais ce qui aurait pu &#234;tre une mesure d&#233;mocratique formidable est, en r&#233;alit&#233;, une catastrophe sanitaire et humaine, qui entretient et aggrave un &#233;litisme bien &#233;loign&#233; des besoins sanitaires de la population et qui, &#224; terme, aggravera les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s au soin. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelques explications : depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance" rel="directory"&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'examen national classant (ENC), qui donne &#224; tous les &#233;tudiants en m&#233;decine l'acc&#232;s &#224; des postes de m&#233;decins en formation dans les h&#244;pitaux fran&#231;ais, a remplac&#233; l'ancien concours de l'internat. Mais ce qui aurait pu &#234;tre une mesure d&#233;mocratique formidable est, en r&#233;alit&#233;, une catastrophe sanitaire et humaine, qui entretient et aggrave un &#233;litisme bien &#233;loign&#233; des besoins sanitaires de la population et qui, &#224; terme, aggravera les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s au soin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques explications : depuis 1968, tout &#233;tudiant en m&#233;decine est form&#233; au contact des patients, au moins en tant qu'&lt;strong&gt;externe&lt;/strong&gt; (&#233;tudiant hospitalier, autoris&#233;s &#224; examiner les patients et &#224; faire certains gestes th&#233;rapeutiques, mais pas &#224; prendre en charge le traitement d'un patient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 2003, les &#233;tudiants qui le d&#233;siraient pouvaient, en outre, pr&#233;senter le concours de l'internat. Ce concours, pr&#233;sent&#233; dans trois r&#233;gions sanitaires au maximum, permettait dans la r&#233;gion o&#249; l'&#233;tudiant avait &#233;t&#233; re&#231;u et en fonction de son classement, de choisir chaque semestre un poste dans le service de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tudiant devenait alors un &lt;strong&gt;interne&lt;/strong&gt;, v&#233;ritable m&#233;decin-en-formation habilit&#233; &#224; poser un diagnostic et &#224; prescrire un traitement, sous la supervision d'un praticien hospitalier chevronn&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant 1968, tous les &#233;tudiants en m&#233;decine n'avaient pas le droit d'&#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internat &#233;tait, depuis de nombreuses ann&#233;es, la seule possibilit&#233; de devenir sp&#233;cialiste, car les re&#231;us &#224; ce concours pouvaient alors choisir les services qu'ils voulaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait certes pas inimaginable de pr&#233;senter le concours d'internat quand on d&#233;sirait faire de la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, et d'aller chaque semestre de service en service pour se former au mieux mais c'&#233;tait peu fr&#233;quent, et souvent les &#233;tudiants qui faisaient ce type de choix &#233;taient vus comme &#171; prenant la place des sp&#233;cialistes &#187;. Les patrons de service pr&#233;f&#233;raient, de plus, garder leurs internes plusieurs semestres pour les former &#224; leur guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, de fait, les futurs sp&#233;cialistes pr&#233;sentaient l'internat ; les futurs g&#233;n&#233;ralistes s'en passaient tr&#232;s bien. Ils devenaient eux aussi internes, moins longtemps, pour un moins bon salaire, dans des h&#244;pitaux moins r&#233;put&#233;s et dans des services moins sp&#233;cialis&#233;s, &#231;a n'en faisait pas pour autant des sous-m&#233;decins, car le soin est question d'attitude et d'engagement, et non de titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour d&#233;crocher l'internat, la plupart des postulants pr&#233;f&#233;raient &#171; s&#233;cher &#187; leurs stages hospitaliers d'externes (quand on est au lit du malade, on n'est pas en train de bachoter). Ceux qui r&#233;ussissaient pouvaient toujours se rattraper ensuite. Ceux qui &#233;chouaient avaient, en plus, perdu de pr&#233;cieux mois de formation au contact des malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, il est enfin venu &#224; la conscience des politiques et des formateurs qu'une telle situation &#233;tait discriminatoire. La m&#233;decine g&#233;n&#233;rale est cens&#233;e &#234;tre la sp&#233;cialit&#233; la plus importante pour un syst&#232;me de sant&#233; national. Au nom de quoi les g&#233;n&#233;ralistes en formation b&#233;n&#233;ficieraient-ils d'une formation moins longue, de postes d'interne moins formateurs ou d'un moins bon salaire que les sp&#233;cialistes en formation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a donc &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que tous les m&#233;decins en formation seraient internes et trait&#233;s selon le m&#234;me r&#233;gime. La formation de base serait la m&#234;me pour tous. Ceux qui le voudraient se sp&#233;cialiseraient dans un second temps. L'internat est donc devenu obligatoire pour tous les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon sens aurait &#233;t&#233; d'instaurer un &lt;i&gt;examen r&#233;gional qualifiant&lt;/i&gt; - autrement dit, un contr&#244;le des connaissances pr&#233;alable &#224; la prise de fonction de l'interne dans la r&#233;gion o&#249; il vit. Cet examen aurait supprim&#233; la comp&#233;tition entre les &#233;tudiants : ne seraient devenus m&#233;decins en formation que ceux qui auraient les comp&#233;tences ad&#233;quates (c'est ce qui se passe en Angleterre et aux USA, par exemple). Au lieu d'&#234;tre attribu&#233;s en fonction des notes - qui n'ont rien &#224; voir avec les capacit&#233;s... les postes auraient pu &#234;tre tir&#233;s au sort parmi tous les postes existants, et les &#233;tudiants auraient pu aller d'un grand h&#244;pital &#224; un petit et apprendre le plus de choses possibles dans le plus grand nombre de situations possibles. Ce n'&#233;tait pas inconcevable, c'est ce qui est fait pour attribuer les postes aux externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, on a fait du nouvel internat un &lt;i&gt;examen national classant&lt;/i&gt;. &lt;strong&gt;Ce qui veut dire que d&#233;sormais, tous les &#233;tudiants passent l'internat pour tout le territoire national&lt;/strong&gt;. Les cons&#233;quences perverses de ce syst&#232;me sautent aux yeux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;la comp&#233;tition entre facult&#233;s fait rage&lt;/strong&gt; : les doyens de facult&#233;s reprochent d&#233;sormais aux &#233;tudiants de ne pas &#234;tre assez bien class&#233;s &#224; l'ENC et de faire chuter le niveau de leur fac d'origine ! ! !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;le bachotage est redevenu la r&#232;gle&lt;/strong&gt; (&#034;Si je suis mal class&#233;, je vais me retrouver &#224; six cents kilom&#232;tres de chez moi.&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;le choix des postes sur tout le territoire national entra&#238;ne des situations humaines absurdes&lt;/strong&gt; : deux &#233;tudiants mari&#233;s peuvent tr&#232;s bien, par les al&#233;as cr&#233;&#233;s, ne trouver un poste que dans deux CHU distants de 1000 kilom&#232;tres ! Alors que l'&#233;ducation nationale ne nomme plus depuis longtemps les titulaires hors de leur r&#233;gion, les &#233;tudiants en m&#233;decine sont trait&#233;s comme les instituteurs du XIXe si&#232;cle ! ! !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;las, m'&#233;crit une lectrice enseignante, de nombreux jeunes coll&#232;gues (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;les &#233;tudiants qui passent du temps &#224; l'h&#244;pital aupr&#232;s des patients au lieu de bachoter sont, plus que jamais, d&#233;valoris&#233;s&lt;/strong&gt; : ils ne sont &#171; pas assez bons &#187; (scolairement parlant, s'entend) pour int&#233;grer les postes hospitaliers &#171; de pointe &#187;. Le m&#233;pris de ceux qui ont &#171; r&#233;ussi &#187; et seront sp&#233;cialistes est encore plus fort pour ceux qui ont &#171; &#233;chou&#233; &#187; et ne seront &#171; que &#187; g&#233;n&#233;ralistes (m&#234;me s'ils l'ont choisi...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de comprendre pourquoi l'ENC est devenu un nouveau concours hypers&#233;lectif : parce que cela correspond &#224; l'&#233;tat d'esprit de la m&#233;decine de CHU, qui ne valorise que la comp&#233;tition, l'agressivit&#233; et la technologie, aux d&#233;pens du soin le plus imm&#233;diat, de la relation m&#233;decin-patient, de l'entraide professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on sait que les autres soignants (infirmi&#232;r(e)s, sage-femmes, orthophonistes, kin&#233;sith&#233;rapeutes, psychologues, etc.) sont encore, syst&#233;matiquement, m&#233;pris&#233;s par une immense majorit&#233; des m&#233;decins, doit-on s'&#233;tonner que ce m&#233;pris s'applique aussi aux &#233;tudiants en m&#233;decine... ? Appartenir &#224; une &#034;&#233;lite&#034;, &#224; un club, &#231;a n'est &#034;s&#233;lect&#034; que si ce club est tr&#232;s, tr&#232;s ferm&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs contributions d'&#233;tudiants d&#233;j&#224; publi&#233;es sur ce site se sont d&#233;j&#224; fait l'&#233;cho de cette catastrophe. &lt;a href='https://www.martinwinckler.com/Soignants-en-formation-soignants-en-souffrance' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir la rubrique &lt;strong&gt;Soignants en formation, soignants en souffrance.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.martinwinckler.com/La-colere-d-une-soignante-en-formation' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La derni&#232;re contribution en date sur ce th&#232;me vient de m'&#234;tre envoy&#233;e par Emma, &#233;tudiante &#224; Paris.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son d&#233;sespoir est aussi celui de centaines de futurs soignants, tent&#233;s de tout laisser tomber, &#224; force de subir, l'une apr&#232;s l'autre, des frustrations st&#233;riles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et tout cela se passe en France, en 2005 !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que je pose est toujours la m&#234;me : &lt;i&gt;Comment peut-on pr&#233;tendre apprendre &#224; soigner &#224; des personnes que l'on maltraite ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait trente ans que je la pose. Jusqu'ici, je n'ai pas entendu un seul patron de CHU, un seul Doyen de facult&#233; me donner la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute parce que cette question ne les concerne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Zaffran, m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste (72)&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br&gt; alias Martin Winckler &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br&gt; (1er Octobre 2005)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;AFP :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Choix des fili&#232;res d'internat : une &#034;catastrophe&#034; pour la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27/09 17:13 : Des syndicats d'&#233;tudiants en m&#233;decine et de g&#233;n&#233;ralistes ont&lt;br class='autobr' /&gt;
estim&#233; mardi que le choix par les &#233;tudiants de leurs fili&#232;res d'internat,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui s'est achev&#233; lundi, constituait &#034;une catastrophe&#034; pour la m&#233;decine&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;rale, o&#249; un millier de postes n'ont pas &#233;t&#233; pourvus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La catastrophe annonc&#233;e pour la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale a bien eu lieu&#034;, a&lt;br class='autobr' /&gt;
regrett&#233; dans un communiqu&#233; le Syndicat national des jeunes m&#233;decins&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;ralistes (SNJMG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est une v&#233;ritable catastrophe d&#233;mographique qui s'annonce, touchant des&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;gions d&#233;j&#224; fragiles, comme la Lorraine, la Normandie ou la Picardie&#034;, ont&lt;br class='autobr' /&gt;
estim&#233; pour leur part l'Association nationale des Etudiants en M&#233;decine de&lt;br class='autobr' /&gt;
France (ANEMF) et l'ISNAR-IMG, intersyndicale d'internes, dans un communiqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ces syndicats, &#224; l'issue de &#034;l'amphith&#233;&#226;tre de garnison&#034; lundi, au&lt;br class='autobr' /&gt;
cours duquel les &#233;tudiants en sixi&#232;me ann&#233;e de m&#233;decine ont choisi leur&lt;br class='autobr' /&gt;
fili&#232;re d'internat, ainsi que la ville o&#249; ils l'effectueront, 971 postes de&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;decine g&#233;n&#233;rale sur plus de 2.000 propos&#233;s, n'ont pas &#233;t&#233; pourvus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux &#233;tudiants pr&#233;f&#232;rent en effet se diriger vers des sp&#233;cialit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
plus prestigieuses et r&#233;mun&#233;ratrices, comme la radiologie et la&lt;br class='autobr' /&gt;
dermatologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce r&#233;sultat est encore plus catastrophique que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente o&#249; plus&lt;br class='autobr' /&gt;
de 500 postes de g&#233;n&#233;ralistes n'ont pas &#233;t&#233; pourvus&#034;, rel&#232;ve le SNJMG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux syndicats d'&#233;tudiants et le SNJMG s'accordent pour d&#233;plorer la non&lt;br class='autobr' /&gt;
reconnaissance universitaire dont souffre la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, bien qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
ait acquis le rang de sp&#233;cialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils demandent qu'elle fasse l'objet d'un stage pendant la p&#233;riode&lt;br class='autobr' /&gt;
d'externat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le DES (dipl&#244;me d'Etudes Sp&#233;cialis&#233;es de M&#233;decine G&#233;n&#233;rale) est &#224; ce jour&lt;br class='autobr' /&gt;
le seul dont la sp&#233;cialit&#233; ne fait pas l'objet d'un stage pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'externat. La m&#233;decine g&#233;n&#233;rale n'est pas choisie car pas connue&#034;, estiment&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ISNAR-IMG et l'ANEMF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SNJMG estime par ailleurs que la publication de la nouvelle Convention&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;dicale, le 12 f&#233;vrier, a &#233;t&#233; une &#034;humiliation&#034; pour la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale&lt;br class='autobr' /&gt;
et souhaite que la diversification des modes d'exercice de cette sp&#233;cialit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
soit &#034;encourag&#233;e&#034; et &#034;valoris&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant 1968, tous les &#233;tudiants en m&#233;decine n'avaient pas le droit d'&#234;tre externes, ils devaient aussi passer le concours de l'externat. Ceux qui n'y r&#233;ussissaient pas n'avaient... que le droit de regarder. Avant 1968, il n'&#233;tait donc pas rare qu'un dipl&#244;m&#233; de la facult&#233; de m&#233;decine n'ait jamais touch&#233; un patient.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;H&#233;las&lt;/i&gt;, m'&#233;crit une lectrice enseignante, &lt;i&gt;de nombreux jeunes coll&#232;gues professeurs de lyc&#233;e coll&#232;ge sont&lt;br class='autobr' /&gt;
encore oblig&#233;s aujourd'hui au XXIeme s de quitter leur r&#233;gion parce qu'ils n'ont pas&lt;br class='autobr' /&gt;
suffisamment de points pour rester dans leur r&#233;gion (ou acad&#233;mie) d'origine et il&lt;br class='autobr' /&gt;
leur faut parfois de tr&#232;s longues ann&#233;es de patience et parfois de solitude pour&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir retourner dans leur r&#233;gion d'origine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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