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Ces affiches, ces messages, ces spots..., que veulent-ils nous dire ?
07 octobre 2002

29 août 2004

Comme vous, quand je marche dans la rue, quand je branche ma radio, quand j’allume ma télé, je suis assailli par des messages divers et variés, proposés pêle-mêle car, dans le paysage audiovisuel, tous les messages sont mélangés. Les publicités promotionnelles coexistent avec les messages « institutionnels » et les slogans qui se font passer pour une information.



Ce mélange de messages peut être source de confusion, quand ce n’est pas de malaise. Au début de l’année 2002, par exemple, le gouvernement d’alors a lancé une grande campagne de sensibilisation à la contraception dont les support étaient trois couples qui s’embrassaient chastement - deux acteurs d’un film hollywoodiens, deux acteurs d’un film français récent et deux personnages de dessins animés japonais.

On comprenait bien que ce choix cherchait à toucher trois générations, mais là où ne comprenait plus, c’est que la semaine suivante, une radio privée utilisait comme support une affiche sur laquelle une fille torride roulait un patin à un mec au crâne rasé qui semblait n’avoir qu’une envie, la sauter avant les préliminaires. On pouvait se demander si cette affiche-là, infiniment plus explicite, ne venait pas se moquer des précédentes. En tout cas, elle n’incitait pas du tout à se préoccuper de contraception...

La confusion de sens induite par la confrontation malheureuse de deux supports similaires n’est pas ma seule source de malaise. Je n’aime pas non plus beaucoup les messages qui disent deux choses en même temps, comme ce spot qui passe en ce moment et vous sussure « Vous avez du cholestérol ? Appelez tel numéro de téléphone. » Il commence par nous suggérer que le cholestérol est un gros, gros problème (alors que le fait de fumer est bien plus problématique, et que la peur du cholestérol rapporte de l’argent aux laboratoires d’analyse et aux fabriquants de médicaments, mais n’améliore pas vraiment la qualité de vie ) et puis, brusquement, il nous présente une bouteille d’huile et un livre de cuisine, et là, on se demande si l’annonceur veut nous envoyer chez le médecin ou nous faire acheter sa bouteille de corps gras.

Je n’aime pas beaucoup non plus les messages du style : « Quoi, vous avez assuré votre voiture, mais pas votre famille ? » comme si une assurance contractée par culpabilisation dispensait de faire vraiment attention à sa famille, par exemple en apprenant à ses enfants à s’attacher quand ils sont sur le siège arrière...

Et puis, il y a les messages incompréhensibles, qui associent la culpabilisation, la peur et la confusion, et dont on se demande bien à quoi ils servent et à qui ils s’adressent. Je pense à une affiche en particulier, qui a fleuri sur les murs parisiens il y a quinze jours ou trois semaines. On y voyait une petite fille assise sur une pelouse, un nounours entre les bras, et on lisait ce message d’une extrême violence : « Quand un pédophile sort de prison, il ne tombe pas toujours sur un médecin. » Il m’a fallu la regarder de près, et longuement, cette affiche, pour comprendre enfin qu’elle avait été conçue par une association (de parents, probablement), qui aimerait bien qu’une fois leur peine de prison pugée, on ne se contente pas de relâcher les pédophiles dans la nature sans les faire soigner. Car, sous la photo, il y avait un autre message : « Imposons le suivi des pédophiles. »

Une petite fille avec son nounours et le mot « pédophile » plaqué en gros par-dessus - l’image-choc était sans doute destinée à attirer l’attention au moment où se déroulait un procès qui faisait alors couler beaucoup d’encre. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en ce qui me concerne, le message n’a pas eu l’effet escompté. Quand j’ai vu ça, la première chose que j’ai pensé c’est : « Qui est cette petite fille ? Qui a eu l’idée de l’afficher là, au vu de tout le monde, sous un slogan aussi violent ? »

Quand on veut faire passer un message, il faut toujours se demander comment il sera reçu.




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