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En souvenir d’André

"Chevaliers des touches" - un blog pour écrivants

Un blog où l’on parle cuisine de l’écriture. Papiers, ciseaux, stylos, claviers. MW

Vous y trouverez : des textes de MW sur son métier d’écrivain, des propositions d’exercices d’écriture et les textes et commentaires des participants au blog.


Martin Winckler - P.O.L Editeur

Les ouvrages de Martin Winckler chez P.O.L : La Vacation, La Maladie de Sachs, Légendes, Plumes d’Ange, Les Trois Médecins, Histoires en l’air, Le Chœur des femmes, En souvenir d’André


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Rupture(s), 2
par Nell
Article du 30 janvier 2010

"Parfois, il faut décider de rompre."

Ce simple mot fait peur. Des ruptures, il y en a tant eu... Des réelles, avec des portes qui claquent, des cris et des larmes ou à coups de lettres de plusieurs pages et des nuits blanches dans l’attente de la sonnerie du téléphone.

Des ruptures rêvées, décidées puis auxquelles on a renoncé, celles au bout desquelles on aurait dû aller parce que le manque de courage se paye toute une vie.
Des ruptures pour voir... un coup de bluff pour vérifier si...

"Avec les conventions."

Aller à contre-courant, s’essayer à l’incorrect, le pernicieux, à l’insolence pour respirer un peu...

"Avec le passé ou le présent."

Et même avec le futur, seule façon de le découvrir.

"Avec son métier, sa fonction, son rôle."

Se dire qu’il n’est jamais trop tard pour recommencer, se donner une chance de changer de place et voir ce que ça donne. Pour entendre d’autres mots, être salué autrement, comprendre, se réveiller enfin...

"Avec certains de ses proches, ou tous à la fois."

Pour apprendre à vivre sans eux et qu’ils sachent un jour que nul n’est indispensable. Ne plus accepter, ne plus se laisser mal aimer, tourner le dos au sacré.


Avec l’image qu’on se fait de soi-même et qu’on laisse les autres se faire.

Se regarder à nouveau, vraiment, droit dans les yeux, et tenter de se retrouver pour mieux s’envoler.

Avec une accoutumance ou une simple habitude.

La pire des pires : la culpabilité.

Avec une punition auto-infligée, récurrente, régulière, lancinante.

Pour que la souffrance ait un sens, parce que c’est comme cela que l’on nous a appris à obéir.

Avec le rythme de ses journées.

Pas facile mais il suffit parfois de peu pour que la journée prenne un nouveau visage.

Avec ses certitudes et ses obligations.

Je suis certaine de n’avoir pour seule certitude que je ne suis certaine de rien et rien ne m’oblige à honorer mes obligations tant que l’on ne m’y oblige pas.

Avec ceux à qui l’on s’est donné pieds et poings liés.

Se reprendre alors... pour mieux s’offrir, les mains libres et les pieds prêts à courir.

Avec sa manière de s’habiller, de manger, de dormir.

Un autre moi capable de tout dont on se croyait justement incapable, c’est incroyable et pourtant !

Avec son aspect policé.

Ne plus craindre les regards, ne plus avoir peur de perdre l’amour de ceux qui ne nous aiment pas assez. Hurler, rire fort, envoyer sur les roses, dire des gros mots, ne pas faire ce que l’autre attend de vous... surprendre.

Avec les mots qu’on utilise

Promis, je ne dirai plus « j’ai peur », « tu crois que je peux ? », « J’aimerais bien mais... », « J’ai une idée »... et FAIRE.
 
 
et la manière dont on les dit

Et je vous emmerde !!!

Avec les lieux et les visages.

Prendre ses cliques et ses claques et aller voir ailleurs même si ce n’est que pour quelques jours. Le tout est de se le permettre de temps en temps. Sourire au vent et croiser des regards qui vous rappellent qui vous êtes.

Avec les murs et les rivages.

Changer d’ennemis et rêver autrement. Ne plus nourrir de rancune pour les uns, donner une chance aux autres ou y renoncer tout à fait.

Avec les miroirs et les voix.

Ne plus se mentir, écouter sa voix véritable qui ne résonne pas qu’à l’intérieur de soi. On peut l’entendre dans les livres, la surprendre entre deux notes de musique, ou dans la bouche d’un ami.
 
Nell

(en réponse à un texte de
Marc Zaffran/Martin Winckler)

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