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Juste après dresseuse d’ours - par Jaddo
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Le Décalogue de la relation de soin (Version 2007)
par Marc Zaffran (Martin Winckler)
Article du 19 décembre 2007

NB : Une version révisée et étendue de ce décalogue a été publiée à l’occasion du Congrès Internationale d’Ethique Clinique qui s’est tenu à Paris en avril 2014. Ceci est la version "première".

1. Je suis le patient, ton égal. En te chargeant de me soigner, je te confie de grandes responsabilités. Tu ne trahiras pas ma confiance.

2. Tu me prodigueras tes soins sans discrimination, quel que soit mon aspect physique, mon sexe, mon âge, mon origine ethnique, ma culture, mes opinions ou mes croyances, en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.

3. Tu respecteras mon corps et ma pensée. Tu t’efforceras toujours d’apaiser mes souffrances physiques et morales. Tu ne refuseras jamais d’entendre mes plaintes.


4. Tu ne me nuiras point, ni par incompétence, ni par négligence.Tu ne révèleras pas mes secrets. Tu ne te serviras pas de ton rôle de soignant pour me transformer en cobaye.

5. Tu ne me mentiras point. Que je doive guérir ou mourir, tu m’éclaireras à tout moment sur mon état et sur tes soins. Si mon avenir est sombre, tu ne me cacheras pas la vérité, mais tu ne l’utiliseras jamais pour me torturer ou m’humilier, et tu ne me laisseras pas l’affronter seul.

6. Tu n’entraveras pas ma liberté, physique ou morale, par la force ou par la menace, par persuasion ou par séduction, par vanité ou par ignorance, et tu ne prendras pas à ma place les décisions concernant ma santé. Tu m’aideras toujours à accepter ou à décliner tes soins en connaissance de cause et, le cas échéant, à choisir un autre soignant.

7. Tu ne te feras pas complice, par action ou par omission, de ceux qui m’oppriment, me manipulent ou tentent d’abuser de moi - qu’il s’agisse d’un individu ou d’un groupe, d’un marchand ou d’un Etat, d’un de mes proches ou d’un autre professionnel du soin.

8. Tu ne porteras pas de jugement sur moi. Tu respecteras mes sentiments, mes désirs et mes incertitudes, mes liens et mes valeurs. Si mes opinions ou mes croyances apparaissent en conflit avec la qualité de tes soins - à tes yeux, aux miens ou à ceux d’un tiers - tu m’aideras à choisir un autre soignant, aussi compétent et dévoué que toi.

9. Tu mettras constamment tes connaissances à jour, et tu les partageras sans préjugé ni entrave, avec moi, avec mes proches et avec tous ceux qui te le demandent ou qui en ont besoin ; tu ne traiteras jamais par le mépris ce que nous voulons partager avec toi - moi, mon entourage ou toute autre personne soucieuse de prodiguer des soins, car nul ne peut soigner en confisquant un savoir voué à soulager les souffrances, en rejetant la contribution des autres ou en refusant la sienne .

10. Tu n’utiliseras pas ton statut pour enfreindre les lois - que ce soit à ma demande, à la demande d’autrui ou de ta propre initiative - sauf si, et seulement si, ces lois t’empêchent de prodiguer tes soins selon les règles ici énoncées.

(version révisée le 18 décembre 2007)

NB : Une version révisée et étendue de ce décalogue a été publiée à l’occasion du Congrès Internationale d’Ethique Clinique qui s’est tenu à Paris en avril 2014.

A la fin de mon roman Les Trois Médecins, je faisais réécrire le serment d’Hippocrate à mes héros, étudiants en médecine dans les années 70. Ce texte a été repris dans J’ai Mal Là, où je le compare à la version originelle et à sa réécriture "moderne" par... un membre du conseil de l’Ordre des Médecins français. (Voir "En relisant le serment d’Hippocrate").

Mais, si provocateur et militant soit-il, ce serment, comme les deux autres, laisse entendre que la définition du soin et des responsabilités qui en découlent incombe - encore une fois - aux médecins.

A l’occasion d’un séminaire qu’Andrée Duplantie m’a invité à donner dans le cadre du programme de bioéthique de l’Université de Montréal en septembre 2007, j’ai essayé de pousser la réflexion un cran plus loin.

Les "dix commandements" qui suivent tentent de définir la relation de soin de manière encore plus iconoclaste (du moins, je l’espère...). J’invite chaque lecteur et chaque lectrice à réagir par leurs commentaires, réflexions et critiques.

Marc Zaffran (Martin Winckler)


Merci à Alicia Wing.Seng, Marie-Josée Potvin, Amélie Zonato, Raphaelle Stenne, Marc Cauchon, Geneviève Ducharme, Sarah Hasson, Domitille Serraz, Julie Drouin, Renée Dallaire, George Bastien, Sylvie Dorris, Andrée Duplantie, Christine Brassard et Béatrice Godard, pour avoir organisé, encadré et/ou participé au séminaire de Montréal.

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