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Contraception
- Dix idées reçues sur la contraception
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
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Contraception et gynécologie >


Contraception : questions/réponses 02
30 Novembre 2003
Article du 30 novembre 2003

Cet article aborde les sujets suivants :
- Vos propos au sujet du DIU sont dangereux ! !
- Deux tiers des grossesses non désirées surviennent chez les femmes utilisant une contraception ! AFP 5 mai 2003
- Pilule et plongée


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Vos propos au sujet du DIU sont dangereux ! !

A la suite de la chronique que j’avais consacrée au stérilet sur France Inter (" Pourquoi dit-on que les femmes qui n’ont pas d’enfant ne peuvent pas porter de stérilet ? "), j’avais reçu le message suivant d’un interlocuteur médecin. Je la reproduis ici, même si elle est un peu technique, car elle synthétise les arguments de la plupart des médecins français sur le sujet. MW

- Vous mettez 3 secondes pour poser un stérilet. Mais pendant combien de temps vous lavez vous les mains avant de posez le stérilet ?
- Combien de stérilets posez vous par an ?
- Le problème des infections sur stérilet ne se limite pas à celui de la fréquence des infections génitales qui est effectivement liée au nombre des partenaires, mais aussi aux conséquenses des infections qui ne sont pas les mêmes avec et sans stérilet. Vous avez oublié de dire que le stérilet est un corps étranger et qu’une infection sur un corps étranger ne guérit pas facilement. Enfin lorsque la conséquense d’une infection utérine est la stérilité, n’est-il pas prudent d’éviter de généraliser la pose de stérilet chez une jeune fille qui n’a pas eu d’enfant ?
Je trouve que vous parlez bien mais que vos propos sont dangereux... "

Réponse :
- Vous mettez 3 secondes pour poser un DIU (stérilet). Mais pendant combien de temps vous lavez vous les mains avant de posez le stérilet ?
- Autant que pour n’importe quel geste nécessitant une asepsie (les soins d’une plaie, ou des sutures, par exemple, et j’en faisais très souvent quand j’étais installé à la campagne). De plus, je mets des gants stériles (ce que je font pas tous les gynécologues qui posent des DIU, parce que c’est " trop cher ") et bien entendu, le matériel de pose est stérile aussi. À l’exception des femmes migrantes, qui ne reviennent pas régulièrement, je revois toujours les femmes dans les 2 mois qui suivent la pose. Les infections liées à une erreur d’asepsie du médecin se déclarent toutes dans les 21 jours qui suivent la pose. En 20 ans de carrière (et plusieurs milliers de DIU posés), je n’en ai observé qu’une. Je l’ai soignée sans oter le DIU. La patiente l’a porté ensuite pendant six ans sans problème.
- Combien de Stérilet posez vous par an ?
- En ce moment, j’en pose entre 5 et 10 par semaine. (Je travaille dans un centre de planification). Autrement dit : je pose plus de DIU que la plupart des obstétriciens ne font d’accouchements.
- Le problème des infections sur stérilet ne se limite pas à celui de la fréquence des infections génitales qui est effectivement liée au nombre des partenaires, mais aussi aux conséquenses des infections qui ne sont pas les mêmes avec et sans stérilet. Vous avez oublié de dire que le stérilet est un corps étranger et qu’une infection sur un corps étranger ne guérit pas facilement.
- C’est ce que vous pensez, mais les études anglo-saxonnes ou scandinaves ont démontré le contraire. La fréquence et la gravité des infections de l’utérus et des trompes sont liées :
- 1° aux germes par lesquels la femme a été infectée (le plus souvent, des germes transmis par voie sexuelle, comme les chlamydiae)
- 2° au délai d’évolution de l’infection avant traitement, et éventuellement :
- 3° à l’état immunitaire de la patiente
- mais nullement à la présence du DIU !!!!

Ce sont ces mêmes études (Voir par exemple le site de Contraception Report) ou encore le consensus publié dans le bulletin de l’International Planned Parenthood Federation me permettent d’affirmer que les DIU en eux-mêmes ne favorisent ni les infections, ni les stérilités dues à ces infections. Cela étant, je ne me prive jamais de rappeler aux patientes qui me consultent que si elles ont plusieurs partenaires, l’usage du préservatif est vivement recommandé quelle que soit la méthode contraceptive employée.

- Enfin lorsque la conséquense d’une infection utérine est la stérilité, n’est-il pas prudent d’éviter de généraliser la pose de stérilet chez une jeune fille qui n’a pas eu d’enfant ?
- La conséquence d’une infection utérine n’est pas systématiquement une stérilité. Depuis 10 ans, elle l’est même de moins en moins parce que les médecins dépistent et traitent plus tôt qu’ils ne le faisaient.

On peut dire que dans la mesure où une infection non traitée peut entraîner une stérilité, il vaudrait mieux que les femmes soient prudentes (et utilisent des préservatifs) et ne multiplient pas les partenaires... Mais je ne suis pas juge de la vie des gens, et la vie est compliquée.

On a aussi tendance à oublier que s’il y une dizaine de milliers de patients qui s’infectent chaque année en France, il y a aussi 350 000 grossesses non désirées, dont 200 000 se terminent par une IVG. De ce point de vue, un DIU (avec ou sans préservatifs), c’est objectivement moins risqué qu’une pilule (avec ou sans préservatifs), car toutes les enquêtes montrent qu’il y a plus d’échecs de pilule que d’échecs de DIU. L’enquête récente de Bajos et coll. (voir résumé ci-après) montre que la plupart des grossesses non désirées surviennent chez des femmes qui utilisent... la pilule ! Et qu’il y a près de trois fois plus d’échecs de pilule que d’échec de DIU. Alors, je ne comprends pas l’obstination des médecins à refuser cette méthode contraceptive à des femmes qui en ont besoin.

Enfin, faut-il rappeler qu’une femme de 18 ans est majeure et que si elle a le droit de voter, de se marier et de conduire une voiture, elle a aussi le droit de décider en connaissance de cause la méthode qu’elle va choisir si cette méthode n’est pas prohibée ou interdite par la loi ? Mais trop de médecins se comportent comme s’ils étaient les directeurs de conscience des femmes.

-  Je trouve que vous parlez bien mais que vos propos sont dangereux.
- Aujourd’hui, l’existence de l’implant change les données : depuis 2001, il y a plus de demandes d’implant que de DIU chez les nullipares. Mais mon expérience est que le port d’un DIU par une patiente sans enfant (celles que je reçois ont plus souvent plus de 30 ans que 18) est moins "dangereux" que l’absence de contraception efficace et bien acceptée.

J’ai vu beaucoup trop d’IVG par oubli ou refus de prendre la pilule... et refus des médecins de poser un DIU. En revanche, j’ai posé pour la première fois un DIU à une nullipare en 1993. Elle avait 20 ans. Je lui ai expliqué tout cela. Je la revois régulièrement. Je lui ai changé son DIU il y a deux ans. Elle va toujours très bien, elle est toujours nullipare et ne changerait de contraception pour rien au monde. L’an prochain, elle a l’intention d’avoir un bébé. Elle est certaine que pour elle, comme pour les dizaines d’autres patientes nullipares à qui j’ai posé un DIU, c’est un très bon choix. Et rien, dans les suivi des nullipares à qui j’ai posé un DIU (et elles viennent régulièrement me consulter, car tous les praticiens hurlent quand elles disent porter un DIU, ce qui ne les incite pas à aller voir quelqu’un d’autre... ), rien ne me donne à penser que ce choix a été dangereux.


Deux tiers des grossesses non désirées surviennent chez les femmes utilisant une contraception ! AFP 5 mai 2003

« Les deux-tiers des grossesses non désirées sont le fait de femmes utilisant une contraception, selon une étude menée par une équipe de chercheuses françaises de l’INSERM publiée mercredi dans la revue européenne Human Reproduction. Selon les Dr Nathalie Bajos et Nadine Job-Spira (INSERM-hôpital Bicêtre), ces résultats montrent que la contraception constitue encore un problème majeur, même dans un pays comme la France, qui est le pays d’Europe où le recours à une contraception médicale est pourtant le plus élevé.

Un cinquième de ces grossesses intempestives sont survenues chez des femmes prenant la pilule et et un dixième parmi celles qui utilisaient un stérilet. Ces deux méthodes, rappellent les auteurs, sont celles qui connaissent le taux d’échec le plus bas. Un huitième des femmes tombées enceintes faisaient porter des préservatifs à leurs partenaires et un cinquième employait des méthodes "naturelles", retrait du partenaire ou absence de rapports sexuels durant les périodes de fertilité du cycle. Un tiers de ces grossesses non désirées sont survenues chez des femmes n’utilisant pas de contraceptifs. La moitié des grossesses non désirées se sont terminées par des avortements. L’étude a porté sur 1.034 femmes ayant subi un avortement ou dont la dernière grossesse était non désirée et sur 1.829 femmes prises au hasard dans un échantillon représentatif de 14.704 foyers.

Selon le Dr Bajos, le mauvais usage des contraceptifs est la principale raison donnée pour expliquer les grossesses non désirées. 60 % des femmes expliquent avoir oublié leur pilule une ou plusieurs fois. 18 % invoquent une maladie ou la prise de médicaments supposés avoir un effet adverse et cinq pour cent déclarent " ne pas savoir " ou " ne pas avoir d’explication ". Ces deux dernières réponses ont également été invoquées par 57% des femmes sous stérilet. 30 % des utilisatrices de ces appareils ont déclaré qu’il était " mal placé " ou était " tombé ". La moitié des co-utilisatrices de préservatifs ont expliqué que ces dispositifs " avaient glissé " ou " s’étaient déchirés ". Plus d’un quart des femmes ayant recours aux méthodes naturelles ont expliqué s’être trompé de date et deux tiers ont estimé que leur partenaire s’était retiré trop tard.

Parmi les femmes qui ne prenaient pas de contraceptifs, 63 % ont répondu qu’elles pensaient ne pas avoir de risques de grossesse. " Ce travail montre clairement qu’il existe une inadaptation entre les besoins contraceptifs d’une femme et les méthodes utilisées ", estime le Dr Bajos. " Il est absolument essentiel de faire la différence entre les méthodes contraceptives les plus efficaces et celles qui sont les plus pratiques pour une femme à un moment donné d’une relation (...) l’efficacité et le caractère pratique d’une contraception sont deux choses différentes ", ajoute-t-elle en soulignant que les prescripteurs devraient prendre en compte différents éléments de la vie des femmes comme le nombre des partenaires, d’enfants, ou la stabilité et la durée de la liaison. »

(c) 2003 AFP.
Résumé et références de l’enquête de Bajos et coll.


Pilule et plongée

- Dans la première édition, au chapitre " pilules combinées ", vous écrivez : " Les séjours à plus de 3000m d’altitude s’accompagnent de risque élevé de thrombose. Si vous avez l’habitude d’escalader de hautes montagnes, choisissez une autre contraception qu’une pilule combinée. Il en va de même avec la plongée en eaux profondes. " J’ai 24 ans. Cela fait presque 10 ans que je prends la pilule Miniphase. Je commence à pratiquer la plongée. J’ai eu mon niveau 1, ce qui me permet de plonger jusqu’à une profondeur de 20 m. Je compte, ultérieurement, passer mon niveau 2, ce qui me permettra de plonger jusqu’à 40 m. Je fais à peu près entre 10 et 20 plongées par an. Qu’entendez-vous par plongée en eaux profondes ? On peut plonger encore plus profond. Et à quel rythme ? Pouvez vous me donner plus de précision à ce sujet ? quel est le danger ? Dois-je changer de pilule ? Si oui, puis-je prendre une pilule progestative ?

J’ai précisé les choses dans la seconde édition de Contraceptions mode d’emploi mais en voici le résumé. Je pense que, dans la mesure où vous plongez déjà à 20 mètres ou plus, il serait préférable que vous choisissiez une contraception sans estrogènes. Il n’y a pas de "profondeur limite". Une fois que l’on porte des bouteilles, les variations de pression interne de l’oxygène peuvent modifier la coagulation. Et les estrogènes contenus dans les pilules combinées ont eux aussi des effets sur la coagulation : ils la favorisent et font donc courir le risque de formation d’un caillot dans une veine. Dans ces conditions (plongée ou alpinisme en haute altitude), une pilule progestative, l’implant (qui contient un progestatif) ou un DIU (au cuivre ou progestatif) sont des contraceptions qui ne font pas courir de risque.

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