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Evaluez votre gynécologue !!!
un test en cinq questions rédigé par Martin WInckler
Article du 6 mars 2006

Au vu des articles et des questions qui apparaissent sur ce site, au vu également des notions que j’essaie de partager - et qui démentent douloureusement celles que véhiculent beaucoup de praticiens - on pourrait être tenté de penser qu’à mes yeux, tous les gynécologues français sont mauvais.

Il n’en est rien. De nombreux professionnels connaissent toutes les notions présentées sur ce site, et les appliquent, au grand bénéfice des femmes qui les consultent. Mais il s’en faut de beaucoup (on peut le constater en visitant ce site) que la majorité soient aussi soucieux de la santé sexuelle des femmes.

Qu’ils soient hospitaliers ou privés, qu’ils exercent dans les grandes agglomération ou dans les villes de province, trop de gynécologues français ignorent purement et simplement les notions sur la contraception que je partage ici, et mettent leurs patientes en danger. D’autres, non moins nombreux ne veulent pas les connaître - et surtout, ne veulent pas en discuter, ni avec leurs patientes, ni avec leurs confrères - et encore moins avec moi !...

Pour les femmes, il est cependant essentiel de distinguer un(e) bon(ne) gynécologue d’un(e) mauvais(e) !!!

Comment faire la différence, en particulier dans le domaine de la contraception ? Cet article vous l’explique. Il ne va pas plaire à certains de mes confrères, mais je n’en suis plus à ça près...

L’article 11 du Code de Déontologie indique que tout médecin doit participer à l’évaluation des pratiques professionnelles. Il n’est dit nulle part que les patient(e)s ne peuvent pas participer à cette évaluation. Voici une occasion de procéder à votre propre évaluation personnalisée.

Martin WInckler


Qu’est-ce qu’un(e) bon(ne) gynécologue ?

C’est un(e) soignant(e). Un(e) professionnel(le) de santé qui fait passer le souci de la personne avant ses convictions, avant ses certitudes, avant ses préjugés. Quelqu’un qui se tient à jour. Quelqu’un qui prend le temps d’appréhender le problème AVEC la femme.
Autrement dit : ce n’est pas une question de compétence technique ou de diplôme, c’est une question d’attitude.

Testez l’attitude de votre gynécologue face à la contraception en lui posant cinq questions-clé.

Note : il ne s’agit pas, bien sûr, de poser ces questions de but en blanc comme pour un interrogatoire. Dans mon esprit, il s’agit d’interroger le praticien sur ses attitudes, de la manière qui vous paraîtra appropriée, afin de savoir "comment il se positionne" par rapport à la contraception". Vous n’êtes pas obligée de lui poser les 5 questions le même jour. Vous n’êtes pas obligée de les lui poser directement. Mais vous êtes en droit de l’interroger sur ses attitudes à votre égard et à l’égard des autres femmes...

Il n’est même pas sûr qu’il soit nécessaire d’interroger votre gynéco pour savoir quelles réponses il donnerait à ces questions : appuyez-vous sur ce qu’il vous a déjà dit et sur la manière dont il a répondu à vos questions dans un passé proche.

- 1° Quelle est la condition indispensable à la prévention des grossesses non désirées et des IVG ?

Réponse : le libre accès des femmes à toutes les méthodes de contraception, à chaque moment de leur vie.

Aux Pays-Bas, où l’IVG est la plus libérale, la fréquence des IVG est la plus basse au monde car toutes les méthodes de contraception sont accessibles à toutes les femmes, sans préjugé, et à la demande des intéressées. Si votre gynécologue répond "Il y aura toujours des IVG parce que trop de femmes désirent inconsciemment des enfants", ça commence mal...

- 2° Proposez-vous et prescrivez-vous couramment toutes les méthodes de contraception en adaptant votre prescription à la demande de chaque patiente ? [1]

Réponse : Elle doit être "oui", sans réserve.

Un gynécologue qui pour des raisons arbitraires refuse de proposer, de prescrire ou de poser l’une de ces méthodes est incompétent. Un gynécologue qui refuse d’adapter la contraception à chaque femme est incompétent (et dangereux ! ! !)

- 3° Qui, de la femme ou du médecin, doit à votre avis choisir la méthode de contraception ?

Réponse : La femme.

Ce n’est pas moi qui le dit, mais les recommandations de l’ANAES, agence nationale française de santé. Un gynécologue qui affirme le contraire n’a pas lu les recommandations officielles et au mieux, n’ pas réfléchi au problème. Il serait bon qu’il le fasse sans tarder. Au pire, il ne veut pas y réfléchir et considère que laisser le choix de la contraception aux femmes est une atteinte à son pouvoir. Fuyez-le comme la peste.

- 4° Imposez-vous un examen clinique à toutes les femmes (adolescentes, en particulier) qui demandent une contraception ? Dans quel cas pensez-vous qu’une femme demandant une contraception doit subir un examen gynécologique ?

Réponse : la prescription de contraception à une femme en bonne santé ne nécessite pas d’examen gynécologique systématique.

Une femme qui n’a aucun symptôme n’a pas besoin d’être examinée. Les seuls examens « systématiques » indispensables n’ont pas besoin d’être faits avant respectivement l’âge de 25 ans (le frottis vaginal) et 30 ans (l’examen des seins).

- 5° J’envisage de me faire stériliser. Pouvez-vous m’adresser à un chirurgien qui pratique les ligatures de trompes ou la méthode Essure ?

Réponse : Elle doit être "oui", sans réserve.

Depuis 2001, la loi française autorise toute personne majeure qui en fait la demande, quel que soit son âge ou le nombre d’enfants qu’elle a eus, à bénéficier d’une intervention de stérililsation volontaire (vasectomie pour les hommes, ligature de trompes ou méthode « Essure » pour les femmes).
Tout praticien a l’obligation de permettre aux personnes qui le demandent de bénéficier d’une intervention de stérilisation, indépendamment de ses convictions personnelles. Il n’a pas de jugement à porter sur semblable décision.
Un(e) gynécologue qui émet le moindre jugement à ce sujet ou affirme que cette démarche est impossible enfreint la loi, la déontologie et l’éthique. Ce n’est pas au gynécologue de décider si, et quand, une femme doit ou non avoir des enfants.

Lire une page sur ce thème

Lire les dispositions légales sur la stérilisation (c’est l’article 26 de la loi).


Une fois que vous lui aurez posé ces questions, de deux choses l’une :

- Si votre gynécologue a répondu calmement, simplement et avec bon sens aux questions précédentes, demandez-lui de vous aider à choisir la contraception qui vous convient et, une fois que vous l’aurez choisie, de vous la prescrire.

- S’il/elle n’a pas répondu de manière adéquate (à vos yeux) à l’une ou l’autre de ces questions, demandez-lui de se mettre à jour de ses connaissances (conformément à l’article 11 du code de Déontologie)... S’il refuse d’en discuter, s’il ou elle adopte une attitude hautaine, agressive, ou méprisante, sortez de son bureau, changez de gynécologue et conseillez-lui de changer de métier.

Dans ce dernier cas, je vous recommande d’exprimer votre désapprobation par écrit et de décrire son comportement
- au conseil de l’Ordre des médecins de votre département(pour leur signaler ses manquements au code de déontologie)
- à la Caisse Primaire d’Assurance-Maladie de votre département (pour lui signaler qu’il exerce de manière dangereuse et non respectueuse du code de la Santé publique)
- au Syndicat national des gynécologues obstétriciens (pour lui indiquer qu’il serait bon de faire le ménage dans ses rangs)
- aux associations de consommateurs (Que Choisir/60 Millions) de votre région (pour les inciter à enquêter de leur côté).

Bien entendu, vous pouvez librement faire référence à ce site, à son contenu et à son auteur...


Ce « test » n’a pas seulement pour but de détecter les mauvais(es) gynécologues. Il vise, tout autant, à repérer les gynécologues prêts à aider les femmes !

De nombreuses femmes s’adressent à moi sur ce site et me demandent l’adresse d’un gynécologue compétent. Si votre gynécologue a franchi le cap des cinq questions, ou s’il prend l’engagement de rafraîchir ses connaissances sur le sujet (mieux vaut tard que jamais ! ), envoyez-moi son adresse.

Je l’incluerai à la liste des praticiens dont je donne l’adresse aux femmes de toute la France qui cherchent un praticien accueillant. NB : Si vous connaissez des médecins généralistes qui répondent eux aussi sans réserve aux demandes de contraception de leurs patientes, donnez-moi également leurs adresses....

Martin Winckler
(martin_winckler@yahoo.fr)


[1Par "toutes les méthodes", j’entends ici, outre les méthodes "naturelles" et les préservatifs : la prescription et le suivi de pilule combinée ou progestative ; la pose ET le retrait d’implant ; la pose de DIU à toute femme, avec ou sans enfant, qui le demande et ne présente pas de contre-indication.

A noter que Les contre-indications du DIU sont peu nombreuses :
- Grossesse (ça tombe sous le sens...)
- Infection après un accouchement ou un avortement
- Saignements vaginaux inexpliqués (ils nécessitent des explorations avant de poser un DIU)
- Cancer du col, de l’endomètre ou de l’ovaire
- Présence d’une MIP (maladie inflammatoire pelvienne = infection de l’utérus ou des trompes) ou antécédents de MIP durant les trois derniers mois ;
- Présence d’une MST (inflammation purulente du col de l’utérus) ou antécédents d’une MST durant les trois derniers mois
- Maladie trophoblastique maligne de la grossesse
- Distorsion de la cavité utérine (incompatible avec l’insertion d’un DIU), soit par malformation, soit par présence d’un fibrome utérin.

Références : cliquer ici

Vous remarquerez que des arguments souvent avancés par les gynécologues pour refuser le DIU, telles que "absence d’enfants" ou "antécédents de grossesse extra-utérine" ou "accouchement par césarienne" ne figurent pas dans la liste... car ce ne sont pas des contre-indications scientifiques valides interdisant l’utilisation d’un DIU. Tout gynécologue qui recourt à ces arguments est donc au mieux ignorant, au pire, de très mauvaise foi.

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