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Le site de P.O.L, maison d’édition de littérature contemporaine (poésie, roman, théâtre, essais), présente ses nouveautés, des biographies et bibliographies d’auteurs, des lectures vidéos, des premières pages, un agenda, des feuilletons.

Les livres de Martin Winckler chez P.O.L : La Vacation (1989), La Maladie de Sachs, 1998 ; Légendes, 2002 ; Plumes d’Ange, 2004 ; Les Trois Médecins, 2004 ; Histoires en l’air, 2008 ; Le Choeur des femmes, 2009.

La page consacrée à Martin Winckler sur le site POL

Les autres éditeurs de Martin Winckler :
L’Amourier (Le Mystère Marcoeur)
Le Diable Vauvert (Contraceptions mode d’emploi et Les Miroirs Obscurs ;
Baleine et Librio (Touche pas à mes deux seins ;
Fleuve Noir (Mort in Vitro, Camisoles)
Calmann-Lévy (Un pour Deux)
Fleurus (Les droits du patient ;Choisir sa contraception, TOut ce que vous vouliez savoir sur les règles)
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"J’ai Mal Là"
un livre, un CD et des photographies à partir des chroniques d’ARTE Radio...
Article du 3 mars 2006

Entre l’été 2004 et l’été 2005, Arteradio.com m’a confié le soin d’assurer une chronique bi-mensuelle, intitulée "J’ai mal -  !". Toutes ces chroniques sont désormais en ligne à la même page. Elles font l’objet désormais d’une publication en volume accompagnées d’un CD. Le livre est co-édité par Les Petits Matins, éditeur, dans sa collection "Bruits", et par ARTE Radio.

Il reprend le texte révisé des chroniques avec une introduction et des intercalaires inédits, une sélection des enregistrements sonores et une chronique audio inédite, ainsi que des photographies prises par votre serviteur.

Commander ce livre + CD audio - Les petits matins/Arte Editions (8 mars 2006) - 19,00€.

Extrait de l’introduction :

Soupirs

On apprend à parler avant d’apprendre à écrire et même si l’écrit (lequel, dit-on, reste) est survalorisé face aux paroles (lesquelles, dit-on, s’envolent), qui n’a jamais rêvé de pouvoir parler sans être interrompu, de raconter une histoire pour captiver une audience ou, tout simplement, de faire entendre ce qu’il ressent ?

Prendre la parole, ça ne va pas de soi, que ce soit à deux, dans un groupe ou en public. C’est toujours sujet à pressions, à interprétation, à contestation, à interpellation.

Et d’abord à celle-ci : qui es-tu pour prendre la parole ? De quel droit la prends -tu ? Tes paroles ont-elles plus de valeur que celles d’un(e) autre pour qu’on t’offre ainsi de les énoncer avant les autres - ou à leur place ?

Cette interpellation, je me l’adresse toujours intérieurement, quand je prends la parole. Et je ne manque jamais de dire qui je suis, d’où je parle. Je tiens à ce qu’on sache que la parole ne (me) rend pas différent de ceux qui ne l’ont pas.

J’ai eu beaucoup d’occasions de prendre la parole. Avant de me retrouver sur le site d’ArteRadio, j’avais eu de nombreuses occasions de « causer dans le poste », en tant qu’invité ou, plus notablement, en tant que chroniqueur sur France Inter. Mais lorsque je me suis assis dans le studio d’arteradio, au rez-de-chaussée d’un grand immeuble, je me suis retrouvé seul.

C’est un privilège extraordinaire que celui de se retrouver seul devant un micro, avec toute latitude pour exprimer ce que l’on veut, ce que l’on sent.

Ecrire ce que je ressens, je le fais depuis que je suis enfant. J’ai commencé à le faire parce que, chez moi, on parlait beaucoup - je veux dire que les adultes parlaient beaucoup. Et justement, peut-être, comme ils parlaient beaucoup, ce n’était pas toujours pour dire quelque chose, mais plutôt parfois pour que les choses essentielles ne se disent pas (en tout cas, pas en public).

Mais lorsque j’étais enfant, je ne savais pas qu’on pouvait parler pour ne rien dire. Je pensais que tout ce qui était dit avait du sens - même quand on me disait que ce que je disais n’en avait pas.

De sorte qu’il était difficile pour le jeune garçon que j’étais de se faire entendre : lorsque je parlais, je n’étais pas sûr que je serais entendu. Alors, lorsque mes sentiments étaient violents, très envahissants, je les écrivais dans un cahier, pour qu’ils ne me débordent pas.

À l’âge adulte, j’ai appris à parler pour dire (ou pour ne rien dire) sciemment . A peser mes mots. A exprimer non seulement mes opinions mais aussi mes doutes, mes révoltes, mes interrogations.

Et aussi à me taire, quand ce qui comptait n’était pas ce que je ressentais ou ce que j’avais à dire, mais ce que l’autre avait à me confier.

Au bout de plusieurs années d’apprentissage du soin, et de pratique quotidienne de soignant, j’ai fini par comprendre. Par comprendre que les paroles s’accumulent en nous et menacent de nous étouffer, mais que lorsqu’on leur lâche la bonde, ils risquent de noyer celui ou celle qui est là pour les entendre.

Par comprendre que ce qui nous permet de vivre, c’est de canaliser ce raz-de-marée de paroles en un flot régulier. Par comprendre que parfois, les silences en disent plus que les paroles. (...)


Lire la suite dans :

J’ai Mal Là, éditions Les Petits Matins.

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