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L’ovulation peut-elle VRAIMENT être déclenchée par un rapport sexuel ? (Contraception : Questions/Réponses 70)
Article du 13 mars 2006

Les sujets abordés cette semaine :
- L’ovulation peut-elle VRAIMENT être déclenchée par un rapport sexuel ?
- Peut-on se faire poser un Mirena à 18 ans ?
- Saignements sous Minesse après accouchement
- Lésion du col liée au HPV
- Diane comme contraception au long cours
- Problème de libido avec Jasmine
- Phlébite et syndrome du défilé



- L’ovulation peut-elle VRAIMENT être déclenchée par un rapport sexuel ?

Vous dites dans votre quizz : "Il est de plus possible que l’ovulation soit parfois déclenchée, à
n’importe quel moment du cycle, par... un rapport sexuel."
Pourriez-vous m’indiquer des études à ce propos ? Ou est-ce une connaissance empirique ?
N.

Evidemment, ça n’est pas "démontrable" (on ne peut pas rechercher des ovulations chez des volontaires juste après un rapport sexuel).C’est une constatation empirique : cela existe dans beaucoup d’espèces animales, y compris chez les primates (les plus proches de nous). Donc, il n’est pas exclu que ça arrive aussi chez l’être humain. Ce qui explique que des épouses (fidèles) de marins ou de militaires débutent une grossesse juste après le retour (bref) de leur mari en permission...

Et le déclenchement d’une ovulation par un rapport sexuel n’est pas plus improbable que le blocage de l’ovulation par le stress : le centre des émotions est très proche de l’hypophyse (qui déclenche l’ovulation). Les émotions peuvent retarder l’ovulation ou l’avancer. C’est la raison pour laquelle les grossesses juste après des deuils (alors que les personnes en deuil ont eu peu de rapports sexuels, ou même un seul pendant des semaines) sont aussi très fréquentes.

Cette question est très importante pour moi. Je ne veux plus prendre la pilule et suis réticente sur les autres moyens de contraception.
J’utilise donc le préservatif, mais aimerais pouvoir faire sans les périodes hors ovulation. J’ai commencé à observer ma température et ma glaire (méthode M.A.O), me fiant à ce qu’une formatrice m’a appris : une hausse de la température et une émission de glaire indiquent la période ovulatoire ; après celle-ci, la température reste haute, la glaire disparaît, et je ne suis plus féconde jusqu’aux prochaines règles ; pendant mes règles l’observation est difficile donc mieux vaut me protéger ; de la fin des règles jusqu’à la prochaine ovulation je ne suis pas féconde sauf s’il y a émission de glaire, auquel cas des spermatozoïdes peuvent y survivre et féconder la prochaine ovule, c’est donc une période où il faut + de vigilance.

Pour l’instant j’apprends à observer, et je me protège tout le temps, le temps d’être sûre de moi.
Ce que vous dites fiche tout par terre.
Le CLER qui promeut cette méthode y a des intérêts idéologiques (c’est un mouvement chrétien). Cela dit ils peuvent mettre en avant des observations et études démontrant l’efficacité de cette méthode :

http://www.cler.net/mao/savoir.htm

Mais je ne suis pas assez calée pour m’en faire une idée, je leur ai fait confiance. Un ami ayant travaillé en Inde en milieu rural m’a dit que des femmes là-bas observent leur glaire, tout simplement, sans même la température, pour connaître leurs périodes fécondes. Cette méthode est peut-être efficace, avec un pourcentage très minime d’échec dû justement à ces ovulations spontanées, pourcentage pas + élevé qu’avec d’autres méthodes ? (c’est la réponse que j’espère de votre part..)
Pourriez-vous me dire ce que vous en pensez ?
N.

Ce que je peux vous dire c’est que même chez des femmes très bien réglées et dont la glaire est parfaitement "observable" (ce qu’elle est loin d’être toujours...) il est acrobatique de se passer de préservatifs certains jours du mois. Même si vous êtes "raisonnablement sûre" de votre cycle, les spermatozoïdes masculins vivent 5 jours, et une ovulation peut se déclencher plus tôt ou plus tard que prévu. Les méthodes "naturelles" sont de grandes pourvoyeuses de grossesses.

Et lorsque elles "marchent", c’est chez des couples qui ont une vie tellement régulière que très peu de chose perturbe la régularité des relations sexuelles ou des ovulations. Si c’est le cas pour votre vie, alors il est possible que vous soyiez tranquille en pratiquant ces méthodes. Mais si ça ne l’est pas... je ne suis pas sûr que vous soyiez assez protégée contre une grossesse inopinée.



- Peut-on se faire poser un Mirena à 18 ans ?

Vous avez l’air d’en connaître beaucoup sur les stérilets et leurs applications. J’aimerais savoir si à 18 ans, il est possible de se faire mettre un stérilet Mirena. J’ai entendu dire que c’était lui le plus efficace et que 5 % des femmes n’avaient plus de règles durant un certain temps. Est-ce vrai ? Est-ce dangereux de se faire poser le stérilet Mirena à 18 ans ?
E.

Rien ne s’oppose à se faire poser un Mirena à 18 ans (ou avant), en particulier lorsque l’effet recherché est de diminuer les symptômes gênants des règles (abondance, douleurs). Cela se fait couramment en Angleterre. Le Mirena est un peu plus délicat à poser aux femmes qui n’ont pas eu d’enfant et dont le col (l’orifice de l’utérus) est étroit. Mais on est en train d’en mettre un au point qui est plus fin - ce qui montre qu’on veut pouvoir en poser facilement aux femmes jeunes et/ou sans enfant.

La difficulté sera... de trouver un médecin qui accepte de le faire car le principal obstacle, actuellement, à l’accès à la contraception en France, ça n’est pas le manque de méthodes (nous les avons toutes) mais l’obscurantisme ou la peur d’une majorité de médecins, gynécologues et généralistes. Les praticiens qui, comme moi-même et certains de mes confrères, posent des DIU aux femmes sans enfant de tous âges sont en effet une minorité dans la profession. C’est malheureux, mais c’est la réalité.

Pour conclure : il n’y a aucun danger à vous faire poser un Mirena et à ne pas avoir de règles (ou très peu). Pas plus qu’il n’y a de danger à se passer de règles en prenant la pilule en continu (sans interruption).



- Saignements sous Minesse après accouchement

J’ai accouché il y a un peu plus de 3 semaines. Après 15 jours de Bromokin, le gynéco de la maternité m’a prescrit Minesse à prendre dans la foulée. Je n’avais presque plus de saignements et voilà qu’avec la reprise de la pilule j’ai de nouveau des saignements qui ressemblent pas mal à des règles (ce ne sont pas de toutes petites pertes, je crois qu’on parle alors de spotting). Je me demande si je dois arrêter cette contraception (que je prenais avant ma grossesse), ou continuer et attendre que ces saignements passent ?? Ou consulter ??
A.

Surtout, n’arrêtez pas. Les saignements sous pilule après un accouchement n’ont pas de signification. Si les saignements tardent à se tarir, demandez à votre médecin de vous en prescrire une qui contient un peu plus d’estrogènes (Minesse n’en contient que 15 ou 20µg, ce qui est peu), cela arrêtera les saignements. Mais tant que vous n’avez pas changé de pilule, n’arrêtez pas : vous ne seriez plus protégée.



- Lésion du col liée au HPV

Bonjour, j’ai 26 ans et je viens d’apprendre que j’ai le virus HPV associé à une lésion intra-épithéliale de haut grade (dysplasie moyenne à sévère, CIN2-CIN3).....
Qu’est-ce que cela signifie ? Et comment attrape t’on ce virus ? Est-ce qu’il est possible qu’un cancer du col de l’utérus puisse m’atteindre ?
J’ai un RDV à l’hôpital pour qu’ils me fassent du laser, m’a-t-on dit ?
Qu’est-ce que cela signifie ? Et est-ce qu’il faut le faire tous les mois ce laser ?

Aussi depuis peu, j’ai des montées et coulées de lait qui sortent de mes mamelons, mon gynéco m’a déconseillé de boire. Ma fille à 3 ans 1/2 et je viens d’arrêter la pilule.
Nous essayons d’avoir un enfant, si j’apprenais que j’étais enceinte est-ce que mon bébé risque quelque chose avec ce laser et ce virus HPV ?
E.

Le HPV (human papillomavirus) est transporté par de nombreuses personnes (hommes et femmes) et ne donne pas de symptômes particuliers, ce qui explique qu’on puisse être contaminé(e) sans le savoir. Au bout de 6 à 8 ans, il peut entraîner des dysplasies (anomalies des cellules du col de l’utérus). Une dysplasie ou lésion intra-épithéliale de haut grade est une lésion pré-cancéreuse, provoquée le plus souvent par un virus HPV, contracté par relations sexuelles et sans autre symptôme.

Le traitement est le laser, mais ça se fait en général une seule fois : on retire les cellules atteintes et on surveille ensuite, par frottis tous les 6 mois puis tous les ans, qu’elles ne réapparaissent pas. Une fois la lésion traitée (ce qui demande seulement une ou deux séances de laser), rien ne s’oppose à ce que vous mettiez une autre grossesse en route et le HPV ne menace pas votre bébé.

Pour ce qui est des montées de lait, j’en sais trop peu pour vous répondre. On peut en voir chez beaucoup de femmes, surtout celles qui ont déjà eu des enfants, en particulier en période de stress ou de déséquilibre hormonal. Êtes-vous réglée régulièrement ?



- Diane comme contraception au long cours

Je consomme la Diane 35 depuis environ 6 mois pour mon acné et maintenant je n’ai plus d’acné ou peu. Ma question est : si je prends cette pilule en contraception, il a t-il des risques de grossesse puisque je l’utilisais pour mon acné auparavant ?
S.

Dans la plupart des pays où elle est utilisée, Diane est considérée comme un traitement de l’acné, non comme une contraception, car elle n’a pas été testée en tant que telle. En France, elle n’a pas l’indication "officielle" de contraception, ce qui montre que son efficacité n’est pas assurée.

Vous pouvez parfaitement, si votre acné s’est améliorée, passer à une vraie pilule à 30 ou 35 µg d’estrogènes (Cilest ou Varnoline) qui entretiendra les effets bénéfiques de Diane en vous assurant une contraception plus sûre. Si vous poursuivez Diane, l’efficacité contraceptive ne peut pas être absolument assurée au long cours.



- Problème de libido avec Jasmine

J’ai 29 ans et voilà le topo : plusieurs années de Diane 35, suivies par la pose d’un Implanon, que j’ai gardé jusqu’à la fin des trois ans, et depuis novembre 2005, Jasmine. Depuis Jasmine, j’ai remarqué une réelle baisse de ma libido, et bien que je sache que cela peut être la conséquence de nombreux facteurs autres que la pilule, je ne vois rien dans ma vie personnelle qui puisse justifier une telle chute de ma libido, au contraire. J’ai lu sur le forum que Jasmine contient un anti-androgène, raison pour laquelle elle peut avoir une influence sur la libido. Je viens de me faire prescrire Triafémi, et je voudrais savoir si cette pilule ne contient pas le même principe actif, en bref si elle ne risque pas d’avoir les mêmes effets sur moi.
S.

Votre analyse est juste : si rien d’autre n’explique la baisse de libido, le plus logique c’est l’anti-androgène de Jasmine (ce sont en effet les hormones mâles qu’elles fabriquent elles aussi, qui augmentent la libido des femmes...)
C’est un anti-androgène qui n’existe que dans cette pilule. Le progestatif de Triafémi est sensiblement différent. Donc, essayez.



- Phlébite et syndrome du défilé

Je viens de lire votre question-réponse sur la contraception et notamment celle intitulée "Pilule et accident vasculaire cérébral". Dans les causes de phlébite, il y en a une que vous n’avez pas citée : le syndrome du défilé (pour les bras) et le syndrome du poplité piégé (pour les jambes). Car on peut fort bien avoir une phlébite en cumulant seulement une de ces deux malformations avec une pilule contenant des oestrogènes. Personnellement, ça m’est arrivé (sous Diane 35, la plus dangereuse si j’ai bien compris...). Et pourtant, je n’avais que 20 ans, je n’avais pas de problème de coagulation, je n’ai jamais fumé, je n’avais subi ni choc, ni fracture, etc.

Le problème, c’est que la plupart du temps une personne ignore qu’elle a ce genre de malformation tant qu’elle n’a pas eu de problème et je n’ai encore jamais rencontré de médecin qui se pose la question avant de prescrire une pilule de ce type. Il semble pourtant (je n’ai pas de statistique...) que le syndrome du défilé soit assez courant, surtout chez les femmes. C’est en tout cas ce que m’a dit l’angiologue. C’est pourquoi il me semble très important de diffuser cette information largement.
E.

Les deux syndromes que vous citez sont effectivement source de phlébite, mais ils sont rares, trop pour qu’on cherche à les dépister systématiquement chez toutes les femmes. L’angiologue en voit beaucoup... parce que c’est lui qui les voit tous ! De plus, les "syndromes du défilé" visibles à l’échographie Doppler ne font pas tous parler d’eux (une image n’est pas forcément synonyme d’anomalie et de complication future). Enfin, les phlébites du membre supérieur sont beaucoup moins susceptibles d’entraîner une embolie pulmonaire que les phlébites du membre inférieur.

Même si ce problème est réel, il reste donc rare. Beaucoup plus rare que les phlébites associées au tabac après 35 ans, ou à un plâtre. Et, contrairement à celles-ci, il est imprévisible... Donc je ne suis pas sûr qu’il soit légitime d’inquiéter toutes les utilisatrices de pilule et de les envoyer à l’angiologue. (Mais je comprends que l’angiologue, lui, préfère inquiéter les utilisatrices de pilule...)

Je comprends bien votre point de vue : on ne peut pas systématiquement tout chercher sinon on ne fait plus rien et puis ce n’est pas la peine d’inquiéter tout le monde pour un truc rare.

Exactement.

Je suis tout à fait d’accord avec le principe. En même temps vous savez ce qu’il en est... si ça tombe sur vous c’est 100 % !! D’accord aussi sur le fait que l’image n’a pas valeur d’absolu. Mais est-il vraiment besoin de faire un doppler (coûteux !) pour dépister le syndrome du défilé ? Il suffit de demander à la personne si elle a du mal à garder les bras en l’air (pour bricoler ou se faire un brushing, par exemple). Ça donne déjà une bonne indication... et au moins, on peut décider éventuellement de pousser les investigations, prendre des décisions en toute connaissance de cause.

Le problème, c’est qu’un autre syndrome de défilé (métacarpien, au niveau des poignets) donne les mêmes symptômes, et il est très, très fréquent chez les femmes, infiniment plus fréquent que les syndromes du défilé thoraco-brachial et les phlébites du membre supérieur, qui sont rares. Et un Doppler, justement, n’a pas de caractère prédictif. Il ne fait que montrer quelque chose qu’on subodore. En toute bonne logique, il faudrait alors arrêter la contraception estro-progestative à toutes les femmes qui ont un syndrome du défilé. De plus, il n’est pas sûr que la pilule soit le facteur déterminant des phlébites du membre supérieur. La meilleure preuve, c’est qu’en Angleterre, la survenue préalable d’une phlébite du membre supérieur ne contre-indique pas la prise d’une pilule combinée par la suite...

Par contre je trouve que vous minimisez les conséquences d’une phlébite. Certes, le risque d’embolie est réduit et c’est assurément moins grave qu’un AVC mais... ce n’est quand même pas rien, une phlébite : même si on fait abstraction de la douleur sur le moment, des deux semaines d’hôpital et des 6 mois de Sintrom (avec son cortège d’effets secondaires très handicapants qui ont failli me faire louper mon année de fac !), il y a quand même des séquelles définitives, dont je me serais passée (si j’étais très vieille, je m’en ficherais mais les veines bleues sur la poitrine, quand on a 20 ou 25 ans, c’est pas terrible pour draguer sur la plage !!).

Je suis désolé de vous avoir laissé entendre que je "minimisais" ces conséquences, ça n’était pas mon intention. Toute phlébite, tout altération brutale du schéma corporel est difficile à supporter, quand elle est durable. Et je ne crois pas que ce soit "minime".
Je voulais seulement dire que quand on prescrit un médicament, on se préoccupe d’abord des conséquences qui peuvent être invalidantes ou mortelles. Mais par exemple, certaines femmes font un chloasma ("masque de grossesse") sous pilule, dont il est ensuite très difficile de se débarrasser. C’est un phénomène rare, qui gêne beaucoup les femmes qui en sont atteintes, mais qui est imprévisible. Dans la mesure, encore une fois, où la survenue d’une grossesse non désirée est, elle, beaucoup plus grande, je ne me vois pas inquiéter toutes les utilisatrices avec la perspective (rare) d’un chloasma... au point qu’elles arrêtent leur contraception. En principe, tous les effets secondaires des médicaments devraient être annoncés à l’avance (et la plupart le sont sur les notices) mais il existe des "associations rares" qu’il est impossible d’annoncer à tout le monde.

Disons que j’ai du mal à être fataliste parce que je pense qu’il aurait suffi d’une seule question de ma gynéco pour qu’elle me propose une autre contraception (ou une autre pilule) et que j’évite ça. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait au moins (in)former les médecins susceptibles de prescrire une contraception. Et que personnellement j’en parle souvent à mes copines. Même si je comprends qu’on puisse avoir un point de vue différent.

Votre gynéco aurait-elle prescrit une autre contraception en vous posant la question ? Je ne sais pas. Saviez-vous, pour votre part, que vous aviez un syndrome du défilé thoraco-brachial ? Ce que je crois, en revanche, c’est que de toutes les méthodes contraceptives, la pilule combinée (contenant des estrogènes) est la seule qui entraîne des complications graves - rares mais graves. La prescription quasi-systématique de pilules combinées en France augmente ce risque. Plus on variera la prescription de contraception - en proposant aussi DIU et implants et pilules progestatives à un grand nombre de femmes, plus on diminuera la fréquence des accidents, mêmes rares, comme celui que vous avez subi.

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