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L’androcur peut-il être utilisé comme seule contraception ? (Contraception : Questions / Réponses 61)
Article du 28 novembre 2005

Les sujets abordés cette semaine :
- L’Androcur peut-il être utilisé comme seule contraception ?
- Implant contraceptif cassé ?
- Absence de règles 6 mois après l’arrêt de la pilule
- Peut-on se faire poser un DIU 16 ans après avoir eu des chlamydiae ?
- Embolie pulmonaire, trouble de la coagulation, fausse couche et tabac
- Saignements pendant la prise de Diane, mais pas entre deux plaquettes


- L’Androcur peut-il être utilisé comme seule contraception ?

J’ai actuellement 22 ans. Il y a un an on m’a diagnostiqué une mutation du facteur II. Je suis donc plus exposée que la moyenne aux risques de thrombose, vasculaire, etc...
J’étais jusque là sous
Diane 35 depuis 6 ans. Ma gynéco m’a donc passée sous Lutéran 10, et prenant en compte mes craintes de voir mon acné réapparaître, m’a fait une autre ordonnance d’Androcur. En lisant la notice de ce dernier, j’ai cru comprendre qu’il ne pouvait être qu’un complément. Ma gynéco n’avait pas été vraiment claire sur le fait que je devais choisir l’un ou l’autre. J’ai donc pris A LA FOIS Lutéran (21 jours puis 7 jours d’arrêt) et Androcur (1 comprimé pendant 20 jours puis 8 jours d’arrêt).

8 mois plus tard (au cours desquels je n’ai plus du tout eu de règles, conséquence apparemment normale de la prise de Lutéran 10), je retourne voir ma gynéco pour une nouvelle ordonnance et lui explique que j’ai des douleurs importantes pendant les rapports. Elle est surprise et me dit que c’est normal car on doit prendre soit Lutéran 10 soit Androcur comme contraceptif, et que les deux ayant tendance à diminuer la libido et à favoriser la sécheresse
vaginale, il est normal que mes rapports soient douloureux.
Elle me prescrit donc UNIQUEMENT
Androcur comme contraceptif (pour éviter une poussée d’acné), à raison de 1 comprimé pendant 20 jours et 8 jours d’arrêt. Or :
- il est clairement indiqué sur la notice, dans le Vidal et sur certains forums sur lesquels j’ai été qu’on ne doit pas utiliser Androcur comme unique contraceptif : il doit être systématiquement associé à des oestrogènes
- au bout de deux mois de traitement je n’ai toujours pas de règles alors qu’il est indiqué sur la notice qu’en cas d’absence de règles il faut systématiquement exclure une grossesse avant de prendre le traitement (ce que je vais faire mais je ne tiens pas à courir le risque tous les mois)
- la notice indique aussi que l’Androcur favorise les risques de thromboses.

J’ai appelé ma gynéco qui m’a rassurée, m’a confirmée que l’effet contraceptif de l’Androcur pris seul était prouvé sur le long terme et qu’il était très proche de Lutéran 10 avec en plus un effet sur la peau. Mais je voudrais avoir un autre avis pour être tout à fait sûre.
Je pense d’autre part que votre éventuelle réponse pourra aider beaucoup d’autres femmes qui comme moi s’interrogent et s’inquiètent de la distorsion entre la prescription de leur médecin et la notice de l
’Androcur (cf.http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID5/6148.html#2).
J.

Je vais être très ferme : je ne trouve pas du tout prudent de vous prescrire uniquement de l’Androcur (cyprotérone) comme contraception :
- d’abord parce que son effet contraceptif seul est mal connu,
- ensuite parce que son utilisation est associée à une élévation du risque de thrombose, et que vous êtes déjà à risque.

Il faut poser la question des priorités. Si votre priorité est une contraception, et que vous voulez par ailleurs que cette contraception n’interfère pas avec l’acné, vous pouvez opter pour un DIU au cuivre (pas d’hormones) et faire soigner votre acné de manière spécifique. Mais vous prescrire de la cyprotérone seule pour les deux problèmes, ça me paraît non seulement incohérent (l’acné et le risque de grossesse, ça n’est pas du même ordre) mais en plus, c’est dangereux (le risque embolique).

Voici ce qu’écrit le British National Formulary (livre de référence des médecins anglais, rédigé par une autorité indépendante, ce que malheureusement nous n’avons pas en France) :

"Venous thromboembolism occurs more frequently in women taking co-cyprindiol than those taking a low-dose combined oral contraceptive. The CSM has reminded prescribers that co-cyprindiol is licensed for use in women with severe acne which has not responded to oral antibacterials and for moderately severe hirsutism ; it should not be used solely for contraception. It is contra-indicated in those with a personal or close family history of venous thromboembolism. Women with severe acne or hirsutism may have an inherently increased risk of cardiovascular disease."

Traduction :
"Les thromboses veineuses surviennent plus souvent chez les femmes prenant une association cyprotérone + estrogènes (Diane) que chez celles qui prennent un contraceptif oral minidosé. Le Committee on Safety of Medicine [agence de sécurité sanitaire britannique] rappelle aux prescripteurs que [Diane] est commercialisée pour être prescrite aux femmes souffrant d’acné grave qui n’ont pas répondu aux antibactériens par voie orale et d’hirsutisme modéré. Elle ne devrait pas être utilisée seulement comme contraception. Elle est contre-indiquée chez les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladie thrombo-embolique. Les femmes ayant une acné ou un hirsutisme grave sont susceptibles d’avoir un risque personnel cardio-vasculaire élevé. "

Voici ce qu’on dit de Diane (et donc, de la cyprotérone, qui en est un des composants) au Canada :

http://www.cwhn.ca/network-reseau/7-23f/7-23pg6.html

Allez aussi à cette page pour un document très complet sur Diane 35 :

http://www.whp-apsf.ca/fr/documents/doc_index.html

Si vous ne désirez pas recourir au DIU, une pilule progestative comme Microval ou Milligynon peut suffire largement, et n’aura pas (ou très peu) d’effet sur votre acné. Les poussées d’acné sous progestatifs sont en général temporaires (quelques semaines au démarrage du traitement) et se tassent ensuite. L’utilisation généralisée de la cyprotérone est donc, scientifiquement parlant, parfaitement abusive...



- Implant contraceptif cassé ?

Je viens de lire la page de votre site concernant l’implant contraceptif, et vous dites que c’est un réservoir qui contient un progestatif... cela signifie-t-il qu’un implant cassé se vide de tout son contenu et qu’il perd son efficacité ?
Ou est-ce un "bâtonnet imprégné" comme me l’a affirmé une personne qui me considère comme une fieffée menteuse (je sens bien l’implant en touchant mon bras... et je sens nettement qu’il est cassé en 2... et cette personne commence par me dire que de toute façon ce n’est pas possible...)
B.

En fait, l’implant peut avoir été plié au moment de la pose (car il est souple) parce qu’il est pris dans les tissus sous cutanés. Ca arrive, et ça peut vous donner l’impression qu’il est cassé parce qu’il fait un angle, mais ce n’est pas un réservoir qui casse, c’est effectivement une sorte d’allumette faite d’une matière plastique poreuse, imprégnée de l’hormone, et qui ne la délivre (pliée ou non) que de manière régulière, progressive. Donc, ne craignez rien.



- Absence de règles 6 mois après l’arrêt de la pilule

J’ai eu mes règles à 15 ans, "normalement", avec des cycles de 28 à 30 jours. Puis 5 ans de pilule (de 17 à 23 ans).
Je l’ai arrêtée fin juin 2005. Depuis, aucunes règles. Après visite chez ma gynécologue début octobre, elle m’a dit d’attendre encore jusqu’à la fin du mois. Toujours rien début novembre : à la deuxième visite, elle m’a signalé que mon ovaire (?) mesurait 23.8 ... (?) et qu’il devait mesurer 25 pour qu’une ovulation ait lieu. Elle m’a donc dit que celle-ci devait arriver quelques jours plus tard. Cela fait aujourd’hui 3 semaines... et toujours rien à l’horizon !

Après avoir lu vos "questions réponses", je ne parle même pas d’être enceinte rapidement (puisqu’il faut être patients !), mais au moins que mes cycles reprennent correctement pour que l’on puisse tenter notre chance ! Ma gynécologue veut faire des analyses de sang au 3ème jour des règles... cela va être difficile ! Ne peut on rien faire d’autre pour savoir ce qu’il se passe ?
E.

La première explication, la plus simple et probablement la plus plausible, c’est que la prise continue de la pilule pendant cinq ans a endormi durablement votre ovulation (c’est le principe) et que celle-ci met du temps à repartir, comme c’est le cas des femmes qui viennent d’accoucher et dont l’ovulation ne reprend pas tout de suite, mais parfois au bout de 2 ou 3 mois (elles n’ont des règles qu’à ce moment là.
On voit ça aussi avec les utilisatrices d’implant, dont l’effet d’endormissement de l’ovulation est très, très proche de celui de la grossesse, et permanent pendant 3 ans...

Evidemment, vous en êtes à presque 6 mois d’absence de règles, alors je comprends que ça soit pesant et angoissant, mais le fait que vous ayez eu des règles régulières et normales entre 15 et 17 ans est plutôt rassurant (ça veut dire que vous n’aviez pas de troubles du cycle à l’époque, et la pilule n’a pas de raison de vous en avoir donné, elle pourrait seulement les avoir masqués si vous en aviez eu). Je pense que vous devriez carrément repousser votre rendez vous chez le gynécologue à la fin du mois de janvier (voire au mois de février) car le stress médical a fâcheusement tendance... à bloquer l’ovulation (et je ne plaisante pas). Et je ne serais pas étonné que votre cycle reprenne spontanément d’ici là, loin des médecins...

En attendant, je chercherais aussi ailleurs que sur les ovaires car l’ovulation peut être compromises par d’autres choses que le dysfonctionnement des ovaires - médicaments, prise ou perte de poids importante et récente, hyperactivité physique par exemple.

PS : Une femme ne se définit pas par la taille de ses ovaires ou de ses follicules (les "poches" qui contiennent les ovocytes)... Même à l’échographie. Vos ovaires étaient en parfaite santé il y a 5 ans. Ils ont toutes les raisons de l’être encore.



- Peut-on se faire poser un DIU 16 ans après avoir eu des chlamydiae ?

J’ai 36 ans, 2 enfants. Lorsque j’avais 20 ans, j’ai eu des chlamydiae, un traitement ad hoc et depuis, j’ai un seul partenaire qui est le père de mes enfants...
J’aimerais me faire poser un DIU. Ma gynéco ne dit pas non mais me dit que je peux encore être porteuse de chlamydiae, sans m’en rendre compte, et que même si on procède à des analyses plus poussées, elles peuvent ne pas révéler la présence de chlamydiae. Elle me précise qu’il y a un risque d’infection liée à la présence éventuelle du germe + l’introduction du DIU et que si une infection se déclare, je peux ne pas m’en rendre compte ou alors trop tard. Elle me précise que la décision m’appartient mais j’ai du mal à me décider justement. J’ai peur de devenir stérile sans avoir rien vu venir...
Ma question est donc la suivante : comment peut-on savoir de manière infaillible si oui ou non on est porteur d’un germe, même si on l’a attrapé il y a des années de cela ?
R.

Vous avez eu des chlamydiae à l’âge de 20 ans. J’imagine que vous avez été traitée, alors.
De plus, vous avez eu deux enfants depuis !!!
Si vous aviez dû être stérile, vous le sauriez déjà ! Je peux vous affirmer que vous n’avez plus de chlamydiae, car ce sont des germes qui sont très contagieux et qui provoquent des infections au cours des grossesses... et chez les nouveaux-nés !!!

Seize ans et deux grossesses sans complication plus tard, n’ayant qu’un seul partenaire, vous devez considérer que vous êtes guérie. (Ou alors, on devrait interdire aux femmes qui ont eu une infection par chlamydiae et qui ont été traitées d’être enceintes, à jamais !!!)
Les hésitations de votre médecin n’ont pas de fondement. Au pire, elle vous fait un prélèvement (avec un coton-tige) sur le col pour vérifier. S’il est négatif (il le sera), elle n’aura aucune raison scientifique valide de vous refuser un DIU au cuivre.

Il m’arrive couramment de poser des DIU à des femmes dont je ne sais rien. Si elles ou moi soupçonnons qu’elles peuvent avoir une chlamydiae, je fais un prélèvement et je leur prescris un traitement qu’elles commencent le jour de la pose du DIU. A ce jour, il m’est arrivé de voir des prélèvements positifs, mais comme les femmes étaient traitées (et qu’on a vérifié qu’elles étaient guéries un ou deux mois plus tard) je n’ai jamais vu de complication.
La peur de votre médecin, ici, est irrationnelle. Rassurez-la... et soyez rassurée.



- Embolie pulmonaire, trouble de la coagulation, fausse couche et tabac

Ma mère est décédée à 42 ans à la suite d’une embolie pulmonaire et d’un infarctus (dans quel ordre ? Je ne sais pas). Elle n’avait aucune maladie répertoriée. Première remarque, on m’a prescrit une pilule combinée pendant dix ans malgré cela et mon tabagisme... Mais surtout : des analyses sanguines ont révélé chez moi un "léger trouble de la coagulation" (mais les médecins disent que ce n’est rien) et un truc qui ne va pas avec la protéine S (mêmes indications médicales). Or j’essaie depuis un an d’avoir un bébé, avec une fausse couche à 7SA il y a six mois. J’ai 2 questions :
- Aurais-je intérêt à chercher un médecin qui approfondisse ce problème de coagulation ou cela peut-il effectivement être sans importance comme me l’ont affirmé deux gynécologues ?
- Un tel trouble peut-il être lié à des difficultés à concevoir, voire exposer à des problèmes de fausse couche ?

J’avoue que si je n’ai pas cherché à consulter en cardiologie ou en hématologie c’est parce que je me fais toujours incendier par les médecins qui disent que ça ne sert à rien tant que je n’arrête pas le tabac... Chose que je n’ai réussie qu’enceinte, pour replonger ensuite... Et j’ai très peur de ce que je pourrais entendre, depuis qu’on m’a dit "ça ne sert pas à grand-chose d’approfondir la question chez quelqu’un qui se conduit de façon suicidaire (tabac) avec une telle hérédité".
C.

Il y a plusieurs questions dans votre message, je vais les prendre l’une après l’autre.

1° L’accident thrombo-embolique de votre mère aurait dû inciter, même sans analyse, à ne pas vous prescrire de contraception contenant des estrogènes (pilule combinée). Les médecins ont joué avec le feu (et avec votre vie), ce n’est pas bien. C’est surtout ça qui aurait dû les inciter à ne pas vous prescrire de pilule combinée, moins que le tabac (qui ne pose problème avec la pilule combinée qu’après 30-35 ans).

2° le trouble sanguin que vous avez, s’il s’accompagne d’une accélération de la coagulation, confirme que les estrogènes sont contre-indiqués pour vous. Mais quand vous aurez de nouveau besoin de contraception, il vous restera beaucoup d’options : toutes les méthodes contenant uniquement de la progestérone (pilules, implant, DIU hormonal) et DIU au cuivre vous seront accessibles (même si vous continuez à fumer...).

3° Je doute que le problème de coagulation ait un lien avec ce que vous percevez comme une difficulté à être enceinte - et qui ne l’est peut-être pas. D’abord parce que pour être responsable de fausses couches (et de plusieurs ; pour le moment, vous n’en avez fait qu’une), un trouble sanguin doit être grave au point de provoquer aussi des troubles chez la mère (ce qui n’est pas votre cas). Ensuite parce qu’une fausse couche du premier trimestre, à la première grossesse, c’est chose courante chez les femmes qui arrêtent leur contraception pour être enceintes. D’ailleurs, les fausses couches précoces étaient chose encore plus courante quand les femmes n’avaient pas de contraception : elles faisaient des fausses couches régulièrement et savaient que toutes les grossesses "ne tiennent pas". Pourquoi ? Parce que dans le grand tirage au sort des chromosomes (ceux de l’ovocyte, ceux du spermatozoïde qui le féconde), il y a des combinaisons qui ne sont pas viables.

Aujourd’hui, on considère que l’immense majorité des fausses couches précoces (survenant avant 12-13 semaines de grossesse) sont la conséquence d’un mécanisme naturel d’élimination des embryons non viables.

Quand ça survient après une ou deux grossesses normales, ça n’inquiète pas trop. Quand ça survient au cours de la première grossesse, c’est souvent mal vécu, surtout si la femme n’a pas été prévenue. Pour ma part, je préviens toujours les femmes qui arrêtent leur contraception que leur première grossesse peut, par le jeu du "tirage au sort", ne pas tenir, et que ça n’a pas de signification. Enfin, sachez que tous les couples qui interrompent une contraception ont une grossesse dans l’année, et que pour parler de problème de fécondité, il faut que le couple ait essayé pendant 2 ans sans qu’une grossesse ait débuté. Si j’ai bien compris, vous n’en êtes pas encore là.

4° Enfin, et sans vouloir vous culpabiliser ou vous terroriser (ce n’est pas mon genre) je voudrais attirer votre attention sur un effet du tabac que vous ne connaissez peut-être pas. Il semble que la consommation de tabac augmente beaucoup le risque de grossesse extra-utérine (GEU). Par un mécanisme simple : les "cils" microscopiques qui font "glisser" l’ovule (ovocyte fécondé) vers l’utérus sont abîmés par la nicotine. De sorte que chez les femmes qui fument, le risque d’une grossesse qui se développe dans la trompe est très élevé. Or, une grossesse extra-utérine peut détruire une trompe... et même tuer la femme.

Comme les cils se réparent très vite après l’arrêt du tabac, on conseille fortement aux fumeuses non seulement d’arrêter de fumer pendant leur grossesse (car la nicotine compromet le passage de l’oxygène et des aliments au travers du placenta vers l’enfant) mais aussi, quelques semaines avant de concevoir, afin d’éviter une GEU. Je ne sais pas s’il vous est possible d’arrêter de fumer, je sais que ça peut être très difficile. Mais si vous n’y parvenez pas, je vous recommande, lorsque vous serez enceinte de nouveau (et vous le serez) d’aller très vite pratiquer une échographie pour vérifier que la grossesse se développe dans l’utérus, et non dans une trompe...
Enfin, votre maman ayant fait un infarctus à 42 ans, le fait de fumer... augmente votre risque d’infarctus à un âge précoce (à partir de 40 ans...). Arrêter de fumer (quand vous pourrez), c’est vous éviter quelque chose dont votre mère (et vous) vous vous seriez sans doute bien passé...

Surtout, prenez bien cette information pour ce qu’elle est : une information, et non une déclaration terroriste. J’ai suivi de nombreuses femmes enceintes qui fumaient, et bien entendu, elles n’ont pas toutes fait des complications. Mais si l’on souhaite vous protéger, vous et vos grossesses à venir, ça ne peut se faire qu’en vous informant loyalement, sans vous faire la morale ni vous "engueuler" : vous seule savez ce que vous avez à faire, et vous seule prenez vos décisions. De nombreuses patientes qui me consultent fument. Quand elles me posent des questions je réponds, et je leur dis simplement que le jour où elle voudront arrêter de fumer, je les aiderai, mais je ne les harcèle jamais. Ne vous laissez pas harceler.



- Saignements pendant la prise de Diane, mais pas entre deux plaquettes

J’avais de l’acné et on m’a prescrit Diane 35 (Holgyème) que je prends depuis presque 1 an et je n’ai plus d’acné. Mais, je n’ai plus ou pratiquement plus de libido depuis ce temps. Je fais avec mais cela devient très gênant et commence à peser sur ma vie de couple. De plus, je suis au milieu d’une plaquette et j’ai des saignements alors que quand je l’arrête 7 jours je n’ai pratiquement pas de règles. Je m’interroge car ces saignements s’accompagnent de douleurs (très supportables) dans le bas ventre.

Je précise que j’ai 38 ans, que je n’ai pas pris de poids avec cette pilule, que je suis homosexuelle et n’ai jamais "subi" un examen gynéco (ni frottis, ni toucher vaginal). Je vous remercie de m’apporter des réponses car je commence sérieusement à m’inquiéter...
C.

A priori, vous avez ce qu’on appelle un "spotting", c’est à dire des saignements irréguliers liés à l’effet de Diane sur votre endomètre (vous n’avez pas de règles parce que vous saignez "à contretemps", c’est souvent comme ça). Ca n’est pas grave et c’est fréquent avec ce type de pilule. Les douleurs sont des contractions de l’utérus, qui éliminent les saignements endométriaux périodiquement. La baisse de la libido est sans aucun doute liée à la pilule : la libido est due aux estrogènes et aux androgènes que toute femme fabrique spontanément. La pilule mettant tout ça au repos, la libido s’endort chez certaines femmes...

Si votre acné va mieux, vous pouvez probablement arrêter Diane et ne traiter votre acné que par les traitements cutanés habituels. Si vous fumez, de plus, la prise de pilules contenant des estrogènes est déconseillée après 35 ans...

J’ai une petite appréhension sur le fait d’arrêter complètement la pilule car mon acné reviendra au galop (j’ai été résistante à tous les médicaments proposés). Existe-t-il une pilule avec les mêmes effets sur l’acné mais avec moins d’effets secondaires que Diane, sachant que pour moi elle n’a pas besoin d’être efficace contre les risques de grossesse ?!
C.
PS : encore une petite question : est-ce dangereux de ne jamais faire d’examen gynéco ? Certaines de mes amies me disent que je suis complètement inconsciente car la population homosexuelle féminine serait exposée plus que les autres au cancer de l’utérus étant donné qu’elles sont moins suivies !

Toutes les pilules "estrogéniques" ont un effet bénéfique sur l’acné. Cilest et Varnoline sont les moins chères (car elles ne sont pas remboursées). Vous devriez en choisir l’une des deux, et la prendre pendant encore quelques mois.

Quant à la question de l’examen : seul le frottis du col est utile (et oui, recommandé) pour dépister un cancer du col. Il se fait avec un spéculum et un coton-tige. Une des amies de lycée d’un de mes fils est homosexuelle et je lui ai expliqué récemment qu’avant 25 ans un frottis n’est pas du tout indispensable ni un examen gynéco (ça ne sert à rien si la femme n’a pas de symptôme). Après 25 ans on dépiste des lésions du col qui surviennent quelle que soit l’orientation sexuelle de la femme.

Le cancer du col est très influencé par le virus HPV, qui n’est pas spécifique aux relations hétérosexuelles, mais qui est transmis par tout le monde, hommes et femmes. Sachez toutefois que si vous avez deux frottis normaux à un an d’intervalle, il n’est pas nécessaire de les répéter plus d’une fois tous les 3 ans ensuite. Quant au dépistage du cancer du sein, il repose sur l’autopalpation (et là, vous n’avez besoin de personne) et des mammographies après 50 ans, vous n’en êtes pas là. Donc, vous pouvez bénéficier de la surveillance essentielle (le frottis) pour un désagrément minime, et très peu fréquent.

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