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Contraception et gynécologie >


La gygy de ma doudou
par Salomon Vivien
Article du 16 octobre 2005

Ma compagne et ses gynéco, c’est toute une histoire !

Ma doudou s’est fait poser un DIU au cuivre, modèle TT 380, l’année passée. Je dis bien DIU, pas stérilet, mot qu’elle refuse d’employer car un DIU ne rend pas stérile. Ma compagne aime la précision du vocabulaire. Le TT 380, c’est la Rolls Royce des DIU au cuivre, il peut rester en place et se faire oublier pendant plus de 10 ans. Mon amie aime le confort.

C’est une généraliste ouverte, compréhensive et pleine de bonne volonté qui le lui a posé, une femme qui a bien accepté que ma doudou lui réclame, documentation à l’appui, le modèle TT 380 plus efficace que les nova T que cette docteure avait l’habitude de prescrire. Mais voilà, elle manquait totalement de douceur et pourtant, mon amie n’est pas douillette. Alors, aujourd’hui qu’elle veut changer de DIU, elle a cherché un autre médecin. Difficile de ne pas retomber dans le circuit des gynéco, vu que dans notre coin, il y a peu de généralistes qui acceptent de poser des DIU. Sur les conseils d’une amie et après de longues tergiversations, elle a fini par choisir une gygy qui a la réputation d’avoir des mains très délicates.

Rien que pour prendre un rendez-vous, c’est le parcours du combattant.. Il est vrai que la dame donne ses RV dans des délais de deux mois environ, contre quatre pour chez ses confrères de la même spécialité, c’est donc plutôt mieux. Mais pour obtenir ce premier rendez-vous, lorsqu’on est une nouvelle patiente, il faut montrer patte blanche : passer au cabinet uniquement le matin et remplir un dossier auprès de la secrétaire. Si on habite trop loin pour faire un déplacement pour (presque) rien, on a le droit de téléphoner le matin. Ladite secrétaire vous dicte alors une série de renseignements à lui fournir uniquement par écrit, s’il vous plait. A réception, vous pouvez alors rappeler pour avoir le rendez vous.

Les questions posées sont pour certaines anodines : état civil, adresse, téléphone, date de naissance, un peu plus intime quand on commence à vous demander votre profession et le nombre d’enfants que vous avez, et carrément surprenantes quand on vous demande d’indiquer la caisse de sécu vous dépendez. S’agit-il d’évincer les personnes sans couverture sociale ? Certes, ce n’est pas le cas de ma compagne, mais bon, ça m’intrigue.

Mon amie a depuis toujours une sainte horreur d’aller chez le gynéco. Elle est très pudique et a dû mal à trouver ça naturel de dévoiler ses parties intimes à un médecin. Comme actuellement il n’y a pas grand chose au point comme contraceptifs masculins à part le préservatif mais ça ne nous plaît pas, sauf en dépannage, côté contraception, c’est elle qui assure. Et comme ça lui coûte d’aller chez le gygy et que je me sens en partie responsable de la situation, je lui propose de l’accompagner, ce qu’elle accepte parfois. Ça la rassure, je peux bien faire ça pour elle. Par contre, je ne vous dis pas, en général, la tête du médecin...Je passe souvent pour un mec qui n’a pas confiance en sa tendre moitié.

Ma doudou finit par décrocher ce rendez-vous chez cette gynéco, appelons là Mme Duchemin, ça sera plus facile pour vous raconter la suite. Madame, pas Docteur, ma compagne n’a jamais pu appeler un médecin autrement que Monsieur ou Madame, l’absence de titre ayant, selon elle, tendance à rendre la relation moins inégalitaire. Cette fois, je l’accompagne. Mme Duchemin est le genre de médecin chroniquement en retard, une heure d’attente en moyenne. Mais si malgré tout vous n’êtes pas arrivé à l’heure théorique de votre rendez vous, vous passez votre tour, il faut revenir une autre fois. Donc, nous étions à l’heure. Et donc, une heure plus tard environ, nous entrons dans son cabinet. La gygy est avenante et a la quarantaine élégante. Ce jour là, ma compagne n’a pas le look, à croire qu’elle veut montrer que ça la fait suer d’aller chez le gynéco : les cheveux en bataille, pas maquillée, un pull qui pend sur un jean délavé.

J’ai oublié de vous préciser un détail important : mon amie a toujours été rebelle à toute forme d’autorité ; si elle accepte bien les conseils ou l’aide à condition de les avoir sollicités, elle ne supporte pas qu’on décide à sa place ce qui est bon pour elle. Moi, je l’admire, car, revers de la médaille, jamais elle ne se défausse de sa responsabilité sur les autres. Elle assume ses erreurs.

Elle n’est pas non plus du style à faire une confiance aveugle à quelqu’un qu’elle ne connaît pas, surtout s’il est médecin. Pour elle, c’est comme signer un chèque en blanc. Elle n’était pas née en 1968 et pourtant elle répète à qui veut l’entendre que son corps lui appartient et qu’on a donc pas le droit d’y toucher sans son autorisation -je suis bien placé pour le savoir ! Il n’est pas non plus question de lui faire prendre des vessies pour des lanternes ; d’ailleurs, pour se renseigner, elle est championne, ils devraient l’embaucher à la DGSE.

Donc, elle savait parfaitement ce qu’elle voulait et pourquoi elle le voulait : un mirena parce que les chutes du Niagara une semaine par mois, ras le bol. Le seul problème, c’est que son généraliste lui aurait bien fait l’ordonnance, mais je ne vois pas un gynéco accepter d’emblée de poser un DIU à une patiente inconnue, dès le premier rendez vous. En tous cas, vers chez nous, ça se fait pas, même si l’inconnue a l’air renseignée et sûre d’elle. Sur mon conseil, ma compagne s’est donc résolue la mort dans l’âme (mais le ras le bol des règles abondantes aidant) à prendre un premier rendez vous simplement pour expliquer qu’elle voulait un mirena ; elle en prendrait ensuite un autre pour l’insertion.

L’enjeu était donc de convaincre Mme Duchemin que le mirena était bien ce qu’il lui fallait. La gygy avait des critères très précis et complètement obsolètes pour ne pas dire archaïques, mais comme mon amie les remplissait tous, elle n’a pas fait de remarques pour ne pas avoir l’air désagréable. On ne sait jamais, si elle râlait un peu trop, l’autre serait peut être capable de lui refuser le mirena. Le militantisme, c’est bien, mais difficile quand on est en position de demandeur avec pas vraiment de solution de repli.

Oui, mon amie a 35 ans passés, oui, elle a déjà eu des enfants, non, elle n’en veut pas d’autres (quoique, dans quelques années, qui sait, elle pourrait changer d’avis, mais il vaut mieux ne rien dire, une grossesse à plus de 40 ans, je ne crois pas que ce sera du goût de Mme Duchemin), oui, elle a bien pris la pilule pendant de nombreuses années (alors là, laissez moi rire, la pilule, elle s’en est vite lassée : ça coûte cher, ça lui a fait prendre du poids, c’est contraignant - combien de fois s’est-elle relevée en pleine nuit parce qu’elle l’avait oubliée ? ; et puis, il faut retourner chez le gynéco deux fois par an, pour quelqu’un qui a horreur de ça, c’est beaucoup, il vous palpe les nénés, vous examine le col, refait des analyses de sang, critique votre taux de cholestérol et vous envoie chez un diététicien pour vous mettre au régime...

Là, elle a craqué ; faute de solution de rechange, elle a continué la pilule quelques temps en rusant pour faire renouveler son ordonnance, a fait le tour des généralistes du coin qui ne la connaissaient pas, prétextant être de passage dans la ville et ayant oublié sa plaquette ; ils la lui renouvelaient pour trois mois sans difficulté, mais trois mois, c’est vite passé ; après, ça tombait bien, on a voulu des enfants et pour espacer les naissances, on a testé plusieurs méthodes barrière : préservatifs (mais là, on n’a jamais été doués), diaphragme.

Si ça ratait un peu, ce n’était pas très grave. Mais après deux grossesses, elle n’a plus voulu d’enfants et s’est lassée du diaphragme ; elle commençait à ne plus vouloir le mettre au motif que soi disant ça ne risquait rien quand elle était en fin de cycle ; alors là, je lui ai fermement suggéré de chercher une méthode plus fiable si elle ne voulait pas se retrouver de nouveau avec un polichinelle dans le tiroir ; d‘où le DIU. Elle a bien fait de ne pas raconter tout ça à la gynéco ; le diaphragme, c’est tellement ringard...)

Non, elle ne savait pas que c’était stupide d’avoir un TT 380 ; ni que ce DIU là, parce qu’il contient beaucoup plus de cuivre que le nova T, inflamme encore plus la paroi utérine ; que par conséquent, il donne des règles très très abondantes, encore plus qu’avec le nova T, qui est le stérilet au cuivre de référence ; que le TT 380 n’est pas un DIU recommandable.

Ma compagne se tourne vers moi, effarée par autant d’âneries. La thèse selon laquelle l’effet contraceptif des DIU au cuivre viendrait de l’inflammation locale qu’ils provoquent est totalement dépassée depuis des années. Toute personne correctement informée, comme ma doudou, sait qu’en réalité, l’effet contraceptif vient de que le cuivre détruit les spermatozoïdes. Et dire que le nova T est interdit dans de nombreux pays – mais pas en France, à cause de sa teneur trop en cuivre trop faible pour être un contraceptif fiable !

La gynéco se méprend sur la raison de son atterrement et veut la rassurer :
- Ce n’est pas votre faute, on vous a mal conseillée. De toute façon dans votre cas, ce n’était pas un stérilet au cuivre qu’il vous fallait.

Mon amie opine silencieusement, abasourdie. Elle pourrait raconter à Mme Duchemin qu’on lui avait bien proposé mirena ou DIU au cuivre en lui expliquant les avantages et inconvénients de chacun et qu’elle avait opté pour celui au cuivre parce qu’il lui semblait à l’époque qu’elle supporterait mieux des règles très abondantes quelques jours par mois, calmées par de l’ibuprofène, que le spotting qui suit la mise en pace du mirena ; qu’en plus, le TT 380 la laissait tranquille pendant plus de 10 ans, ce qui n’est pas mal pour quelqu’un qui a la hantise des gynécos.

Qu’à l’usage, elle avait changé d’avis, mais que pour autant qu’elle sache, ce n’était pas interdit.
Mais inutile d’épiloguer ; tenter le dialogue avec une personne si ignorante et sûre d’elle à la fois, puisque c’est elle la professionnelle, c’est presque perdu d’avance. Et surtout, il ne faut pas indisposer Mme Duchemin, mon amie a besoin d’elle pour qu’elle lui pose le fameux mirena.

La gygy poursuit :

- Vous étiez suivie, gynécologiquement ?
- Oui.
Evidemment. A tous les coups, celle qui répond non se fera sermonner pour son inconscience. Elle croit que son DIU au cuivre, c’est ma doudou qui se l’est mise toute seule ?

- Il date de quand, votre dernier frottis ?
Ah ! C’est là qu’elle voulait en venir.
- Un peu plus d’un an, lorsque je me suis fait poser le TT 380.
- Rien d’anormal ?
- Rien d’anormal.
- Autre chose à signaler ?
- Je ne vois pas.
- Vous avez déjà eu des infections, des mycoses ?
- Non, rien de tout ça.
- Bien, je vais vous examiner.

Ça se gâte. Elle aurait pu demander : est-ce que vous êtes d’accord pour que je vous examine ? Je sais bien que mon amie n’a pas franchement envie de se faire examiner. Est-ce vraiment indispensable ? Mme Duchemin ne pourrait-elle pas se contenter de l’examiner la prochaine fois, avant de lui poser le DIU ?

Ma doudou n’y coupera pas, c’est l’habitude. Elle s’en doutait avant de venir. Du reste, elle n’a même pas discuté. J’admire son flegme, elle doit bouillir intérieurement. Les deux femmes disparaissent derrière le paravent.

J’imagine ma compagne entrain de se faire palper les seins. Ça, elle supporte encore, même si elle trouve que c’est inutile. J’entends sa petite voix intérieure qui se révolte : comme si je n’étais pas capable de me les palper moi même ! On devrait enseigner ce geste élémentaire à toutes les femmes ; l’autopalpation, c’est quand même pratique, on ne va chez le médecin qu’en cas de doute.

Oui, mais ça veut dire qu’il faut faire confiance au patient, et ça, c’est une autre paire de manches. Vous en connaissez beaucoup, vous, des hommes, qui vont chaque année chez le médecin se faire tripoter les testicules ?

Et pourtant, parfois, ça ne leur ferait pas de mal : les cancers des testicules, ça existe. Je ne parle même pas des autres problèmes. Alors, pourquoi les femmes ? En fait, on n’a pas le choix, on est obligées de venir régulièrement pour les histoires de contraception. Les gynécos profitent pour faire à chaque fois un examen complet, de routine, sans nous demander notre avis, alors que, dépistage ou pas, la loi Kouchner dit que le patient doit donner son accord.

- C’est bon, dit Mme Duchemin.
L’examen des seins doit être terminé. Elle ajoute :
- Vous avez déjà fait une mammographie ?
- Une mammographie, à 36 ans ? Ma compagne est éberluée. Un doute s’insinue.
- Ça veut dire quoi, que j’ai un problème ?
- Non, pas du tout. C’est simplement que vous approchez de la quarantaine et qu’à partir de 40 ans, il faudra en faire régulièrement.

Bizarre, moi, je croyais que c’était à partir de 50 ans. Et puis, ma doudou a allaité, ça diminue les risques de cancer du sein. Et il n’y a pas d’antécédents de cancer dans la famille. Elle cherche quoi, la gynéco, à lui faire peur ? A remplir son cabinet ? Non, il déborde déjà. C’est du dépistage aveugle.

Ça se corse, elle est passée en bas. J’imagine la tête de ma compagne pendant qu’on la fouille à l’intérieur. Mon Dieu, faites que ça se termine vite ! Le col est joli, le DIU actuel bien en place, l’utérus un peu antéversé. C’est bon, Mme Duchemin a tout ce qu’elle a besoin de savoir pour la pose. Mon amie peut aller se rhabiller ;

Elle revient vers moi. Dans son regard, le soulagement : ouf, ça va se finir, je vais avoir l’ordonnance pour le Mirena, on va dégager. Mais d’un coup, la gynéco qui annonce :
- J’envoie le frottis au labo, vous recevrez la facture.
- Pardon ?

Mme Duchemin répète. Trop, c’est trop. Depuis le début, stoïquement, ma doudou tout supporté : le fait que ce soit la gygy qui choisisse la contraception qui doit convenir à ses patientes, les explications moyenâgeuses sur le fonctionnement des DIU, l’obligation de se faire examiner.

Elle est intervenue le moins possible, par monosyllabes. Mais qu’on la touche dans sa chair sans son consentement, c’est la limite à ne pas dépasser. On a violé son territoire. Ma compagne prend une grande inspiration, essaie de se maîtriser pour rester polie. C’est que son mirena, on ne le lui a pas encore installé. Sinon, elle ne se retiendrait pas.

- Vous m’avez fait un frottis sans me prévenir ?
- Ben, c’est pas grave ! Je vous le dis maintenant. Quelle importance ?

Trahison totale.

- L’importance, c’est que je n’aime pas qu’on me fasse des choses à mon insu. C’est mon corps.
- Et alors ? Vous n’avez rien senti !

Le genre d’arguments qui fait bondir ma doudou. C’est comme pour l’épisiotomie : la sage-femme la fait pendant une contraction mais sans prévenir, comme ça, il paraît que ça fait pas mal, une femme non prévenue ne se crispe pas. Sauf qu’une femme non prévenue ne peut pas refuser le geste. Elle n’a pas le choix. Sous prétexte que ça ne fait pas mal, c’est le médecin qui décide.

- Ecoutez, je dois reconnaître que votre réputation est méritée, que vous êtes effectivement très douce : vous réchauffez le spéculum avant de l’introduire, l’examen est délicat, le frottis, on le sent à peine, je vous l’accorde et vous en sait gré. Maintenant, ce n’est pas une raison pour ne pas me prévenir. On aurait pu commencer par discuter de la nécessité de faire un frottis.

- Mais je n’ai pas fait de frottis abusif !
- attendez, mon dernier frottis date d’à peine plus d’un an et il était normal. Je vous l’avais dit.
- Mais je ne vous connais pas ; je fais toujours un frottis aux gens que je ne connais pas. Il faut bien que je mette quelque chose dans mon dossier pour avoir un repère dans le temps, un premier examen.

Mon amie n’allait pas laisser passer un tel aveu d’absence de confiance du médecin en sa parole. C’est mal la connaître.

- Vous m’auriez dit que vous vouliez les résultats de mon dernier frottis, je vous les aurais apportés pour la prochaine visite.
- Ça n’a pas d’importance. De toute façon, les frottis, c’est tous les ans.
- C’est votre opinion. D’autres estiment que tous les deux ou trois ans, chez une femme comme moi qui n’a pas de facteurs de risques particuliers, c’est suffisant. Du reste, c’est le rythme que j’ai suivi jusque là.
- Ecoutez, c’est moi, le médecin. Si mes confrères font n’importe quoi, ce n’est pas de ma faute. Moi, je veux toutes les garanties que vos soyez en bonne santé.
Elle ajoute, désignant une enveloppe sur son bureau :
- Le frottis est là-dedans . Maintenant, si vous voulez, on ne l’envoie pas.

Ça, c’est déjà un progrès. Ma compagne cède, elle ne peut pas se permettre de se mettre trop à dos cette gynéco tant que son DIU n’est pas posé.

Puisqu’il est fait, autant l’envoyer.
- Mais la prochaine fois, je vous demande de me prévenir.
- Je vous l’ai dit, ce n’est pas abusif.

Ma doudou laisse tomber, il faut bien faire semblant de se réconcilier. Mme Duchemin n’a pas l’air prête à changer sa façon de faire ; des années d’habitudes ; il ne faut pas compter sur elle pour avertir avant le prochain frottis ; elle n’a rien promis. Juste expliqué que mon amie est quand même la seule patiente à faire des histoires pour des choses sans importance.

La gynéco continue d’expliquer :

- Alors, pour la pose du stérilet, il vous faut revenir en tout début de règles.
- Pourquoi en tout début ? J’ai des règles très abondantes, ça ne me met pas particulièrement à l’aise.
- Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude.

Elle, peut être, mais mon amie, sûrement pas. Elle a des pertes tellement abondantes qu’elle est tout le temps fourrée dans les toilettes. Elle évite de sortir. Plutôt handicapant pour la vie sociale et professionnelle. Et forcément, ça la met de mauvais poil. Avec sa pudeur, je l’imagine assez mal donner ça en spectacle à quelqu’un d’autre, même d’habitué.

Mme Duchemin poursuit :
- Plus les règles sont abondantes, plus le col est dilaté, donc ça facilite l’insertion du stérilet.
Ma doudou opine, pas franchement convaincue, mais on ne lui laisse pas vraiment le choix. De toute façon, la parade est facile ; il suffit de prendre un RV pour la fin des règles et d’être désolée pour l’approximation en prétextant de cycles irréguliers.

Suite des explications :
- Vous mettrez un comprimé de cytotec dans le vagin deux heures avant la pose, pour dilater le col.

Mon amie ne répond rien. L’intention est sympa : la gynéco ne veut pas faire mal et prend toutes les précautions en conséquence. Il n’empêche que la plupart des femmes se font poser les DIU sans avoir besoin de se faire dilater le col, surtout si, comme mon amie, elles ont eu des enfants par voie basse.

On pourrait aussi essayer une première fois sans le cytotec quitte, ensuite, à recommencer avec en cas de besoin. Dans la tête de ma doudou qui a provisoirement rendu les armes, je lis la question qui la taraude : est-ce que si je ne mets pas ce fichu comprimé, elle s’en apercevra ?

Elle doit déjà être entrain de se dire que mettre un comprimé dans le vagin quand les règles coulent à flot, ça ne doit pas être très efficace et que l’effet du médicament sur le col doit être variable d’une patiente à l’autre.

et vous reviendrez me voir deux mois après la pose pour faire le point.
Comptez sur moi.

Mme Duchemin a-t-elle saisi l’ironie de la réponse ? Si mon amie supporte bien mirena, aucune raison qu’elle revienne au bout de deux mois. Elle est tranquille pour cinq ans. Et si elle ne le supporte pas, ça m’étonnerait bien qu’elle attende deux mois avant de demander de l’aide.

Gruger les gynéco, le sport favori de ma doudou. Il n’empêche qu’elle est ressortie complètement vidée de ce RV. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas avoir un médecin qui soit à la fois ouvert et compréhensif comme la généraliste du TT 380, et doux dans ses gestes, comme la gygy du mirena ?

Salomon Vivien

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