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Pourquoi le DIU Sertalia est-il toujours en vente ? (Contraception : Questions / Réponses 53)
Article du 25 septembre 2005

Les sujets abordés cette semaine :
- Sertalia toujours en vente ?
- Pilule et épilepsie
- La vérité sur le DIU
- L’homme et l’anneau vaginal
- Mirena ou Luteran ?
- Question sur l’IVG
- Capes et Diaphragmes


- Sertalia toujours en vente ?

Pour quelles raisons le DIU Sertalia, s’il a été retiré du marché, est-il toujours disponible en pharmacie ? En effet, un produit"retiré" doit normalement ne plus y être. (!?)
S.

En principe, oui, vous avez raison. Il s’agit en réalité d’un "arrêt de commercialisation", (voir lien ci-dessous, en milieu de page)
http://www.infogyn.com/detail/actualites.asp
mais il est probable que le fabriquant veut écouler son stock. Oui, je le pense comme vous, c’est scandaleux...

Mon gynécologue doit me poser un Sertalia le 13 octobre prochain. Aussi, j’ai été il y a quelques jours chercher ce DIU en pharmacie, qui m’a été fourni sans problèmes.
Avez-vous une explication à cela ? Dois-je recontacter mon gynéco pour changer de DIU ?

A mon avis, oui, demandez-lui de vous prescrire un UT 380 "short", plus facile à poser, et à retirer !!!



- Pilule et épilepsie

Je suis épileptique depuis un an et j’ai 22 ans, je fais des crises tonico-cloniques grand mal (avec pertes de connaissances, convulsions...). Je suis sous Lamictal 275mg et sous Keppra 1000mg. N’étant pas fixée sur le choix de mon traitement épileptique et la diminution de certaines pilules sur mon traitement épileptique, j’ai posé un stérilet (UT 380) au mois de mars, toutes mes crises ont eu lieu pendant mes règles, elles sont abondantes et très douloureuses.
Ressentant une certaine nervosité pendant ces périodes, ma neurologue m’a prescrit du
Valium 5 mg à prendre pendant mes règles.
Ne serait-il pas préférable de prendre une pilule qui me permettrait de diminuer mes règles et donc de réduire le risques de crises ?
P.

La question que vous posez est fréquente et importante pour toutes les femmes qui, comme vous, font des crises comitiales au moment des règles. Bien sûr, la solution est de ne plus avoir de règles (en tout cas, tant que vous ne prévoyez pas une grossesse).

La difficulté dans ce domaine provient du fait que certains anti-épileptiques interagissent avec les contraceptifs oraux ; dans votre cas, le Keppra ne pose pas de problème, mais les estroprogestatifs font baisser la concentration plasmatique de Lamictal. Ce n’est pas forcément grave, mais ça mérite un ajustement de traitement (voir plus bas)

Quelles sont les possibilités pour vous ?

1° une pilule estroprogestative en continu - Stédiril, de préférence ; elle est moins utilisée de nos jours, mais c’est une pilule très sûre ; c’est celle qu’on propose couramment en Angleterre aux femmes épileptiques prenant des inducteurs enzymatiques

OU (puisque vous ne prenez pas de médicament anti-épileptique inducteur enzymatique)

2° une pilule progestative seule en continu (Cérazette)

Les deux méthodes entraînent une aménorrhée (absence de règles) ;
Ce sont des méthodes contraignantes (comprimé supplémentaire à prendre) ; mais, si vous tolérez bien la prise de Cérazette, vous pouvez ensuite opter pour l’une des deux suivantes :

3° un DIU hormonal Mirena, qui souvent met aussi les femmes en aménorrhée, avec peu d’aléas. Le fait de n’avoir pas d’enfant encore n’est pas une contre-indication, mais vous aurez peut-être du mal à trouver un(e) gynéco qui acceptera de vous le poser, encore que si la vôtre vous a posé un UT...
C’est la méthode idéale pour les femmes qui ont des règles abondantes et douloureuses, vous pouvez le garder 5 à 7 ans, et dans la mesure où son effet est essentiellement local, si vous étiez amenée à utiliser un anti-épileptique inducteur enzymatique, il continuerait à être efficace, car l’hormone contraceptive est active localement et passe peu dans la circulation générale - donc, elle n’est pas inactivée comme peut l’être une pilule absorbée par voie digestive

OU

4° un implant progestatif Implanon qui entraîne lui aussi très souvent une aménorrhée (absence de règles). Si vous n’avez ni problème d’acné, ni problème de prise de poids, ça mérite d’être essayé. J’ai posé des implants à de nombreuses jeunes femmes qui le tolèrent très bien et tolèrent aussi très bien l’absence de règles.

Les solutions 1, 2 et 4 nécessitent probablement un ajustement de traitement par le Lamictal.
Le DIU Mirena, en revanche, non (toujours pour les mêmes raisons : l’action essentiellement locale).

En attendant, je vous suggère, quand vous avez vos règles, dès que vous commencez à ressentir des crampes douloureuses, de prendre de l’ibuprofène 200 mg (2cp toutes les 4 heures) pendant les 2 ou 3 premiers jours. Ca soulagera la douleur et diminuera le flux des règles.



- La vérité sur le DIU

Vous dites que le stérilet détruit les spermatozoïdes avant la fécondation, alors que mon médecin traitant et beaucoup de personnes me disent que ça empêche la nidation mais pas la fécondation. Il semblerait que vous dites ça pour ne pas perturber les femmes qui comme moi ne voudraient pas subir de mini avortement tout les mois. J’attends de vous que vous me disiez la vérité .
S.

Dans mon travail de médecin comme dans ma vie personnelle, j’ai pris depuis longtemps le parti de ne jamais mentir. Mentir est très compliqué (il faut être sûr qu’on ne sera jamais pris en flagrant délit), c’est une perte d’énergie considérable, et c’est un manque de respect pour l’autre. De plus, ça marche moins bien que la vérité.
Par ailleurs, je précise toujours, quand je dis quelque chose, s’il s’agit d’une notion scientifique ou d’une opinion personnelle. Ce n’est évidemment pas la même chose.

Ce que j’écris sur le DIU est ce que l’on sait actuellement sur le DIU (et qui fait l’objet d’un consensus scientifique international), ce ne sont pas des choses que j’invente-pour-ne-pas-perturber-les-femmes. Personnellement, je pense que c’est aux femmes de choisir leur contraception, et qu’elles sont parfaitement capables de choisir si elles en connaissent tous les aspects. Et je les leur donne.

L’hypothèse du DIU qui "perturbe la nidation" date des années 60, rien ne l’a jamais confirmée ; elle partait du principe que c’était l’armature (le support en plastique) qui était abortif. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien.
En l’état actuel des connaissances, on est tout à fait certain que c’est le cuivre, et lui seul, qui est efficace - la preuve, c’est qu’un DIU fait d’un simple fil et portant du cuivre est commercialisé dans les pays anglo-saxons et il est aussi efficace que les DIU avec armature. S’il n’est pas disponible en France, c’est parce que trop peu de gynécologues français voulaient le poser. Ils préfèrent poser le Nova T 200, qui a été retiré du marché partout ailleurs, et qui est moins efficace...

C’est donc le cuivre du DIU qui est contraceptif, en étant spermicide (il inactive les spermatozoïdes). On peut se demander, puisque le cuivre est toxique pour les spermatozoïdes, s’il il peut l’être pour l’oeuf fécondé. Il n’est pas possible de répondre (on n’a jamais essayé de "tuer" des ovules fécondés avec du cuivre, ça aurait été contraire à l’éthique, et il n’est pas possible de mettre une caméra dans une trompe pour voir si ça arrive, mais sachant ce que l’on sait, on peut dire que c’est peu probable, car les spermatozoïdes sont inactivés dans l’utérus, bien avant la fécondation. (Des expériences ont été faites pour le montrer).

De plus, si les ovules fécondés étaient tués par le cuivre, on ne verrait JAMAIS de grossesse avec un DIU au cuivre ; or, on en voit. Donc, le cuivre est sans effet sur une grossesse débutante.

Est-ce que le DIU est abortif ? Si les femmes qui sont fécondées voyaient leur grossesse interrompue par une sorte de "mini-avortement", elles auraient chaque fois qu’elles sont enceintes puis "avortées" par le DIU un retard de règles, des symptômes de grossesse (très précoces chez beaucoup de femmes). Or, il n’en est rien : les porteuses de DIU ont leurs règles "à l’heure", ce qui prouve que quand elles ont leurs règles, c’est parce qu’elles n’ont pas été fécondées du tout... Et quand elles ne les ont pas, c’est qu’elles sont enceintes... on revient donc à ce que je disais plus haut.

Comme je suis d’esprit ouvert, et que la non-toxicité du cuivre sur un ovule fécondé ne peut pas être démontrée (pas plus que sa toxicité), j’en parle, et j’ai par exemple des patientes catholiques qui choisissent le DIU hormonal qui n’a qu’un effet barrière, afin de ne pas courir ce risque, même s’il est théorique.

Ce qui veut dire que non seulement je dis la vérité mais que je respecte les croyances des femmes que l’idée de DIU gêne. Aujourd’hui, en France, l’existence des deux types de DIU permet ce choix.

Comme je vous l’ai dit : je pense que les femmes sont capables de choisir leur contraception, comme elles le sont de choisir d’avoir ou non un enfant. A mes yeux, c’est à la femme de choisir, pas à moi. C’est aussi pour cela que je ne vois aucun intérêt à mentir.

Je ne sais qui vous a suggéré que je ne disais pas la vérité. Mais c’est plus facile que de faire des recherches bibliographiques... Evidemment, quand on les fait (et tous les médecins devraient les faire), et quand on respecte les femmes, on en tire les mêmes conclusions...



- L’homme et l’anneau vaginal

Petite question concernant l’anneau vaginal.
N’y a-t-il aucun effet / risque pour l’homme à mettre en contact son pénis avec les hormones de l’anneau pendant les rapports ???
A.

La question est logique et tombe sous le sens.
A priori, il ne semble pas que le contact des hormones sexuelles de l’anneau ait des effets sur l’homme (rien de tel n’a été décrit pendant les essais). Ce n’est pas surprenant, d’autant que ce contact reste, tout de même, très court. Dans la mesure où les femmes tolèrent bien l’anneau et sont au contact de ses hormones en permanence pendant 4 semaines, il serait étonnant qu’il ait des effets sur les hommes avec un contact intermittent qui dure quelques minutes à la fois, même si c’est... trois fois par jour.
Mais vous avez bien fait de poser la question, car il est probable que d’autres hommes se la posent aussi.



- Mirena ou Luteran ?

J’ai 46 ans, sous Cycléane 20 depuis 7 ans, je souhaitais arrêter les hormones pour être plus à l’écoute de mon corps à l’approche de la préménopause et peut-être remettre un stérilet sans grande conviction car il y a quelques années j’en ai eu un (UT 250 Short qui n’existe plus) qui me provoquait des règles très longues (8/10 jours) ; la solution serait le Mirena à la progestérone mais je ne peux pas l’utiliser car mon utérus est petit ; le seul que je peux avoir est le UT 380 short  ; voyant mon hésitation et voulant également calmer les douleurs mammaires prémenstruelles, ma gynécologue me propose d’essayer pendant quelques temps Lutéran 10 mg à prendre 20 jours sur 28 et de passer peut-être plus tard au stérilet qui ne m’emballe pas vraiment.
Je voudrais être sûre qu’à ces doses, le Lutéran est bien un contraceptif. Je dois commencer le Luteran après l’arrêt de 7 jours, le même jour où j’aurais repris Cycléane 20.
Qu’en pensez-vous ?
N.

Ce que j’en pense c’est que je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas vous poser un Mirena : j’en pose aux femmes qui n’ont pas d’enfant, dès 20 ans... et leur utérus est tout petit. Alors, je veux bien que votre utérus le soit aussi mais, à moins qu’il ne soit malformé (bifide), il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas vous poser un Mirena, qui n’est pas plus long qu’un UT short... !!!

Le Lutéran est un progestatif, c’est donc une solution contraceptive, bien sûr, si vous en prenez 20 jours par mois. Vous aurez probablement des règles moins longues qu’avant. Commencez à le prendre dès le lendemain du dernier comprimé de Cycléane, car les progestatifs seuls mettent le même temps à agir qu’une pilule standard (7 jours). Alors si vous attendez 7 jours après le dernier comprimé de Cycléane pour le prendre, vous ne serez pas protégée les 7 premiers jours de Lutéran... Et je pense que vous pouvez vous passer de ce risque...



- Question sur l’IVG

Quel impact peut avoir l’ivg sur une grossesse future ?
Aussi bien sur le plan physique que psychologique... et faut-il en parler à nos futurs enfants ? Étant une enfant Dolto, j’ai lu certaines choses là-dessus, mais ce ne sont que quelques cas d’études...
A.

Je me posais beaucoup la question il y a 20 ans quand j’ai commencé à faire des IVG. Je me la pose beaucoup moins aujourd’hui, et voici pourquoi.

Il y a 20 ans, l’IVG était une épreuve physique, psychologique ET sociale : les femmes qui avaient recours à l’IVG se sentaient très isolées, très coupables, très "mauvaises". Aujourd’hui, 30 ans après la loi Veil, ça peut rester une épreuve physique et psychologique, mais ça n’est plus une épreuve sociale aussi pénible : toutes les femmes qui subissent une IVG connaissent d’autres femmes qui sont passées par là. Et parmi ces femmes, beaucoup ont ensuite eu des enfants sans problème, car les IVG médicalisées ne provoquent pas de complications, et en particulier pas de problèmes de fertilité.

Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les études faites sur les femmes : une augmentation de l’infertilité chez les utilisatrices d’IVG se verrait, ne serait-ce que parce que les femmes qui sont impatientes d’avoir un enfant après avoir pris la pilule consultent très vite et disent tout de suite qu’elles ont eu une IVG... Et ne sont rassurées qu’une fois qu’elles ont eu leur premier enfant.

Physiquement ça s’est également beaucoup arrangé : les femmes peuvent souvent choisir entre IVG par aspiration ou IVG par médicament (et ce qui est choisi est toujours mieux supporté) ; la préparation à l’IVG ainsi que l’anesthésie locale sont quasi-systématiques, et très bien faites ; l’utilisation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires juste après l’IVG est également très fréquente, faite à la demande de la femme. Cela, bien sûr, c’est dans les conditions idéales, d’un centre qui a l’habitude, et qui déjà a accueilli la femme comme il le fallait.

Psychologiquement, ça dépend d’un milliard de choses : l’âge, les circonstances (enfant désiré puis refusé, ou accident, ou conflit avec le compagnon, etc.), le fait qu’il s’agisse d’une première grossesse ou d’une grossesse tardive chez une femme qui ne veut plus d’enfant, etc.

Ce que je pense aujourd’hui, c’est essentiellement ceci : plus la femme est entourée (par l’équipe, la famille, le conjoint, etc.), plus elle est soutenue, plus elle a le sentiment qu’elle prend sa vie en mains, que le fait d’être enceinte est une chose qui peut arriver à toute femme, que la fécondité est difficile à maîtriser pendant 35 ans d’affilée (de 15 à 50 ans !), et moins mal elle le vit. Les IVG les plus mal vécues sont celles qui surviennent dans les pires conditions possibles (conflit personnel ou familial, par exemple) car ensuite elles sont toujours invoquées comme des sources de culpabilisation.

Après 20 ans de pratique, je peux dire que l’immense majorité des femmes que j’ai croisées à avant, pendant ou après une IVG n’en ont pas gardé de séquelles graves. Aucune ne m’a jamais dit qu’elle était "heureuse" de s’être fait avorter, bien sûr ! La plupart auraient préféré que ça n’arrive pas. Très peu en sont restées marquées à vie. Et quand elles le sont, c’est TOUJOURS parce que l’IVG leur a été imposée (par la famille, le mari, les circonstances).

Donc, je pense que si l’IVG a des conséquences sur une grossesse ultérieure, ça n’est que dans la mesure où ça en a eu sur la femme elle-même. Là encore, le nombre de femmes qui ont eu une IVG par le passé, soit entre deux grossesses, soit même avant toute grossesse à terme, et qui ensuite ont d’autres grossesses normales est si grand qu’il est impossible à évaluer. Depuis 30 ans que l’IVG médicale existe en France (et presque 40 en Angleterre, puisqu’elle est devenue légale en 1968 !!! ), on sait que l’IVG médicale, en soi n’a pas de répercussion sur la fécondité ou le déroulement des grossesses ultérieures, puisqu’elle consiste à provoquer une fausse couche, soit par aspiration, soit médicamenteuse, sans toucher (donc sans léser) les organes de la reproduction.

Est-ce qu’il faut en parler à ses enfants ?
Je pense qu’il est souhaitable de le dire, oui, parce que ça fait partie de la vie. Quand ? Ca dépend de soi et de ses enfants. Je pense que ça dépend aussi beaucoup de la manière dont on l’a vécu. Si on l’a très mal vécu, il me paraît plus important de le dire pour que l’enfant, surtout si c’est une fille, ne soit pas le dépositaire inconscient d’une douleur qu’elle ne s’expliquerait pas et qui pourrait, par exemple, lui faire redouter le moindre retard de règles ! Si l’IVG a été bien vécue, pourquoi ne pas le dire ?

Je ne crois pas que ce soit "banaliser" l’IVG que dire qu’on en a subie une et qu’on lui a survécu sans culpabilité ni douleur excessive. C’est dire que ça fait partie de la vie. L’avortement fait partie de la vie des femmes depuis des siècles. Auparavant, elles devaient subir opprobre, chagrin, culpabilité et en plus le danger de mourir ou de rester stériles. Aujourd’hui, il reste le chagrin et la culpabilité, qui existent chez toutes, mais finissent par s’atténuer, et c’est tant mieux. Je pense que les femmes (et les enfants qu’elles choisissent d’avoir ensuite) y gagnent.

Donc, oui, je pense qu’il est souhaitable de le dire, Comme on dit qu’on a eu un accident grave, comme on dit qu’on s’est trompé en se mariant une première fois avec la mauvaise personne, parce que ça fait partie de la vie. C’est préparer ses enfants au fait que la vie est compliquée. La leur le sera d’autant moins qu’ils sont prévenus. Une jeune femme qui sait que sa mère a été enceinte sans le désirer et a dû subir une IVG aura à coeur que ça ne lui arrive pas...

Mais bon, tout ceci est l’opinion d’une seule personne - un homme, qui plus est - et ça ne peut en aucune manière tenir lieu de seule vérité.



- Capes et Diaphragmes

Les diaphragmes (peu connus) et les capes (encore moins connues) de nouveau en vente, et en plus en silicone, ça c’est une chouette bonne nouvelle !
Pour ma part, j’ai utilisé une cape en latex, toujours avec un peu de spermicide, pendant quelques mois après la naissance de mon 2ème enfant et sur les conseils de ma sage-femme. J’ai été ravie et je n’ai pas été enceinte, alors que je "tombe" enceinte très, mais alors vraiment très, facilement.
Il reste cependant quelques questions en suspens :

- J’ai lu sur internet que la cape pouvait favoriser le cancer du col. Est-ce vrai ? Je n’ai rien trouvé de définitif à ce sujet.

Le seul facteur connu de cancer du col, c’est le HPV, un virus transmis sexuellement. La cigarette est un co-facteur ; la pilule combinée aussi, peut-être. Aucun autre facteur n’est connu. Donc, ce que vous avez lu est erroné.


- Le laboratoire qui la commercialise dit qu’il faut la placer au moins 2h avant un rapport. Quel intérêt ? Parce que ça oblige à planifier sa sexualité et forcément, c’est déjà moins intéressant.

Parce que si elle est en place depuis un petit moment sans avoir glissé, vous êtes sûre qu’elle ne bougera pas pendant le rapport... ce qui est tout de même le but recherché. Au bout de quelques essais, si vous êtes sûre de votre mise en place, vous pourrez réduire le délai...


- Ce même labo dit qu’il ne faut pas la laisser en place plus de 24 h. Pourquoi ? Ma sage-femme dit qu’on peut la laisser plusieurs jours d’affilée. Certaines disent même qu’on peut ne jamais l’enlever ou alors une fois par mois. Tout ça n’est pas bien clair...

Il n’est jamais prudent de laisser un corps étranger en place dans le vagin plus de 24 heures. Ne serait-ce que parce que ça fait "bouchon" et ça empêche les sécrétions vaginales d’être éliminées normalement. Si vous la mettez en place le soir et l’enlevez le matin, ça n’est pas très contraignant, je pense. La laisser tout le mois... est-ce que vous laisseriez un tampon en place 24 heures ? Non. Alors, un mois !!!


- Enfin, j’ai lu, toujours sur internet, que la cape en silicone était forcément à usage unique. Sur le site que vous indiquez cela n’apparaît pas et il semble qu’elle puisse être réutilisée. Qu’en est-il ? Parce que si on doit la changer tous les jours, le budget contraception explose et là encore, c’est moins intéressant.

Non, ça aussi c’est faux. Les capes en silicone ne sont pas à usage unique. On peut les réutiliser (et le fabriquant doit spécifier combien de fois), mais comme les diaphragmes, il faut en prendre soin et faire attention à ne pas les trouer (avec les ongles, en particulier) et à ne pas les exposer à la chaleur (ça peut les déformer).

Quoi qu’il en soit, je tiens à dire à celles que ça tente mais qui auraient peur, de ne pas se laisser impressionner : utiliser une cape est très facile et très confortable.
E.

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