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Contraception, sexualité, sérénité
par Sophie
Article du 17 septembre 2005

Sophie a réagi à l’édito de cette semaine, Qui est irresponsable ? Les femmes ou les médecins qui les (mal)traitent ?

Voici ses réflexions. Je la remercie de les partager avec nous. MW


"Mes amies et moi sommes des filles de 1968 et suivantes. Certaines de nos mères ont eu la chance de pouvoir se faire avorter en toute légalité après notre naissance et certaines d’entre elles ont même pu divorcer, élever leurs enfants, travailler et avoir une vie amoureuse.

Nous, leurs héritières, aurions pu penser que la partie était gagnée. L’accès à la contraception et le droit à l’IVG nous garantissait la voie royale de la liberté.
Dans les faits les choses sont un peu plus compliquées que ça."

Une contraception librement choisie, c’est l’assurance d’une sexualité plus sereine et une sexualité plus sereine c’est la promesse d’une existence plus épanouie.
Il y a quelques mois, lors d’une conversation où chacune a exprimé plus ou moins directement son ressenti, une tout autre réalité m’a sauté à la figure.

La contraception n’est pas une solution en soi ; elle est un moyen, une aide, une alliée sans laquelle on est sans défense. De plus, elle ne représente pas la garantie d’un épanouissement sexuel et surtout, elle évolue tout au long de la vie et de l’angle sous lequel on l’aborde, cette vie.

Beaucoup de femmes, je parle ici des femmes parce qu’il ne m’est jamais donné l’occasion d’avoir ce genre de conversation avec des hommes (mais il me semble qu’il ne sont pas épargnés), souffrent à cause de leur sexualité. Des femmes, qui ont accès au savoir, qui savent comment elles « fonctionnent », qui ont toutes les cartes en main pour « gérer » leur sexualité, se voient traverser des épreuves terribles en lien direct avec leur sexualité.

Un bébé qui pleure ou qui ne dort pas et qu’on souhaiterait voir disparaître, un mari compréhensif mais un peu pressant, un avortement décidé à contre coeur, une (belle-) mère qui n’aurait jamais permis à ses enfants de regarder la télévision à cette heure-ci, un frère encombrant mais tellement malheureux, un patron exigeant, une voiture qui ne démarre qu’une fois sur deux et qui met tout le monde en retard, le goûter d’anniversaire à organiser alors que l’on rêve de flâner en pyjama toute la journée pour une fois, cinq kilos depuis le dernier bébé qui ont l’air d’avoir définitivement élu domicile sur les hanches, l’envie de reprendre des cours de peinture mais il faut encore faire garder les petits et ça coûte cher les cours de peinture,

les bonnes résolutions qui volent en éclat un soir de cafard, les cigarettes fumées en pensant au cancer, la cassette de Babar qu’on avait promis de réparer et qui traîne toujours béante sur un coin de la table de la cuisine, la vaisselle du soir qu’on ne fait pas parce qu’il y a un bon film et que merde pour une fois qu’on a réussi à mettre les enfants au lit avant que ça commence, les poils qui poussent trop vite sur les jambes et qui affichent un désintérêt total pour la coquetterie depuis qu’on est mère,

la soirée en amoureux que l’on remet sans arrêt parce que les enfants tombent malades-ils le font exprès ou quoi ?- dès qu’on a quelque chose de prévu, les courgettes à préparer parce qu’à la cantine les enfants ont mangé des pâtes et qu’on tient à ce qu’ils mangent équilibré et les leçons à faire réciter...

... tout ces petits tracas ont des répercussions directes sur la sexualité.

Le désir est fragile, la contraception ne résout pas tout. Voilà pourquoi il est primordial qu’elle soit abordée avec tact, écoute et respect.

Afin qu’elle ne soit plus un souci !

Que ceux qui la délivrent prennent enfin en compte tout ce que la femme qui s’adresse à eux cache de culpabilité, de frustration mais surtout d’espoir, d’envie démesurée d’accéder enfin à la sérénité.

Pouvoir opter pour une contraception sans avoir à se justifier, la choisir en collaboration avec un soignant qui s’efforcera de faire preuve d’empathie c’est certainement déjà commencer à s’épanouir.

Sophie, 17 septembre 2005

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