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Juste après dresseuse d’ours - par Jaddo
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Un accouchement, en France, en 2005
par Emmanuelle
Article du 7 septembre 2005

Non seulement les femmes emmerdent les médecins en ayant des enfants tard, mais elles les emmerdent aussi quand elles accouchent... Enfin, c’est du moins ce qu’on peut en conclure en lisant le texte ci-après, qui m’a été envoyé par une parturiente toute récente, qui n’en était pourtant pas à son premier accouchement.

MW


J’avais déjà trois enfants, j’ai voulu en faire un quatrième. Je croyais que grâce à mon expérience ça se passerait encore mieux que les fois précédentes. Et puis c’était le quatrième en sept ans. Et puis j’avais bien prévenu le gynécologue qui a suivi ma grossesse (chef de service dans cet hôpital) que je souhaitais vivement une anesthésie péridurale. J’espérais donc sereinement que cet accouchement serait le plus facile de tous, et qu’il se déroulerait comme dans un rêve : voici le récit du cauchemar que j’ai vécu.


Tout à commencé tranquillement par une fissure de la poche des eaux vers 23h le 13 juillet. Nous partons donc dans la nuit, mon mari et moi, à la maternité de l’hôpital de M., à quelques kilomètres de chez nous.
Là on m’ausculte, mais comme le travail n’a pas commencé on me garde en observation. On me dit qu’on va attendre d’un déclenchement spontané, et que cette attente durera 24h à 48 h au maximum. En effet, au delà de ce délai l’accouchement sera déclenché pour éviter les risques d’infection du bébé (puisque la poche des eaux n’est plus étanche).

L’obstétricien de garde passe le matin du 14 juillet, et il décide de déclencher l’accouchement, sans me dire pourquoi. Ceci est fait 11h30, on m’examine, mon col est fermé.
On me fait aussi un prélèvement pour vérifier les risques d’infection : il y a présence de streptocoques (mais ça, on ne me le dira que le lendemain).

On me dit aussi qu’on n’a pas déclenché un accouchement trop violent car j’ai un utérus cicatriciel (mon troisième enfant, qui se présentait en siège, est né par césarienne).
La sage-femme revient m’examiner vers 13h30, le col est alors effacé et commence à peine à s’ouvrir (un doigt). Mais après deux heures de travail les contractions sont devenues très douloureuses, je demande donc une péridurale.

La réponse est négative :
"Ah non, on la fait seulement quand le col est ouvert de 3 cm, car ça peut être très long quand c’est un accouchement déclenché, et après elle ne ferait plus effet. "
L’argument me semble d’abord recevable, mais les douleurs deviennent très vite insupportables. Mon mari et moi nous rappelons régulièrement la sage-femme, mais elle ne vient me voir qu’une fois sur 4 appels environ, pour me demander de patienter. (Les 3 autres fois sur 4 c’est une aide-soignante qui vient, et elle nous dit qu’elle ne peut rien faire mais que la sage-femme va venir).

A 16h30, alors que je crie de douleur depuis presque trois heures, on accepte de me donner des calmants par perfusion, mais la sage-femme ne m’examine pas. Je ne sais pas si on me donne vraiment des calmants, de toute façon ça ne me soulage en rien et je continue de réclamer en vain une péridurale.

(On me met aussi – ou peut-être surtout - un antibiotique (Clamoxyl) dans la perfusion, et ça aussi je ne l’apprendrai que le lendemain. Car le lendemain on fera une prise de sang au bébé pour tester son éventuelle infection par les streptocoques, et du coup on m’informera de ce qui a été fait la veille.)

16h50 : Je suis toujours dans ma chambre à hurler, et la sage-femme m’examine enfin : le col est ouvert, le bébé va bientôt naître, il faut me transporter en salle de travail. Il est temps en effet ! Je réclame encore ma péridurale, mais la sage-femme m’engueule parce que je crie, paralysée par la douleur, au lieu de descendre de mon lit roulant pour monter sur la table de travail ! " Vous n’êtes pas la première à accoucher, reprenez-vous, moi aussi j’ai accouché ."

J’y parviens aidée par mon mari, je réclame encore l’anesthésiste pour la péridurale, mais cette fois on me répond qu’il faut d’abord qu’on me prépare, et en effet on me scotche des capteurs sur la poitrine, et on me prend ma tension.
J’insiste encore en hurlant "Mais appelez-le bordel de merde !", alors une aide-soignante téléphone apparemment, puis me dit qu’il arrive. Mais la sage-femme me dit et qu’il n’aura pas le temps d’arriver parce que je vais accoucher tout de suite, le bébé est presque là.

En effet ma fille naîtra à 17h25, sans que j’ai même eu besoin de pousser une seconde fois, mais dans d’atroces souffrances. Je n’ai jamais vu l’anesthésiste, je n’ai même pas la preuve qu’il existe !

C’était notre 4ème bébé en 7 ans.

Comme le dit mon mari : si ça avait été le premier, on n’en aurait certainement pas fait d’autres...

Emmanuelle

A titre indicatif (et pour relancer la discussion), voici les recommandations de l’OMS pour la prise en charge du travail.... Ces recommandations datent... de 1997. On ne peut pas dire que les maternités françaises soient vraiment à jour.

MW

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