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Contraception et gynécologie > Les règles, le cycle, la fécondité >


Retard de règles après contraception d’urgence...
(Contraception : Questions / Réponses 47)
Article du 14 août 2005

Les sujets abordés cette semaine :


- Retard de règles après Norlevo
- Oubli de pilule pendant une semaine
- Mirena et désir de perte de poids
- Acné, contraception et ectropion
- Enchaînement de plaquettes
- DIU, anémie et allaitement
- Faire un enfant quand le futur père a 52 ans ?


- Retard de règles après Norlevo

J’aimerais savoir si le fait de prendre la pilule du lendemain peut provoquer un retard de règles ?
L.

Oui, c’est tout à fait possible, car la prise de Norlevo repousse l’ovulation. Il arrive aussi qu’elle provoque un déclenchement des règles plus précoces. Bref : tout peut se voir, et ça ne signifie pas que le Norlevo n’ait pas marché. En attendant vos règles, utilisez systématiquement des préservatifs à tous les rapports. Faites un test si vous avez un retard de plus de 15 jours. Et pensez à vous faire prescrire une contraception efficace permanente (pilule, implant, DIU)

Il y a un peu plus d’un mois j’ai eu un rapport avec mon copain pendant mes règles mais le préservatif a craqué j’ai donc été chercher la pilule du lendemain et je l’ai prise environ trois heures après le rapport (ça s’est passé le 7 juillet). Depuis, j’ai eu plusieurs autres rapports avec mon copain durant le mois de juillet (je ne prends pas encore la pilule) et nous commençons souvent par une pénétration sans préservatif qui dure quelques minutes, et ensuite mon copain en mets un. Le fait de ne pas mettre de préservatif immédiatement même si mon copain n’éjacule pas peut-il provoquer un risque d’être enceinte ?

Depuis cette fois ou j’ai pris la pilule de lendemain et aujourd’hui 10 août je n’ai toujours pas eu mes règles et je commence a m’inquiéter car j’ai peur d’être enceinte. Il est vrai que je ne suis pas tout à fait bien réglée et que depuis quelques jours je ne pense qu’à cela et ça me stresse énormément, donc peut-être que le stress est également un facteur qui retarde mes règles ?? De plus vous m’avez dit que la pilule du lendemain pouvait également les retarder, cependant j’ai réellement la crainte d’être enceinte et je ne peux pas faire de test avant ce week-end ou au plus tôt vendredi soir.

J’ai lu sur un site qu’il était possible de se faire avorter par voix médicamenteuse si on était rendu à moins de 7 semaines de grossesse. J’ai également lu qu’il était possible de recourir à cette méthode dans un planning familial. Tout cela est-il vrai ? Si oui savez-vous quels sont les délais d’attente pour pouvoir se servir de cette méthode ?( au cas ou je serais enceinte). Si non savez-vous où faut-il aller pour recourir à cette méthode ?
Si on croit être enceinte mais que l’on ne sait pas depuis combien de temps, quelles sont les façons de le savoir ?
L.

Il est très difficile de vous affirmer que vous êtes ou n’êtes pas enceinte, et voici pourquoi : la pilule du lendemain ne protège que lorsqu’on a eu un rapport sexuel non protégé unique. Or, vous en avez eu d’autres. Si vous commencez les rapports par une pénétration sans préservatif, oui, il y a un risque : le liquide séminal qui commence à s’écouler de la verge (surtout si les préliminaires ont duré longtemps...) AVANT l’éjaculation proprement dite peut parfaitement contenir des spermatozoïdes. Ca n’est donc pas une pratique sûre, et je pense préférable que vous preniez l’habitude de demander à votre ami de toujours mettre un préservatif AVANT tout rapport avec pénétration.

La pilule du lendemain peut retarder les règles. Le stress (et la peur d’être enceinte) également. Votre retard de règles n’est donc pas nécessairement synonyme de grossesse. Si vous n’avez aucun autre symptôme (gonflement des seins, en particulier), l’éventualité d’une grossesse est peu probable.

Vous pouvez, effectivement, avoir recours à une IVG médicamenteuse avant 7 semaines (exactement, avant le 49e jour depuis vos dernières règles). En revanche, autant que je sache, seuls certains plannings de ville sont habilités à le faire (il faut qu’ils aient passé un accord avec l’hôpital le plus proche). Sinon, il faut consulter dans un centre d’IVG ou dans un "centre de planification", à l’hôpital le plus proche de chez vous. Les uns et les autres sont le plus souvent associés ou intégrés au service de gynécologie/maternité de l’hôpital. Les délais d’attente sont courts, car ça ne nécessite pas d’hospitalisation. De plus, en août, l’activité est souvent moindre. Donc, plus tôt vous savez si vous êtes enceinte, et plus tôt vous consultez, mieux c’est.

Comment savoir de quand on est enceinte ? En pratiquant une échographie en cas de doute. Si vous demandez à bénéficier de l’IVG par Mifépristone, on vous en fera passer une de toute manière, pour vérifier que vous êtes bien en dessous de 7 semaines. Au-delà, la Mifépristone n’est pas efficace.

La procédure est anonyme et gratuite pour les mineures, et vous n’avez pas besoin d’autorisation parentale, mais vous devez vous faire accompagner par une personne majeure qui vous tient lieu de "garant" : ça peut être votre ami s’il a plus de 18 ans, ou n’importe quelle personne de confiance de votre choix.



- Oubli de pilule pendant une semaine

Je suis partie en vacance pendant une semaine et j’ai oublié de prendre ma tablette de pilule pendant la semaine où je suis partie. Me voila revenue chez moi, que dois-je faire selon vous ? Attendre 3 semaines ou reprendre ma plaquette où je l’avais oubliée, au deuxième jour ?
P.

La réponse est simple : recommencez tout de suite en sachant
1° que vous ne serez protégée que dans 7 jours (en attendant, utilisez des préservatifs pour TOUS les rapports sexuels)
2° que si vous en avez eu pendant la semaine où vous étiez partie, vous n’étiez pas protégée et que, dans le doute, dans 3 semaines, il faudra faire un test de grossesse (mais n’arrêtez pas votre pilule avant !!!)



- Mirena et désir de perte de poids

A la suite de ma 2ème grossesse en 2001, je me suis fait poser un stérilet Mirena.
Je n’avais pas encore perdu les kilos pris pendant ma grossesse. Depuis la pose de celui-ci, je n’ai plus de règles, ce qui ne me gêne pas du tout. Par contre, je voudrais perdre les kilos qu’il me reste : je pèse 66kg pour 1.64m. Mon poids normal étant de 58kg. Je suis vraiment désespérée. Tout ce que j’entreprends pour maigrir tombe à l’eau. Je ne perds rien. Je suis allée voir des médecins mais sans succès et ma Gynéco me dit que cela ne vient pas de Mirena. Que puis-je faire ? Auriez-vous une sortie de secours afin que je retrouve le moral (il est vraiment au plus bas !).
V.

Je n’ai pas de solution miracle, mais voici quelques réflexions :
1° votre poids après la 2e grossesse est lié à la grossesse, et il pourrait être difficile de toute manière de reperdre 8 kilos si, par exemple, votre mère ou vos soeurs ont eu la même prise de poids pendant leur grossesse : le poids stable, définitif, est souvent proche de celui qu’on acquiert après ses grossesses. Ca ne veut pas dire que vous resterez à 66, mais peut être que vous ne pourrez perdre que 4 des 8 kilos en trop.

2° on n’a jamais "tout fait" si on n’a pas vu et discuté au moins une demi-douzaine de fois avec une bonne diététicienne (pas forcément un médecin) avec, en main, le détail des repas qu’on a faits pendant le mois précédent.

3° il est possible que le Mirena vous empêche de perdre du poids. Si vous n’avez pas de règles, cela signifie probablement que le peu d’hormone du Mirena fait croire à votre organisme que vous êtes enceinte (c’est comme ça que c’est contraceptif), auquel cas une perte de poids est très difficile (on ne fait pas maigrir une femme enceinte). Solution : faites-vous enlever le Mirena et poser, à la place un TT380, le DIU au cuivre de référence (au cours d’une seule et même consultation : ne laissez pas la gynéco vous enlever le Mirena si elle n’a pas de DIU au cuivre à vous poser le même jour).

Avantages :
- efficacité tout aussi bonne
- un cycle naturel (donc, l’organisme ne croit plus que vous êtes enceinte)
- si le Mirena s’oppose à la perte de poids, vous le saurez vite : votre régime sera plus efficace.

Envisagez d’abord le "2" avant de vous lancer sur le 3. Même si vous remplacez le Mirena par un DIU au cuivre, il vous faudra faire un régime très précis (et sûrement moins strict que vous ne le pensez, mais plus approprié, sous les conseils d’une diététicienne. Et ça prendra probablement plusieurs mois. Donc, patience.

Lire également : La contraception fait-elle prendre du poids ?



- Acné, contraception et ectropion

Après une bonne lecture des Q° Réponses sur la contraception, j’ai enfin compris (merci à vous) un certain nombre de choses sur la pilule et les hormones. Si, j’ai bien compris, ayant toujours tendance à avoir de l’acné à 31 ans il faudrait que je continue à prendre Harmonet (et non Jasmine...) ou une autre pilule avec un oestrogène. Cependant comme j’ai des tensions dans les seins (dues aux oestrogènes ??), une baisse de ma libido et un ectropion (favorisé par la pilule ??) depuis 3 ans, je souhaitais arrêter la pilule que je prends depuis plus de 10 ans, sans que mon acné revienne au galop. Quelle est la solution sur le plan contraceptif sachant que je n’ai pas encore eu d’enfant ?

Concernant l’ectropion, est-ce vrai qu’il peut être favorisé par la pilule ? Qu’il peut dégénérer en cancer du col ? Pourrait-il être une des raisons de mes douleurs lors des rapports ?
Avez-vous entendu parler d’une plante nommée la maca inca et de ses effets positifs sur le cycle hormonal ?
Toutes ces questions ne trouvent pas réponses chez ma gynéco qui donne dans le très expéditif...
C.

Je vais essayer d’être concis :
- la tension des seins peut être due à l’estrogène, ou plutôt au fait que l’estrogène n’est pas "équilibré" par le progestatif (gestodène) de votre pilule. Vous pourriez essayer une pilule contenant la même dose d’estrogène mais un autre progestatif (Mercilon, Cycléane 20).
- la baisse de la libido peut elle aussi être rectifiée par le changement de pilule (mais elle n’est pas toujours due à la pilule : tout peut faire baisser la libido...)
- si vous voulez arrêter la pilule, la solution qui n’aura pas d’effet sur votre acné est le DIU au cuivre (qu’on peut utiliser même si on n’a pas d’enfant) ; si votre acné revient un peu, vous pourrez toujours la traiter sans vous préoccuper d’équilibrer en même temps l’acné, la libido et la contraception... Beaucoup de femmes qui passent de pilule au DIU disent que ça fait beaucoup de bien à leur libido, soit dit en passant. Lisez ceci :

http://www.martinwinckler.com/article.php3?id_article=434
- l’ectropion peut, effectivement être favorisé par la pilule, mais ça n’est pas une maladie, un ectropion, c’est seulement le fait que le col de l’utérus est un peu plus "ouvert", et que les cellules de l’intérieur apparaissent à l’extérieur (ce qui est fréquent chez les femmes qui ont accouché, par exemple). Ca ne nécessite pas de traitement particulier, c’est juste un aspect qu’on voit à l’examen au spéculum.

Et un ectropion, non, ne "dégénère" pas en cancer du col. Au départ, le cancer est quelque chose de cellulaire, de microscopique qui se passe au niveau de la jonction entre les cellules de l’intérieur (endomètre) et de l’extérieur (vagin) du col, à la lisière des deux tissus. De fait, chez les femmes qui ont un ectropion, le frottis (qui consiste à recueillir ces cellules de la lisière pour s’assurer qu’elles ne sont pas inflammatoires et pré-cancéreuses) est plus facile à faire que chez celles dont la lisière est à l’intérieur du col, donc, difficile à voir et à "frotter" avec le coton-tige ou la spatule qui sert à l’examen.



- Enchaînement de plaquettes

J’aimerais savoir s’il y a un risque en enchaînant 2 plaquettes de pilules pour ne pas avoir ses règles à une période donnée (vacances...). Je l’ai déjà fait 2 ou 3 fois cette année. La dernière fois c’était il y a 2 mois, j’ai laissé ensuite mes règles venir une fois, et là j’ai recommencé une deuxième plaquette encore (au moment des grandes vacances c’est dur de résister à ça quand on sait que l’on peut le faire). J’en avait parlé à ma gynéco qui m’a dit qu’il n’y avait pas de souci, que je pouvais même enchaîner 4, 5 plaquettes d’affilées si je le souhaitais.

J’aimerais avoir votre avis à ce sujet. Parce que la dernière fois que j’ai enchaîné 2 plaquettes, ça a provoqué des pertes brunes un peu au début de ma 2eme plaquette et un peu a la fin, sans rien de vraiment gênant, pas d’autres symptômes. Est ce le signe qu’il ne faut pas que je le fasse trop souvent ? Sinon est ce possible de continuer une deuxième plaquette sans l’arrêt des 7 jours et de ne prendre que 7 voire 14 comprimés sur celle-ci et faire l’arrêt des 7 jours après ? Ou faut il une fois que l’on prend la deuxième plaquette, la prendre jusqu’a la fin ?
C.

Votre gynéco a raison : vous pouvez enchaîner les plaquettes autant de fois que vous voulez. La pilule, originellement, était conçue pour être prise en permanence, sans interruption. La semaine d’arrêt est seulement destinée à faire apparaître des saignements (par manque d’hormone) qui sont qualifiés de "règles", mais n’en sont pas vraiment. Donc, vous pourriez la prendre 365 jours par an sans problème. D’ailleurs, beaucoup d’utilisatrices d’implant (Implanon) ou de DIU hormonal (Mirena) n’ont pas de règles du tout, pendant les 3 et 5 ans où leur système est efficace. Et elles s’en portent très bien.

Les pertes brunes en cours de prise s’appellent un "spotting", et n’ont pas de caractère de gravité. Elles peuvent apparaître de temps à autre, et ça ne nécessite pas que vous changiez de méthode. Si ces pertes sont temporaires (deux ou trois jours d’affilée), ne faites rien. Si elles persistent plusieurs jours, arrêtez votre pilule 4 jours d’affilée (pas plus). L’utérus se videra alors complètement des tissus qui saignotent, et vous pourrez recommencer à prendre votre pilule en permanence. A noter qu’en arrêtant seulement 4 jours, vous restez protégée d’une grossesse : il faut au moins 8 ou 9 jours d’arrêt consécutif pour qu’une grossesse soit de nouveau possible.

Quelques informations en plus :

http://www.martinwinckler.com/article.php3?id_article=69



- DIU, anémie et allaitement

En janvier de cette année, je me suis fait poser un DIU... expulsé en cours de règles, sans douleur, en mars. Je prends rendez-vous pour le mois de mai (!!!) avec une autre gynécologue que celle qui avait effectué la pose (pas de place avant, et puis, c’est la première fois que je viens...).

Vient le jour du rendez-vous. Dans la salle d’attente, les prix des consultations sont affichés. Je remarque qu’une pose de DIU est facturée 55 euros...Je me demande si ce genre de pratique est bien éthique. Une fois dans le cabinet de consultation, je lui explique la raison de ma venue : puis-je me faire poser un autre DIU après une première expulsion ? Selon elle, si le premier DIU a été expulsé, il y a de fortes chances que le second le soit aussi. Première déconvenue...Elle fait son boulot, me parle des autres solutions : pilule, implant, Mirena...

J’insiste, je lui dit que je veux quand même essayer, que je ne veux pas prendre d’hormones, par convenances personnelles : je continue d’allaiter mon fils, deux fois par jour, et puis je peux toujours oublier de prendre la pilule, je ne veux pas d’implant dans le bras...Même s’il existe des pilules compatibles avec l’allaitement, j’estime avoir le droit de choisir un contraception non hormonale.

On passe à l’examen gynécologique. Pas de chance pour moi, je suis au deuxième jour de règles, le plus abondant. Elle s’inquiète, logiquement : un DIU au cuivre pourrait aggraver une possible anémie. Pour la pose d’un DIU, elle ne dit pas non, mais elle me prescrit une analyse de sang.
Je reviens la voir une semaine après avec les résultats (toutes les mesures sont bonnes, sauf une). Pour les mesure en fer, voici les résultats : Fer sérique 137 ug/ 100 ml (ferrozybe 24,52 umol/l) ; Ferritine 14 ug/l. C’est sur la ferritine qu’elle a tiqué. Elle me lâche : "Vous souffrez d’une anémie chronique".

Elle me demande combien de temps je compte poursuivre l’allaitement au sein. Ma réponse est déjà prête : "Tant que je peux, tant que mon enfant en a envie". Là-dessus, elle me rétorque que pour la pose d’un DIU, on verra après la fin de l’allaitement (autant dire aux calendes grecques...). Elle me fait une ordonnance pour un Sertalia et du Spasfon (encore !) et me prescrit du Tardyféron pour un mois. Elle m’interroge quand même sur la méthode contraceptive que mon mari et moi utilisons actuellement : "Bon, pour l’instant vous utilisez des préservatifs ? Si ça se passe bien comme ça, vous pouvez continuer,non ?" Pourquoi pas en effet ? Et finalement, on s’en accommode très bien.

Je ne reproche rien à ce médecin, mais je voudrais vous poser les questions suivantes : peut-on vraiment diagnostiquer une anémie chronique à partir d’une seule analyse ? Une telle anémie peut-elle être causée par un allaitement prolongé ? Pour ma part, j’en doute, en partant de la constatation suivante. En octobre, mon fils avait au moins 4 à 5 tétées par jour (chacune d’une durée d’au moins 20 minutes par sein). A l’issue d’une infection virale, j’ai fait une analyse de sang, et le taux de ferritine était bon (119 ug/l). En mai, il ne tète plus que 2 fois par jour (et rarement plus de 5 minutes sur chaque sein)... Il est vrai qu’entre-temps, j’ai repris le travail à temps plein, et que l’analyse du mois de mai a été effectuée à la sortie d’un rhume et d’une semaine de règles... Par ailleurs, dans votre pratique, avez-vous déjà constaté une recrudescence de rejets de DIU sur des femmes qui en avaient déjà expulsé un ?

En conclusion, je n’ai pas pris le Tardyféron  : j’ai juste mangé plus de viande et essayé un supplément alimentaire en fer acheté dans une boutique bio. J’essaye de me coucher tôt et de profiter des siestes de mon fils pour me reposer aussi. Tant pis pour le ménage ou la cuisine...
H.

Pour répondre brièvement à vos questions : une anémie chez une femme qui a accouché et allaite, c’est fréquent, et banal. Votre gynéco n’avait pas lieu de vous le dire de manière accusatrice. Maintenant une anémie, ça n’est "chronique" que si on n’arrive pas à la traiter. Là, elle n’est pas "chronique", elle est induite par la grossesse et l’allaitement (vous "passez" à votre bébé dans le lait le fer dont il a besoin, d’où la baisse de vos propres réserves), et ça n’a rien de dramatique. De plus, ce n’est pas la ferritine qui compte, mais le fer sérique (le fer en circulation). Même s’il est bas, il remonte très vite sous traitement. Et effectivement, le Tardyféron est une méthode simple pour remonter le fer sanguin (plus rapide que l’alimentation), et sans plus de danger qu’un supplément vitaminique.

Cela étant, elle aurait pu (et dû) vous reposer un DIU. Si elle craignait que le deuxième soit expulsé aussi (ce qui n’a rien de certain, car ça peut arriver une fois et ne jamais se reproduire) elle aurait dû vous proposer un Mirena, qui est beaucoup moins souvent expulsé, et qui a l’avantage de diminuer les règles, donc de réduire le risque d’anémie... (Il est hormonal, mais très souvent l’effet est confiné à l’utérus, et il n’y a pas de passage dans le sang). Cela dit, vous avez le droit de ne pas en vouloir. Mais elle n’avait pas de raison de vous refuser un DIU au cuivre : rien n’indique que vous aurez des règles abondantes avec. Il suffisait d’essayer et l’allaitement n’est certainement pas une contre-indication, bien au contraire. Là, elle pèche par excès d’idéologie - et il ne s’agit pas de sa vie, mais de la vôtre.

Et elle a eu tort de vous prescrire un Sertalia, qui n’est pas du tout aussi efficace que le DIU au cuivre de référence (TT380) et qui, en outre, vient d’être retiré du marché car ses fils sont fragiles et on a du mal à le retirer (et elle devrait le savoir...).
Si vous vous accommodez des préservatifs tant que vous allaitez, bien sûr, rien ne presse (mais ça devrait être votre choix, pas celui du médecin qui ne veut pas vous poser un DIU).

Dès que votre bébé ne tètera plus, vous pouvez demander à ce qu’on vous pose un TT380. Il n’est pas du tout sûr qu’il sera expulsé de nouveau. Dans mon expérience, la majorité des DIU expulsés le sont... parce qu’ils ont été mal posés (à l’entrée de l’utérus, et non au fond). Alors... il sera peut-être souhaitable de vous le faire poser par quelqu’un qui a un meilleur contact et ne porte pas de jugement à l’emporte-pièce sur vos choix de vie.



- Faire un enfant quand le futur père a 52 ans ?

J’ai aimé vos romans, vos chroniques et votre site me botte même s’il est un peu bordélique... Je n’y trouve d’ailleurs pas la réponse à quelques questions que je me pose.
D’abord, j’ai lu et entendu dire que quand on a envie d’avoir un bébé il vaut mieux arrêter la pilule 3 mois avant de s’y mettre. Est-ce vrai ? Est-ce pour laisser la machine se "remettre en marche" ou pour des raisons d’équilibre en minéraux (fer, magnésium) comme je l’ai lu sur un site de diététique ? Ou les deux ?

Ensuite et surtout, mon ami et moi aimerions donc avoir un enfant, mais nous hésitons encore. Il a 52 ans, j’en ai 26. Nous nous aimons follement et, quoique surpris de notre propre décision, nous voulons changer notre vie pour nous occuper d’un enfant (ou plusieurs). Je sens qu’il flippe sans savoir trop pourquoi. Ya t-il plus de risques d’avoir un enfant handicapé quand le père n’est plus un tout jeune homme ? Est-ce que beaucoup d’hommes sont stériles passés 50 ans ? Devons-nous nous préparer à attendre plus longtemps que les autres ? Je n’aimerais pas que cette aventure devienne une source d’angoisse. J’ai presque envie d’arrêter la pilule sans lui dire histoire de lui éviter d’angoisser à chaque fois que nous faisons l’amour si rien ne se produit (pas de bébé je veux dire). Mais je ne me sens pas vraiment de faire ça.
M.

Heureusement qu’on ne trouve pas toutes les réponses sur mon site... Ca me permet d’avoir toujours quelque chose à écrire.

Quand on a envie d’avoir un bébé, il suffit d’arrêter la pilule, c’est tout. La grossesse prend quand elle doit prendre. Il n’y a pas de précaution particulière à adopter, puisque certaines femmes sont enceintes après un oubli (ou d’ailleurs, sans oubli) et que le bébé est en parfaite santé... Si la femme est en bonne santé, le bébé l’est aussi. La pilule n’y change rien. Cela étant, toutes les grossesses ne prennent pas tout de suite. Alors je dis le plus souvent : "arrêtez donc votre pilule et laissez venir".

Votre ami a-t-il déjà eu des enfants ? C’est vrai que 52 ans ça n’est pas très jeune (mais c’est pas vieux non plus, faut pas pousser !) et l’âge du père intervient aussi, mais beaucoup moins que l’âge de la mère. A 52 ans, les hommes sont loin d’être stériles (ou alors, ils l’étaient déjà avant). Même si le risque d’anomalie augmente avec l’âge, encore une fois, il est loin d’être gigantesque, même à 52 ans. Quand Charlie Chaplin se marie avec Oona O’Neil, il a 56 ans, elle en a 17 ! et ils auront 8 enfants ensemble ! Lesquels n’étaient pas vraiment attardés...

Il me semble que le vrai problème réside dans la peur de votre ami d’être père.
Si vous en parlez tous les deux, ça vaut peut-être la peine de dire : allez, on se lance. Et de parler de vos inquiétudes réciproques. Il se dit peut-être simplement qu’il n’aimerait pas mourir avant que cet enfant (ces enfants) aient atteint l’âge adulte, il a peut-être plus peur d’être mortel qu’un homme de 25 ans (à 25 ans, on ne pense pas qu’on peut mourir d’un jour à l’autre ; à 50, si, croyez moi et je sais de quoi je parle). Je vous déconseille d’arrêter la pilule sans le lui dire. Je pense qu’il préfèrerait vous dire lui-même quand il se sent prêt. Faire des enfants avec son désir, c’est tellement mieux.

La vie c’est risqué, et c’est la prise de risque qui rend les choses belles à vivre. Si vous en avez envie tous les deux, si vous êtes en forme tous les deux, allez-y. Quoi qu’on en dise autour de vous. Je vous dirais la même chose si vous aviez 45 ans et votre ami 52, alors que les risques seraient (un peu) plus grands. Alors, n’hésitez pas. En lui disant bien que 95 % des couples qui interrompent leur contraception voient une grossesse débuter dans l’année qui suit. Alors, si vous n’êtes pas enceinte au 1er ou au 3e ou au 6e mois, pas de panique. Et d’ailleurs : moins on y pense, mieux c’est.

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