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J’ai mal/Ca me fait du bien
Texte de la chronique d’ArteRadio.com
Article du 6 juillet 2005

Moi aussi, j’ai mal... comme tout le monde.

J’ai mal... Ça me fait du mal quand je vois les gens souffrir, quand je les entends souffrir, quand je lis des choses qu’ils m’écrivent pour me dire qu’ils souffrent ou qu’ils sont dans la merde.
Ce qui me fait du bien, à moi aussi, c’est d’essayer de leur donner en partage des choses que je sais et qui peuvent les aider à moins souffrir. Paradoxalement, quand j’aide les autres à moins souffrir, moi ça me fait du bien. C’est peut-être pas si paradoxal que ça, au fond.

Ecouter la chronique sur le site d’ArteRadio

J’ai mal de lire ou d’entendre quelqu’un me dire qu’il est extrêmement angoissé par quelque chose, et qu’il ne sait pas quoi faire.
Et ça me fait du bien de le rassurer, parce que parfois je peux, parce que je suis médecin, parce que je connais des tas de choses et je sais relativiser entre ce qui est grave et ce qui ne l’est pas, ou ce qui l’est beaucoup moins, ça me fait du bien de le rassurer, ça me fait du bien de voir littéralement son trouillomètre redescendre en direct, devant mes yeux.

J’ai mal de savoir qu’on maltraite les femmes, en France, en particulier dans tout ce qui concerne leur sexualité, et dans tout ce qui concerne la liberté qu’elles pourraient avoir à vivre leur sexualité ou leur maternité, ou leur absence de maternité si elles le veulent, librement.
Mais ça me fait du bien d’être invité à des séminaires de formation pour des généralistes, qui ont vraiment envie de rendre service aux femmes, et qui, quand je leur explique que c’est pas très compliqué de prescrire la pilule correctement, que c’est pas compliqué de poser un stérilet, que c’est pas compliqué de poser un implant, que c’est pas compliqué de soulager et de rassurer les femmes sur le fait que... bon, ben d’accord, elles fument et elles ont 20 ans... C’est pas grave à la minute. C’est mieux d’arrêter, mais bon... le ciel va pas leur tomber sur la tête.
Ça, ça me fait du bien, parce que je les vois eux aussi sourire et se dire "mais oui, on peut leur faire du bien, aux femmes".

J’ai mal quand je sais qu’on maltraite les étudiants en médecine.
Mais ça me fait du bien de recevoir des messages d’étudiants en médecine qui me disent qu’ils savent qu’on les maltraite, qu’ils l’acceptent pas, et qu’ils se révoltent.

J’ai mal de savoir que je vais mourir un jour. Je pense que ça fait mal à beaucoup de gens de penser ça. Pas forcément à tous, mais à beaucoup.
Mais ça me fait du bien de me dire que si je peux me dire que j’ai mal de savoir que je vais mourir un jour, c’est que je suis vivant.

J’ai mal de pas avoir vécu, ou de pas vivre toutes les histoires d’amour que je voudrais vivre, et de pas pouvoir les vivre toutes à la fois...
Mais ça me fait du bien de penser que d’abord, je vois autour de moi toutes ces histoires d’amour qui pourraient être vécues, et d’en vivre au moins une, c’est une chance que tout le monde n’a pas.

J’ai mal de vivre dans un pays féodal, qui se pare des ors de la république, et dans lequel l’administration sclérosée et un état d’esprit de fonctionnaire tentent d’étouffer toute la créativité qu’il peut y avoir chez tant de personnes.
Mais ça me fait du bien de voir des lieux dans lesquels les gens s’expriment librement, prennent la parole, inventent des choses, et en particulier de savoir que la toile, le réseau des réseaux, le web, c’est ce lieu de liberté qui n’est pas près d’être contrôlé par quiconque.

J’ai un peu mal d’avoir eu cinquante ans cette année, mais ça m’a fait du bien l’an dernier d’aller écouter James Taylor avec mon copain Bruno Schnebert.

Won’t you lie down with me now,
In this September grass...
 [1]

Et ça me fait beaucoup de bien d’être allé hier soir avec mon copain Jean Louis écouter Crosby, Stills, Nash & Young [2].

And there’s a rose, in a fisted glove,
And the eagle flies with the dove,
And if you can’t be with the one you love, honey,
Love the one you’re with...
Love the one you’re with...
Love the one you’re with...
Love the one you’re with...

Ecouter la chronique sur le site d’ArteRadio


[1Première plage de son CD "October Road"

[2En réalité, c’était un concert de CS&N, mais Young m’est venu à la bouche. Sans doute parce qu’ils sont intimement liés dans ma mémoire, parce que la chanson que je fredonne ensuite figurait sur un double album commun, "4-Way Street",et aussi parce que j’écoute toujours aussi beaucoup Neil Young, au point de vouloir lui consacrer un bouquin à venir...

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