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- Dix idées reçues sur la contraception
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
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- Comment s’y retrouver, parmi toutes ces pilules ?
- La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
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Contraception et gynécologie >


DIU et implant : des anesthésies générales abusives (Contraception : Questions / Réponses 43)
Article du 27 juin 2005

Les sujets abordés cette semaine :


- Retrait de DIU sous anesthésie générale ???
- Pilule et médicaments
- Contraception et vestibulite
- Interactions DIU / Lomexin ?
- Retrait d’implant... sous anesthésie générale ???
- Androcur + Minerva !


- Retrait de DIU sous anesthésie générale ???

Après ma grossesse, je me suis fait poser un DIU (un Nova T, j’étais moins informée à l’époque...). Le gynéco qui a fait la pose ne m’a donné aucune information sur ce qu’il faisait, n’a pas fait d’écho de contrôle, n’a pas parlé de visite de contrôle non plus, ni rien (en fait il a surtout râlé parce que j’avais été suivie, pas par lui mais par ma généraliste, durant ma grossesse puis par l’équipe de l’hôpital où j’allais accoucher, faut dire qu’entre les délais pour les rendez-vous, et le fait qu’en 1 an il n’avait pas réussi à me débarrasser d’une mycose persistante que ma généraliste a soigné en me conseillant tout simplement... de ne plus me laver qu’à l’eau claire + 1 pommade pour soigner ma muqueuse vaginale complètement décapée par les traitements successifs, j’avais plus envie d’aller le voir, mais ma généraliste ne pose pas de stérilet)

Du coup j’ai cherché les infos ailleurs, et découvert entre autres votre excellent site web.
Mais ayant découvert que le
Nova T n’est pas très sûr après 3 ans, je vais bientôt devoir le changer pour un TT380.

Il me semble avoir lu sur votre site un article où vous parlez de goupillons pour repêcher les fils fugueurs, mais certains gynécos ont l’air de faire de l’opération sous AG à la chaîne (4 prévues le même jour !), est-ce vraiment justifié et si fréquent, ou certains médecins abusent-ils ?
Et si mon gynéco ne trouve pas lui non plus les fils de mon
Nova T, quelles questions dois-je lui poser avant d’accepter une anesthésie générale (j’ai un très mauvais souvenir de celle subie pour mon appendicite à 10 ans, sensation terrifiante d’asphyxie en étant complètement paralysée sans pouvoir donc appeler à l’aider, avant qu’une sonde soit enfin mise en place dans ma gorge...)
E.

Il n’est pas du tout nécessaire de procéder à une anesthésie générale pour retirer un DIU quand on n’en trouve pas les fils : il existe effectivement de fines sondes crochetées en plastique qui permettent d’attirer le DIU vers l’orifice de l’utérus pour l’attraper avec une pince et le retirer. Ca s’appelle une "retrievette"...
Et ça se fait en consultation. Tout autre geste (à moins qu’il soit impossible de trouver le DIU dans l’utérus, qui n’est tout de même pas un puits sans fond : c’est grand comme une grosse poire, c’est tout...) est abusif.

D’autant plus abusif qu’au pire, si le DIU est difficile à retirer, ça peut être fait par hystéroscopie (un tube optique souple introduit dans l’utérus), sous anesthésie locale. Et une hystéroscopie aussi se fait en consultation... comme vous le lirez à la page suivante du site d’un gynéco-obstétricien parisien...

http://www.aly-abbara.com/livre_gyn_obs/termes/hysteroscopie.html



- Pilule et médicaments

On parle beaucoup d’oubli de pilule, diarrhée et vomissement ... mais qu’en est-il des médicaments ?
Ayant eu une malformation cardiaque dès ma naissance, je dois être mise sous antibiotiques à la moindre grippe. C’est pour cette raison que j’aimerais connaître les principaux médicaments qui ont des interactions aussi bien avec une progestative qu’une combinée ?

Quelle est la marche à suivre lorsqu’on prend un médicament susceptible d’entrer en interaction (je pense qu’il faut utiliser un préservatif dans ce cas là mais y a-t-il d’autres moyens ?). Au bout de combien de temps tout redevient-il normal après la prise des médicaments ?

Par exemple, mon médecin m’a prescrit les médicaments suivants : Pneumorel, Mucomyst, Géluprane, Maxilase 3000, Oropivalone et Amodex. La plupart sont à prendre pendant 7 jours, mon médecin m’a dit qu’il n’y avait aucune interaction avec ma pilule Cérazette.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article « La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? » mais celui-ci n’est que sur les combinées .... A quand pour les progestatives ?
S.

Effectivement, on parle peu d’interactions entre médicaments et pilule, parce qu’il y en a peu, et parce qu’elles concernent des médicaments peu prescrits, ou très spécifiques. Mais il y a des interactions. Les médicaments que vous me citez ne posent pas de problème. Les plus problématiques sont certains anti-tuberculeux (la rifampicine, en particulier), certains médicaments antiviraux (utilisés dans les trithérapies anti-VIH) et surtout certains anti-épileptiques.
Ces derniers ont en effet fâcheusement tendance à accélérer la destruction des progestatifs (présents dans TOUTES les pilules) par le foie. Et donc, à diminuer leur effet contraceptif.

J’ai eu malheureusement à plusieurs reprises l’occasion de recevoir des jeunes femmes épileptiques dont le généraliste, le neurologue ou le gynécologue n’avait tenu absolument aucun compte de leur contraception pour la prescription des anti-épileptiques... et ne leur avait souvent même pas posé la question. Et à ce jour, la seule grossesse sur implant progestatif dont j’aie eu connaissance parmi les utilisatrices à qui j’en ai posé un était survenu quand le neurologue avait changé son traitement anti-épileptique à une jeune femme qui avait demandé la pose d’un implant...

Tout médecin (spécialiste ou généraliste) prescrivant un traitement à une femme susceptible d’être enceinte devrait s’enquérir non seulement d’une grossesse possible (certains médicaments sont toxiques pour le foetus) mais aussi de la contraception utilisée. Malheureusement, beaucoup trop ne le font pas.

Voici une liste détaillée de médicaments, telle que je l’ai publiée dans ContraceptionS mode d’emploi. Il est possible qu’elle ne soit pas tout à fait complète (des interactions sont toujours susceptibles d’être découvertes). Mais si une nouvelle interaction apparaissait pour un médicament d’usage courant, on le saurait très vite. (L’internet est fait pour ça...)

Médicaments pouvant entraîner un échec contraceptif des pilules combinée ou progestatives, mais aussi de l’implant !!!!

Inducteurs enzymatiques (médicaments accélérant la destruction des hormones contraceptives par le foie) :

• Médicaments antituberculeux : rifabutine (Ansatipine), rifampicine (Rifadine, Rimactan)
• Médicaments de l’épilepsie : phénobarbital (Alepsal, Aparoxal, Gardénal, Kaneuron), phénytoïne (Di-Hydan, Dilantin), primidone (Mysoline), carbamazépine (Tégrétol), topiramate (Epitomax), vigabatrin (Sabril)
• Médicaments antifungiques : griséofulvine (Fulcine, Griséfuline)
• Médicaments antiviraux : ritonavir, nelfinavir, efavirenz, névirafine

Autres :

• Médicaments anti-ulcéreux : lansoprazole (Lanzor, Ogast)
• Psychostimulant : modafinil (Modiodal)
• Antibiotiques : dans la plupart des situations courantes, leurs effets sur la contraception sont probablement minimes



- Contraception et vestibulite

Pourriez-vous m’expliquer comment une contraception microdosée peut provoquer une vestibulite ? Est-ce la progestérone qui provoque des problèmes de peau ou des douleurs au niveau de la vulve ? J’ai lu beaucoup de cas de guérison de vestibulite après arrêt de pilule...
R.

Il est difficile de répondre absolument à une question aussi générale, mais le principe est le suivant : une vestibulite, c’est une sensibilité douloureuse très importante de l’entrée du vagin, lors de tout contact. La douleur peut être très vive même s’il n’y a pas d’inflammation locale visible, tout simplement parce que le vestibule (l’entrée du vagin) est très sensible. C’est comme quand on se pique le bout du doigt avec une épine. On ne voit presque rien, mais la richesse des terminaisons sensitives sur la pulpe du doigt fait qu’on a mal dès qu’on effleure le point de piqûre.

La douleur peut être due à un traumatisme, à une infection (mycose, par exemple) ou aux hormones (oestrogènes et progestérone), qui modifient l’état local des organes sexuels et en particulier des muqueuses (les zones de contact, produisant des sécrétions).

Une sécheresse (relative) de la muqueuse vaginale, sous l’effet d’une pilule mal adaptée peut donc être source d’inflammation lors des rapports sexuels. Quand la pilule est arrêtée, l’état hormonal redevient identique à ce qu’il était auparavant, et l’irritation disparaît.

Cela dit, il faut garder à l’esprit que ces phénomènes comportent deux variables : la sensibilité locale de la femme (toutes les femmes n’ont pas la même sensibilité de la vulve) ; l’adéquation de la pilule à son utilisatrice. C’est pour cela que ce type de problème ne concerne pas toutes les utilisatrices de pilule.



- Interactions DIU / Lomexin ?

J’aurais besoin d’un petit conseil : je suis en train de faire une mycose (quand on en a eu une fois, on peut difficilement en oublier les symptômes...) et j’ai l’habitude de les traiter avec des ovules de Lomexin. (il m’en reste à la maison).
La dernière fois que ça m’est arrivé, j’étais sous pilule et je porte maintenant un stérilet. Ma question est donc : existe-t-il des interactions entre le fait de porter un stérilet et les ovules de Lomexin  ? Le fait d’en utiliser ne réduit-il pas l’efficacité de mon stérilet ?

Je dois de toute façon consulter ma gynéco avant la fin du mois, mais ça me dérangerait beaucoup d’avoir à supporter une mycose pendant 2 semaines ! Je l’ai appelée (j’ai bêtement suivi les conseils donnés sur le médicament...) mais elle ne donne pas de consultation par téléphone...Je n’avais pas besoin de diagnostic, mais simplement qu’elle prenne 2 secondes pour regarder dans son Vidal...Bravo pour le trou de la sécu !
C.

Je ne fais pas de consultation par e-mail, mais donner des infos et répondre à des questions, tant que vous voulez !!! Et oui, c’est bien dommage que votre gynéco ne réponde pas simplement à des questions simples par téléphone à des femmes à qui ça éviterait d’avoir à se déplacer... ou de se faire du souci.

Alors, simplement : à l’heure actuelle AUCUN médicament n’interfère avec l’efficacité d’un DIU (dispositif intra-utérin, meilleur terme que "stérilet"...) Ni les anti-mycosiques, ni les anti-inflammatoires (vieille légende hexagonale).
AUCUN.
Vous pouvez dormir (et vivre votre vie...) tranquille.



- Retrait d’implant... sous anesthésie générale ???

J’ai un implant dans mon bras depuis 2 ans 1/2 mais je désire le retirer car je prends du poids et j’ai une perte de libido. Mon médecin qui m’a posé mon implant n’arrive pas à le retirer. Il me propose de l’enlever sous anesthésie générale dans une clinique.
Est ce que cela est vraiment la seule solution ?
S.

Il peut être difficile d’enlever un implant si on ne sait plus où il est. Ici, je procède de la manière suivante : je demande à un échographiste qui en a l’habitude de le repérer et de marquer, sur la peau, l’endroit où il se trouve.

Il ne se voit pas à la radio, mais avec un échographe et sous certaines fréquences (le laboratoire fabriquant peut les lui indiquer), il se voit parfaitement.

Une fois l’emplacement marqué, on peut facilement le trouver et l’enlever (sous anesthésie LOCALE, au cabinet). Si votre médecin n’a pas l’habitude, qu’il vous trouve un médecin qui le fait ainsi. Mais une anesthésie générale (à moins que l’implant n’ait été TRES mal posé et soit enfoui dans un muscle, ce qui est rarissime), c’est tout à fait excessif.



Androcur + Minerva !

Je suis actuellement sous pilule Minerva et depuis 1 mois sous Androcur. Or j’avais complètement oublié qu’au niveau de la posologie d’Androcur, il fallait l’arrêter une semaine en même temps que la pilule. Ma gynéco me l’avait précisé pourtant, mais je l’ai pris comme un médicament normal, et non pas comme on prend une pilule.

Ce qui fait que la semaine dernière j’ai arrêté ma pilule pour la semaine réglementaire de pause. Mais j’ai continué Androcur tous les soirs comme si de rien n’était. Et j’ai un retard de règles de 3 jours, moi n’en ai quasiment jamais. Cela peut-il être dû au fait que j’ai pris Androcur cette semaine ?

D’autre part, je ne sais plus comment m’y retrouver : est ce que vous me conseillez d’arrêter Androcur tout de suite pour ne le reprendre qu’avec la reprise de ma pilule, ou dois je continuer et enchaîner directement avec le nouveau cycle de pilule + Androcur ?

Et enfin et surtout, est ce que le fait d’avoir pris Androcur pendant ces 4 jours où je n’aurais pas du représente un danger pour ma santé, et ma contraception pour le cycle à venir sera t elle efficace ou me conseillez vous d’utiliser pendant ce nouveau cycle et jusqu’au prochain un autre mode de contraception ?
R.

Il y a quelque chose d’assez bizarre dans votre traitement : Minerva est un "clone" de Diane 35. Elle contient un estrogène + de l’acétate de cyprotérone, donc... de l’Androcur.
Donc, on vous donne de l’Androcur deux fois.
Or, aucun des deux n’a d’effet contraceptif démontré (voir le forum ci-dessous :)

http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID5/6148.html

Si on vous a prescrit cette association à titre contraceptif en plus de son effet antiacnéique, c’est une faute professionnelle puisqu’aucun des deux médicaments n’est agréé comme contraception en France. Le fait que l’acétate de cyprotérone ait un effet contraceptif (non mesuré) ne suffit pas pour affirmer qu’il est aussi fiable qu’une pilule testée pour cela.

Comme vous le verrez, en principe on recommande de prendre d’autres précautions pendant la prise de ces médicaments. D’autant plus qu’en cas de grossesse, l’acétate de cyprotérone peut entraîner des problèmes chez l’embryon...

Bien sûr, l’acétate de cyprotérone peut aussi diminuer le volume des règles, voire les faire disparaître temporairement, mais si vous avez des relations sexuelles sans autre protection (préservatifs), la première chose à envisager est une grossesse.

Je suis désolé de vous inquiéter (je pense que lire ceci est certainement inquiétant) mais je ne peux pas vous dire que "ça ne fait rien"... En toute bonne logique, vous devriez pratiquer un test de grossesse (et même deux à 10 jours d’intervalle si vous n’avez pas de règles) et demander à votre médecin (ou à un autre) de revoir cette prescription. Elle est peut-être efficace pour votre acné,
mais son efficacité contraceptive est, au mieux, aléatoire.

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