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Pilule et allaitement (Contraception : Questions / Réponses 40)
par Martin Winckler
Article du 5 juin 2005

Les sujets abordés cette semaine :

- Trinordiol et allaitement
- Déplacement du DIU Mirena ?
- Contraception et syndrome des ovaires polykystiques
- DIU et chloasma (UT 380)
- Stérilisation volontaire



- Trinordiol et allaitement

Je prends la pilule et j’allaite. Ladite pilule, c’est Trinordiol, et je viens juste d’apprendre, avec effarement, alors que je commençais la 2è plaquette, qu’elle était contre-indiquée pendant l’allaitement !!!
C’est une amie qui m’a alertée, c’est vrai que je n’avais même pas pris la peine de lire la notice de ma pilule, je faisais tout bêtement confiance à mon gynéco, il savait que j’allaitais au moment où je l’ai vu (8 semaines après l’accouchement), je pensais donc que cette pilule était compatible avec l’allaitement !!!
J’ai bien sûr immédiatement arrêté la prise de la pilule et ressorti la boite de préservatifs !!
Mais je suis angoissée maintenant, je me demande quels ont pu être les effets de la pilule sur ma fille !
Pouvez-vous me le dire ???

Quand aux effets sur ma lactation, il y en a sûrement eu, j’ai remarqué une baisse, la tétée du soir ayant du être complétée par un biberon de lait maternisé, mais cela ne m’a pas étonnée, j’avais conscience qu’un allaitement mixte ne durait pas très longtemps...
Mais vraiment, je suis inquiète pour ma fille !!
En gros, j’ai pris une plaquette de ma pilule, + 2 comprimés de la plaquette suivante, en accompagnement d’un allaitement consistant en 2 tétées, une le matin et une (devenue très partielle) le soir.
C.

Soyez rassurée, les effets sur votre fille sont probablement inexistants, car vous en avez pris peu de temps (trois semaines, c’est très peu), plus de 8 semaines après la naissance, et peu d’hormones passent dans le lait. D’autre part, c’est une fille, alors elle fabrique elle-même beaucoup plus d’estrogènes que vous ne lui en avez administré. C’est un peu plus embêtant chez un garçon, mais encore une fois si on la prend longtemps et évidemment, avec un allaitement plus soutenu (4 à 6 tétées par jour). C’est surtout sur la lactation que la pilule combinée est défavorable.

Donc, soyez rassurée, mais vous avez le droit d’envoyer un mot courroucé à votre gynécologue en lui demandant qu’il vous fasse une ordonnance de pilule progestative (Cérazette ou Microval) que vous pourrez prendre sans problème jusqu’à la fin de l’allaitement. Ce sera plus sûr que l’allaitement seul, et plus confortable que les préservatifs.
Une fois l’allaitement terminé, vous pourrez passer de la pilule progestative au Trinordiol sans transition (ni arrêt entre le dernier comprimé de pilule progestative et le premier comprimé de Trinordiol).



- Déplacement du DIU Mirena ?

J’ai une question au sujet du stérilet Mirena  : j’ai 27 ans et on m’a posé ce moyen de contraception il y a plus d’un an. Je n’avais presque plus de règles (réaction normale qui ne me perturbe pas), mais la semaine dernière, lors d’un rapport, mon partenaire (avec qui je suis depuis un an) a ressenti une douleur. Il pense avoir touché mon stérilet ! Le lendemain matin j’ai eu des saignements (ou règles ?) avec des douleurs au bas ventre. Ce qui m’étonne également, c’est que je n’ai jamais senti les fils (mon partenaire non plus). J’avoue être assez inquiète.
N.

Il arrive qu’un saignement puisse être déclenché par un rapport sexuel chez les utilisatrices de Mirena, mais aussi les utilisatrices de pilule : les prostaglandines (des hormones présentes dans le sperme) entraînent des contractions et parfois un saignement chez les femmes qui sont sous progestatifs (ce qui est votre cas). La première chose à faire est de prendre (si vous avez encore mal) des anti-inflammatoires (ibuprofène) pour calmer les douleurs et les saignements. Mais il est probable que ça ne se reproduira pas. Si ça se reproduisait à chaque rapport sexuel (même sans douleur de votre partenaire), il vaudrait mieux vous faire examiner. Ca peut être dû à une inflammation locale du col de l’utérus (le plus souvent sans gravité, et soignable par quelques jours d’anti-infectieux en ovules).

Par ailleurs, vous pouvez vérifier si vous aussi sentez quelque chose - le fil, qui peut "piquer" le partenaire ou même l’extrémité inférieure du DIU, s’il est en voie d’expulsion. Posez un pied sur une chaise ou un tabouret et, après vous être soigneusement lavé les mains, glissez deux doigts (index et majeur) délicatement dans votre vagin en cherchant le col de l’utérus (il est vers l’arrière, et non vers le haut, donc, dirigez vos doigts à l’horizontale). Le col a la consistance du bout du nez. Vous sentirez les fils en promenant le bout du majeur (le doigt le plus long) sur le col. Si vous sentez quelque chose de dur, c’est le DIU qui est en voie d’expulsion, et il faut aller voir un médecin pour qu’il l’enlève et vous en pose un autre.

Si vous ne sentez rien du tout, ou seulement le fil, il est possible que votre ami ait seulement senti le bout du fil (qui peut, encore une fois, "piquer"). Surtout si vous étiez dans une position inhabituelle, tous les deux, quand il l’a senti (on peut ne pas le sentir sauf dans certaines positions...)



- Contraception et syndrome des ovaires polykystiques

Je voudrais savoir si Cérazette a ou non des propriétés androgéniques ; ce n’est clair sur aucun des sites que j’ai consultés.

J’ai 33 ans et un syndrome des ovaires micropolykystiques. J’ai pris Cérazette, que je tolérais parfaitement, pendant quelques mois, à la suite de quoi j’ai constaté une augmentation modérée mais néanmoins indubitable de mon acné et de mon hirsutisme. J’en ai parlé à ma gynécologue, qui m’a prescrit Androcur + Oromone "comme j’avais arrêté de fumer" (je me suis aperçu en vous lisant que c’était illogique : j’ai été grosse fumeuse pensant 15 ans, et si mes vaisseaux ont été endommagés ce n’est pas d’avoir arrêté il y a un an qui va y changer quoi que ce soit... bref...).

J’ai dû arrêter au bout de quatre mois, à cause d’une fatigue intense et de douleurs ovariennes. Je l’ai d’ailleurs regretté, car mon hirsutisme avait bien régressé pendant ce temps. Je suis actuellement sous Minerva, que je ne supporte pas très bien non plus (sensation de "gueule de bois" : maux de tête, nausée, vertiges ; et encore une certaine fatigue bien que n’ayant rien à voir avec la sensation d’épuisement sous Androcur)

Du coup, je pense revenir à Cérazette si ces symptômes persistent, mais j’ai très mal vécu l’augmentation d’une pilosité déjà envahissante ainsi que l’aggravation de l’acné. Les informations les plus précises que j’ai trouvé disent que Cérazette n’a "pas ou peu" (?) d’effets androgéniques, ce qui m’amène à me demander si l’accentuation des symptômes ompk [1] n’était pas dû à autre chose que la pilule (mais quoi ? jusque-là, hirsutisme et acné étaient restés relativement stables depuis la fin de l’adolescence).

Je sais à quel point cela peut sembler futile d’hésiter entre ces deux moyens de contraception. Minerva n’est ni sans danger ni sans effets secondaires, et n’est même pas un moyen contraceptif de première intention, tandis que les poils et les boutons n’ont jamais tué personne ; mais je vis déjà très mal ces symptômes, psychologiquement ; alors l’idée de prendre quelque chose susceptible de les aggraver, si peu que ce soit, m’est extrêmement pénible.
M.

Merci de votre question, qui pose trois problèmes différents (mais imbriqués) :

Cérazette, comme TOUS les progestatifs, a des effets androgéniques qui sont... variables d’une femme à une autre. Si vous avez constaté une augmentation de votre pilosité et de votre acné depuis que vous en prenez, c’est dû à Cérazette quoi qu’en disent la notice et le labo.

2° Il n’est pas illogique de vous donner Androcur + Oromone, à 33 ans, alors que vous avez arrêté de fumer. En effet, on peut par exemple continuer à prescrire la pilule à une femme de plus de 35 ans qui décide de ne plus fumer. D’ailleurs, la directive actuelle est : chez la femme qui fume, à partir de 35 ans, il faut choisir entre tabac et oestrogènes, mais il ne faut pas qu’elle prenne les deux. Dans la mesure où ce traitement était temporaire, il n’était pas risqué de le prendre. La fatigue peut avoir été due à un surdosage (les doses nécessaires à l’amélioration de l’acné n’ont pas besoin d’être importantes)...

3° Contraception et sopk [2] : une méthode que vous pourriez mieux tolérer serait de prendre une pilule très faiblement dosée en estrogènes et porteuse d’un progestatif "faible", type Minesse ou Mélodia (ce sont des pilules à 28 comprimés. Elles améliorent l’acné aussi bien que Minerva (générique de Diane 35) et sont également contraceptives. Quand votre acné et votre pilosité iront mieux, d’ici quelques mois, vous pouvez alors opter plutôt pour un DIU au cuivre, qui ne vous empêchera pas de traiter votre acné et votre hirsutisme de manière épisodique si vous en avez besoin : dans votre situation il est bon de séparer la contraception du traitement de votre affection.



- DIU et chloasma (UT 380)

Je dois changer mon stérilet UT380 standard contre le même. (Durée de vie 5 ans et j’en était très contente). Mais gros problème : j’ai un chloasma depuis environ 4 ans.
Depuis 2 ans, j’essaye toutes les crèmes mais en changeant de traitement et de médecin, celui-ci m’a indiqué que cela pouvait venir de mon DIU qui libérerait trop de progestérone ou d’œstrogènes ou d’hormone etc...
Est-ce possible ? La solution pour moi est-elle de repasser à la pilule si je ne veux pas de taches partout sur le visage ?!!...
K.

1° les DIU au cuivre peuvent être gardés largement plus de 5 ans (le cuivre ne s’épuise pas) et moins on les change, mieux c’est... Si vous tenez à le faire changer, demandez qu’on vous pose un TT 380

Voir à la page : http://www.martinwinckler.com/article.php3?id_article=79

Les Américains et les Britanniques le laissent en place... 12 ans ! Mais à mon avis, ça ne presse pas de changer votre UT, surtout si vous avez plus de 35 ans.

2° le chloasma est toujours d’origine hormonale, et le DIU n’y est pour rien (si c’est un UT 380, il ne contient que du cuivre, pas d’hormones, seul le DIU Mirena en contient).

3° Le chloasma s’accentue sous pilule !!!!! (il apparaît généralement pendant une grossesse, et la pilule l’aggrave) . A votre place, j’y regarderais à deux fois avant de reprendre une contraception hormonale !

Vous devriez consulter un dermatologue qui a l’habitude du chloasma et de ce type de problème. Mais, en attendant, ne touchez pas à votre DIU... ça n’a rien d’urgent de le changer.



- Stérilisation volontaire

Je suis intéressée par la ligature des trompes à but contraceptif.
J’ai 35 ans et je n’ai jamais souhaité avoir d’enfant alors que je vis en couple depuis 15 ans. Ma décision est ferme et je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d’avis. Or, je ne trouve aucun gynéco qui accepte de me faire cette opération sous prétexte que je suis trop jeune. Je crois pourtant que le texte de loi relatif à la ligature des trompes évoque le choix du patient et ce quels qu’en soient les motifs. Aussi, à qui dois-je m’adresser pour pouvoir mettre en pratique ce droit légal qui n’est pour l’instant que théorique ?

Je vous précise que suite à une embolie pulmonaire, je suis interdite de contraception hormonale ; de plus, j’ai essayé le stérilet au cuivre (je le porte depuis 3 semaines) et je le sens encore, ce qui me fait redouter de ne pouvoir le supporter, ce qui me laisserait sans autre possibilité de contraception en dehors du préservatif .
B.

D’après la Loi ordinaire 2001-588 du 04 juillet 2001, tout citoyen doit pouvoir obtenir une stérilisation à visée contraceptive, avec une seule condition : un délai de réflexion de 4 mois. Autrement dit : la loi dit que vous pouvez avoir une ligature de trompes.

La difficulté réside... dans le fait de trouver un gynécologue qui accepte de la pratiquer, car de nombreux praticiens sont encore très opposés, idéologiquement, à ce que les individus décident de prendre leur vie en main.
La procédure consiste probablement à consulter dans un centre de planification (demandez à voir la conseillère du centre le plus proche de chez vous) et à demander qui sont les chirurgiens qui pratiquent cette intervention.

En attendant, si le DIU se fait sentir, utilisez du Ponstyl ou de l’ibuprofène pour diminuer les contractions. Mais si les contractions persistent, il faudra peut-être voir s’il n’est pas déplacé... En principe, un DIU ne doit plus se faire sentir au bout de quelques jours, au maximum.

Addendum (lisible sur légifrance)
CODE DE LA SANTE PUBLIQUE
(Nouvelle partie Législative)

Article L2123-1

(inséré par Loi nº 2001-588 du 4 juillet 2001 art. 26 Journal Officiel du 7 juillet 2001)

La ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure. Elle ne peut être pratiquée que si la personne majeure intéressée a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d’une information claire et complète sur ses conséquences.

Cet acte chirurgical ne peut être pratiqué que dans un établissement de santé et après une consultation auprès d’un médecin.

Ce médecin doit au cours de la première consultation :
- informer la personne des risques médicaux qu’elle encourt et des conséquences de l’intervention ;
- lui remettre un dossier d’information écrit.

Il ne peut être procédé à l’intervention qu’à l’issue d’un délai de réflexion de quatre mois après la première consultation médicale et après une confirmation écrite par la personne concernée de sa volonté de subir une intervention.

Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer cet acte à visée contraceptive mais il doit informer l’intéressée de son refus dès la première consultation.

Nota : Loi 2001-588 2001-07-04 art. 28 I : les présentes dispositions sont applicables dans la collectivité territoriale de Mayotte.

http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnArticleDeCode?commun=CSANPU&art=L2123-1


[1Ovaires Micro-PolyKystiques

[2Syndrome des Ovaires Polykystiques

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