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L’éthique dans les séries télé : une émission radio hebdomadaire en ligne sur Radio Créum

Les séries TV et le soap opéra

Conférence donnée à l’université de tous les savoirs le 17/04/2004.


Voir aussi :

Histoire des séries américaines
- Les séries télévisées
- Les Miroirs Obscurs - Grandes séries américaines d’aujourd’hui
- Les miroirs de la vie

Radio et télévision > Séries télé >


Les Séries télévisées aujourd’hui
entretien à Lille le 24 mai 2005
Article du 19 juin 2005

Le 24 mai 2005, à l’occasion d’un "café littéraire" au café "Le Rainbow", à Lille, j’ai répondu aux questions de deux journalistes, Julien Leconte et Patrick Beaumont, pour "Le Quotidien du Pas-de-Calais" et "Le magazine des séries"

Ils m’ont fait l’amitié de m’en envoyer la transcription, "brute de décoffrage". La voici.

MW

Comment considérez-vous les séries TV françaises de nos jours ?

MW : en termes de fictions j’ai une formule pour les définir : pour moi, la fiction française d’aujourd’hui, c’est la peinture soviétique dans les années 30 : conformiste, d’une auto-censure si considérable que ça casse toute volonté de création chez les scénaristes.

La plupart sont faites par les directeurs de programmes des chaînes qui n’ont strictement aucune qualité créative, pétrifiés de peur à l’idée de perdre un point d’audience alors qu’ils pourraient au contraire y gagner, en réputation, en vente de leurs programmes à l’étranger. C’est d’un immobilisme et d’un académisme le plus total, et en plus cela fait passer à mille lieues de toute réalité ; cela ne correspond en rien à ce qui se passe dans le monde.

Vous pensez particulièrement aux séries médicales françaises en disant cela ?

MW : Non, en tout, globalement. Je suis allé aujourd’hui au [Centre de détention de] Bapaume où j’ai entendu parler d’un téléfilm assez encensé par la presse. A un moment dans ce téléfilm, il y a un Imam qui vient prêcher dans une prison, il a un portable à la main. On ne laisse pas rentrer des gens avec des portables dans les prisons ! A partir du moment où on ne prend même pas le soin de vérifier qu’un truc est possible !...

J’ai pu travailler avec des scénaristes français, on m’avait demander de participer à la série « Fabien Cosma », la série qui a remplacé « Docteur Sylvestre ». On m’a dit : « vous avez écrit « La maladie de Sachs », vous êtes médecin, vous aimez les séries télé… » en d’autres termes : j’étais compétent. On m’amène un scénario, et on me demande des conseils en tant que narrateur, et non en tant que médecin. Je leur dit qu’il y a des choses qui ne vont pas sur le plan médical, qu’un médecin n’a pas le droit de faire ce qu’ils lui font faire dans le script.

C’était l’histoire d’une mère embrigadée dans une secte et qui ne voulait pas faire soigner sa fille, selon ses convictions. Les scénaristes avaient résolu le problème en faisant rentrer le médecin dans la maison, sans aucune autorisation, kidnapper la fille pour l’emmener à l’hôpital. Dans la réalité, c’est impossible ; s’il fait ça, il risque une plainte pour enlèvement, on lui interdit d’exercer ou il va en prison. Si on raconte ça au gens, on leur laisse entendre qu’ils peuvent résoudre des problèmes comme ça, ou encore qu’ils peuvent demander au médecin de le faire ! Ce qui est plus intéressant selon moi est de montrer comment on peut résoudre ce genre de situation dans la réalité.

Il y a justement un épisode de la série américaine « Nip/tuck » où des médecins sont confrontés au cas d’une jeune fille défigurée dont la mère refuse les soins par conviction religieuse, mais le sujet est traité totalement différemment…

MW : c’est bien là un exemple des sources de conflits narratifs. A la télévision française, il ne faut pas qu’il y ait de conflits, ou alors le conflit doit être imaginaire et donc doit pouvoir se résoudre par des moyens imaginaires, mais surtout il ne faut pas laisser entendre qu’il y a ce genre de difficultés dans la vie réelle, parce que sinon, les gens vont se mettre à réfléchir (rires) !

Un autre exemple : la version de « Lagardère » version France 2, où on refait une énième version du « Bossu ». Je n’ai rien contre, mais dans le « Bossu » original, Lagardère assiste au meurtre de son ami le Duc de Nevers, recueille la fille de celui-ci alors qu’elle est encore bébé, l’élève jusqu’à ses 17 ans où elle veut retrouver ses origines. Tous deux retournent en France où elle retrouve ses origines et son titre et à la fin Lagardère l’épouse, non pas parce que c’est « le vieux pervers qui veut se taper la jeunette » (rires), mais parce qu’ils sont amoureux l’un de l’autre.

Dans le film de De Broca, ils arrivent à résoudre le problème grâce à un dialogue entre Daniel Auteuil, incarnant Lagardère, et Marie Gillain, incarnant Aurore, où, face à l’hésitation de Lagardère, elle lui répond que la différence d’âge n’a pas d’importance et que si elle est en âge de pouvoir choisir son mari, elle a le droit de choisir celui qu’elle veut ! Le problème est vite résolu, et c’est comme ça qu’il doit se résoudre ! Les scénaristes qui ont écrit la nouvelle version pour France 2 on trouvé que ce n’était pas politiquement correct que Lagardère épouse sa pupille, et lui font donc épouser… la mère !

Ils ont changé la fin. Je leur ai écrit en leur demandant pourquoi avoir fait ce changement, et ils m’on répondu qu’à la fin de sa vie Paul Féval, auteur du roman, était bigot, et qu’ils avaient fait comme lui. Or, lorsque Paul Féval [Fils] a écrit les suites des aventures de Lagardère, il a rétabli ce qui s’était passé avant : Aurore est l’héroïne, le personnage principal. Dans la version France 2 elle n’est plus l’héroïne car elle n’épouse plus Lagardère, elle est devenue une cruche, il n’y a plus ce personnage d’Aurore. La mère en revanche se fait violer, devient une victime, ce qui ne choque pas. C’est bien le problème : faire une version complètement idéologique d’un roman qui ne pose pas de problème ; or c’est un roman d’aventure ! C’est d’autant plus décevant que c’est une coproduction France 2/Canal +.

Ca semble être différent au cinéma. Lorsque l’on regarde le cinéma français par rapport au cinéma américain, on s’aperçoit qu’il est généralement moins manichéen…

MW : Je ne suis pas tout a fait d’accord, il faut comparer ce qui est comparable. Si vous comparez le cinéma d’art et d’essai français et le cinéma indépendant américain, ce dernier est plus créatif, moins manichéen, plus drôle, mieux filmé, mieux interprété et beaucoup moins vaniteux que le cinéma d’art et d’essai français. Je préfère mille « Eternal sunshine of the spotless mind » à un seul « Roi et reines ».

D’un autre côté, les séries américaines sont quand même produites par des grosses boites comme la FOX, Warner, et ils arrivent à faire un travail extrêmement sophistiqué…

MW : C’est très simple : de tous temps, on a considéré que l’élément important dans le show-business c’était le public, le but c’était que public soit heureux, emporté par les émotions et ce déjà même du temps de Shakespeare. Le public devait se retrouver dans les histoires, il y avait un respect du public extraordinaire. Moi qui ai vécu aux Etats-Unis et qui y suis allé de nombreuses fois, j’ai également assisté à de nombreux spectacles en Angleterre et je peux vous dire que ce qui est important n’est pas le texte d’un auteur sacralisé mis au panthéon, c’est le bonheur et le plaisir que les acteurs et le public prennent au texte.

Dans « Shakespeare in love » - que les intellectuels français détestent car ça fait trop hollywoodien - ce qui est magnifique est que cela synthétise l’essence de ce qu’est le spectacle pour les anglo-saxons. C’est un film qui devrait être explicité pour qu’on comprenne bien pourquoi ça a fait un carton dès sa sortie.

Il y a trois niveaux dans ce film : 1-les gens de théâtre sont des gens comme les autres, qui puisent dans leur existence pour écrire leurs pièces de théâtre, 2- Le théâtre est pour tout le monde, avec les riches en haut, les pauvres en bas et la reine qui est obligée de se cacher pour aller au théâtre public, 3-c’est une pièce sur les amants de Vérone, donc une pièce qui se passe en Italie. C’est ce qui est extraordinaire : c’est un Anglais qui raconte ce qui se passe en Italie.

Cosmopolitisme absolu ! Il y a de tout dans ce film : comédie, action, amour, suspens, musique, discours féministe, comme dans la pièce originale. Le spectacle anglo-saxon est un spectacle qui mélange tous les thèmes et tous les genres - même dans le genre fantastique. C’est la même chose dans les productions indiennes. En France, on a des arts hiérarchisés, vous avez d’un côté la tragédie avec Corneille et Racine, montrée au roi et à la cour, de l’autre la comédie qui est montrée au petit peuple avec Molière qui de temps en temps intéresse les nobles.

On a donc une société qui jette un regard sur le spectacle, et ce spectacle renvoie à la société ce que la société lui donne. Comme aux Etats-Unis et en Angleterre le monde du spectacles est un monde horizontal, vous voyez des acteurs font du théâtre, de la série télé, du cinéma, etc. Jerry Orbach, Rita Moreno ont par exemple remporté des « Tony Awards »(oscars de la scène), et d’autres récompenses en musique ou télévision, par leur polyvalence.

Vous prenez n’importe quel épisode de n’importe quelle série télé américaine, on y citera toujours au moins des romans de la littérature classique, du cinéma, des personnalités, des autres séries télé etc. On ne méprise pas les téléspectateurs, on sait ce qu’ils regardent, lisent, on instaure une certaine complicité avec eux.

En France, jusqu’en 1970, on ne s’occupait pas trop de la fiction à la télé. La télé était nationale, sans concurrence. Après 1986 et la privatisation de TF1 et la création de Canal+, elle devient un outil compétitif, on ressent le besoin d’éviter que des fictions se mettent à parler du « monde réel », on a peur du risque de contestation.

On commence à comprendre que la fiction est subversive, car les fictions américaines arrivent en masse. C’est très caractéristique car au début des années 70 il y a très peu de séries américaines intéressantes à la télé française, alors qu’au Etats-Unis, il y en a énormément : des séries médicales, judiciaires, pédagogiques et crédibles abordant des thèmes importants comme l’inceste, le viol, la peine de mort, tous les sujets importants avec une optique progressiste.

L’une des plus grandes séries policières des années 50 s’appelle «  The defenders », écrite par Reginald Rose qui est l’auteur de « 12 hommes en colère » ; elle attaquait systématiquement le système judiciaire américain. On ne voit pas ça en France. Pourquoi ? En Amérique, comme dans les séries médicales, on parle de la vie des gens en respectant la réalité, la manière dont ils vivent réellement.

Ils ont même aux Etats-Unis des syndicats de professionnels chargés de vérifier la véracité et la plausibilité des actes et des comportements des « personnages ». De même quand il n’y a pas assez de rigueur dans le contenu. Ils acceptent de montrer des médecins crapuleux, malhonnêtes, car selon eux ça les aide à faire le ménage dans la profession.

En France, si on reprend l’exemple de « Fabien Cosma » médecin remplaçant voyageant en France, ce qui serait réaliste ce serait qu’il soit africain ou maghrébin, peut-être même une femme car la profession se féminise. La probabilité qu’une femme maghrébine fasse des remplacements est plus importante, donc plausible et proche de la réalité.

Pour tenter de se rapprocher de ça, ils ont pris un acteur assez neutre, tellement « inodore, incolore et sans saveur » qu’il passe inaperçu. Il a des parents blanc et noir, mais ils n’en font rien.

Pire, il lui font faire n’importe quoi ; par exemple, dans un épisode, une mère refuse que son enfant prenne des médicaments dans lesquels il y a des dérivés du sang, elle a une infection urinaire et le médecin lui prescrit des gélules pour la soigner. Grande connerie, car on ne prescrit pas de gélules à un enfant de 7 ans, mais des antibiotiques en sirop !!!

Mais les scénaristes voulaient des gélules parce que dans les gélules il y a de la gélatine donc du sang d’origine animale pour que la mère les refuse Voilà, les scénaristes font que le médecin est discrédité.

Il n’y a plus de volonté sociale, pédagogique, ni même artistique. Un autre exemple, le même scénariste voulait faire une histoire où le docteur Sylvestre se trouve dans un restaurant au moment d’une explosion. Des éléments étaient présents pour montrer que le docteur aidait les personnes traumatisées, mais que lui aussi subissait le contrecoup de l’explosion petit à petit.

Le réalisateur ayant considéré que ça ne servait à rien, il l’a supprimé. On est dans un pays où la télé n’est plus le domaine des scénaristes, alors qu’elle devrait l’être pour permettre d’écrire des histoires qui durent dans le temps et avoir le temps de développer la narration.

Est-ce que la principale différence ne se situerait pas là, justement ? Car aux Etats-unis, le scénariste a toujours été considéré comme important…

MW : c’est ce que disaient John Ford, comme Jean Gabin. Lorsqu’on leur demandait ce qu’il faut pour faire un bon film : « il faut trois choses : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire ». En France , il suffit selon [les responsables de chaînes], d’un grand réalisateur et d’un grand acteur. Selon ma femme – ma femme c’est comme celle de Columbo, on ne la voit jamais mais j’en parle beaucoup (rires) - la différence entre nos deux cultures au niveau télévisuel est que d’un côté on est dans le domaine du « paraître »(en France), et de l’autre dans le domaine du « ressentir », du « savoir » et du « partage »(aux Etats-Unis).

Il y a une série américaine assez peu connue qui passe en France sous le titre « Nos plus belles années »(American Dream) qui se passe dans les années 60 sur fond d’une émission populaire dans laquelle toutes les vedettes de l’époque passaient. Dans un épisode de cette série, un personnage doit se faire licencier car il n’y a plus de place pour lui dans l’équipe.

En France, ça aurait donné suite à des cris, de l’hystérie, des affrontements à n’en plus finir, alors que là dans la série, le problème est amené calmement, en quelques mots et quelques regards, et surtout on ne juge pas. C’est au spectateur de se faire sa propre idée.

On voit ça surtout dans « Nip/tuck » où le personnage de Christian Troy fait des choses atroces sans que le réalisateur ou le scénariste ne porte un jugement…

MW : Tout à fait. On comprend même qu’au delà de ce qu’il fait, c’est un homme qui souffre. De même dans la série « OZ » sur le monde carcéral, véritable tragédie grecque dans une prison. C’est une allégorie mais ancrée dans la réalité avec les gangs, des conflits, des histoires d’amour bisexuel etc.

On y croit parce que la construction est tellement fouillée… en regardant nos propres productions on a honte ! J’ai l’impression que l’on est encore dans un pays féodal, à ceci près que le roi a été remplacé par un président de la république, qui a une cour composée d’hommes politiques et d’hommes de médias qui se côtoient, les soit-disant critiques, philosophes.

Des gens qui méprisent souverainement le grand public, considéré comme vulgaire, ignorant. On lui indique comment voter, si on se réfère au référendum, et on le terrorise pour ne pas voter non. Je trouve ça scandaleux, c’est même pour cela que je vais voter « non », car c’est comme si on considérait que je ne suis pas un adulte. Idem pour les dernières présidentielles.

Il y a le même mépris au niveau de la télévision. Je prends pour exemple « La ferme célébrités » où on prend des personnes célèbres pour les mettre dans l’endroit jugé comme le plus sale du pays, c’est à dire : une ferme.

C’est insultant pour les agriculteurs, et on passe sur le fait qu’il y a des endroits bien plus sales. On les humilie en les traînant dans la boue, et à la fin, ils le seront encore plus car ils seront exclus.

C’est donc une émission qui ne peut fonctionner qu’en appuyant sur le sentiment d’injustice sociale, sur la revanche de classe. On donne l’impression aux téléspectateurs qu’ils peuvent participer à cela, alors que pas du tout. D’un autre côté, pour des émissions comme « Fear Factor » où l’on met des personnes dans des situations bien plus extrêmes, il y a un sentiment bien plus gratifiant pour les gens qui les regardent. Il n’y a pas d’humiliation dans « Fear factor »...

Je suis assez virulent vis-à-vis de tout ce monde télévisuel car je considère que chaque émission est un enjeu politique, la culture est un enjeu politique.

Aux Etats-Unis, il y a aussi des impératifs d’audience à ajouter à cela…

MW : C’est respecté, et ça marche quand même. Prenons l’exemple de la série « 24 » qui est diffusée sur la Fox, chaîne pro-Bush. La deuxième saison de « 24 » est ouvertement anti-Bush ! Ca marche parce que le principe intangible est que d’un côté, la liberté d’expression est absolue, on a le droit de croire ce que l’on veut à condition de respecter la loi, de l’autre côté on part du principe que le spectateur est assez mature pour choisir ce qu’il regarde.

On ne préjuge pas de la capacité du spectateur à regarder telle ou telle émission. L’autocensure est considérée comme anticommerciale. Ce qui est paradoxal est que beaucoup parlent d’impérialisme américain tandis que la France est le pays soit-disant de la culture alors que ses produits télévisés ne s’exportent pas tout simplement parce qu’ils sont scléreux, rabougris, flétris.

Je suis plus touché en regardant « Six Feet Under » que par « Plus belle la vie » ! On peut même davantage se retrouver dans les tourments et les actes limites de Christian Troy que dans un personnage de « Plus belle la vie » ! Y’a une franchise, une énergie que l’on ne retrouve pas en France.

De même pour l’humour dans ces séries, vous avez déjà ri pendant « Julie Lescaux », vous ? On ne rit pas dans les séries françaises. Malheureusement il faut souvent se rabattre sur les dvds pour trouver des séries intéressantes, c’est d’ailleurs ce que je fais. C’est l’avenir des séries, le marché est en croissance exponentielle.

Pourquoi s’emmerder à regarder sur TF1 des séries en version française, coupées, diffusées tard et parfois censurées ? Ca s’est vu sur France 2 il y a quelques année où « Friends » passait en version originale sous-titrée, mais ça passait à 1h du matin !

Un comble quand on sait que c’est une série qui une fois commercialisée, s’est vendue une fois et demie plus en version originale sous-titrée qu’en version française ! J’aime beaucoup la sitcom « Tout le monde aime Raymond » mais la version française est épouvantable. C’est tout simplement la propre histoire de Ray Romano, acteur principal de la série qui un jour est allé voir les producteurs en leur racontant ses histoires de famille, où durant une période de sa vie, il a vécu avec ses parents envahissants comme voisins.

Ca peut paraître répétitif dans le concept, mais il n’en est rien, c’est même plutôt bien vu et c’est à crever de rire ! 80% des scénarios sont inspirés d’histoires vécues par les scénaristes. En plus ça ne tourne qu’avec 5 ou 6 acteurs ! Ca vient juste de finir, après tout de même neuf saisons sur CBS. Le succès vient de la ligne narrative, du travail énorme derrière, le tournage dans des conditions théâtrales devant un vrai public pour avoir un feedback direct. J’ai d’ailleurs pu assister à des tas de tournages comme « Scrubs » « Alias », « Felicity » ou la magnifique série « Once and Again ». Je suis tombé face à des gens merveilleux, accueillants, modestes, disponibles et drôles. Impensable en France !

Qu’est-ce qui fait que les français regardent autant les séries anglo-saxonnes selon vous ?

MW : C’est simple, si on prend l’exemple des séries judiciaires, en France : il n’y en a pratiquement pas ! Après, il ne faut pas s’étonner d’entendre les gens appeler les juges « Votre honneur » à force de regarder « Ally McBeal » ou « Law and order » ! ce sont des séries complètes, parlant des difficultés, des conflits.

Quelles sont vos séries préférées du moment ?

MW :Trois séries qui ne sont pas encore arrivées en France : l’une crée par Glenn Gordon Caron (l’auteur de « Clair de lune » et de « Un agent très secret") : ça s’appelle « Medium ». C’est l’histoire d’une mère de famille originaire d’Arizona qui peut communiquer avec les morts et aide le procureur a résoudre les cas, grâce à son don. Ce qui est particulier est que la série n’est pas fantastique et parle des problèmes familiaux etc. Sa famille reste prioritaire par rapport à son travail, son don. On reste proche des spectateurs.

La seconde est « House », une série médicale avec un médecin misanthrope, qui ne se rase pas, boîte, ne met pas de blouse, mais qui se révèle un véritable Sherlock Holmes de la médecine. C’est très pédagogique et passionnant.

La troisième est « Véronica Mars », qui parle d’une fille de 17 ans dont la meilleure amie est morte dans des condition mystérieuses. Son père est détective privé et du coup elle aussi, elle aide ses camarades au sein du lycée. Le tout est hyperréaliste ! Ces trois séries on commencé cette année, et ne ressemblent à rien de ce que j’ai pu voir avant.


PS : Les trois séries ont fait l’objet d’une commande pour une deuxième saison, ce qui est une très bonne nouvelle. Surveillez leur passage !

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