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Les hommes et les femmes : des sites et des réflexions
par Calixto et MW
Article du 21 mai 2005

Après "Le sexe, le cerveau et les ambiguïtés", et Les femmes, les hommes et le contrôle de la fécondité", voici un troisième échange sur le même sujet, autour d’une réponse de Calixto.

Martin W.

Bonjour,

Et merci beaucoup pour votre réponse.
Avant tout, un lien :

Association Mix-Cité

Parmi leurs revendications :
- Allonger le congé de paternité postnatal de 15 jours à 2 mois, dont quatre
semaines obligatoires.
- En cas de séparation, à condition que les parents disposent du droit de
garde et souhaitent l’exercer, établir comme principe de base la garde
alternée, c’est-à-dire à égalité entre les parents. Adapter les modalités
d’application en fonction des situations de l’enfant et des parents
(éloignement géographique, etc.)

Et sur la contraception masculine :

Sciences-Potiches
La contraception : une affaire de nana ?

Il ne faut pas oublier que souvent, les pères n’obtiennent pas la garde de
leurs enfants, tout simplement parce que... ils n’en font pas la demande. Et
que lorsque le père en fait la demande, les juges pour enfant concèdent la
garde alternée dans l’immense majorité des cas.
Ce à quoi s’opposent les féministes en général, c’est à la garde alternée
systématique et automatique.

Je vous recommande, si vous ne l’avez pas déjà, vu, l’excellent documentaire
d’Arte sur ce sujet

A propos de femmes/féministes.
Vous semblez associer "féministe" à "militantes". Je crois, moi, que toute
personne favorable à l’égalité des sexes est féministe, que cette personne
soit militante ou pas. Par exemple, pas besoin d’avoir sa carte au PS pour
se dire socialiste. D’ailleurs le dictionnaire l’indique bien :
"féministe : relatif au féminisme ; qui est partisan, qui se réclame du
féminisme."

Partisan ne veut pas dire militant.
Ainsi, ces femmes que vous connaissez et qui dénoncent la manière dont on
les traite SONT féministes (sans le savoir, comme M. Jourdain ! :-)). Les
féministes sont donc bien plus nombreuses(eux) que ce que vous semblez le
croire, heureusement ! :-)

Bien entendu que votre attitude est féministe, et je dirais sans hésiter,
d’ailleurs, que vous ÊTES féministe.

C’est pour cela qu’on ne peut pas dire : regardez comme c’est contradictoire
 : d’un côté les femmes disent qu’elles sont différentes des hommes de par
leur maternité, et de l’autre elles revendiquent l’égalité.

Ce n’est pas contradictoire : on ne parle tout simplement pas des mêmes
personnes. Les premières ne sont pas féministes. Les secondes, si. Ce ne
sont pas les mêmes femmes qui, d’un côté, disent être différentes grâce à la
maternité et, de l’autre, réclament l’égalité.
C’est cela que je voulais vous souligner dans mon mail antérieur.

A propos des "accidents" de grossesse du point de vue des hommes : j’ai vécu
pendant trois ans avec un homme dont la grande peur était que je tombe
enceinte, alors qu’il n’avait aucunement envie d’avoir un enfant à ce
moment-là. Eh bien, pendant trois ans, il a mis un préservatif lors de
TOUTES nos relations sexuelles, alors même que je prenais la pilule.

Quand
je lui ai demandé de l’enlever pour "voir comment c’est", il s’est assuré,
pendant une semaine avant et après, que je prenne bien ma pilule tous les
soirs à la même heure.

Je n’ai jamais ressenti son attitude comme un manque de confiance en moi.
Simplement, il prenait sa fécondité en main et prenait toutes les
précautions, de son côté, pour éviter que je tombe enceinte. A lui, jamais
je n’aurais pu "faire un enfant dans le dos".

En cas d’accident, je sais qu’il m’aurait accompagnée dans toutes mes
décisions.
C’est vrai qu’un homme n’a pas beaucoup de choix dans sa contraception. Mais
il peut être attentif à la manière dont la femme prend la pilule, par
exemple, lui rappeler de le faire s’il constate qu’elle oublie, prendre la
peine de lui apporter une verre d’eau, enfin, il peut s’impliquer dans la
contraception du COUPLE de mille et une manières. Bien sûr, c’est
contraignant. Mais qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Ce que je vois, moi, ce sont plutôt des hommes qui n’ont pas envie de se
prendre la tête, qui croient que la contraception, c’est une affaire de
bonnes femmes, et qui trouveraient absolument inconcevable de prendre, eux,
une pilule contraceptive tous les soirs (ou même de s’inquiéter que leur
compagne l’ait prise !).

Ce que je ne comprends pas bien, c’est pourquoi vous insistez sur le fait
que les hommes ont le droit de s’exprimer sur le sujet en cas de grossesse.
Comme si ce droit était remis en cause. Oui, bien sûr qu’ils en ont le
droit. Qui les empêche de s’exprimer ? Je veux dire, à partir du moment où
nous sommes d’accord sur le fait qu’on ne peut empêcher ou obliger une femme
à avorter, qui est-ce qui empêche les hommes de s’exprimer sur le sujet ?

On
leur met en baillon ? On les enferme à double tour ? De quelle manière les
en empêche-t-on, pour que vous sentiez la nécessité de revendiquer ce droit
qui, selon vous, serait censuré ?

Si je tombais enceinte aujourd’hui, j’avorterais immédiatement, sans le
moindre état d’âme (hormis la trouille au ventre vu que je vis dans un pays
où l’avortement est interdit, et en espérant trouver l’argent nécessaire) et
sans demander l’autorisation à quiconque, et encore moins au géniteur.

Mais
je n’irais évidemment pas le baillonner ! Il aurait tout à fait le droit de
parler. Je sais que je ne prendrais nullement en compte ce qu’il aurait à
dire à partir du moment où cela irait contre ma décision. Mais s’exprimer ?
Qu’est-ce qui l’empêcherait de s’exprimer ? Je ne comprends pas de quelle
manière je pourrais l’empêcher de s’exprimer, de dire ce qu’il a à dire.

Voulez-vous dire qu’il y a une manière d’empêcher un homme de s’exprimer sur
ce sujet ?

Je précise que je pose ces questions en toute bonne foi : je ne comprends
simplement pas où est-ce qu’il y a une coercition telle contre les hommes
pour que vous sentiez la nécessité d’en parler sur votre web, et d’aller
jusqu’à mentionner à ce sujet une prétendue "guerre des sexes".

Bien amicalement.
C.


Il n’y a pas de "coercition" à proprement parler sur les hommes pour les empêcher de s’exprimer. Pour le coup, il y a cependant beaucoup de manières de faire taire les hommes. Les mêmes que pour faire taire les femmes : la culpabilisation ; l’appel à la "loyauté" ; la victimisation ; le harcèlement moral ; le dénigrement, etc.

Les hommes sont aussi sensibles que les femmes à ce genre de pressions. Et bien sûr ces méthodes ne sont pas l’apanage des hommes, mais pratiquées par des personnes des deux sexes. Ensuite, tout est question de personne, tout dépend de la manière dont le coupe s’est constitué, a évolué... Les situations de crise (la grossesse en est une, surtout quand elle n’est pas prévue) ne sont jamais des situations qui surviennent dans l’absolu. Elles touchent des individus. Et, hommes ou femmes, ces individus sont pris dans des réseaux de loyauté et d’influence préalable qu’ils ne maîtrisent pas toujours.

Ce que je veux dire, simplement, c’est que face à la sexualité, face au désir d’enfant, face à la grossesse et à l’éventualité de l’interrompre, en France et dans la plupart des pays développés (je ne sais pas ce qu’il en est là où vous vivez, puisqu’apparemment, vous ne vivez pas en France) la situation actuelle est claire : les femmes peuvent maîtriser leur fécondité (de manière plus fiable qu’un homme, et même si les hommes n’utilisent pas de préservatif) ; elles peuvent décider d’interrompre une grosesse (que les hommes le veuillent ou non) ; elle peuvent décider d’être enceinte (que les hommes le sachent ou non). Et, si elles se séparent de l’homme avec qui elles vivent, elles obtiennent, le plus souvent, la garde des enfants. (Vous dites que la garde partagée est attribuée chaque fois qu’elle est demandée, j’aimerais savoir si vous avez des chiffres à ce sujet...)

Certes, en pratique, toutes les femmes ne sont pas dans ces conditions-là. Il s’en faut de beaucoup qu’elles maîtrisent leur fécondité parfaitement (on ne leur donne pas accès aux méthodes contraceptives comme on le devrait) ; il s’en faut de beaucoup (et c’est de plus en plus grave) qu’elles puissent accéder à l’IVG facilement et dans des délais raisonnables, même en France. Mais la situation est, en théorie au moins, loin d’être défavorable aux femmes.

Quant au fait que beaucoup d’hommes considèrent que "la contraception est une affaire de bonnes femmes", c’est certainement vrai. Comme il est certainement vrai que beaucoup de femmes ne font pas confiance aux hommes en ce domaine (en tout cas, j’en vois beaucoup en consultations).

Personnellement, j’accueillerais avec beaucoup de joie la commercialisation d’une méthode contraceptive efficace et bien tolérée destinée aux hommes, mais quelque chose me dit que, même si leur compagnon utilise une telle contraception, beaucoup de femmes continueront à vouloir maîtriser elles-mêmes leur fécondité.

Parce que dans les relations de couple la sexualité n’est que la partie émergée de l’iceberg. La plus spectaculaire. Et, au fond, la moins parlante : qu’est-ce que la plupart des couples ont en commun ? Ils font l’amour ensemble. Parfois, je me demande si ça n’est pas la seule chose qu’ils ont en commun.

MW.

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