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Contraception : Questions / Réponses n° 36
par Martin Winckler
Article du 2 mai 2005

Les sujets abordés cette semaine :

- DIU et anti-inflammatoires
- Poids, ovaires polykystiques et pilule
- Minidril et symptômes inhabituels
- Cystites à répétition
- Vaginite et pilule



- DIU et anti-inflammatoires

Il semble que les DIU au cuivre ne soient pas indiqués pour des personnes prenant des anti-inflammatoires de manière fréquente, voire chronique, c’est le cas de mon épouse (arthrose du genou du a un accident, ART50).
Est-ce parce que le (un des) mode d’action du DIU repose sur une ’mini inflammation’ locale que le médicament combat, réduisant par la son efficacité ?
Avez vous déjà rencontre ce problème ?
JB

Ce qu’on vous a dit est faux, on peut parfaitement prendre des anti-inflammatoires quand on porte un DIU. Lire un article détaillé à ce sujet



- Poids, ovaires polykystiques et pilule

Je prends la pilule depuis plus d’un an maintenant, à la base parce que j’avais un problème de règles (aménorrhée secondaire avec ovaires légèrement hypertrophiés micro-polykystiques d’après l’échographie réalisée). Ni mon médecin ni ma gynéco (que je suis allée consulter après recommandation par mon médecin) n’ont su me dire si j’ovulais ou pas. Ma gynéco m’a juste dit que c’était un problème d’hormones ovariennes (soit) et que le seul moyen pour remédier à ce problème était de prendre la pilule. Elle me prescrit donc Evepar pour 6 mois et me dit de perdre 10kg pour la prochaine consultation (!)

Je reviens donc 7 mois après (avec son emploi du temps de ministre (1 mois de vacances), j’ai du me faire prescrire une plaquette par mon généraliste). Là, elle ne se préoccupe que de mon poids. Mais voyez-vous, j’ai des études assez prenantes (je suis en effet étudiante en PCEM1 !) et mon poids n’est pas la première de mes préoccupations. Je ne suis pas obèse, 1m76 pour 83 kg. Elle me donne des conseils de régime (qu’elle devrait commencer par suivre elle-même), me prescrit Harmonet pour les 6 prochains mois et me donne 2 plaquettes d’avance (là je me dis Chouette ! Ca me donne 8 mois sans la voir !).

J’ai pris rendez-vous pour début juin, mais c’est pour moi une véritable torture. Déjà je n’ai pas perdu ces 10kg. Je peux pas les perdre pour juin, et je pouvais pas les perdre avant. J’ai pas le temps de me torturer ainsi. Ensuite, les 2 pilules qu’elle m’a prescrites ne sont pas remboursées. Sympa, je suis étudiante... Est-ce que j’ai le droit de lui demander une pilule remboursée ?

De plus, jamais elle ne m’a prescrit de prise de sang ! En a-t-elle le droit ? Elle dit que j’ai un peu grossi avec la 1ère pilule, mais jamais elle n’a vérifié si cela avait eu des conséquences ailleurs. Enfin, je ne sais toujours pas si c’était un problème d’ovulation et si oui, comment il peut être réglé puisque la pilule bloque l’ovulation !
Bref je sais pas pourquoi je vous écris ça, ça me torture un peu. Et j’aimerai avoir des réponses à mes questions, sans qu’on me prenne pour une débile qui ne comprend pas un mot du langage scientifique...
Pour info, j’ai 18 ans.
P.

Une aménorrhée "secondaire", ça veut dire que vous avez eu des règles (tous les mois ou non) à la puberté et puis qu’un jour, elles se sont arrêtées. Les deux causes d’arrêt des règles c’est effectivement soit une grossesse (apparemment ce n’est pas le cas), soit un fonctionnement irrégulier de vos ovaires. C’est en effet l’ovulation (quand elle n’est pas suivie d’une grossesse) qui "conditionne" l’arrivée des règles. Pour simplifier : si l’ovule que produit l’ovaire n’est pas fécondé par un spermatozoïde, au bout de 15 jours environ après l’ovulation la paroi intérieur de l’utérus (ou "endomètre") se détache : ce sont les règles (du sang + les tissus de l’endomètre).
Si vous n’ovulez pas : pas de règles. On peut donc penser que vous aviez donc une ovulation irrégulière (des ovulations très espacées) quand on vous a prescrit la pilule.

D’après ce que vous me dites, je déduis que votre gynéco soupçonne, en ce qui vous concerne un "syndrome des ovaires polykystiques", qui s’accompagne souvent d’un excès de fabrication d’hormones par les ovaires - c’est ce qui provoque les kystes. Souvent, ça s’accompagne d’une acné et d’un hirsutisme (les femmes ont plus de poils qu’elles n’en voudraient...) Est-ce le cas ?
Elle vous a d’abord donné un traitement "anti-androgènes" (Evepar, un générique de Diane 35) puis une pilule "oestrogénique" (Harmonet), ce qui est assez logique, car cela a pour effet d’éviter l’apparition de kystes.

Le seul moyen de savoir si vous ovulez de nouveau serait, effectivement, d’arrêter votre pilule... C’est possible si vous n’avez pas besoin de contraception. Si vous en avez besoin, ça me paraît risqué.
Si vous n’êtes pas pressée de le savoir, sachez cependant ceci : la pilule met l’ovaire au repos. Ce qui permet, justement, d’empêcher la formation de kystes, qui pourraient, à la longue entraîner des problèmes de fécondité plus tard, lorsque vous voudrez avoir des enfants.
Il n’est donc pas dangereux (même si c’est paradoxal) de prendre la pilule quand on a des problèmes de cycle comme c’est votre cas.

Souvent, les syndromes d’ovaires polykystiques s’accompagnent d’un surpoids (83 kilos pour 1,76 - vous avez un surpoids, même si vous n’êtes pas obèse - à moins que vous ne vous soyiez trompée en l’écrivant) ; l’ovulation redevient plus régulière quand la femme perd du poids. C’est donc sûrement souhaitable, mais en étant réaliste (en perdant 2 kilos par trimestre, au bout d’un an, vous y serez presque, aux 10 kilos...) et en prenant l’avis d’une diététicienne qui vous conseillera utilement sans vous frustrer. Et ce n’est pas urgent : ça peut attendre l’été pour que vous commenciez. En attendant, si vous n’êtes pas en mesure de perdre du poids à l’heure actuelle (ça n’est pas urgent), la pilule vous protège.

Le même syndrome (et le surpoids) favorisent aussi des troubles de la glycémie (élévation du sucre dans le sang) et des lipides (élévation des triglycérides en général). C’est donc surprenant qu’elle ne les ait pas contrôlés... Ca mériterait sûrement d’être fait.

Quant au prix de la pilule : malheureusement, les pilules remboursées sont toutes "progestatives", elles ont tendance à accentuer l’acné et la formation de kystes chez les femmes prédisposées ; elle vous a, très logiquement, donné des pilules "oestrogéniques" et aucune pilule oestrogénique n’est remboursée. Mais vous êtes en droit de demander la pilule oestrogénique la moins chère (Cilest, en général) et comparez les prix dans les pharmacies (elles ne prennent pas toutes la même marge).



- Minidril et symptômes inhabituels

Je prends Minidril depuis plus de 5 ans - sans problème. Cela étant, j’ai depuis quelques jours un genre de courbatures au niveau du bassin, les seins un peu lourds et quelques nausées. C’est assez gênant. J’ai bien pris tous mes comprimés jusqu’à présent, sans oubli (donc pas de risque de grossesse ??) et j’ai entamé la 3ème semaine de ma plaquette.
Sachant que j’ai pas mal de stress en ce moment, sont-ce des symptômes prémenstruels ou des effets secondaires de la pilule ? Dans le dernier cas, la pilule protège-t-elle toujours ou dois-je en changer ?
A.

Il est difficile de répondre de manière absolue à votre question, surtout si vous avez ces symptômes pour la première fois. Alors voici de quoi vous repérer :
- si ça passe tout seul, d’ici à la fin de la plaquette (ou si ça continue malgré l’arrêt de la pilule), c’est probablement autre chose (beaucoup de maladies virales peuvent donner ce genre de symptômes, en général elles guérissent spontanément en une semaine)


- si ça disparaît pendant la semaine d’arrêt de la pilule et que ça réapparaît pendant la prise de la plaquette suivante, ça peut vouloir dire que votre pilule n’est plus adaptée à votre profil : vous avez changé depuis 5 ans (tout le monde change en 5 ans) ; votre pilule est toujours efficace, mais il faut qu’elle soit également bien tolérée ; en principe, on n’a plus de syndrome prémenstruel avec une pilule bien choisie ; si vous en aviez un avant de prendre la pilule, et s’il réapparaît, ça veut dire que Minidril n’est plus suffisante pour le contrôler ; vous pouvez passer à Adepal, qui est la pilule "au-dessus", contenant les mêmes hormones, mais dosées différemment pour contrôler ce genre de symptômes


- dans tous les cas, il ne faut pas arrêter votre pilule : elle reste efficace si vous la prenez, mais seulement si vous la prenez ; si les symptômes persistent ou se renouvellent, il peut être justifié de changer de pilule, pour votre confort ; mais l’efficacité ici n’est pas en jeu



- Cystites à répétition

Peut-on déclencher une cystite après un rapport sexuel ? J’ai très régulièrement des cystites, mon médecin et ma gynécologue ne me donnant comme solution que de prendre un traitement antibiotique (ce qui me soigne très bien), j’essaye de faire "mon enquête".
Est ce que la sécheresse vaginale serait une cause ? Je prends la pilule (
Varnoline).
P.

Les frottements produits par les rapports sexuels peuvent être à l’origine de cystites (infections urinaires basses) ou de cystalgies (des brûlures sans infection) car l’orifice urinaire est très proche de l’entrée du vagin, et l’urètre (le conduit qui va de la vessie à l’extérieur) est très court, sensible et susceptible d’être facilement colonisé par des bactéries de la peau (les cystites ne sont pas des MST).

Mais si vous avez "régulièrement" des cystites, il est possible que les rapports sexuels (qui peuvent aussi être "réguliers") n’en soient pas la cause directe - simplement, si vous avez des rapports trois fois par semaine et une cystite tous les 15 jours, vous allez très logiquement attribuer la cystite à un rapport récent... Souvent, elles sont favorisées par d’autres facteurs locaux : sécheresse vaginale, mycose, par exemple.
Vous ne dites pas si vous avez seulement des brûlures, ou si l’on a trouvé des germes dans vos urines. Comment vous soigne-t-on d’habitude ? Et depuis quand est-ce que ça dure ?

Il arrive effectivement que, chez des femmes qui ont des cystites à répétition, on propose de traiter par de petites doses d’antiseptiques (un comprimé chaque soir) pendant 6 mois, pour permettre à l’urètre de cicatriser (si vous avez des cystites à répétition, l’urètre reste enflammé après un traitement court et les microbes s’y redéveloppent plus facilement). Cela suffit souvent à éliminer complètement les cystites, surtout chez les jeunes femmes. Si vous avez une sécheresse vaginale, il faut certainement voir si la pilule n’en est pas responsable en choisissant une pilule dosée de la même manière en éthynil-œstradiol (30 ou 35 microgrammes) mais contenant un autre progestatif que le désogestrel (c’est le progestatif qui favorise la sécheresse vaginale) - par exemple Cilest ou Moneva.



- Vaginite et pilule

Je suis avec mon ami depuis 6 ans, et suite à une mycose, je souffre depuis 4 ans maintenant de douleurs et de sensations de sécheresses vaginales, et l’impression de brûlures ou "d’avoir des bleus" sur les parois vaginales, ce qui rend depuis mes rapports sexuels chaotiques.
Ma gynécologue, après avoir soigné ma mycose n’a cessé de me répéter que mes troubles étaient d’ordre psychologique...

Elle n’a jamais non plus remis en question le type de pilule que je prend, et qu’elle m’a prescrit : Varnoline. Or j’ai lu que certaines pilules provoquent des mycoses... Je voudrais donc savoir si la pilule que je prends en ce moment (Varnoline) a pu être la cause de ma mycose et des symptômes dont je souffre depuis 4 ans ? Devrais-je changer de pilule ? De gynéco :-) ? Est-ce vraiment psychologique ? Ma libido ne me semble pas affaiblie, j’ai toujours "envie ", mais nos relations sexuelles ne sont plus comme avant et sont souvent des échecs à cause des douleurs que la pénétration me provoque.
MC.

Les "brûlures d’origine psychologique", c’est ce qu’on appelle un "diagnostic d’élimination" : il faut avoir envisagé tout le reste avant de l’évoquer, et je ne crois pas que votre gynéco l’ait fait, d’après ce que vous me dites.
D’abord, il faut vous assurer qu’il n’y a pas d’infection locale. Si, en dehors des rapports sexuels, vous n’avez ni démangeaisons, ni brûlures, ni pertes anormales, la probabilité d’une infection est presque inexistante. Si vous en avez, il faut sûrement vous faire faire un prélèvement (avec un coton-tige, tout simplement) et une analyse pour savoir quel est le microbe responsable (mycose ou autre).

Si vous avez seulement une sécheresse vaginale, ça peut tout à fait être dû à votre pilule (certaines peuvent entraîner une sécheresse vaginale, et parfois des mycoses, chez certaines femmes), et ces brûlures pourraient probablement être arrangées par un changement de traitement.

Dans un premier temps, le plus simple est de demander une autre pilule (qui ne contient pas de désogestrel, car c’est le progestatif qui entraîne la sécheresse vaginale) et qui contient au moins 35 microgrammes d’éthynil-œstradiol (c’est cette hormone qui stimule les sécrétions vaginales). Si vous êtes sujette à l’acné, ça peut être une pilule comme Cilest ou Effiprev. Si vous n’avez jamais eu d’acné ou de problème de peau, ça peut être Adépal ou Miniphase.

Si votre gynéco ne veut pas vous changer de pilule, alors là, oui, je pense que vous seriez en droit de changer (aussi) de gynéco. Car toutes les pilules ne conviennent pas à toutes les femmes et c’est la contraception (et le médecin) qui doit s’adapter à la femme, et non l’inverse.
Si les symptômes ne s’arrangent pas après un mois de nouvelle pilule (ça peut aller très vite), il faut certainement que vous soyez réexaminée, et de préférence par un oeil (et un médecin) "neuf".

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