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Courriers et contributions >


Le refus de DIU et ses conséquences
un témoignage de femme
Article du 24 avril 2005

Le refus, non motivé car anti-scientifique, de poser des DIU aux femmes sans enfants (dites "nullipares" dans la terminologie médicale) n’est pas dénué de conséquence. En voici un exemple, reçu récemment, qui démontre aussi que dogmatisme, obscurantisme et ignorance font d’un médecin le pire ennemi de ses patients.

MW


Bonjour,

Je vous écris après être arrivée sur votre site un peu par hasard, j’ai vu que
vous cherchiez des témoignages...

Tout d’abord merci beaucoup, si je ne vous avais pas entendu il y a quelques
années j’aurais hésité à me laisser poser un sterilet à cause de
l’éternel "jamais sur une nullipare"

Bref, je suis passée par plusieurs pilules à partir de l’âge de 19 ans, les
supportant plus ou moins bien, puis j’ai commencé à prendre énormément de
poids. J’ai arrété temporairement la pilule pour une raison annexe et j’ai
perdu 18 kilos en trois mois... Malheureusement j’ai recommencé à grossir
aussitôt la reprise.

De plus j’ai commencé à faire des malaises de plus en plus fréquents (chutes
de tensions, hypoglycémies, faim dévorante toute la journée) et mon
généraliste m’a indiqué qu’il pensait vu mon historique que je ne supportais
plus ma pilule, je suis donc retournée voir ma gynéco (au fait je n’ai pas eu
UNE seule prise de sang pendant les 4 ans ou j’ai été sous pilule !) bref cette
brave dame m’a expliqué que la pilule me rendait intolérante au glucose (il y
a des diabétiques types 2 dans la famille de mon père) et que je ne pourrais
plus la prendre (moi-même je n’étais pas trop chaude pour jouer avec mon
métabolisme) je lui ai donc demandé ce qu’elle me proposait d’autre, réponse :
RIEN !

Je lui ai alors demandé si vraiment on ne posait toujours pas de sterilet sur
les nullipares (je savais que ma tante avait porté un sterilet bien avant
d’avoir un enfant [1]) là encore elle m’a réexpliqué que "non vraiment c’était
dangeureux"

Bilan des courses, elle m’a abandonnée à 23 ans SANS CONTRACEPTION ! Avec en
gros "débrouillez vous avec les préservatifs" ! [2]

J’ai une formation de biologiste et j’ai la chance d’avoir une ovulation bien
perceptible et un cycle régulier, j’ai donc "tenu" deux ans comme ça, et bien
évidemment j’ai fini par me retrouver enceinte sur un accident de préservatif

Et c’est seulement là, à l’hopital dans le service d’orthogénie que l’on m’a
enfin proposé d’être sous sterilet...

J’ai donc un sterilet depuis presque trois ans, je suis ravie, c’est vraiment
pour moi la méthode idéale, je fais le max de pub autour de moi, mais je suis
désespérée de constater que les jeunes étudiants en médecine que je connais
continuent à apprendre que la nulliparité interdit le port d’un sterilet... [3]

Je trouve quand même dommage d’avoir du passer par l’avortement pour avoir
enfin une contraception adaptée...

P.


[1Ce qui montre bien qu’il y a de nombreuses années, en France, certains médecins bien informés et soucieux du confort et de la sécurité des femmes posaient déjà des DIU couramment aux femmes sans enfant. M.W.

[2Ce qui montre que cette "spécialiste" ne connaissait pas la contraception par progestatifs à faible dose (Microval, Milligynon, Cérazette) - qui aurait parfaitement pu être proposée à une jeune femme intolérante au glucose... Et qu’elle n’a pas non plus eu l’idée de décrocher son téléphone pour demander à mieux informé qu’elle - ce que n’importe quel praticien doté de bon sens aurait fait à sa place... Mais il est toujours plus facile de dire "C’est comme ça !" que "Je ne sais pas mais je vais me renseigner"... M.W.

[3Je le confirme : les étudiants en médecine, toutes années confondues, que je rencontre pendant des conférences ou des cours facultés ou reçois pendant mes consultations me disent que cette interdiction leur est toujours enseignée... M.W.

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