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Contraception
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- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
- Diane 35 et ses génériques : le principal risque, c’est la grossesse non désirée...
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Contraception et gynécologie >

Fiche pratique
La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
par Martin Winckler (Dr Marc Zaffran)
Article du 18 janvier 2013

(Article relu et vérifié le 18 janvier 2013)

Note importante : ces recommandations ne sont pas de mon invention. Elles sont la synthèse des connaissances actuelles, telles que les diffusent les organismes internationaux qui, dans les pays en développement comme dans les pays développés, participent à l’information des soignants et du public sur la contraception.

Cliquez ici pour accéder au document de référence de l’OMS sur le sujet.

Ces informations sont celles que j’ai rédigées pour le site de l’INPES "Choisir sa contraception.fr"


Pour commencer, des définitions

Il existe deux types de pilules contraceptives.

Les pilules estroprogestatives ou "combinées", qui combinent, comme leur nom l’indique, deux hormones : un progestatif et un estrogène, touours le même : l’éthynil-estradiol (si ce nom figure sur la boîte, votre pilule est estro-progestative). On dispose d’une trentaine de marques en France. En général (à quelques exceptions près : Minesse, Mélodia, Varnoline Continu, qui comportent 28 comprimés) elles se prennent trois semaines par mois, avec arrêt d’une semaine entre deux plaquettes.

Les pilules progestatives, qui comme leur nom l’indique contiennent seulement un progestatif. Elles sont peu nombreuses en France (Microval, Cérazette). Elles se prennent en permanence (365 jours par an, sans interruption).


Des listes des pilules disponibles en France fin 2012 figurent

- sur le site de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

- sur le site du Planning Familial.

Vous noterez que Diane 35 et ses génériques n’y figurent pas car elles ont pour indication officielle (autorisation de mise sur le marché - AMM) : "Traitement de l’acné" et non "Contraception".


Lire les instructions de l’Organisation Mondiale de la Santé sur la manière de commencer une contraception


Lire aussi : Comment s’y retrouver parmi toutes ces pilules


Comment les pilules estroprogestatives empêchent-elles d’être enceinte ?

Eh bien, une fois par mois à peu près, une petite glande du cerveau, l’hypophyse, stimule les ovaires pour leur faire fabriquer un ovule. Si cet ovule n’est pas fécondé, l’hypophyse recommence le mois suivant. Si l’ovule est fécondé, la femme se retrouve enceinte : une grossesse se développe. Quand une grossesse est en cours, aucune ovulation ne se produit. Les hormones fabriquées par la grossesse qui circulent dans le sang, sont perçues par l’hypophyse, qui cesse de déclencher les ovulations pendant neuf mois. Grâce à ce bloquage naturel de l’ovulation, les femmes ne peuvent pas être enceintes de plusieurs bébés d’âge différent en même temps !

Les pilules estroprogestatives agissent sur le même principe, en imitant la grossesse Les hormones contenues dans la pilule, en circulant dans le sang après avoir été absorbées, reproduisent l’état hormonal de la grossesse et font croire à l’hypophyse (et à tout le corps de l’utilisatrice) qu’une grossesse est en cours. C’est pour cela que la pilule, chez certaines femmes, provoque des nausées et un gonflement des seins, comme pendant la grossesse.

En résumé : Pour empêcher une grossesse, la pilule combinée fait croire au corps de la femme qu’elle est déjà enceinte !

Comment les pilules progestatives protègent-elles d’une grossesse ?

Les effets d’une pilule progestative sont moins marqués que ceux d’une pilule "combinée". Le progestatif seul
- épaissit les sécrétions vaginales et les rends "impénétrables" aux spermatozoïdes
- parfois (mais pas toujours) met l’ovulation en repos.

Les effets d’une pilule progestative sont donc moins sûrs que ceux d’une pilule combinée, surtout avant 35 ans, car l’ovulation est très puissante avant cet âge. On considère cependant qu’après 35 ans, les deux types de pilule ont des effets similaires. On considère aussi que la dernière pilule progestative en date, Cérazette, assure un meilleur blocage de l’ovulation que les autres pilules progestatives pures (Microval)

PILULES, MODE D’EMPLOI

Est-ce que la pilule est une contraception efficace ?
L’efficacité des trois type de pilules est très grande, supérieure à 95 %. Mais l’efficacité peut être compromise par les oublis (plus ou moins graves selon le type de pilule) ; les effets indésirables (seins gonflés, nausées) qui conduisent à arrêter ; certains médicaments.
De sorte que l’utilisation d’une pilule s’accompagne d’environ 3 à 20 % d’échecs, c’est-à-dire... 10 fois plus souvent qu’avec un implant ou un DIU (dispositif intra-utérin, ou « stérilet »).

Est-ce qu’il y a des pilules plus efficaces que les autres ?

En théorie, les pilules progestatives ont surtout un effet « barrière » (elles empêchent les spermatozoïdes de passer) et sont un peu moins efficaces que les pilules combinées et les traitements progestatifs (qui endorment l’ovulation). En pratique, lorsqu’elles sont prises sans oubli, les trois types de pilule sont d’efficacité identique, surtout à partir de 35 ans, lorsque la fécondité a un peu diminué.

Une pilule progestative prise régulièrement sera plus efficace qu’une pilule combinée qu’on oublie...


On m’a dit de commencer ma première plaquette de pilule le premier jour de mes règles. Mais mon cycle est irrégulier. Que dois-je faire ?

Une contraception par pilule peut être commencée n’importe quand -et si vous ne voulez pas être enceinte, le plus tôt sera le mieux !
- Une pilule combinée endort l’ovulation au bout de 7 jours.
- Une pilule progestative est efficace au bout de 48 heures.
- Un traitement progestatif est efficace comme une pilule progestative au bout de 48 heures et il endort l’ovulation comme une pilule combinée au bout de 7 Jours.

Si vous commencez une pilule combinée la seule précaution à prendre est d’utiliser des préservatifs en cas de rapport sexuel pendant les 7 premiers jours de pilule.

Si vous prenez une pilule progestative ou un traitement progestatif, vous pouvez aussi commencer n’importe quand et il suffit d’utiliser des préservatifs pendant les deux premiers jours de la plaquette.

Dans un cas comme dans l’autre, il est préférable de vous assurer, en faisant un test de grossesse que vous n’êtes pas enceinte au moment où vous commencez sa pilule.


Pourquoi faut-il arrêter la pilule combinée une semaine par mois alors que les pilules progestatives doivent être prises tous les jours ?

L’effet d’une pilule progestative ne dure que 27 heures. Il faut donc la prendre tous les jours. Comme elle n’endort pas l’ovulation, les règles surviennent le plus souvent à la date attendue, malgré la prise de la pilule en continu.
Une pilule combinée, en revanche, « endort » l’ovulation comme le fait la grossesse.

De sorte que prise en continu, l’utilisatrice n’aurait pas de règles. On fait arrêter la pilule combinée pendant 7 jours d’arrêt entre deux plaquettes pour que les utilisatrices aient des règles. Ces règles sont en réalité des saignements provoqués par l’arrêt des comprimés. L’arrêt est de 7 jours parce que cela permet de commencer les plaquettes successives toujours le même jour de la semaine, sans compromettre l’efficacité de la pilule.

Suis-je protégée pendant la semaine d’arrêt de ma pilule combinée ?

Oui, bien sûr. Une fois l’ovulation endormie, il faut arrêter plus d’une semaine pour que l’ovulation se « réveille ». Donc, pendant la semaine d’arrêt, vous êtes tranquille, à condition de bien commencer la plaquette suivante au bout de 7 jours, mais pas plus tard ! En revanche, il est parfaitement possible de prendre la pilule en continu, sans interruption.

Est-ce que je suis toujours obligée de laisser passer une semaine entre deux plaquettes ?

Non, vous pouvez parfaitement commencez une plaquette plus tôt que prévu. D’ailleurs, cela augmente l’efficacité de la pilule ! De fait, les deux méthodes les plus sûres pour éviter les échecs d’une pilule combinée sont les suivantes :
- 1) arrêter seulement 4 jours entre deux plaquettes (autrement dit, en commençant la nouvelle plaquette dès que les saignements apparaissent)
OU

- 2) enchaîner les plaquettes sans interruption

Puis-je prendre ma pilule combinée sans interruption pendant plusieurs mois ?

Oui ! Comme vous pouvez le lire plus haut, la semaine d’arrêt de la pilule a été instaurée pour que les femmes aient l’impression d’avoir des règles une fois par mois, afin d’imiter le cycle « naturel ». Mais ces règles ne sont pas de vraies règles. Elles sont provoquées artificiellement par... l’arrêt des comprimés.

La prise de la pilule en continu est plus confortable pour :
- les femmes qui ont des migraines pendant la semaine d’arrêt de leur pilule ;
- les femmes qui ont des symptômes prémenstruels (douleurs du bas-ventre, gonflement des seins, crampes pendant les règles) pendant la semaine d’arrêt
- les femmes qui ont une anémie en raison de règles abondantes
- les femmes souffrant d’endométriose : la pilule « en continu » constitue un traitement efficace des douleurs et des saignements ;
- les femmes souffrant de maladie polykystique des ovaires ;
- les femmes souffrant d’épilepsie dont les crises surviennent au moment des règles !
Et enfin, la prise continue de la pilule augmente l’effet contraceptif !


Prendre sa pilule en continu, est-ce dangereux ?

Non. D’ailleurs, la prise continue est la règle pour toutes les autres méthodes contraceptives hormonales ! L’administration est quotidienne pour les utilisatrices de toutes les méthodes ci-dessous :
- pilules progestatives ;
- implant (qui délivre des progestatifs en permanence pendant 3 ans) ;
- DIU hormonal (qui délivre des progestatifs en permanence pendant 5 ans) ;
- progestatifs thérapeutiques (qui doivent être pris en continu dans certaines situations médicales) ;
- progestatifs injectables (1 injection tous les 3 mois sans « pause » entre deux injections).
Non seulement rien ne s’oppose à ce qu’on prenne une pilule combinée en continu, mais encore une fois, la prise continue augmente son efficacité !

J’ai peur d’oublier ma pilule combinée. Que dois-je faire ?
Prenez la tous les matins plutôt que tous les soirs (si vous l’oubliez à 8 heures du matin et la prenez à midi, cela n’a pas beaucoup d’importance)

Prenez-là en faisant un geste quotidien :
- vous maquiller ou vous démaquiller
- mettre ou ôter vos lentilles (si vous les mettez tous les jours) ;
- vous brosser les dents (le matin ou le soir)
- ayez toujours une plaquette de pilule « de secours » dans votre sac à main ; si vous découchez ou si vous ne pouvez pas rentrer chez vous, vous pourrez prendre un des comprimés de la plaquette de secours...
- ayez toujours votre ordonnance avec vous. En cas d’oubli pendant un voyage ou des vacances, vous pourrez vous la faire délivrer dans toutes les pharmacies de France.
Si vous oubliez souvent votre pilule (plusieurs fois par moi), prenez l’habitude de ne pas arrêter 7 jours, mais 4 jours seulement entre deux plaquettes. Ou prenez la sans interruption. Un oubli, alors, n’aura pas de conséquence.
Et si vous trouvez fastidieux de prendre la pilule, envisagez de recourir au DIU ou à l’implant.

Que faut-il faire quand on a oublié sa pilule combinée ?
Pendant la semaine où on ne prend pas la pilule, l’ovulation reste endormie endormie. Mais si l’utilisatrice oublie ou tarde à commencer une plaquette après sa semaine d’arrêt, une ovulation peut se produire de nouveau . Donc, les oublis de pilule (de plus de 12 heures) les plus problématiques sont ceux qui ont lieu pendant la première semaine d’une plaquette. En revanche, un oubli au cours des deuxième et troisième semaines de la plaquette est sans conséquence : au bout de 7 jours de prise, l’ovulation est bien endormie et il faudrait... plus d’une semaine d’oubli pour qu’elle se réveille.

Recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé
en cas d’oubli de pilule combinée

Les oublis de moins de 12 heures sont sans conséquence.
En cas d’oubli de plus de 12 heures :
Si vous avez oublié l’un des 7 premiers comprimés de la plaquette :
- Reprenez votre pilule dès que possible (le lendemain de l’oubli) ;
- Utilisez des préservatifs pendant les 7 jours qui suivent l’oubli (pour que l’ovulation soit de nouveau endormie)
- Si (et seulement si) vous avez a eu un rapport sexuel non protégé dans les 5 jours précédant l’oubli, prenez aussi une contraception d’urgence.
Si vous avez oublié un des 7 comprimés du milieu de plaquette (comprimés 8 à 14), il n’y a rien d’autre à faire que de reprendre le comprimé oublié dès que possible, et continuer à prendre sa pilule ;
Si vous avez oublié un des 7 derniers comprimés de la plaquette (comprimés 15 à 21), il suffit de prendre le comprimé oublié dès que possible et, à la fin de la plaquette, d’enchaîner tout de suite sur la plaquette suivante, sans interruption.

Que faire quand on oublie une pilule progestative ?
Les PP sont efficaces 27 heures d’affilée. En principe, donc, on doit les prendre tous les jours à peu près à la même heure, à trois heures près. Au-delà, l’effet « barrière » n’est plus assuré.
En cas d’oubli de plus de 3 heures :
1° si vous avez eu un rapport sexuel depuis l’oubli :
- prenez le comprimé oublié dès que possible ;
- prenez une contraception d’urgence ;
- utilisez des préservatifs pendant 48 heures (les pilules progestatives mettent seulement quelques heures à agir).
2° si vous n’avez pas eu de rapport sexuel depuis l’oubli :
- prenez le comprimé oublié dès que possible et continuer la plaquette comme prévu ;
- utilisez des préservatifs pendant 48 heures (les pilules progestatives mettent seulement quelques heures à agir).

TOUTES LES QUESTIONS QUE VOUS VOUS POSEZ SUR LA PILULE

Je ne supporte pas (ou plus) ma pilule. Que dois-je faire ?
Une pilule inadaptée provoque des effets secondaires : nausées, gonflement douloureux des seins, migraines, rétention d’eau, saignements, etc. Si vous constatez l’un de ces symptômes, demandez à votre médecin généraliste de vous prescrire une autre contraception.

J’ai de l’acné et on m’a prescrit une pilule contenant de la cyprotérone (Diane, Holgyème, etc.) . Est-ce que cette pilule me convient ?
Dans plusieurs pays (dont la France), ce type de médicament, est réservé à l’acné, mais n’est pas considéré comme une contraception, car les données scientifiques la concernant n’ont pas été jugées suffisantes. De plus, il présente des risques non négligeables : le risque de phlébite est plus élevé avec les médicaments contenant de la cyprotérone. Étant donné que de nombreuses pilules ont un effet bénéfique sur l’acné, il n’est pas recommandé de prendre des pilules contenant de la cyprotérone dont l’effet contraceptif n’est pas connu et dont les risques sont plus élevés.

On m’a prescrit une pilule non remboursée. Puis-je demander qu’on m’en prescrive une qui est remboursée ?
En France, une demi-douzaine de pilules seulement sont remboursées. Vous pouvez parfaitement demander à votre médecin de vous prescrire l’une d’elles. Si seule la pilule non remboursée qui vous a été prescrite vous convient, comparez les prix pratiquées par les pharmacies de votre quartier. Pour une même pilule non remboursée, ils peuvent beaucoup varier.

Si je me retrouve enceinte alors que je prends la pilule est-ce dangereux pour le bébé ?
Si vous découvrez que vous êtes enceinte alors que vous prenez la pilule, et si vous désirez garder la grossesse, vous pouvez le faire sans crainte une anomalie ou une malformation du bébé. Toutes les études qui ont été faites sur ce sujet montrent que les « bébés-pilule » ne présentent pas plus de malformation que les bébés conçus « hors pilule ».

Je fume. Est-ce que je peux prendre la pilule ?

C’est le tabac qui est dangereux, pas la pilule. Seule les pilules combinées (contenant de l’éthynil-estradiol) posent problème quand on fume, et seulement quand on fume depuis longtemps. En effet, chez les utilisatrices de pilule, les accidents cardiaques liés au tabac surviennent essentiellement après 35 ans.
Entre 15 et 30-35 ans, fumer en prenant la pilule n’est pas plus dangereux que fumer Sans prendre la pilule. (La pilule n’augmente pas le risque cardiovasculaire.)
Avant l’âge de 35 ans, vous pouvez donc prendre une pilule combinée même si vous fumez.
À partir de 35 ans, si vous fumez, votre médecin ne pourra plus vous prescrire votre pilule combinée. Il devra donc vous proposer autre chose : pilule progestative, DIU au cuivre ou hormonal, implant - toutes méthodes qui peuvent être prescrites sans danger à une femme qui fume, quel que soit son âge.
Une femme de plus de trente-cinq ans sans facteur de risque qui n’a jamais fumé ou a cessé de fumer depuis dix ans peut utiliser une pilule combinée jusqu’à l’âge de cinquante ans !

La pilule augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?
Le « risque » de cancer du sein est un calcul de probabilité, pas une certitude. Ainsi, le premier facteur de risque, c’est le temps : le nombre de cancers augmente avec l’âge des femmes.

- A 30 ans, le risque de cancer du sein est de 1 sur 2 525 (1 femme sur 2 525 souffre d’un cancer à 30 ans)
- à 40 ans : 1 femme sur 217 est atteinte de cancer du sein (4/1000 environ)
- à 50 ans : 1/50 (2%)
- à 60 ans : 1/24 (4%)
- à 70 ans : 1/14 (
- à 80 ans : 1/10
Cela signifie (il ne faut pas l’oublier...) qu’à 40 ans, 216 femmes sur 217 n’ont pas de cancer du sein. À 50 ans, 98 femmes sur 100 n’en ont pas non plus, etc.
Chez les utilisatrices de pilule, le risque n’augmente que pour les femmes qui prennent une pilule combinée (contenant de l’éthynil-estradiol) jusqu’à 40 ou 45 ans. Si vous cessez de prendre votre pilule combinée à 35 ans et optez pour une autre contraception, le risque d’avoir un cancer du sein sera identique à celui que courent les femmes qui ne l’ont jamais prise.

Mon médecin voudrait me faire doser le cholestérol pour me represcrire la pilule. Est-ce utile ?
Pour l’immense majorité des utilisatrices, non. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) publie régulièrement un document (remis à jour en 2006) intitulé « Critères de recevabilité pour l’adoption et l’utilisation continue de méthodes contraceptives ». Ce document ne contient pas une seule fois le mot « cholestérol ».
En dehors des cas (rares) de maladie familiale des lipides, le dosage du cholestérol est inutile chez les femmes qui prennent une pilule. Une élévation modérée du cholestérol est normale et sans danger quand on prend la pilule. Il est donc inutile de l’arrêter et de s’inquiéter.

Est-il nécessaire de subir un examen gynécologique, un frottis de dépistage et un examen des seins pour prendre la pilule ?
Non. (Pour en savoir plus). Et lire aussi : "L’examen gynécologique systématique est inutile et dangereux".
Les recommandations actuelles de l’OMS en matière d’utilisation des contraceptifs indiquent que le seul examen médical nécessaire avant prescription d’un contraceptif hormonal est la mesure de la tension artérielle.
L’âge fixé pour faire le premier « frottis de dépistage » est 25 ans (ou 8 ans après le premier rapport sexuel).
Lors de la première demande de contraception le médecin doit seulement s’assurer (en vous posant des questions simples) que vous n’avez pas de contre-indications à l’une ou l’autre des pilules existantes.
Si vous êtes en bonne santé et n’avez pas de problème particulier, les consultations et examens répétés pour vous prescrire une pilule sont inutiles jusqu’à l’âge de 25 ans.
En France, toute pilule contraceptive peut être prescrite pour 12 MOIS. La loi et la Sécurité Sociale l’autorisent.
Demandez donc à votre médecin de vous la prescrire pour un an.


Quels sont les médicaments qui diminuent l’efficacité des pilules contraceptives ?
Certains médicaments peuvent diminuer l’efficacité de toutes les pilules contraceptives (combinées ou progestatives), mais aussi celle de l’implant.
En voici la liste :
• antituberculeux : rifabutine (Ansatipine), rifampicine (Rifadine, Rimactan) ;
• médicaments de l’épilepsie : phénobarbital (Alepsal, Aparoxal, Gardénal, Kaneuron), phénytoïne (Di-Hydan, Dilantin), primidone (Mysoline), carbamazépine (Tégrétol), topiramate (Epitomax), vigabatrin (Sabril) ;
• antifungiques : griséofulvine (Fulcine, Griséfuline) ;
• antiviraux utilisés en particulier dans le traitement du Sida : ritonavir, nelfinavir, efavirenz, névirafine.
En revanche, la plupart des antibiotiques utilisés dans des situations courantes n’ont pas d’effet démontré sur l’efficacité des pilules contraceptives.

Martin WInckler

Rappel :

Des listes des pilules disponibles en France fin 2012 figurent

- sur le site de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

- sur le site du Planning Familial.

Vous noterez que Diane 35 et ses génériques n’y figurent pas car elles ont pour indication officielle (autorisation de mise sur le marché - AMM) : "Traitement de l’acné" et non "Contraception".

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