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Contraception et gynécologie >


Contraception : Questions/Réponses 33
Article du 11 avril 2005

Les sujets abordés cette semaine :
- Pilule et tension des seins
- DIU et douleurs (TT 380)
- Cycles irréguliers et Utrogestan
- Pilule un mois sur trois
- En cas de tabagisme, pilule contraceptive ou DIU ?



- Pilule et tension des seins

Je suis sous Minidril depuis 4 ou 5 ans (j’ai 30 ans) et j’ai souvent une tension aux seins. Est-ce grave et faut-il que je fasse une mammographie ? Sans avoir d’antécédents familiaux de cancers féminins, cette tension assez fréquente aux seins m’angoisse. Est-ce possible de remplacer la pilule par un stérilet avant d’avoir des enfants ? Y a-t-il un risque de stérilité ?
T.

La tension des seins sous pilule signifie simplement que votre pilule n’est pas adaptée ; ça peut n’apparaître qu’au bout de plusieurs années de pilule : votre physiologie change avec le temps, la pilule, elle, ne change pas, donc il peut être nécessaire d’en changer. Il suffit de passer à une autre pilule (Adepal ou Miniphase par exemple) pour que cette tension disparaisse.

Ca ne justifie certainement pas une mammographie car vous n’avez pas d’antécédents familiaux, à votre âge, le sein est dense et les rayons X ne permettent pas d’y voir quoi que ce soit (en revanche, ils irradient le sein...). De plus, pour qu’un cancer soit visible, il lui faut au moins 20 ou 25 ans d’évolution à partir du moment où le sein apparaît... C’est pourquoi les cancers du sein sont extrêmement rares avant l’âge de 35 ans.

Même chez les femmes qui ont des antécédents familiaux, on a montré que prendre la pilule jusqu’à l’âge de 35 ans ne modifie pas la fréquence d’apparition d’un cancer du sein 10 ans plus tard (donc à partir de 45 ans). Vous pouvez donc la prendre encore quelques années sans inquiétude aucune, mais demandez à votre médecin de vous en prescrire une qui ne vous donnera pas une tension des seins.

Si vous être trop inquiète à l’idée de continuer la pilule (ce que je comprendrais parfaitement) et désirez opter pour un DIU ("stérilet"), c’est bien sûr possible. Même si vous n’avez pas d’enfant. Le DIU ne provoque pas de stérilité, ce sont les IST (infections sexuellement transmissibles) qui peuvent entraîner une infection des trompes et éventuellement une stérilité. Et les IST, ce n’est pas le DIU qui les apporte, mais... le(s) partenaire(s) sexuel(s). Et cela, indifféremment, qu’on prenne la pilule ou qu’on porte un DIU. Si vous n’avez qu’un partenaire sexuel qui lui même n’en a qu’une - vous ! - le risque d’IST est inexistant.

La difficulté est de trouver un gynécologue ou un généraliste qui pose des DIU aux femmes n’ayant pas (encore d’) enfants. Si vous avez du mal à en trouver un, dites-moi où vous habitez, j’essaierai de vous donner des pistes.



- DIU et douleurs (TT 380 )

Mon gynéco m’a posé sur ma demande un stérilet TT380 (suite à mes sages lectures, genre "ContraceptionS : mode d’emploi"  !!)
J’ai eu extrêmement mal quelques heures après la pose et pendant plus d’1 mois, des douleurs plus importantes qu’après un accouchement (j’en ai eu deux). Le gynéco m’a examinée ensuite et m’a dit que c’était bizarre mais que tout allait bien. Les douleurs récurrentes sont passées.

4 mois après la pose, j’ai fait une fausse couche qui m’a beaucoup fatiguée puis à nouveau des douleurs au ventre.
Le gynéco veut m’enlever le stérilet et me prescrire
Cérazette en pilule. Pourquoi pas, car je l’avais vue également dans votre ouvrage. Mais ne serait-ce pas tout simplement que le stérilet avait été mal posé ?

Avec des mastoses à répétition, kystes et une tante maternelle décédée à 35 ans d’un cancer du sein, j’avais plutôt envie d’arrêter la pilule. Qu’en pensez-vous ?
C.

Un DIU ne doit pas faire mal. Surtout à une femme qui a déjà eu deux enfants. Donc, oui, probablement il était mal posé (trop bas, au lieu d’être au fond de l’utérus). Comme c’est vous qui avez demandé ce DIU, ça veut dire que votre gynéco n’a pas l’habitude de le poser... Le TT 380 est plus souvent mal inséré que les autres, à cause de sa forme et de la manière dont il est replié dans l’inserteur. S’il n’est pas posé au fond de l’utérus, il reste coincé dans le canal cervical, et fait mal.

Si vous avez fait une fausse couche (sur DIU, donc), c’est encore un argument supplémentaire pour dire qu’il était mal placé (donc inefficace). Etes vous sûre qu’il s’agissait d’une fausse couche ? Ou bien seulement d’un retard de règles ? Car s’il s’agissait d’une fausse couche, vous auriez dû expulser le DIU aussi !!!

Si vous ne souffrez plus, et si la "fausse couche" n’est pas certaine, je pense que vous pouvez garder le DIU. Les douleurs ont disparu parce qu’il a fini par se mettre en bonne place. Si vous n’êtes pas sûre (ou si vous êtes inquiète, tout simplement) demandez qu’il l’enlève et en repose un autre (correctement, cette fois-ci), ou un Mirena... Je pense qu’effectivement vous serez plus tranquille qu’avec la pilule. Mais si le DIU vous fait mal il ne faut certainement pas le laisser en place.



- Cycles irréguliers et Utrogestan

Depuis l’arrêt de ma pilule depuis 2 ans, mes cycles sont totalement irréguliers (allant de 25 à 39 jours) et très douloureux, mon médecin m’a mise sous Utrogestan, ce mois-ci, en m’expliquant que cela régulerait mes cycles. Mais quel est le mode de fonctionnement de cette hormone ?
5 jours après l’arrêt de ce médicament, il m’a assuré que j’aurais mes règles, mais rien. Est-ce inquiétant ?
M.

Il est probable que vos cycles étaient irréguliers déjà avant que vous ne preniez la pilule, car la régularité du cycle est... déterminée génétiquement. La pilule instaure un cycle artificiel, et à l’arrêt de la pilule, les cycles redeviennent ce qu’ils seraient de toute manière.

Le fait d’avoir des règles douloureuses est souvent le résultat d’un déséquilibre relatif entre les deux hormones naturelles (oestrogènes et progestérone). L’Utrogestan est de la progestérone, qui réduit les effets des oestrogènes, responsables de vos symptômes. Prendre cette hormone, c’est similaire au fait de prendre la pilule, la contraception en moins (j’imagine qu’on vous a donné de l’Utrogestan 10 jours par mois seulement) : ça "réajuste" votre équilibre hormonal, si vous voulez. Et de ce fait, cela diminue les symptômes désagréables.



- Pilule un mois sur trois

Je suis au Québec pour faire mes études (cela va durer 3 ans) et mon conjoint est en France. Nous nous voyons tous les 3 mois pendant 15 jours à un mois.
J’ai vu un médecin généraliste ici au Québec qui m’a donné une pilule. Je lui ai expliqué mon cas et il m’a dit que c’est mieux que je l’a prenne tout le temps, sans me donner de raison. Je voudrais savoir si je peux ne la prendre que pour les moments où je serai en France, un mois sur trois ? A priori je préfèrerais, pour ne pas me "gaver d’hormones" inutilement.
Pour le suivi gynéco, est-ce que cela pose un problème ?
D.

Si vous savez exactement quand vous verrez votre conjoint, il n’est pas interdit de prendre votre pilule un mois sur trois, en commençant au moins 1 semaine avant de le retrouver, car la pilule ne bloque l’ovulation qu’au bout de 7 jours de prise. L’inconvénient, également (mais vous pouvez peut-être vous en accommoder) est que si vous commencez à prendre votre pilule 15 jours après vos règles, vous repousserez la survenue des prochaines règles de 10 ou 15 jours (pendant la semaine où vous cesserez de la prendre). Mais, médicalement, rien ne s’y oppose. Attention donc à deux choses :

1° commencez la bien avant de rentrer en France, quel que soit le moment du cycle.

2° attendez-vous à ce que votre cycle soit désorganisé pendant le mois où vous la prendrez et le mois suivant (survenue des règles imprévisible une fois la pilule arrêtée).

Mais si j’étais à votre place, je jouerais la carte de la sécurité, et je me ferais poser un DIU au cuivre (même si vous n’avez pas d’enfant, vous pouvez) : il n’apporte aucune hormone, il est "toujours prêt", il est fiable, et il vous coûtera moins cher. Confort + efficacité, c’est toujours ce qui prime en matière de contraception.



- En cas de tabagisme, pilule contraceptive ou DIU ?

J’ai 42 ans, 27 ans de tabagisme, sous stérilet non hormonal depuis 2001 (auparavant je prenais la pilule, Cilest puis Mercilon). On doit me retirer ce stérilet l’an prochain en milieu hospitalier (car malaise vagal à la pose). Je ne pense pas que je m’en referais poser un, vu les contraintes (hospitalisation à la pose et au retrait) + règles très douloureuses.

C’est pourquoi je pense reprendre la pilule pour encore quelques années (jusqu’à la ménopause).
Ma question est donc la suivante : est-ce que les pilules uniquement progestatives sont moins dangereuses que les autres pour les femmes tabagiques ?
MC.

D’abord, je suis étonné qu’il faille vous hospitaliser pour vous retirer votre DIU, car si un malaise vagal peut survenir à la pose, ça n’en reste pas moins parfaitement bénin, ça peut être prévenu par une prémédication simple, et ça ne veut pas dire qu’il peut survenir au retrait (plus rapide, et parfaitement indolore si vous prenez un anti-inflammatoire juste avant). Je pose des DIU depuis 20 ans, dans mon expérience les patientes qui font spontanément des malaises vagaux sont peu nombreuses et en ce qui me concerne, elles sont bien préparées et n’en font pas. Je n’ai pas vu un malaise grave en 20 ans, et je pose des DIU très souvent plus souvent que mes confrères, y compris aux femmes sans enfant, dont le col est très étroit... Seulement, bien sûr, j’explique tout deux fois, je montre, je rassure, je prépare et ça prend du temps...

Combien de DIU vous a-t-on posé ? Vous a-t-on hospitalisée à chaque fois ? J’ai du mal à croire que c’était nécessaire ; en revanche, je me souviens que dans les années 70 dans ma région, les gynécologues posaient TOUS les DIU sous anesthésie générale, en clinique... car c’était plus rentable. Alors je me demande si ce qu’on vous impose n’est pas tout à fait excessif...

Cela dit, pour répondre très précisément à votre question : vous pourriez très bien prendre une pilule progestative à la suite de votre DIU car les progestatifs ne sont pas contre-indiqués chez les femmes qui fument, et leur efficacité est très grande mais vous pourriez aussi opter pour un DIU hormonal (Mirena), qui contient des progestatifs ; il aura des effets seulement locaux, sur l’utérus (et non généraux sur tout le corps, comme la pilule), or ces effets - saignements intermittents, tension des seins, acné - peuvent être désagréables, alors qu’ils sont le plus souvent inexistants avec un DIU Mirena qui, de plus, a le grand avantage de mettre la femme en aménorrhée (pas de règles) pendant les 5 ans d’utilisation... (qui peuvent aller jusqu’à 7, disent les études scientifiques internationales). C’est tout de même moins contraignant qu’un comprimé par jour...

Alors, bien sûr, vous pouvez opter sans crainte pour une pilule progestative, mais réfléchissez à l’éventualité de faire remplacer votre DIU au cuivre le jour du retrait par un DIU hormonal. Si vous avez peur de vous le refaire poser par le/la même gynéco, je peux peut-être vous aider à trouver quelqu’un qui vous le posera sans douleur et sans malaise vagal...

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