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Edito
Des bourreaux ou des soignants - quels médecins voulons-nous ?
par Martin Winckler
Article du 10 avril 2005

Soigner est une activité noble. L’une des plus nobles qui soient.}} Tout le monde peut soigner, car soigner est une attitude qui s’acquiert, non une aptitude innée, et les techniques de soin élémentaires peuvent être enseignées et apprises par tout le monde ou presque. Tout le monde, un jour ou l’autre, a besoin de soins. Avoir le souci de l’autre, le soigner, le soutenir, est le signe de notre humanité et du sentiment profond d’être semblable à l’autre. C’est un signe de solidarité, de fraternité.

Or, en lisant les contributions qui m’ont été envoyées}} autour de l’annonce des mauvaises nouvelles, et en particulier les toutes dernières en date je n’ai pu m’empêcher de penser qu’au fond, les victimes d’une annonce cruelle ou destructrice ont eu affaire à des praticiens tantôt ignorants et vaniteux, tantôt insensibles, tantôt franchement malveillants, quand ils ne sont pas tout simplement lâches. Comme en attestent les tortures physiques ou morales subies par les auteurs de ces témoignages, beaucoup de médecins ne se comportent pas comme des soignants, mais comme des bourreaux.

Cette affirmation péremptoire, ça n’est pas la première fois que je l’écris. Dans La Maladie de Sachs, un tract rédigé par Bruno Sachs pendant ses études s’intitule : « Nous sommes tous des médecins nazis. » Dans Les Trois Médecins, nombre d’anecdotes décrivant les comportements de certains médecins ont été puisées dans la réalité.

Il y a quelques jours, à Brest, à l’université Victor Segalen, j’évoquais devant un public d’etudiants de tous horizons (et quelques médecins) les lacunes du corps médical français en matière de contraception. Un des praticiens présents, par ailleurs d’accord avec moi sur les informations contraceptives que j’apportais, m’a demandé gentiment pourquoi j’étais aussi agressif à l’égard de mes confrères, et si j’avais des comptes à régler.

J’ai répondu que je n’avais pas de compte personnel à régler, que je sache (je n’ai jamais été torturé par un médecin). Mais chaque récit de médecin qui, sciemment ou non, par ignorance, par vanité ou par mépris, torture un patient me révolte. Cette révolte ne date pas d’hier : je l’ai héritée d’un homme qui, tout médecin qu’il était, portait sur la profession médicale un regard extrêmement critique [1]. Quand je suis entré à mon tour en faculté de médecine, j’ai découvert, avec une immense surprise, qu’on n’y enseignait pas à soulager et à soigner, mais à humilier et à mépriser. En France, les études de médecine, à commencer par le concours de première année, sont tout simplement inhumaines. Or, comment peut-on prétendre former des soignants en commençant par maltraiter ceux qui veulent le devenir ?

L’an dernier à Strasbourg, au cours d’une table ronde à laquelle j’avais été invité [2], une étudiante lève la main et m’interpelle : « Vous exagérez de dire que les études de médecine sont inhumaines. En première et en deuxième année, on nous donne des cours de sciences humaines, on nous parle d’éthique et de respect de l’autre. On nous fait même lire La Maladie de Sachs ! » Je lui ai répondu que j’en étais bien conscient, mais qu’il y a loin entre la théorie délivrée en cours et la réalité du soin.

A ce moment-là, une autre étudiante prend la parole et lui déclare : « Moi, je suis en cinquième année. J’ai eu les mêmes cours que toi. Mais quand on arrive à l’hôpital on se retrouve dans une structure extrêmement hiérarchisée et pyramidale avec, en haut : le Patron ; juste en dessous : les agrégés ; plus bas : les chefs de clinique ; plus bas encore : les internes. Les étudiants (« externes ») se retrouvent au pied de cette pyramide qui ne connaît la plupart du temps qu’un seul mode de fonctionnement : le pouvoir. Et sur qui les étudiants fraîchement arrivés apprennent-ils à exercer le pouvoir ? Sur ceux qui sont tout en bas, c’est à dire : les patients. »

La médecine ne s’apprend pas dans les livres mais au chevet du malade, au travers des exemple que les maîtres donnent à leurs élèves. Quand ces "exemples" consistent à ignorer la parole voire l’existence du malade, et à faire taire toute vélléité de critique de la part des étudiants, quand ces mêmes "exemples" consistent à ne pas répondre aux questions ou à rester indifférent aux interrogations et aux difficultés qu’on tente de leur confier, comment s’étonner que bon nombre de médecins formés par semblables « maîtres » soient eux aussi devenus méprisants, fuyants, ou insensibles ?

À l’affirmation : "Tous les médecins ne sont pas comme ça", je réponds non, bien sûr, mais ceux qui sont comme ça sont beaucoup trop nombreux ! Ce sont eux qui posent problème. Devons-nous les passer sous silence sous prétexte que d’autres font bien leur boulot ? Ceux là n’ont rien à se reprocher. Pourquoi seraient-ils affectés par la critique ?

Il y a de la corruption dans le monde politique, mais nous savons que tous les élus ne sont pas corrompus. Doit-on, pour autant, éviter de parler de ceux qui le sont ? Non, bien sûr.

Seulement, très souvent, je vois des médecins réagir vivement aux critiques que je formule contre le comportement de leurs confrères, au prétexte que (pour reprendre les termes d’une praticienne brestoise, le 6 avril dernier) « Nous faisons partie de la même corporation ».

Cette notion de « corporation », je la rejette absolument.

Faire partie d’un groupe professionnel n’a jamais dispensé de se comporter de manière civique, c’est à dire d’abord en citoyen. Être médecin ça devrait être, avant tout, être un professionnel du soin au service de la population. C’est ce que la population attend. C’est ce qui la conduit à accorder toute sa confiance aux professionnels de santé. D’ailleurs, le code de déontologie énonce que le médecin doit au patient une information loyale. Et l’article qui le stipule vient bien avant les articles consacrés aux devoirs des médecins envers leurs pairs - ce qu’on appelle la « confraternité ». J’aimerais, pour ma part, qu’il soit spécifié très expréssément dans le code de déontologie que la loyauté d’un médecin va d’abord aux personnes dont il s’occupe, et ensuite seulement à ses collègues. Ce serait plus clair.

Par ailleurs, l’idée de « corporation », de « corps médical » lié par la « confraternité » est un fantasme et systématiquement démenti par les faits. En France, le corps médical est extrêmement hétérogène. D’abord par la situation de chaque professionnel dans le système de santé : il y a un monde entre le praticien hospitalier exerçant en CHU et le généraliste de quartier ou de campagne, entre le spécialiste de ville et le médecin du travail. Tous sont médecins mais leurs conditions de travail, leurs privilèges, leurs alliances et leurs loyautés objectives sont résolument différentes.

Ensuite, comme on peut le constater, les pressions qu’exercent les divers groupes de médecins, les alliances qu’ils nouent entre eux ou avec les gouvernements sont très différentes, elles aussi. La soi-disant « confraternité » n’a pas empêché pas des syndicats dirigés par les spécialistes de signer une convention scandaleuse qui défavorise les citoyens et foule au pied le travail effectué par les médecins généralistes ; elle n’a pas empêché les professionnels les plus assis (combien de médecins avons-nous au sénat et à l’assemblée nationale ? ? ?) d’accepter sans sourciller une pénurie de praticiens sans précédent ; elle n’a pas empêché non plus Patrick Pelloux, président du syndicat des médecins urgentistes, d’attribuer la responsabilité de la surcharge des services d’urgences aux « insuffisances » des médecins généralistes. [3]

On voit de tout dans la profession médicale : des soignants dévoués, soucieux de se tenir à jour de leurs connaissances, mais aussi des « docteurs » incompétents ou insensibles qui ne font aucun effort pour s’améliorer et parfois aussi, de franches crapules. Le problème est donc simple et peut être formulé simplement : à mon humble avis, pour un pays qui se dit civilisé, la France compte beaucoup trop de mauvais praticiens.

Une des sources du problème : la formation des médecins n’est pas la même sur tout le territoire français, elle n’a pas les mêmes exigences partout. Elle est encore, dans de trop nombreuses facultés, sous le joug de « petits marquis » plus désireux de sélectionner leurs courtisans et leurs héritiers que soucieux de former des soignants. Le pire, c’est qu’ils sont si imbus d’eux mêmes et sûrs de leur bon droit qu’ils ne s’en rendent même pas compte ! ! ! !

Il n’est ni exagéré ni scandaleux d’affirmer haut et fort qu’en France, les médecins ne sont pas bien formés. Que, de plus, ils sont méprisés, humiliés, maltraités. Les étudiants l’écrivent ; leurs enseignants les plus lucides le confirment. Et ils ne sont pas seulement mal formés quand il s’agit d’annoncer des mauvaises nouvelles (voir l’enquête publiée ailleurs sur ce site), mais aussi lorsqu’il s’agit de faire face à bien d’autres problématiques quotidiennes du soin :

- la prescription et le suivi des traitements médicamenteux est fortement influencée par l’industrie pharmaceutique, et ce aux dépens de la sécurité sociale et de la santé des citoyens, comme chacun peut l’apprendre en lisant des ouvrages récents comme Patients si vous saviez... (par Christian Lehmann, Laffont, 2002), Le Grand Secret de l’industrie pharmaceutique (Philippe Pignarre, La Découverte, 2002), Petite encyclopédie critique du médicament (Pr Claude Béraud, Ed. de l’Atelier, 2002) ou en consultant le site de La revue Prescrire, seule revue médicale française consacrée au médicament et indépendante de l’industrie.

- la prescription des différentes méthodes contraceptives est très en retard sur l’état actuel des connaissances, comme chacun peut en juger en comparant les informations publiées sur ce site et les recommandations récentes de l’ANAES aux habitudes de prescription de leur médecin habituel. L’autre soir à Brest, plusieurs jeunes médecins m’ont déclaré qu’ils avaient plus appris sur la contraception en une soirée d’échange avec moi que pendant les deux malheureuses heures de cours qu’on leur a délivrées pendant toutes leurs études.

- le traitement de la douleur n’est pas mieux enseigné, comme l’illustre l’anecdote suivante :

En 1998, quelques mois après la publication de La Maladie de Sachs, j’ai été invité à m’exprimer devant un groupe d’une centaine de soignants (généralistes, infirmières et autres). Je m’insurgeais déjà contre le fait que le traitement de la douleur par les antalgiques en général et la morphine en particulier était trop souvent négligé dans notre pays, alors que les Britanniques ont codifié l’utilisation des antalgiques dès l’après-guerre. D’ailleurs, ajoutai-je, Philippe Douste-Blazy (qui était déjà ministre de la santé, à l’époque...) avait déclaré qu’il allait « instaurer un enseignenent obligatoire des traitements de la douleur dans toutes les facultés de médecine", ce qui montre bien qu’un tel enseignement n’était pas universel en France. J’en tirais la conclusion que, faute d’avoir été formés à soulager les souffrances d’autrui, les praticiens devaient probablement en laisser beaucoup dérouiller.

Un praticien outré de m’entendre dire ça se lève alors et s’exclame : « Nous n’avons pas attendu La Maladie de Sachs pour soulager la douleur de nos patients. » Je lui réponds que j’en suis sûr en ce qui le concerne, mais que je doute que ce soit le cas partout en France. Il répond que j’exagère, et que la majorité des médecins français soignent correctement.

A ce moment-là, deux mains se lèvent. Ce sont deux autres médecins, qui viennent abonder dans mon sens. Le premier explique qu’il a souffert récemment d’une colique néphrétique et que, dans la clinique où on l’a hospitalisé, on l’a laissé se tordre de douleur sans le soulager pendant plusieurs heures - et ce, alors que le traitement des coliques néphrétiques est parfaitement codifié et très efficace.

Le second renchérit : il a été récemment opéré d’un ménisque du genou. On le lui a réparé par arthroscopie. Grâce à l’anesthésie locale, très efficace, il n’a rien senti. Mais trois heures plus tard, lorsqu’elle n’a plus fait effet, il demande à l’infirmière de garde de lui donner des antalgiques. L’infirmière lui répond que comme le réanimateur est parti et qu’il n’a pas laissé d’instructions, elle ne peut rien lui donner. Il réplique : « Mais je suis médecin, je sais très bien ce que je dois prendre. »

L’infirmière lui répond une nouvelle fois qu’en l’absence d’instructions données par le médecin, elle ne peut rien lui donner, pour des raisons de responsabilité médico-légale [4].

Pour cesser de souffrir, le médecin malade se voit contraint à envoyer son épouse chercher à la pharmacie les antalgiques qu’il s’était prescrit à lui-même. En terminant son récit, il ajoute : « Mais je l’avais bien mérité ! »
-Pourquoi dites-vous une chose pareille ? ai-je demandé.
-Parce que je suis gastro-entérologue. Depuis 20 ans, je fais des coloscopies [5] Pendant les dix premières années, je les ai faites sans anesthésie. Et on était deux à souffrir : le patient et moi. Au bout de dix ans j’ai demandé à l’anesthésiste de ma clinique si on pouvait endormir les patients. Depuis, plus personne ne souffre.
- Et dites-moi, lui ai-je demandé, pourquoi vous a-t-il fallu dix ans pour avoir l’idée de les endormir ?

Il m’a fait une réponse qui résume à elle seule toute la situation de la médecine en France :
- Parce que j’avais appris à faire comme ça !

Dans les facultés de médecine françaises, même si l’on est de plus en plus critique avec l’industrie, même si l’on parle d’éthique et de respect du patient, les médecins qui tiennent le haut de la hiérarchie donnent, aujourd’hui encore, de mauvais exemples. Et il est impensable qu’un étudiant remette en cause ce que dit un de ses aînés, ou lui suggère simplement que peut-être, on pourrait faire autrement. Pour progresser, il est indispensable d’accepter la critique. Or, la société hiérarchisée des CHU est très rarement prête à accepter la critique.

Soigner est une activité noble. L’une des plus nobles qui soient. Tout le monde peut soigner, car soigner est une attitude qui s’acquiert, non une aptitude innée, et les techniques de soin élémentaires peuvent être enseignées et apprises par tout le monde ou presque. Tout le monde, un jour ou l’autre, a besoin de soins. Avoir le souci de l’autre, le soigner, le soutenir, est le signe de notre humanité et du sentiment profond d’être semblable à l’autre. C’est un signe de solidarité, de fraternité. Ceux et celles qui l’oublient, et qui exercent une profession de santé pour servir uniquement leurs buts personnels sont, à mon sens, des crapules.

Je sais, je sais, certains diront encore que je "fais du tort aux médecins" en écrivant tout ce qui précède. Ça me fait sourire. Comme lorsque le LEEM a exigé de France Inter un droit de réponse à mes chroniques sur l’industrie pharmaceutique. A croire qu’à moi tout seul, avec mes trois minutes quotidiennes, j’allais faire capoter la politique commerciale de multinationales pesant plusieurs centaines de milliards de dollars !

Quelle que soit la violence des critiques, elles ne feront jamais autant de tort aux médecins crapuleux que ceux-ci en font à leurs patients. Et la dénonciation des crapules ne peut pas faire de tort aux soignants authentiques.

Au début des années 70, Dr Marcus Welby, une des nombreuses séries télévisées médicales diffusées en Amérique, mettait en scène deux médecins ; l’un, très interventionniste, prônait avant tout les technologies nouvelles et les traitement agressifs ; l’autre, plus âgé (le Dr Welby du titre) préférait tenir la main des patients et les accompagner en respectant le précepte hippocratique numéro un : « D’abord, ne pas nuire. » La série était évidemment très populaire aux Etats-Unis et fut même, vingt cinq ans avant Urgences la première série médicale à devenir le programme le plus regardé d’Amérique [6]. Robert Young, l’interprète de Marcus Welby, fut invité à un congrès de médecins car il avait, grâce à cette fiction, beaucoup valorisé l’image des professionnels de santé dans l’esprit du public. Certains praticiens confièrent cependant à l’acteur que leurs patients leur reprochaient de ne pas être « aussi humains avec eux que le Dr Welby l’était avec les siens ». Robert Young répondit simplement : « C’est peut-être parce que vous ne l’êtes pas. »

Si nous voulons que ça change, il revient à tous les citoyens et à chacun de dire ce que nous voulons et ce que nous voulons pas, ce que nous attendons des médecins, et ce que refusons. Si les citoyens l’exigent avec assez de force, demain parmi les praticiens il y aura beaucoup moins de bourreaux qu’aujourd’hui, et beaucoup plus de soignants.

Martin Winckler


[1On peut avoir un aperçu de ce qu’était la formation médicale avant-guerre en lisant Plumes d’Ange, POL 2002 ; Folio, Novembre 2005

[2Le titre en était : « Les études de médecine préparent-elles les futurs praticiens à défendre les droits de l’homme de leurs patients... »

[3En l’occurrence, il s’agit plus probablement d’une grosse bourde que d’une malveillance, car tous les membres du syndicat de P. Pelloux ne sont pas d’accord avec lui, et ils ont été prompts à rectifier le tir et à reconnaître que la situation actuelle est due avant tout à l’incurie des pouvoirs publics et à l’absence de réelle politique de santé.

[4A l’époque ou se tenait cette rencontre, il était question que (sur la suggestion de Bernard Kouchner, si je m’abuse) des protocoles de traitement de la douleur soient rédigés et instaurés dans tous les services hospitaliers afin que les infirmières puissent soulager les patients en se fondant sur ces protocoles, sans avoir besoin d’attendre le passage d’un médecin. J’aimerais savoir si, 6 ans après, c’est bien le cas partout. Si vous avez des témoignages à ce sujet...

[5Examen qui consiste à examiner le côlon avec un tube en fibre optique introduit par l’anus.

[6Elle ne fut cependant diffusée en France qu’en 1986, car jusqu’à l’éclatement du PAF, à l’arrivée de la gauche, toutes les séries médicales et judiciaires avaient été systématiquement bannies des chaînes de télévision française. On m’a même raconté (je ne sais si c’est authentique) que pendant les années 60, le Conseil de l’Ordre avait officiellement demandé que les fictions américaines soient bannies du petit écran afin de ne pas desservir l’image de la médecine française...

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