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Contraception : Questions / Réponses 32
Article du 3 avril 2005

Les sujets abordés cette semaine :

- Effets secondaires du Trinordiol
- Acné et Mirena
- Glissement de l’implant contraceptif
- Pilule combinée et antithrombine
- Retard de règles et test
- Prise de Norlevo
- Stérilisation



- Effets secondaires du Trinordiol

J’ai entamé depuis 2 semaines ma troisième plaquette de Trinordiol. Or contrairement aux deux premières plaquettes, j’ai des migraines, des seins gonflés et lourds, plus des pertes blanches. Tous ces effets secondaires peuvent s’apparenter à une grossesse. J’ai eu 2 oublis 1er et dernier comprimés de ma deuxième plaquette, mais à la suite j’ai eu mes règles (un peu moins abondantes sans retard le 06/03). Pour me rassurer, j’ai fait un test urinaire le 17/03, négatif. Ma question, faut-il me montrer plus patiente et refaire un test dans une semaine ou plus tard pour avoir un avis définitif ?
M.

Evidemment, on voit des grossesses sous Trinordiol même sans oubli. Et l’apparition de saignements à l’arrêt de la pilule n’élimine pas une grossesse. Donc, pour être fixée, il vaut mieux refaire un test dans quelques jours, sans arrêter votre pilule entre temps. Mais les symptômes peuvent aussi être dus au fait que Trinordiol entraîne souvent ce genre de symptôme, car c’est une pilule "triphasique".

Donc, à mon avis, il vaudrait mieux changer de pilule : si vous êtes enceinte (parce que ça veut dire qu’elle n’est pas fiable pour vous) comme si vous ne l’êtes pas (car ça veut dire qu’elle n’est pas adaptée à votre profil physiologique). Pourquoi vous a-t-on prescrit celle-là ? Quel genre de cycles aviez vous avant de prendre la pilule : un cycle régulier, avec des règles abondantes et douloureuses et les seins gonflés avant les règles, ou bien plutôt des règles peu abondantes et espacées ?

J’ai fait comme vous me l’aviez conseillé de nouveau un test (aujourd’hui), qui s’est avéré négatif. Je souffre toujours de nausées, la forme et la couleur de mes mamelons varient en moyenne 2 fois par jour (de sombre à claire), sans parler des maux de tête et du fait que j’ai toujours des envies pressantes (j’urine sans douleur). Mes seins sont toujours aussi tendus, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ces effets ne sont apparus qu’à partir de la troisième plaquette. Est ce que l’heure de prise de la pilule peut jouer un rôle ??
M.

Non, l’heure de la prise n’a pas d’importance, mais le fait que vous ayez tous ces symptômes signifie sans équivoque que vous ne tolérez pas cette pilule en particulier.
Les effets secondaires mettent parfois plusieurs semaines à apparaître, par "accumulation" des hormones. Je pense que vous devriez essayer Minidril (une pilule monophasique à 30 µg, au lieu de 40 µg dans Trinordiol, et dont tous les comprimés sont identiques) ou, si vous ne la tolérez pas non plus, une pilule encore moins dosées en oestrogènes (20 µg : Méliane, Cycléane 20, Mercilon). Vous tolèrerez probablement mieux un dosage plus faible. Mais demandez surtout qu’on ne vous mette pas de pilule "biphasique" ou ’triphasique" (avec des comprimés de deux ou trois dosages différents) car c’est souvent la variation des dosages qui favorise les symptômes que vous avez, en particulier les nausées et les migraines.



- Acné et Mirena

J’ai 2 questions à propos du stérilet Mirena :
On m’a posé ce stérilet il y a un peu plus d’1 an, et j’avoue que ne plus avoir ses règles est très confortable. Par contre, j’ai de l’acné, alors que je n’en avais pas avant. Et c’est vraiment gênant. Est-ce qu’un traitement dermatologique peut être efficace si la cause de mon acné est simplement mon stérilet ?
D’autre part, j’ai très mal dans le bas du dos, depuis plusieurs mois, alors que je n’avais pas mal avant. Peut-il y avoir un lien de cause à effet ?
A.

Oui, bien sûr qu’un traitement peut agir sur l’acné même si celle-ci a été exacerbée par le DIU. Souvent, l’acné est présente les 18 premiers mois, puis s’estompe progressivement.
Le mal de dos, en revanche, ne me semble pas avoir de relation avec le DIU, ce d’autant plus qu’il n’est pas apparu tout de suite après la pose. (Et je ne vois pas comment les deux choses pourraient être liés, a priori.) Par conséquent, je chercherais une autre explication à votre mal de dos. Il y en a sûrement une.



- Glissement de l’implant contraceptif

Je me suis fait poser un implant il y une semaine (avec malaise vagal à la clé) et il est déjà descendu d’environ 1 à 2 cm. Est-ce normal et est-ce important ?
Je prenais auparavant Cérazette, est-ce la même hormone qui est contenue dans l’implant ? En fait ce que je voudrais savoir c’est si les effets vont être les mêmes : je n’avais plus de règles sous
Cérazette.
D’autre part, j’ai entendu dire qu’il était efficace moins longtemps sur les femmes plus fortes, à partir de quel poids si c’est le cas ?
M.

Il arrive que les implants glissent un peu sous la peau après la pose, mais si vous continuez à le sentir, ça n’a pas d’importance. Il finira par se "fixer" (il ne peut pas aller bien loin...)
C’est effectivement une hormone similaire à celle de Cérazette qui est contenue dans l’implant, il est donc probable que vous aurez les mêmes effets, et la disparition des règles en fait partie. Il est possible que chez les femmes très fortes (plus de 80/90 kilos), la durée d’action de l’implant soit moins longue. Si vous n’avez pas de règles sous implant, la réapparition des règles est le signe d’une moins grande activité, et sera le signe qu’il est temps de le changer (dans les mois qui suivent). Mais ça ne devrait pas arriver avant que vous l’ayez porté pendant 2 ans ou 2 ans 1/2 (au lieu de 3).



- Pilule combinée et antithrombine

J’aimerais avoir votre avis sur mon problème, qui, il me semble, n’est pas abordé sur votre site. Voila, j’ai 18 ans et mon médecin traitant m’a "interdit" les pilules combinées car au bout de trois mois d’utilisation de Minidril mon taux d’antithrombine III était de 65%, or j’ai lu qu’il était normal que les oestrogènes entraînent une baisse de ce taux et j’ai encore lu qu’un taux au dessus de 60% ne représentait pas un réel déficit en antithrombine III. Un gynécologue m’a également dit qu’il n’était pas fréquent de faire ce dosage lors de la prise de la pilule, et j’avoue ne pas très bien comprendre. D’autant plus que je n’ai aucun antécédent (ni moi ni ma famille) de thrombose ou phlébite.

Du coup, depuis 10 mois je prends Cérazette, que je supporte vraiment très mal (alors que je n’avais aucun problème avec Minidril), et vu mon jeune âge, si cette baisse d’antithrombine III représente réellement une contre indication aux pilules combinées, je ne sais trop quoi faire...j’ai pensé à l’anneau vaginal, qui est moins dosé que les pilules oestroprogestatives, mais il contient tout de même des oestrogènes, pensez vous que je puisse utiliser cette contraception si je ne peux plus prendre de pilule combinée ?
C.

Je comprends que vous soyiez perdue car en l’absence d’antécédents familiaux de troubles de la coagulation, je ne vois pas pourquoi votre gynéco vous a prescrit un dosage de l’AT III. Apparemment, de plus, il l’a demandé non pas AVANT de vous prescrire la pilule, mais après !!!! Ce qui veut dire qu’il l’a prescrit en dépit du bon sens puisque les oestrogènes font baisser l’AT III.

Voici ce que je vous conseille : faites-vous refaire un dosage de l’AT III pendant que vous êtes sous Cérazette, ces jours-ci. S’il est normal, ça veut bien dire qu’il ne s’agit que d’un artefact (autrement dit : un phénomène artificiel, induit par l’oestrogène contenu dans une pilule combinée) et demandez à votre généraliste (et pas à votre gynéco) de vous represcrire Minidril, plutôt que l’anneau (qui est cher, pas remboursé, et qui pose des problèmes de tolérance vaginale) : il vaut mieux que vous repreniez la pilule qui vous convenait déjà. Sur le plan des contre-indications, l’anneau est de toute manière pareil : si les oestrogènes vous étaient interdits (ce dont je doute), l’anneau le serait aussi. Les effets secondaires sont les mêmes qu’avec la pilule.

Mais cette histoire me paraît significative des médecins qui prescrivent des examens sans savoir pourquoi et qui font subir aux femmes les conséquences de leur propre ignorance ...

S’il s’avérait que vous ne pouvez pas prendre d’oestrogènes (j’en doute, mais supposons...) et si vous ne tolérez pas Cérazette, il ne serait pas interdit de vous poser un DIU au cuivre. Je le propose couramment aux jeunes femmes, or, vous n’êtes pas mineure et vous avez parfaitement le droit de choisir ce type de contraception.



- Retard de règles et test

A la suite d’un "accident" de préservatif avec mon ami, j’avais fait un test de grossesse Clearblue, le soir (alors que je n’ai vu qu’après qu’il fallait le faire le matin) 3 jours de retard après la date supposée de mes règles. Il s’est avéré négatif, mes règles sont arrivées le lendemain et j’ai commencé à prendre la pilule Novarline.
Mais, mes règles ont à peine duré un jour et j’ai peur d’être enceinte malgré le test négatif. Est-ce que le fait de l’avoir fait le soir au lieu du matin perturbe t -il la fiabilité du test ? Et est-ce que la 1ère prise de pilule peut arrêter les règles ?
AC
.

Tout est possible. Les règles sont un drôle de phénomène, qui peut être perturbé dans sa survenue et sa durée par de nombreuses choses en dehors d’une grossesse. On ne peut pas toujours s’y fier (ni par leur présence, ni par leur absence). Le meilleur moyen d’être fixée, c’est de refaire un test sept à dix jours après le premier. Même si vous êtes sous pilule, votre test sera fiable. Quand on a peu de retard dans ses règles, il est préférable de le faire sur les urines du matin parce que les hormones que le test recherche sont émises en moins grande quantité (et qu’elles sont plus concentrées dans les urines du matin), mais quand une femme est franchement enceinte, les tests sont positifs à n’importe quel moment.

Si votre test est de nouveau négatif 7 à 10 jours après le premier, vous pouvez dormir tranquille. (Sans oublier votre pilule...)



- Prise de Norlevo

J’avais lu /qu’il fallait prendre deux comprimés de Norlevo à 12 heures d’intervalle/ et ai cru que la boîte de Norlevo contenait d’office 2 comprimés. Or il n’y en a qu’un. Je suis donc allée acheter une seconde boîte.
Si j’ai bien compris, je ferais mieux de les prendre en même temps, ces 2 comprimés ?
1,5 mg de levonorgestrel chacun. Dans la notice, on ne parle pas de 2 comprimés à 12 h d’intervalle.
Je ne comprends pas bien...
J.

L’OMS a testé la prise de Norlevo en 1 fois (les 2 comprimés à la fois). Et a conclu que ça marchait pareil que deux comprimés à 12 heures d’intervalle.
Le labo a donc commercialisé le Norlevo en 1 comprimé (chacun des 2 faisait 0,75 mg ; le comprimé unique en fait donc, logiquement, 1,5).
Donc, ne prenez qu’un seul comprimé. Ca suffit.
L’autre, gardez le pour une autre fois (ou pour une copine).



- Stérilisation

Où va l’ovule après une stérilisation ? J’imagine, comme je ne sais pas où il va, que ce n’est pas trop sain de lui bloquer le passage... Cette question anodine d’une amie me fait réfléchir sur la stérilisation agendée à mardi dans une semaine. Certains auteurs disent que cela provoque des crampes ou ballonnements, est-ce vrai ? Getting cold feet, not sure about my decision... Je regrette aussi que mon gynéco ne m’a pas parlé d’Essure. Est-ce pratiqué en Suisse ?
C.

Une stérilisation consiste à bloquer le passage de l’ovule et des spermatozoïdes dans la trompe (tube qui relie l’ovaire à l’utérus) avec un clip (une sorte de pince) ou en sectionnant la trompe et en séparant les deux extrémités ainsi formées.

Après une stérilisation, l’ovule continue à être projeté dans la partie de la trompe qui se trouve du côté de l’ovaire, mais il y reste. Comme il n’est pas fécondé (puisque les spermatozoïdes ne l’atteignent plus et restent dans l’autre partie de la trompe, celle qui communique avec l’utérus), il meurt et est digéré par les globules blancs et autres cellules de "nettoyage" de l’organisme. Mais c’est aussi ce qui se passe lorsqu’une femme ovule mais n’est pas fécondée parce qu’elle n’a pas eu de rapport sexuel ce jour-là. Bref : le sort de l’ovule est exactement le même. La stérilisation est simplement une méthode qui empêche définitivement la rencontre entre spermatozoïdes et ovule (en coupant le passage) mais qui n’agit pas sur le fonctionnement habituel des ovaires, de l’ovulation, des règles, etc.

Les crampes et les ballonnements sont des effets secondaires qui apparaissent pendant les heures (à la rigueur deux ou trois jours) après l’intervention du fait de la méthode employée : pour faire une stérilisation, on doit insuffler de l’air dans l’abdomen pour soulever la paroi et voir ce qu’on fait avec l’endoscope (le tube optique qui permet de sectionner les trompes). Il faut quelques heures ou jour pour que l’abdomen résorbe l’air qui reste (on en élimine la plus grande partie, mais il en reste toujours un peu) et ça peut être douloureux (mais on doit vous donner de quoi vous soulager).

La méthode Essure est différente : elle se fait sous anesthésie locale et consiste à glisser à l’intérieur de l’utérus, juste à l’entrée de chaque trompe, un petit dispositif autour duquel les tissus vont se développer pour obturer naturellement la trompe.

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