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L’implacable marathon des étudiants en médecine (suite)
Bordeaux et Lille
Article du 19 avril 2005

Concernant les études de médecine, il est toujours intéressant d’avoir plusieurs sons de cloche. J’ai déjà publié des contributions et témoignages envoyés par des étudiants en formation à Tours, à Lille
et à Rouen et Lyon. Voici deux nouveaux témoignages, qui montrent que les lacunes de la formation - et ce qu’on oppose aux étudiants - sont les mêmes un peu partout en France.

Si vous connaissez des étudiant(e)s de Paris et de Montpellier (la plus vieille faculté de médecine de France), et s’ils ont envie de m’écrire, leurs contributions seront les bienvenues...

MW


Vu de Bordeaux

Je suis étudiante en D1 [1] à Bordeaux, et je suis loin d’être satisfaite de l’organisation des études médicales, malgré le fait que je sois passionnée par ce futur métier.

Ici à Bordeaux, les profs nous ressassent aussi que nous sommes nuls à l’ENC, et ce à cause (et c’est véridique) "du climat bordelais". En effet il régnerait un "climat" peu propice au travail, et à la réussite à Bordeaux... nos piètres résultats à l’ENC seraient donc uniquement dus à nous, étudiants... alors que peu de conférences d’internat sont organisées par la fac.

Une école privée de préparation à l’internat et donc arrivée cette année à Bordeaux.... ce qui fait irrémédiablement penser à la P1 et cette sélection par l’argent avec les écoles privées (bien qu’à Bordeaux cette sélection ait fortement diminuée depuis la mise en place par les étudiants du tutorat pour les P1, et qui ont de bons résultats).

J’en ai aussi assez de ces profs, qui nous traitent de nuls, et qui nous disent chaque année que nous sommes encore pires que ceux de l’année précédente (j’ai "vérifié" avec des étudiants dans les années supérieures...)...

Mon professeur de bactériologie (nous avions des contrôles continus tous les mois), en me rendant ma note de contrôle continu (20/80) m’a demandé "vous n’aimez pas la bactériologie"... devant cette question je n’ai pas su que répondre... (il faut préciser -sans me défendre de mon mauvais résultat- que sur 40 étudiants, 3 avaient la moyenne, et je peux vous dire, que nous bossons tous...).

Ensuite, je suis assez inquiète de ce qui va m’arriver en D2, c’est à dire dans 6 mois... Je n’ai aucune idée de ce que je vais devoir faire dans les services, à part par ouï dire par les étudiants plus vieux... Je n’ai eu qu’un seul stage de sémiologie cette année, et ce 3h par semaine (alors que l’emploi du temps prévoit 8h). Certes nous sommes de plus en plus nombreux chaque année, mais un externe il me semble doit savoir faire un examen clinique.

Et je ne m’en sens pas capable. J’ai un vraiment le sentiment, que nous sommes lâchés, comme ça, et qu’il faut qu’on se débrouille tout seul, à patauger dans les services, à trouver un interne ou un autre externe sympa qui nous montre quelques gestes etc... et personne n’a de temps pour nous...

Un autre petit épisode agréable, qui vient de m’arriver...
J’avais cette semaine en ED d’ophatalmologie... exécuté par un prof déplorable... Il a commencé à nous parler de l’internat etc... à tel point qu’au début nous croyions qu’il nous prenait pour des étudiants de 6ème année... mais non !

Ensuite (il faut préciser qu’à ce jour nous n’avions pas eu un seul cours d’ophtalmo) il nous posait question sur question sur les syndromes dont il parlait... nous ne savions que dire, à part les redoublants, et quelques vagues idées de nous mêmes sur la question...
Au bout de 20minutes nous nous sommes risqués à lui dire que nous n’avions pas encore eu le cours magistral... ce qui l’a mis dans une indignation extrême... "que la médecine, ça s’apprenait dans les livres" , qu’il fallait que nous nous prenions en main et que nous allions potasser tous les bouquins de la BU !!

Que "le jour de l’internat vous n’allez pas marquer sur votre copie : je n’ai pas eu le cours" et que devant un patient nous n’allions pas dire non plus "non désolé je ne peux pas vous soigner, je n’ai pas eu le cours" à quoi je lui ai répondu "mais justement, ici nous ne sommes ni à l’internat, ni devant un patient, nous sommes en ED" (ED comprenant le mot "enseignement"...).... bon mis à part cette première divergence d’opinion (non pas que je sois contre les consultations de livres à la BU, mais à chaque chose son temps)...

Il continuait son exposé et prenait comme exemple "voyez, un patient qui ne comprend rien, quelqu’un qui sort de sa ferme quoi..." . Ceci me mit encore plus en rogne mais je ne dis rien...

J’ai toujours du mal à supporter ces remarques injustifiées envers les gens de la campagne... Il continua en disant "imaginez, allons, disons que vous n’avez pas d’instrument spécifique pour examiner votre patient, vous vous trouvez à Bayonne..." ensuite une 2ème fois "Vous vous trouvez à Agen, vous n’avez rien..." Je n’ai pas fait de recherche sur le matériel dont dispose les médecins dans les hôpitaux de Bayonne ou Agen, mais j’imagine qu’ils possèdent un minimum... C’était vraiment dit d’un ton dédaigneux sur "ces gens là bas qui n’ont rien pour soigner".

J’imagine son approche du patient lors de ses consultations !!!

Voilà un petit aperçu de ce qui se passe à Bordeaux... tout en n’étant pas exhaustif, je ne parle que de ma petite expérience, vue de la 3ème année...

Cordialement,
Séverine

PS : Mis à part ça, certains de nos enseignements sont très bien organisés et nous en sommes très satisfaits !
Je déplore néanmoins le peu de temps que nous passons à l’hôpital avant l’externat...


Vu de Lille

Je suis en D1 et oh horreur (pour moi) ou malheur (pour les patients que je vais voir) mais j’ai l’impression de ne rien savoir et de ne pas savoir quoi faire devant un patient.

J’en arrive au point de ne plus savoir si je dois continuer a faire ma médecine alors que aussi loin que je me rappelle j’ai toujours voulu soigner. Un élément de plus ou de moins ca ne changera rien a la vie d’une fac.

Cette année j’ai realise des stages qui sont soit disant "de prise de contact" avec le monde hospitalier mais j’ai peur de ce que je vais devoir faire l’année prochaine en tant qu’externe. On doit apprendre notre métier en rengeant des bilans et en ne voyant que 5 minutes des patients tout en pensant au nombreux cours que l’on a pas vu pour pouvoir réussir son internat et esperer faire quelques chose que l’on peut aimer et par lequel on est intéressé apres 10 ans de trimes a gagner que dalle (100 euros en tant qu’externe quand on fait une garde 12 h aux urgences un jour sur deux et ca pendant trois mois) et a etre considérer comme de la m****.

L’ENC (le nouvel internat)aurait une repartition via internet (ce qui a permis ,soit disant, l’annee dernière a certain de passer avant d’autres mieux classer) mais en plus on interdirait le redoublement du D4. Comme en parallèle on augmente le nombre de poste de médecine G on va créer une médecine G qui sera prise par défaut et donc on aura des médecins généralistes de merdes .On aura des gens qui ne croiront plus en leur métier.

En plus ce point important de remonter le nombre de médecin généraux est mis a mal par l’ANEMF [2] (qui est soit dit en passant franchement à droite) et qui soutien donc les spécialistes. Si seulement au lieu de defendre les privilèges des spécialistes il défendait les futurs médecins, il pourrait proposer a l’etat non pas de diminuer le nombre de généraliste recruté mais de mieux répartir les poste en médecine spécialiste (par ex ne pas mettre autant de poste en santé publique qui resteront inoccupés). J’EN AI MARRE DE FAIRE PARTIE DE CETTE GENERATION GACHEE.

Moi perso je suis un fervent défenseur de la médecine G non pas par dégout des études (j’en prend pour 10 ans au total) ni par fénéantise (meme si c’est vrai que je ne travaille pas de masses) mais par conviction personnelle. Mais franchement je me demande pourquoi j’ai voulu partir la dedans. On nous apprend de maniére décousue et comme si on était des ordinateurs des milliers d’elements qui ont leur importance je ne le nie pas mais il y en a tellement que je ne me rappelle de rien alors que je viens de le voir. 5ca fait peur non).Je suis dégoute de m’abrutir de tellement de chose au point de ne plus pouvoir travailler mais il le faut.

Il y a deux ans vous êtiez venus nous parler d’etre soignant. [3]. C’était un 15 mars et je me rappelle que vous nous aviez dit que soigner peut se faire de toute les façons possible. Je n’en doutais pas mais je commence à douter que l’on peut soigner en étant docteur. Le probléme est que je dois avoir peur de mon manque de connaissance pour pouvoir m’occuper comme il le faut des patients que j’ai ou que j’aurai devant moi. Je me demande franchement si je ne serai pas mieux infirmier au moins je serai plus proche des patients et je ne serai pas pédant et puant comme je l’ai déjà vu. je ne crois meme plus en ce qui est beau et nous fait normalement rever.

Enfin (apres ce torchon décousu qui ne doit pas etre compréhensible) je tiens aussi a dire que l’enseignement de la médecine en france et problématique puisqu’il n’est pas pareil partout. On arrive donc avec des chances inégales pour passer l’ENC...


Le Webzine est un lieu de débat, d’échange et de confrontation des points de vue. Le second témoignage publié dans cette page a suscité la réaction d’une autre étudiante de Lille. Je la publie ci-dessous.

Cher monsieur,
Je me permets de vous réécrire pour réagir au témoignage que vous avez récemment publié. J’ai été choquée qu’apparaisse une possible couleur politique concernant l’ANEMF. Je ne pense pas que ce genre de propos ait sa place dans un témoignage de ce type surtout quand il est éroné ! Je ne suis pas du tout investi à l’ANEMF mais je consulte régulièrement leur forum (au même titre que votre magazine) et je n’y ai jamais retrouvé d’informations politiquement orientées.
Je vous joint le lien de e-carabin sur lequel j’ai réagi, jetez-y un coup d’oeil si vous en avez le temps...

Cliquer sur ce lien

Merci de l’attention que vous porterez à ma remarque.
Bonne journée.
ANNE


[1Troisième année

[2Syndicat d’étudiants en médecine.

[3Cette conférence authentique a inspiré celle que donne Bruno Sachs à la fin des Trois Médecins

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