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Contraception
- Dix idées reçues sur la contraception
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
- Diane 35 et ses génériques : le principal risque, c’est la grossesse non désirée...
- Comment s’y retrouver, parmi toutes ces pilules ?
- La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
- Pilule "Jasmine" : à ne pas utiliser n’importe comment !

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- L’usage de la parole - politique du « Winckler’s Webzine »
- Si cet enfant avait été entendu, la face du monde aurait été changée !
- Plaidoyer pour une autre radiologie
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- Santé : la fin du modèle français
- Que "vaut" une IVG ?
- "La santé en questions", une collection pour tous
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Contraception et gynécologie >


Contraception : Questions / Réponses 28
Article du 6 mars 2005

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Poser une question sur la contraception : martin_winckler@yahoo.fr

Information importante : depuis fin janvier, plusieurs pannes informatiques sur mon PC ont détruit ou rendu inaccessible un grand nombre de messages qui m’avaient été envoyés. Si vous m’avez écrit sans recevoir de réponse, c’est peut-être parce que je n’ai pas pu lire ou retrouver votre message. S’il m’a été adressé entre le 25 jeanvier et le 18 février, merci de me le renvoyer.
Martin WInckler

Illustration : Les différents types de DIU au cuivre...

Les sujets abordés cette semaine :

- Diane 35 et phlébites
- Risque de grossesse sans pénétration ?
- Migraine et pilule (Trinordiol)
- DIU et césarienne
- Contraception par injection
- Arrêt de pilule au bout de 2 semaines



- Diane 35 et phlébites

Je viens de lire sur votre site l’article intitulé "Diane 35, mise au point importante". Et j’ai sauté au plafond. Comment ça ? Diane 35 multiplierait par 4 (quatre !) le risque de thrombose par rapport aux autres pilules ?!! Difficile de vous décrire la rage dans laquelle je suis. En bref, voici pourquoi :

1991, j’ai 20 ans, je consulte une gynéco parce que j’ai besoin d’une contraception et bien sûr elle me propose la pilule. ça m’inquiète parce qu’il y a beaucoup, mais vraiment beaucoup d’antécédents de problèmes cardio-vasculaire dans ma famille, notamment mon grand-père est décédé à l’âge de 45 ans d’une hémorragie interne spontanée et je passe sur tous les problèmes de varices etc. Je lui explique tout ça, j’insiste mais elle me dit que ça ne pose aucun problème. Je m’attends à ce qu’elle me fasse faire des examens mais à ma grande surprise, non, même pas une prise de sang et tout de go elle me prescrit... Diane 35.

Pourquoi celle-là ? Parce que j’ai de l’acné ? Mais je n’ai rien demandé à ce sujet et elle ne me dit pas que Diane a un effet sur l’acné. En fait elle n’a pas justifié ce choix, elle m’a juste assuré que tout irait bien. Du haut de ma naïveté je la crois.

Sauf que quelques mois plus tard... je me réveille un matin avec un bras gonflé, très froid, très douloureux et les veines de la poitrine incroyablement bleues. Je me rends chez ma généraliste qui a l’intelligence de m’envoyer immédiatement chez une angiologue qui me fait hospitaliser d’urgence. Moralité (vous l’aviez deviné) : phlébite à cause d’une thrombose dans la sous-clavière, 2 semaines d’héparine en continu et 3 mois et demi de Sintrom (une horreur, les effets secondaires du Sintrom, plus jamais ça), sans compter l’angoisse, l’humiliation (j’ai été pendant 2 semaines ZE cas que tous les médecins de la clinique sont venu voir, pensez-vous, une phlébite à 20 ans et au bras, fallait pas louper ça, j’ai failli réclamer des cacahuètes...!), les séquelles, heureusement pas trop voyantes... Et tout ça aurait peut-être pu être évité si ma gynéco ne m’avait pas prescrit la pilule, ou alors une autre ?

Il faut que vous me disiez, Martin, s’il vous plait et si vous le savez, si vous avez le temps, est-ce que cette dangerosité de Diane 35 était connue en 1991 ? J’ai besoin de savoir si j’aurais pu éviter tout ça, si je vais casser la gueule à cette pétasse... J’ai la haine, comme on dit, vraiment.
E.

PS : Je dois avouer que j’ai quand même gagné quelque chose dans cette aventure : une méfiance définitive des médecins qui m’a évité, entre autres désagréments, une césarienne injustifiée quand j’attendais mon premier enfant et qui m’a incitée, pour notre plus grand bonheur, à faire naître mes deux enfants à la maison. Je considère donc que je n’ai pas tout perdu... :-)

Ce que je pense de tout ça c’est qu’une gynéco qui fait son boulot aurait dû tenir compte de vos antécédents familiaux et ne pas vous prescrire de pilule oestro-progestative du tout mais vous proposer une pilule progestative pure (non contre-indiquée avec des antécédents familiaux) ; l’implant n’existait pas, le DIU était peu posé aux femmes sans enfant, mais aujourd’hui, à quelqu’un qui serait dans votre cas, je les proposerais aussi (et je vous aurais proposé un DIU, certainement). En tout cas, elle aurait pu vous prescrire une pilule progestative (Cérazette, Microval) en attendant de vous faire un bilan de coagulation pour s’assurer que vous n’aviez pas de souci. (Et vous interroger à la recherche de symptômes atypiques...)

De toute évidence, elle aurait au moins pu s’abstenir de vous prescrire Diane, pilule connue par ceux qui lisent pour n’être pas une contraception parfaitement fiable, et susceptible d’entraîner un peu plus de problèmes de phlébites que les pilules plus anciennes, c’est décrit depuis longtemps. Encore faut-il chercher à le savoir... et ne pas être victime de la désinformation du labo.

Je ne sais pas si vous auriez fait votre phlébite ou non (on n’est pas toujours sûr que la pilule est responsable) mais en tout cas, en l’occurrence, elle a accumulé les risques. J’ignore si on vous a trouvé un problème de coagulation, lors du bilan, mais si tel est le cas, elle aurait pu le faire en écoutant vos antécédents... Chaque fois que j’ai trouvé un problème similaire chez une femme, c’est parce qu’elle m’avait parlé des problèmes de santé de ses parents, frères soeurs, oncles tantes ou grands parents.
Malheureusement, trop de praticiens n’accordent aucune importance à l’environnement de leurs patient(e)s...

Je pense que ma gynéco de l’époque appliquait des équations toutes faites, du genre : 20 ans = pilule ; 20 ans + acné = Diane, etc. en partant du principe qu’une fille de 20 ans qui ne fume pas a statistiquement peu de risques d’avoir une phlébite. Et qu’une fille de 20 ans ne sait rien ni sur son corps ni sur sa santé donc pourquoi tenir compte de ce qu’elle dit ? (un jour ou j’avais une infection, elle m’a soutenu que j’avais sûrement pris des antibiotiques, alors que ce n’était pas le cas : "Mais vous avez dû en prendre sans le savoir !" Bonjour l’état d’esprit...). Et après ma sortie de l’hôpital, quand je l’ai appelée elle n’a pas eu un mot d’excuse ni de regret, ni même de compassion (quelque chose comme "je suis désolée pour vous"...) et finalement c’est ça qui m’a le plus décidée à la plaquer.

Est-ce que j’aurais eu une phlébite sans Diane ? Je ne le saurai jamais. Je n’ai pas de problème de coagulation par contre j’ai un syndrome du défilé toracho-brachial, qui, il est vrai, est un facteur favorisant. Sauf que... ce syndrome est une malformation congénitale, j’avais donc vécu avec pendant 20 ans sans avoir de problème (et en ignorant son existence ; je croyais que c’était normal de ne pas pouvoir garder les bras en l’air) et depuis, je n’ai plus eu aucun problème (alors que j’ai refusé de me faire opérer. On m’a promis une suite interminable de phlébites et j’attends toujours la deuxième...) J’ai quand même du mal à croire à une coïncidence...

En ce qui concerne l’efficacité contraceptive de Diane, rétrospectivement j’en tremble... d’autant que j’ai eu l’occasion de constater depuis que je suis enceinte très très facilement (une seule fois suffit à n’importe quel moment !).
Depuis, j’ai eu une autre gynéco qui, entre autres méthodes, m’a proposé... le retrait !!! Hé oui ! Ça existe encore !!

J’ai eu un diaphragme, très pratique mais qui me provoquait des infections urinaires ; dommage.

Oui, hélas c’est fréquent (le bord du diaphragme appuie sur l’urètre et favorise la remontée des microbes, c’est pour ça...)

J’ai trouvé les spermicides très biens mais si vous dites que ça augmente la sensibilité aux infections... là ça me refroidit tout à coup.

Quand on en utilise souvent (3 fois par jour ou plus) au point que ça entraîne une irritation (il y a des couples qui font ça très, très souvent...). Mais pas quand c’est utilisé de manière plus espacée (1 fois par jour). Donc, ne vous inquiétez pas.

J’ai aussi utilisé brièvement une cape, vraiment très bien sauf qu’elle avait tendance à se remplir d’un liquide blanc un peu inquiétant... (je ne sais pas si vous en parlez dans votre bouquin)

Non, mais ce sont les sécrétions (naturelles) du col, qui sont fluides et transparentes quand elles se mélangent au liquide vaginal, mais qui peuvent avoir l’air de "lait caillé" quand elles s’accumulent dans la cape (qui les recueille parce qu’elle obture le col, forcément).

Là, il y a un paquet d’années que je n’ai (hélas !!) pas de problème de contraception mais dès que je rencontre mon Prince, promis, j’achète votre bouquin et je me penche sérieusement sur la question !!

Pour terminer, je voulais vous remercier pour votre site et son activité. (Je passe l’adresse à toutes mes copines.) Merci de publier tant que choses sur la contraception et la santé mais aussi sur les conditions d’accouchement en France qui sont, à mon avis, révoltantes ; j’aurais beaucoup de choses à dire et raconter sur la question, c’est d’ailleurs pour ça que mes deux enfants sont nés à la maison. Comme j’ai eu pas mal de déboires avec des médecins et leur foutue manie de vouloir avoir le pouvoir et de prendre leurs patients (et surtout leurs patientes !!) pour des gosses irresponsables je suis vraiment bien placée pour être sensible à vos points de vue.



- Risque de grossesse sans pénétration ?

La question que je voudrais vous poser peut sembler idiote, cependant, elle me tracasse beaucoup...
Voila :
Est-ce que de simples attouchements (c’est-à-dire frottements des parties génitales l’une contre l’autre) sans qu’il y ait eu pénétration et éjaculation, peuvent suffire à aboutir à une grossesse, sachant qu’il n’y a eu aucun moyen de contraception ?
On dit que le liquide séminal contient des spermatozoïdes ? Est-ce prouvé ? Y aurait-il donc un risque ?
Cela peut paraître insensé, mais j’angoisse à cette idée...
L.

La question que vous posez n’est pas idiote du tout. Comme les spermatozoïdes savent "dans quelle direction nager", une grossesse à la suite d’une éjaculation à l’entrée du sexe féminin est théoriquement possible. Ca s’est vu chez des jeunes femmes qui n’avaient jamais été pénétrées - elles avaient encore leur hymen, la fine membrane que certaines jeunes filles (pas toutes) ont à l’entrée du vagin. L’hymen n’est pas imperméable, il est plus ou moins criblé de trous (qui laissent passer les sécrétions et les règles, entre autres) et peut donc laisser passer les spermatozoïdes.

Quand au liquide séminal, oui bien sûr il contient des spermatozoïdes, mais il faut quand même que l’homme en émette beaucoup, et juste au bon endroit (à l’entrée du vagin, juste entre les grandes lèvres). Donc, qu’il éjacule. S’il n’éjacule pas... la probabilité d’une grossesse est tout de même très, très faible...
Et non, ça n’est pas insensé d’angoisser pour ça. La sexualité, c’est quelque chose de compliqué. Et il vaut mieux s’angoisser pour rien que se retrouver dans les difficultés parce qu’on ne s’est pas posé de question...



- Migraine et pilule (Trinordiol)

Je souffre de migraines intenses, avec trouble de la vision, mal de tête, ça dépend mais souvent autour des tempes, une crise pendant laquelle je ne bouge plus mon bras (ma langue, ma bouche, mon visage), c’est souvent le côté droit qui prend ; je vomis souvent après une à deux heures de crises (souvent après la prise de médicaments) et je me mets à délirer (autant que quand mon ami a trop bu) et je fais n’importe quoi (je tombe du lit, je me cogne partout, ça c’est moins drôle).
Et je me rappelle très rarement de ce qui c’est passé pendant mes crises...

Je prends un « traitement de fond » de la migraine (du Propanolol) ; Ça arrive n’importe quand dans le mois, et dans l’année, dans la journée, je fais entre deux et 6 crises par an... Je prends la pilule (Trinordiol) et après avoir lu ContraceptionS mode d’emploi, mon ami m’a conseillé de changer de pilule, mais ma gynéco m’a rembarrée. Je fais autant de crises depuis que je prends la pilule, mais elles sont plus fortes. Quand j’en fais une, la seule chose qui me soulage, c’est le Nefopam [1] en piqûres.
Que me conseillez vous ?
C.

En principe, une jeune femme qui a des crises de migraine avec aura neurologique (c’est votre cas) ne devrait plus prendre de pilule oestroprogestative... le risque est que l’oestrogène de la pilule, ajouté aux symptômes de la migraine, ne provoque un trouble neurologique grave. Pas la semaine prochaine, mais au fil des années, de manière imprévisible.

Vous devriez prendre une pilule sans oestrogène (Cérazette, Microval), mais sûrement pas une pilule comme Trinordiol. Et si votre gynécologue vous rembarre, il faut changer de gynécologue, car on ne rigole pas avec ça. Le plus tôt serait le mieux. Je pense que le fait de vous avoir prescrit du Trinordiol sans s’inquiéter de l’intensité de vos migraines est, de la part de la gynéco, une faute professionnelle. D’autant plus que vos crises sont plus fortes, ce qui est aussi une incitation très grande à ne plus prendre ce type de pilule.

Je ne suis pas "terroriste" de nature, mais je pense sincèrement qu’il faut que vous changiez de pilule dès que possible et optiez pour une pilule progestative.
Un généraliste peut vous prescrire Cérazette (aussi efficace que Trinordiol, et qui se prend chaque jour, 365 jours par an) et qui ne vous posera pas de problème.
Inconvénient : elle n’est pas remboursée.

Si vous voulez une pilule progestative remboursée, vous pouvez vous faire prescrire Microval, avec laquelle la sécurité est un peu moins grande, mais si vous la prenez chaque soir sans l’oublier, vous serez tranquille.

L’autre option, c’est l’implant, très très efficace, remboursé intégralement et qui n’aura pas non plus d’effet sur vos migraines, sinon... d’en diminuer la fréquence (toutes les femmes migraineuses à qui j’en ai posé me remercient...), et vous serez tranquille pendant 3 ans sans prendre de comprimés... et probablement sans avoir besoin de prendre des antalgiques lourds.

Evidemment, vous pouvez continuer le Propranolol en même temps, mais souvent, les migraineuses qui ont un implant ou prennent la pilule en continu (celles qui n’ont pas des symptômes aussi importants que vous) n’ont pas besoin de traitement de fond de leur migraine.



- DIU et césarienne

Je vais avoir 37 ans et une hygiène de vie normale. J’ai eu trois enfants par césariennes. Jusqu’à présent, aucun gynécologue n’a souhaité placer un DIU car il "risquait de migrer vers les cicatrices de l’utérus". Mais je ne supporte plus la pilule car mes migraines sont importantes avant les règles. Le lien semble établi entre pilule et migraine à l’approche des règles. Mon gynéco vient de m’informer qu’un nouveau DIU était sorti et que je pouvais l’utiliser. Après avoir entendu tant de mauvaises choses, je suis un peu inquiète bien que très décidée à franchir le pas. Quels conseils pourriez vous me donner ?
Quel est le meilleur DIU pour mon cas ?
C.

Le préjugé envers la pose de DIU après césarienne est purement fantasmatique, et purement français. En Angleterre, aux USA, on pose des DIU aux femmes ayant eu une césarienne 6 à 8 semaines après l’accouchement. C’est une question de bon sens, et vous allez comprendre pourquoi.

Qu’est-ce qu’une césarienne ? Une incision faite sur l’utérus pour extraire un bébé. Cette incision est recousue après la naissance avec un soin et du fil assez solide... pour qu’un bébé suivant puisse dilater de nouveau l’utérus sans la faire craquer. Comment pourrait-on imaginer qu’un DIU (en plastique, long de 3 cm sur 1,5 de large) puisse "migrer dans une cicatrice" parfaitement recousue, d’autant que cette cicatrice se trouve sur la partie inférieure de l’utérus (entre le col et le corps) et que le DIU est tout au fond de la cavité utérine, donc beaucoup plus haut.

Vendredi dernier, j’ai posé un Mirena (le DIU ayant le diamètre le plus large) à une femme de 1,55 m ayant eu deux césariennes pour un bassin trop étroit. Le DIU lui avait été prescrit par un confrère. Donc, dans l’hôpital où je travaille, nous étions au moins deux à ne pas penser que c’était dangereux. Et ça s’est passé sans encombre, alors que nombreux sont les médecins qui prétendent qu’on ne peut pas poser un Mirena à une femme qui a eu une césarienne (en raison de l’étroitesse du col, soi-disant).

Personnellement, en 20 ans de pratique et 10 ans depuis que le Mirena existe, ça n’a jamais posé de problème, à partir du moment où la femme était prévenue, préparée et où on lui avait expliqué et montré précisément en quoi consistait la pose...

Autrement dit : on peut parfaitement vous poser n’importe quel DIU, et les césariennes n’y changent rien. Les deux DIU de référence pour une femme ayant déjà eu au moins un enfant sont le TT 380 au cuivre (autorisé aux USA pour être laissé en place... 12 ans !) et le Mirena (hormonal), efficace 5 à 7 ans, qui a l’avantage de diminuer le volume des règles et de traiter un éventuel syndrome menstruel (douleurs, règles abondantes) chez les femmes qui en souffrent.

C’est à vous de choisir l’un ou l’autre en fonction du confort que vous désirez, pas au gynécologue. Si vous préférez avoir peu ou pas de règles, le Mirena est fait pour vous. Si vous préférez avoir des règles tous les mois, c’est plutôt l’autre qui vous conviendra.

Je viens d’avoir les dernières explications de mon gynécologue au sujet de la pose d’un DIU après trois césariennes. Elle me propose de poser le "Sertalia" qui est de taille plus petite et donc plus facile à installer et à passer sur un col qui n’a jamais été dilaté. Selon elle, le TT 380 ou le Mirena sont trop gros et pourraient poser des problèmes à la pose. Il ne dure que 3 ans, les règles au début sont abondantes et l’efficacité est la même.
C.

Je pense qu’il est dommage qu’il ne vous propose pas un DIU plus efficace (et plus longtemps) que le Sertalia, surtout si vous n’avez pas l’intention d’avoir d’autres grossesses dans l’immédiat.

Il m’arrive couramment de poser un TT380 ou un Mirena aux femmes qui ont eu des césariennes, au besoin en leur faisant prendre de l’ibuprofène ou du Ponstyl 2 heures avant la pose (pour éviter une contraction pendant la pose), et ça se passe très bien. Personnellement, je ne pose plus de Sertalia car on voit beaucoup d’échecs de Sertalia dans le centre d’IVG où je travaille. Et il est moins facile à poser (surtout à une femme dont le col est étroit) que le TT ou le Mirena, qui se replient à l’intérieur de leur tube d’insertion - alors que le Sertalia, non : il faut le poser déplié, ce qui est plus délicat.

Voici ci-dessous, une photo des DIU. Dans l’ordre :
en haut à gauche, le TT 380 (avec du cuivre sur les trois branches)
en haut à droite, le Gynefix (non disponible en France)
en bas à gauche, le Sertalia
en bas au milieu, le MLCu ou Gynelle
en bas à droite, le UT 380 (le Mirena a la même forme que le UT, mais une branche verticale plus large, car elle contient l’hormone).

Les branches du TT 380 se replient avant la pose, les branches du UT aussi. En revanche, les branches du Sertalia ne se replient pas (à cause de la "boule" qui est au sommet du DIU), et on doit tout faire pénétrer en force par le col. Si le col est trop serré, parfois, ça ne passe pas, ou pas bien. De sorte que le DIU n’est pas entièrement passé. Ce qui peut provoquer des douleurs, des saignements ou... un échec. Voilà pourquoi je n’en pose plus - ni au femmes sans enfants, à qui je pose le UT "short" (court) ; ni aux femmes en ayant eu, à qui je pose un TT 380 ou un Mirena.
Voilà, vous avez tous les éléments en main. Je pense que ça mérite d’être discuté avec votre gynéco avant de faire un choix.



- Contraception par injection

C’est pour une question qui me ’trotte’ dans la tête depuis 30 ans que je vous écris !
Donc, en 76/77 j’étais militaire à la Réunion, et un copain sortait avec une jeune femme réunionnaise. Lorsque nous avons parlé avec mon ami de la contraception de son amie, il m’a dit qu’elle avait une piqûre, une fois par mois, un procédé en cours au Etats-Unis ! Je doutais fort, ainsi que mon ami, il y a du y avoir une discussion avec son amie un peu orageuse...mais un docteur à la Réunion a confirmé le procédé !
Ma question, est ce vrai ? Pourquoi cela existait-il à la Réunion et pas en France métropolitaine ?
D.

La piqûre en question existait aussi en France (et existe encore) : il s’agit de progestatifs injectables sous forme "retard" (il y a deux marques : Depo-Provera, Noristerat). Sauf erreur de ma part, La Réunion a longtemps été le "fief" (littéralement, car les TOM ont toujours été considérés comme des possessions par les élus métropolitains) de Michel Debré, qui fut Ministre de l’Intérieur, farouche opposant de la contraception en France... mais vif partisan du contrôle des naissances à la Réunion. En France, ce type de contraception était "réservé" (pour ne pas dire imposé) aux malades psychiatriques internées en France, mais rarement proposé aux autres femmes.

En 1976-1977, on redoutait que les femmes vivant en France métropolitaine contrôlent leur fécondité (les opposants à la contraception et à l’IVG brandissaient déjà le spectre de la baisse de natalité et du vieillissement de la population). En revanche, on préférait que les femmes réunionnaises le fassent... Ca coûtait probablement moins cher que de payer des allocations familiales et d’ouvrir des écoles.

L’idée que les femmes pouvaient choisir, individuellement, leur contraception n’était pas admise, loin de là, même si certaines femmes voyaient là, bien sûr, une liberté importante, car les progestatifs injectables sont une contraception très efficace (cela dit, ils peuvent avoir des effets secondaires gênants, comme des troubles des règles, lesquels ne cessent que lorsque la substance a été complètement éliminée par l’organisme, ce qui justifie de prévenir les femmes et de leur laisser le choix d’y avoir recours ou non). Il faut savoir aussi que les femmes réunionnaises (et aussi aux Antilles et en Guyane) étaient soigneusement "convaincues" (par diverses méthodes) d’avoir recours aux injections de progestatifs, ce qui permettait (contrairement à la pilule, qu’elles auraient pu arrêter spontanément) de s’assurer qu’elles n’étaient pas enceintes.

Votre question n’est donc pas du tout hors sujet : elle met en lumière les pratiques plus que discutables (deux poids, deux mesures) de nos dirigeants et des médecins qui ont plus souvent fait en sorte de faire plier les femmes à la contraception, en fonction de leur milieu social ou des choix politiques, et non d’adapter la contraception aux femmes.



- Arrêt de pilule au bout de 2 semaines

Je souhaiterais savoir s’il m’est possible d’arrêter la pilule avant la fin de ma plaquette, soit à la fin de la 2e semaine au lieu de la 3e. Pour de simples (je le reconnais !) raisons de convenance, je souhaiterais avoir mes règles avant de partir en voyage pour 3 semaines (sac à dos, et beaucoup de marche en Asie !) pendant lequel je n’ai pas du tout envie d’avoir mes règles !
Je sais qu’il est recommandé dans ces cas là de poursuivre au contraire la pilule en enchaînant 2 plaquettes, mais je l’ai déjà fait et je ne me sens pas très bien quand je le fais... en fait, mes symptômes prémenstruels sont doublés (seins gonflés, ventre lourd, prise de poids) !

Est-ce possible ?
Aurais-je la garantie d’avoir mes règles dès l’arrêt de ma pilule ?
Suis-je certaine de ne pas avoir mes règles au 21e jour (soit pendant mes vacances ??)
I.

La réponse est oui, vous pouvez arrêter n’importe quand en vous rappelant qu’il suffit d’arrêter 4 jours seulement pour que des saignements apparaissent (ce qui donc ne compromet pas l’efficacité de la pilule, et ça peut être souhaitable si vous avez eu des rapports sexuels juste avant de l’arrêter). Si vous avez toujours vos règles pendant la semaine d’arrêt, il n’y a aucune raison qu’elles n’apparaissent pas si vous arrêtez au bout de 15 jours au lieu de 21....

PS : Les raisons de "convenance" n’en sont pas : il s’agit de confort, et c’est parfaitement légitime de vouloir se sentir bien en utilisant la pilule au mieux de ses possibilités. Donc, ne vous sentez nullement coupable d’adapter la pilule à votre vie. C’est comme ça qu’il faut faire.


[1Antalgique majeur dérivé de la morphine

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