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L’éthique dans les séries télé : une émission radio hebdomadaire en ligne sur Radio Créum

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Le papier va-t-il disparaître ?
"Odyssée", France Inter, 24 février 2003
Article du 10 février 2005

Outre les innombrables journaux, magazines et livres, outre le papier blanc et le papier quadrillé, tous les objets que nous achetez comprennent au moins une étiquette portant le prix, ou un mode d’emploi. Du ticket de métro à la déclaration d’impôts en passant par le procès verbal ou la facture, la carte de visite et le chèque, le papier reste à ce jour le support numéro un de l’information et ce ne sont ni l’écran de l’ordinateur, ni le CD, ni le DVD qui le remplaceront.

Pourquoi ?

Parce que le papier, c’est léger, facile à utiliser que ce soit pour lire et écrire, et qu’avec beaucoup de feuilles de papier on arrive a faire de gros livres qui restent peu encombrants. Et on n’a pas besoin d’ordinateur pour lire une feuille de papier.

Avant le papier, en Egypte entre les Ve et le IIIe siècle avant J.C., on fabriquait du papyrus à partir de la plante du même nom. Le papier, lui, a été inventé en Chine au début du IIe siècle de notre ère et, gardé secret, a mis 500 ans à parvenir jusqu’au Japon, et encore trois siècles pour arriver en Europe et dans la Méditerranée.

On commence à fabriquer couramment du papier à Valence en Espagne, au 12e siècle, en Italie au XIIIe siècle , en France au XIVe siècle, en Angleterre à la fin du XVe siècle. Le principe de la fabrication du papier est simple, il réside dans le martelage des fibres végétales jusqu’à ce qu’elles soient transformée en pâte, puis lavées et débarrassées de leurs déchets dans un bain de chaux (ou « chaux éteinte »), et enfin séchées sous formes de feuilles. On peut aussi en faire à partir du coton, du lin et du chanvre, autrement dit de la plante de cannabis mais les neuf dixièmes du papier fabriqué dans le monde le sont aujourd’hui à partir du bois.

Une fois fabriqué, on lui ajoute de la résine de colophane et du sulfate d’aluminium, afin qu’il soit blanc, lisse et ne boive pas l’encre. C’est ce processus dit « d’encollage » qui fait courir au papier le plus grand risque. Au contact de l’air humide, le sulfate d’aluminium se transforme en acide sulfurique. Comme la technique de fabrication du papier n’a pas changé depuis 1850, le papier de centaines de milliers de documents devient acide avec le temps et s’auto-détruit. C’est cela qui menace le papier de disparition, et non les systèmes informatiques.

Dans leur Saga du papier, Pierre-Marc de Biasi et Karine Douplitzky rappellent que sur 2,6 millions de livres et périodiques français publiés entre 1875 et 1960 et conservés à la BNF, 90 000 documents sont irrémédiablement perdus, 900 000 en danger immédiat (fragiles et incommunicables) et 700 000 en danger à moyen terme (fragilisés et communicables avec restriction) : au total, près de 65 % du patrimoine écrit se trouvent menacés de disparition.

Aujourd’hui, il existe deux autres formes de papier : papier sans acide et papier permanent, qui ne coûtent pas plus cher que le papier classique et qui sont, de plus, moins agressifs pour l’environnement. Le papier permanent n’a que des avantages : sa fabrication est plus propre et consomme moins d’eau et d’énergie, et il est recyclable et biodégradable.

Est-ce que cela suffira à éviter la disparition des livres ? Oui, à deux conditions : d’abord, qu’on commence à l’utiliser systématiquement. C’est le cas aux Etats-Unis et au Canada, mais il n’est pas sûr que ce soit le cas en France (en tout cas, je n’ai pas trouvé de chiffres qui l’indiquent, si les auditeurs [1] en savent plus sur le sujet, je suis preneur !) et aussi que l’on mette également au point une encre indélébile, résistante à l’air et à la lumière. Car la poudre d’encre des photocopieuses, par exemple, qui concerne 99% des documents écrits, a une durée de vie brève. Si l’on ne trouve pas mieux, d’ici un siècle ou deux, nous aurons toujours nos documents en papier permanent, mais ils seront constitués de pages blanches...

La saga du papier, par Pierre-Marc de Biasi et Karine Douplitzky, Adam Biro et Arte Editions, 2002


[1et les lecteurs

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