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Juste après dresseuse d’ours - par Jaddo

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Opinion unique, arrogance et tutti quanti
par J-F G et Martin Winckler
Article du 1er février 2005

De temps à autre, des confrères m’écrivent pour me faire part de leur désaccord avec le ton que j’emploie. Je leur réponds, et comme ce site est un site de dialogue et d’échange, je publie la correspondance. En voici une toute récente.

MW


Bonjour cher confrère,

Je prends une minute pour vous confier un doute qui me chiffonne depuis quelques temps à la visite de votre site. Seriez-vous un prosélyte du DIU ?
Je m’explique : non que j’y sois moi-même opposé, bien au contraire, mais j’ai l’impression que vous privilégiez systématiquement CE mode de contraception par rapport aux autres.

Comme tout traitement médical il a ses avantages et ses inconvénients, et vous semblez régulièrement minimiser ces derniers. Dans ma petite expérience de médecin remplaçant, j’avoue avoir été assez souvent confronté à des problèmes (douleurs persistantes TRES longtemps après la pose, métrorragies abondantes etc...) D’autre part, concernant les femmes nullipares, vous avouerez qu’il s’agit surtout des femmes les plus jeunes, à l’âge où l’on découvre la sexualité, à l’âge des partenaires multiples. Elles me semblent donc plus concernées par les risques de maladie inflammatoire pelvienne. Cela est d’ailleurs repris dans la mise au point de l’ANAES ("... risque plus important chez les femmes les plus jeunes < 25 ans, aux partenaires multiples...")

Si il n’existe aucune contre-indication, et si il s’agit d’une demande d’une jeune patiente, pourquoi pas le DIU ? Mais n’en faisons tout de même pas l’apologie. C’est un moyen parmi d’autres. Point.

Par ailleurs, vous avez une fâcheuse tendance à l’arrogance, qui à mon avis n’est pas étrangère à votre mauvaise publicité auprès des confrères, notamment spécialistes.
Vous n’arrêtez pas de colporter l’idée que les médecins français sont des nuls, qu’ils ne se forment jamais et restent accrochés à leurs vieux cours. Mais c’est souvent faux. La plupart des médecins que je connais, et remplace, vont régulièrement à des formations post-universitaires, et sont abonnés à des revues médicales. Certains, dont je suis, recherchent même parfois sur des bases de données anglo-saxonnes (ex : PUBMED). Et oui...

Seriez-vous donc le seul à savoir pratiquer la médecine en France ? Excusez-moi, mais c’est un peu ce que reflètent vos propos. Et je ne parle pas des insultes (les médecins français sont des sales cons etc...)

De plus il est toujours plus facile d’être très pointu dans un seul domaine que l’on a choisi. Je n’ai pas la prétention de connaître aussi bien que vous la gynécologie, certes, mais je suis généraliste. Etes-vous aussi infaillible en cardiologie ? en neurologie ?

Voilà, sinon vos bouquins sont plutôt sympas, et votre site contient pas mal d’articles intéressants. C’est super de tenir un site web, mais n’en faites pas une tribune pour opinions uniques.
Amicalement,
J-F G (38)

S’il vous plaît, cher JFG,

Ne confondez pas l’arrogance et la colère ; c’est la colère qui m’anime, pas le mépris (le mépris de nombreux gynécologues à l’égard du "petit généraliste qui se mêle de contraception" est lui, en revanche, patent...).

Ne confondez pas le prosélytisme et la réhabilitation ; le DIU a besoin de réhabilitation, et bien sûr il n’est pas fait pour toutes les femmes, mais celles qui ne le tolèrent pas sont peu nombreuses en regard de celles qui pourraient le tolérer très bien et à qui on le refuse (il suffit de regarder les chiffres de prescription). Et il faut toujours se battre plus fort contre les idées reçues que dans le sens du vent...

Ne confondez pas non plus site de propagande et site d’information et d’opinion (sur ce site, il y a des informations et des opinions, j’indique clairement ce qui est quoi ; quand on m’interpelle je publie les interpellations, et quand je commets une erreur manifeste, je publie un rectificatif...).

Et surtout, ne confondez pas nos opinions (probablement très proches) avec le vécu des nombreuses femmes qui m’écrivent : pour la plupart, elles se sont colletées à des praticiens peu scrupuleux. Sinon, elles ne s’adresseraient pas par e-mail à un type qu’elles n’ont jamais vu mais qui leur répond sincèrement et intelligiblement, alors que les praticiens qu’elles ont sous le nez ne leur répondent pas du tout. Il vous suffira de consulter la rubrique "questions/réponses" de mon site pour que vous constatiez à quel point les confrères qui ne répondent pas aux questions et ne se tiennent pas au courant des réponses sont nombreux. Trop nombreux.

C’est sur eux que je tape (verbalement, mais il paraît que la vérité fait mal). Pas sur ceux qui portent la plus élémentaire attention à leurs semblables. Je suis ainsi fait : je parle, j’écris, je tempête, je m’emporte.

Il faut dire qu’à mes yeux, une IVG comme conséquence de l’absence d’information ou de la contre-information, ça n’est pas un détail "mineur". Hier encore, une sage-femme me confiait que dans l’hôpital où elle exerce, le chef de service s’oppose à ce qu’on pratique des IVG. Comme si le service lui appartenait (alors qu’il s’agit d’un service public...) Son argument ? "Les femmes vont bien faire leurs courses à L. [la grande ville la plus proche, située à 40 kilomètres...], elles peuvent bien aussi y aller se faire avorter."

Ne croyez vous pas que ce type-là mériterait qu’on lui mette un poing dans la gueule ? En tout cas, il ne mérite pas qu’on se confie à lui. Malheureusement, dans le secteur où il sévit, la plupart des femmes n’ont pas le choix. Personnellement, je ne trouve pas anti-déontologique, ni anti-confraternel, ni insultant de dénoncer ce genre de comportement. Ce sont les types de ce genre qui sont insultants, anti-déontologiques et inexcusables.

Amicalement,
Martin Winckler

PS : Je ne me sens pas infaillible en tout (et je ne parle pas de tout avec la même vigueur) et d’ailleurs, je ne me crois infaillible en rien. Mais en gynécologie, j’ai beaucoup lu. (Plus que les gynécologues qui continuent à ne jurer que par la pilule ou à terroriser leurs patientes.) Seulement, comme je sais pertinemment que je ne suis pas infaillible, même en gynécologie (car le savoir évolue sans cesse), je continue à lire... et à partager ce que j’ai lu. Si partager, c’est arrogant, on ne doit pas avoir le même dictionnaire.

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