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Contraception : Questions / Réponses 23
Article du 30 janvier 2005

Les sujets abordés cette semaine :
- Cérazette
- HPV
- Pilule et Surdité
- Ovules contraceptifs
- Nova T 200 ou UT 380 ?
- Saignements sous Implant



- Cérazette

J’ai 28 ans et, souffrant de migraines ophtalmiques dont la fréquence augmente systématiquement sous pilule oestro-progestative, j’avais renoncé à une contraception orale (et utilisais seulement les préservatifs...).
Suite à la lecture de votre livre, j’ai demandé à mon médecin (je réside en Italie) de me prescrire
Cérazette. Il a accepté en me mettant en garde sur le fait que Cérazette n’est pas un moyen de contraception fiable... Je ne sais plus quoi faire !!!
D’autre part il m’a conseillé d’attendre 15 jours d’utilisation avant d’avoir des rapports non protégés. Concordez-vous ?
AG

Cérazette est une excellente contraception, extrêmement fiable (et d’autant plus fiable que la femme a dépassé 30 ans, or, vous n’en êtes pas loin) - beaucoup plus que les anciennes pilules progestatives. Comme toutes les pilules progestatives, il est recommandé de la prendre à heure fixe (à trois heures près : son activité dure 27 heures) car son principal mode d’action est d’épaissir les sécrétions du col de l’utérus pour empêcher les spermatozoïdes de passer, et non de bloquer l’ovulation (comme les pilules classiques).

Mais chez un certain nombre de femmes (97%, d’après John Guillebaud, spécialiste mondial de la contraception), Cérazette bloque AUSSI l’ovulation, même si des "règles" apparaissent que de temps à autre chez les utilisatrices (beaucoup d’utilisatrices, il faut le savoir, n’ont pas de règles tous les mois avec Cérazette : d’après Guillebaud, au bout d’un an d’utilisation, 50 % des utilisatrices n’ont pas de règles, ou des règles environ 2 fois par trimestre).
Guillebaud insiste sur le fait que comme Cérazette bloque l’ovulation, un oubli de moins de 12 heures n’est pas plus grave qu’avec une pilule classique.

Deux conseils :

1° l’effet contraceptif local (épaississement des sécrétions) s’installe au bout de quatre heures seulement après la prise d’un comprimé , vous pouvez donc être tranquille et considérer que vous êtes protégée au bout de... 2 jours (en étant large !)

2° pour que vous soyiez tranquille, et pour ne pas l’oublier, faites en sorte de prendre votre pilule chaque jour au moment où vous faites toujours la même chose (prendre un café, vous maquiller ou vous démaquiller, vous brosser les dents) - une chose que vous faites tous les jours sans faute. Cela peut être le matin ou le soir. La prendre le matin permet de rattraper l’oubli dès qu’on s’en rend compte, et comme beaucoup de gens ont plus souvent des rapports sexuels le soir que le matin, si vous la prenez à onze heures au lieu de 8 heures, vous êtes tranquille... ! Bref, à vous de trouver le moment propice.

Je ne sais pas quelles sont les habitudes en Italie, mais si la prise quotidienne de Cérazette est trop contraignante et angoissante, le recours à un Implant ou à un DIU pourrait être une option meilleure - et ni l’un ni l’autre n’aura d’effet sur vos migraines.



- HPV

J’ai 32 ans. Je viens d’apprendre que je suis porteuse du virus HPV. En fait, je le suis sûrement depuis au moins un an, mais ma gynéco n’a pas jugé utile de devancer mes questions et de m’expliquer le problème à l’époque. Ma question : dois-je en informer les deux personnes avec lesquelles j’ai eu des relations sexuelles non protégées depuis 2 ans ? Y a-t-il des risques pour eux ? A quoi dois-je m’attendre avec ce virus ?
M.

D’abord : pas de panique. Le HPV, ça n’est ni le virus du sida, ni le virus de l’hépatite B.

Le virus HPV (Human Papilloma Virus) est un virus très fréquent, autant que le virus du rhume (en fait, il y en a 70 variétés) très contagieux, qui se transmet par contact sexuel mais souvent ne donne aucun symptôme. Certaines variantes (HPV 6 et 11) provoquent sur les organes sexuels des verrues assez laides qu’on appelle les « végétations vénériennes » (et qui se soignent par laser ou azote liquide ou application de produits spécifiques) mais sont sans danger (sinon leur contagiosité).

D’autres HPV sont associés à une augmentation du cancer du col de l’utérus (les variétés 16, 18, 30 et 33, en particulier). Mais la plupart des femmes qui en sont atteintes ne font pas de cancer du col.
La plupart des infections par HPV disparaissent sans traitement et ne laissent aucune séquelle. Comment a-t-on découvert le HPV chez vous ? Aviez-vous des symptômes, ou vous a-t-on fait faire des examens qui l’ont révélé ?
La seule chose à faire (mais on vous dirait de le faire de toute manière) est de pratiquer un frottis du col régulièrement (tous les 3 ans si vous n’avez qu’un partenaire sexuel qui lui-même n’en a qu’une ; tous les ans si vous n’avez pas une relation strictement monogame, ou chaque année pendant 2 ou 3 ans si vous changez de compagnon).

Vous pouvez, effectivement, prévenir les personnes avec qui vous avez eu des relations sexuelles, essentiellement pour qu’ils incitent leurs partenaires féminines à bénéficier d’un frottis, si elles ne le font pas déjà (et en leur relayant ce message, pour que ce soit parfaitement clair). Les hommes transmettent les HPV virus, mais c’est le col de l’utérus des femmes qui (parfois) en souffre. Ne les culpabilisez pas : ces virus sont si contagieux et si bénins que tout le monde en est porteur peu ou prou.

Et rappelez-vous ceci : le frottis de dépistage ne recherche pas des cancers du col (qui mettent 7 à 8 ans à apparaître après une infection par HPV - et pas chez TOUTES les femmes) ; il recherche des anomalies des cellules du col qui sont soignées par des traitements locaux AVANT de devenir un cancer.



- Pilule et Surdité

J’ai 19 ans, et malheureusement une surdité partielle de transmission (c’est à dire que l’oreille interne est lésée, très probablement par attaque virale tandis que ma mère était enceinte). Je relis soigneusement sur le papier de mon orl que les oestrogènes font partie de la liste des médocs dit oto-toxiques, et personnellement, je n’ai pas du tout envie d’hypothéquer bêtement mon avenir : plus tard j’aimerais être interprète, je fais trois langues Italien-Anglais-Grec dans lesquelles j’excelle, je veux faire du droit franco-italien.... Bref vous vous en doutez une bonne oreille est vitale dans ce type de profession.

Casse tête car quel gynéco acceptera de ne prescrire une contraception autre que la pilule à une tête de linotte qui en plus a une contre-indication aux oestrogènes ? Même si il est permis sur ce papier d’en utiliser en choisissant la plus petite dose possible, je n’ai pas envie d’hypothéquer mon avenir. Et je ne pense pas que mon orl sera chaud à ce que je prenne la pilule, car sur le long terme il y a quand même un risque (si c’est sur la liste des médicaments toxiques pour le nerf auditif, ce n’est pas pour des prunes). Bref casse tête chinois.


G.

Vous avez au moins trois options contraceptives : une pilule sans oestrogènes (il y en a au moins trois : Cérazette, Microval, Milligynon), un implant contraceptif, Implanon (qui ne contient pas d’oestrogènes non plus) et un DIU au cuivre. Aucun n’aura d’effet sur votre audition.

A priori, votre gynéco ne devrait pas vous refuser les deux premiers (pour le DIU, il risque de sauter au plafond), mais s’il/elle est très obtus(e), il y a d’autres gynécos...



- Ovules contraceptifs

J’ai entendu parler pour la première fois d’ovules contraceptifs. Je voudrais avoir des informations sur ce mode de contraception et si je peux me le procurer directement a la pharmacie sans passer par le médecin.
D.

Oui, absolument, ça s’achète en pharmacie sans ordonnance. Il y a des ovules (Pharmatex) ou de la crème (avec un applicateur comme les tampons hygiéniques) Pharmatex aussi, ainsi que des "éponges" Pharmatex, qui se posent comme un tampon et sont très confortables, puisqu’on peut les mettre plusieurs heures à l’avance. Mais toutes ces méthodes coûtent très cher, elles ne protègent pas contre les MST, et elles sont plus efficaces si on les utilise avec des préservatifs. Ce que je conseille le plus souvent, aux utilisatrices de préservatifs, c’est, quand elles ne veulent pas en utiliser (parce que leurs règles viennent de se produire, ou qu’elles ont (pensent-elles) dépassé la date "à risque" de leur ovulation, c’est d’utiliser des spermicides lorsqu’elles n’utilisent pas de préservatif. C’est plus prudent...

Les noms de marques : ALPAGELLE, CHLORURE DE BENZALKONIUM THERAMEX,GENOLA, PATENTEX, PHARMATEX, SEMICID



- Nova T 200 ou UT 380 ?

Mon second fils est né le 13 septembre dernier. Depuis j’attends mon retour de couches, retardé par l’allaitement. Mon mari -et moi aussi, il faut bien l’avouer ! - se lasse des préservatifs et autres spermicides. Nous décidons donc d’insister auprès de ma gynéco pour un DIU, mettant en avant le fait que mon utérus a bien repris place et taille d’origine et malgré l’absence de règles pour l’instant. Elle accepte et me prescrit un Nova T.

Habituée à vérifier les ordonnances avant toute consommation suite à plusieurs "étourderies" de médecins (je suis allergique à certains médicaments et j’ai des antécédents d’ulcère de l’estomac), je vais donc faire un saut sur le net et tombe - entre autres - sur votre article concernant l’efficacité des DIU. Je fais part de mes doutes suscités par ces articles à ma gynéco qui me rit au nez : si c’était vrai, ça se saurait ! En tout cas ça va bien faire rire le labo !

J’ai quand même obtenu qu’elle prenne en compte mes inquiétudes. Du coup - moyennant 25€ ! - elle m’a fait une ordonnance pour un UT 380 mais en me précisant qu’il est moins souple et qu’il y a plus de risque d’endommager l’utérus (perforations ?) avec ce modèle. Alors me voilà entre un risque de grossesse accru dans quelques temps ou un risque de perforation de mon utérus ? Je ne suis qu’une simple patiente, moi ! je ne demande rien d’autre qu’une contraception pas contraignante, durable parce que nous ne savons pas encore si nous ferons d’autres enfants et si oui, ce n’est pas pour demain....

Ce qui m’amène à ma question idiote ! Pourquoi ma gynéco ne jure-t-elle que par le Nova T et est-elle réticente à l’UT 380 ? Ai-je eu raison de la faire changer ? Pouvez-vous m’éclairer sur les différences entre les 2, mise à part la quantité de cuivre ?
C.

L’attitude de certains gynécologues est atterrante.

1° On aurait pu vous poser un DIU dès la fin du 2e mois qui suivait l’accouchement (oui, même si vous av(i)ez eu une césarienne).

2° le UT 380 A LA MËME FORME QUE LE Nova T 200, mais avec 2 fois plus de cuivre : en fait, c’est la copie conforme du Nova T 380, commercialisé sous ce nom à l’étranger. Donc, elle n’aura aucun mal à le poser (ça ne changera pas ses habitudes, et pour perforer un utérus avec un DIU en plastique souple, il faut vraiment y mettre du sien ou être une brute)... Mais elle n’en a jamais vu, voilà pourquoi elle renâcle (c’est pas une excuse, juste une explication).

3° "ça se saurait". Et bien ça se sait, mais elle, elle ne le sait pas. Et si le labo continue à commercialiser le Nova T en France, alors qu’il a été retiré du marché partout dans le monde, c’est parce qu’ailleurs qu’en France, les médecins ne le prescrivent plus (ils savent, eux...) et parce qu’en France, beaucoup ne le savent pas. Comme elle. (Pardonnez mon ton un peu acide, il lui est destiné à elle, pas à vous : ça m’énerve tellement, cette absence de curiosité pour son travail et de respect pour les patientes...)

4° Le DIU de référence (si vous ne voulez pas d’autres enfants, mais vous en désirez peut-être d’autres), est le TT 380 (qui porte du cuivre sur ses trois branches (le UT 380 n’en a que sur la branche verticale). Au bout de 5 ans, si vous ne voulez plus d’enfant, optez pour vous faire poser celui-là. Vous pourrez le garder... 10 ans.

Question subsidiaire : "Pourquoi votre gynéco... etc." ? Parce qu’elle ne se tient pas au courant. Et pense sans doute que ce qu’elle a appris il y a dix ou vingt ans est valable éternellement. Malheureusement, c’est comme cela qu’on forme les médecins français : en leur laissant croire qu’ils savent tout et n’ont plus rien à apprendre.

PS : Quand elle vous aura posé le DIU, faites-lui lire cette page du site

ainsi que (pour qu’elle ne se laisse pas aller à dire que j’invente...) le document suivant

dans lequel il est écrit en toutes lettres :

"At MPC we only now stock the T-Safe Cu 380A (tm) (which is the ‘gold standard’, the first choice device unless an alternative is specifically indicated), the Nova-T380 (tm) and GyneFix (tm) among copper IUDs - and the Mirena (tm) IUS. The Multiloads (tm) and the Flexi-T 300 (tm) are without any established advantages. Schering have removed the ineffective Nova-T 200 from the market."

Traduction : « Au Margaret Pike Centre, nous n’avons actuellement en stock que le T-Safe Cu380 A (en France : TT 380), qui est le « nec plus ultra », et le DIU à utiliser en premier lieu sauf si un autre modèle est indiqué pour une raison spécifique ; le Nova T 380 (en France : UT 380), et le Mirena (DIU aux progestatifs).
Le Multiload (MLCu en France) et le Flexi T 300 (Sertalia, en France) n’ont pas d’avantage établi. Schering a retiré du marché le Nova T 200, inefficace. »
Comme ça, elle saura...



- Saignements sous Implant

J’ai 25 ans, il y a 10 mois, je me suis fait poser un implant. J’en avais entendu parler et, n’étant pas faite pour la pilule, je trouvais la solution géniale. J’ai bien demandé à ma gynéco tout ce que cela impliquait, les effets secondaires etc. Comme sur votre site, elle m’a parlé de la possibilité de réduction ou d’absence de règle, « c’est tout ! » me dit-elle.

Or, j’ai depuis 1 mois des saignements quotidiens, parfois importants. Inquiète, j’ai appelé ma gynéco, elle ne travaille plus dans ce cabinet (et sa remplaçante n’enlève pas les implants !), mais la secrétaire m’a dit que c’était normal, que ça arrive à beaucoup de femmes car l’effet s’atténue.
« Donc j’aurai ces saignements tous les jours jusqu’à ce qu’on m’enlève l’implant ? »
« Oui, tout à fait ! »
J’ai parcouru votre site, je n’ai pas vu un mot à ce sujet, or la secrétaire avait l’air de me dire que c’était courrant !!! Est-ce le cas ?
B.

Aaaargh !!! Les gynécologues devraient mieux éduquer leurs secrétaires. (Encore faudrait-ils qu’ils sachent quoi leur dire).
Oui, il peut y avoir des saignements intermittents avec l’implant. Le plus souvent, c’est au début de l’utilisation, mais ça peut arriver de plus tard, comme c’est votre cas.
Ce n’est ni grave, ni parce que l’effet s’atténue (il dure 3 ans !!!!)

Et NON, vous n’en aurez pas "tout le temps jusqu’à ce qu’on vous l’enlève". Le plus souvent, les saignements diminuent ou cessent en prenant de l’ibuprofène (en vente libre) 200 mg, 3 fois par jour par cures de 4 à 5 jours (à prendre chaque fois que les saignements durent plus d’une semaine). Chez un très grand nombre d’utilisatrices, les saignements ("spotting") s’espacent, puis cessent et ne se reproduisent que de temps à autre.

Je suis désolé que vous soyez obligée de vous adresser à quelqu’un d’aussi lointain pour avoir une information fiable (et rassurante)...

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