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Contraception
- Dix idées reçues sur la contraception
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
- Diane 35 et ses génériques : le principal risque, c’est la grossesse non désirée...
- Comment s’y retrouver, parmi toutes ces pilules ?
- La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
- Pilule "Jasmine" : à ne pas utiliser n’importe comment !

Contraception et gynécologie >


Contraception : Questions / Réponses 22
Article du 24 janvier 2005

Les sujets abordés cette semaine :
- Problèmes avec l’implant
- Pose d’un DIU en cas de règles irrégulières
- Grossesse sous Diane 35
- l’Implant comme première contraception
- Parcours du combattant pour la pose d’un DIU
- Grossesse à 40 ans
- Problèmes avec l’implant

Ma femme a quelques problèmes gynécologiques qui durent et s’amplifient. Son gynéco ne semble pas intéressé par le problème et ne propose qu’une solution : "vous n’avez qu’à vous y faire madame". Je me retourne vers vous car elle a un implant depuis deux ans et que vous avez l’air de bien connaître ce procédé. Peut-être aurez vous une idée du problème ou si vous connaissez un spécialiste de la question à me conseiller...
Le contexte :
- Ma femme à 30 ans.
- Elle a eu 2 enfants (4 ans et 6 ans).
- Elle a un implant contraceptif dans le bras depuis 2 ans. Pendant les 6 premiers mois, elle n’a pas eu de règles puis des règles de 15 jours les 6 mois suivants. Maintenant, ses règles dure 3 à 5 jours mais arrivent quand elles veulent...

Les symptômes (depuis environ 2 ans) :
- Hypersensibilité des ovaires. C’est le gynéco qui le dit. Elle a mal 1 ou 2 jours avant ses règles. Mais surtout ça lui fait mal lors de nos rapports sexuels. La douleur est comme un poignard au niveau des ovaires. Pas très sexy :’-(
- Sécheresse vaginale.
- Un rapport sexuel lui déclenche ses règles dès le lendemain.
- Douleur dans les seins en permanence. Elle supporte difficilement un soutien gorge. Et donc pas question de toucher ses seins même en les effleurant.
- Plus de libido du tout. La peur de la douleur ?

Mes questions :
- L’implant pourrait-il déclencher un déséquilibre hormonal donnant tous ces symptômes ?
- Un problème d’hormone (thyroïde) et/ou d’allergie peuvent-il provoquer tout ça ?
- Ces symptômes sont-ils liés à des maladies plus graves (cancer) ?
- Est-ce que ce pourrait être psychologique ?

Les gynéco à qui nous avons posé ce problème (3 pour l’instant) semblent ne pas avoir de réponse. Vers qui pouvons nous nous tourner ?
M.

Tous les symptômes que vous décrivez peuvent être dus à l’implant : l’irrégularité des règles, l’hypersensibilité des seins et la sécheresse vaginale, la baisse de la libido, les saignements après rapport sexuel (provoqués par les contractions utérines normales qu’entraînent les substances contenues dans le sperme) etc. Tous sont des symptômes fréquemment observés de manière épisodique, mais votre femme a le malheur de les avoir tous en même temps, ce qui compromet tout de même beaucoup le confort de l’implant ! Il n’y a certainement aucun examen complémentaire ni exploration à faire. A 30 ans, des symptômes comme ceux-là sont d’abord et avant tout dus à l’action du progestatif contenu dans l’implant. Si, de plus, votre femme est plutôt mince, les effets ont d’autant plus de raisons d’être marqués (ils le sont souvent moins chez les femmes ayant un peu d’embonpoint).

S’il s’agissait d’une de mes patientes je lui dirais de changer de méthode contraceptive, car manifestement celle-ci compromet votre sexualité, ce qui n’est pas le but recherché. Si elle est très sensible aux traitements hormonaux, la bonne méthode est un DIU au cuivre. J’espère vous avoir répondu clairement et utilement. N’hésitez pas à me réécrire si vous voulez plus de précisions.


- Pose d’un DIU en cas de règles irrégulières

Bercé par France Inter en son temps, et lecteur critique, j’ai eu l’occasion de mettre le mode d’emploi contraceptif entre les mains de ma Belle, qui comme moi, a beaucoup appris. D’un commun accord, notre choix se porterait sur un DIU, dispositif plus pratique pour un jeune couple assez stable pour envisager la fidélité ... et peut être le mariage.

Or ma Belle se trouve être non seulement nullipare, mais de surcroît genevoise, et pour tout arranger, en guerre ouverte avec un gynéco qui n’en fait qu’à sa tête.
En changer serait certes une idée à creuser, mais dans l’urgence suite à un RDV à propos des DIU avec ce dernier, j’aimerais assez vérifier une condition avancée pour en refuser la pose, à savoir d’être réglée comme un coucou suisse. Il se trouve que bien que résidente helvétique, la Belle fait dans la dissidence et n’a pas de calendrier précis en la matière. S’il faut attendre 6 mois jusqu’à la prochaine fois, ça risque d’être super pratique pour caler un RDV avec un gynéco.

Si cette condition s’avérait réelle, peut être faudrait-il envisager une autre méthode. Je ne sais cependant pas si les implants sont distribués aujourd’hui en France (où je réside). Est-ce le cas ?
D.

Pas besoin d’attendre les calendes pour poser un DIU. Si la Belle n’a pas de règles "calendriées" il suffit de vérifier qu’elle n’est pas enceinte par deux tests à 15 jours d’intervalle (avec utilisation stricte de préservatifs - ou abstinence, ou toute pratique sexuelle non fécondante) entre les deux et jusqu’à la pose, et de poser le DIU le lendemain du 2e test négatif. C’est ce que je fais pour toutes les patientes dans cette situation - et elles sont légion.
- Grossesse sous Diane 35

Actuellement sous contraception orale (Diane 35), il s’avère que je suis enceinte : test de grossesse positif.
Je voudrais connaître les risques pour le foetus d’avoir pris la plaquette entière de
Diane 35 et le pourquoi d’un tel état. Je reconnais que pendant les fêtes, j’ai pu décaler mes prises, mais pas de plus de 2 heures.
E.

J’imagine que vous avez arrêté la prise de Diane 35. Si tel n’est pas le cas, faites-le bien sûr. Les risques d’atteinte de l’embryon (avant 12 semaines de grossesse, ce n’est pas un foetus) sont très faibles, voire inexistants quand on arrête la prise de Diane dès qu’on se rend compte qu’on est enceinte. Ils existent surtout si on continue la prise pendant trois ou quatre mois (et ça peut arriver si la femme ne se rend pas compte de sa grossesse, car les symptômes peuvent être très faibles chez certaines femmes, et l’arrêt de Diane toutes les trois semaines peut s’accompagner de fausses règles, faussement rassurantes).

Comment est-ce arrivé ? Il y a plusieurs explications possibles.

L’une est que nous ne connaissons pas bien l’efficacité contraceptive de Diane (qui n’a jamais vraiment été testée sur ce plan : on a surtout testé son efficacité sur l’acné pendant quelques mois). Certaines femmes peuvent ovuler sous pilule, même sans oubli. Surtout quand la pilule est faiblement dosée. Cela peut être le cas : vous pouvez avoir ovulé sans oubli avec Diane (au centre de planification où je travaille, on le voit régulièrement)

L’autre explication pourrait être (mais vous ne semblez pas l’indiquer) que vous avez peut-être recommencé une plaquette de Diane avec du retard (un jour ou deux), ce qui est toujours risqué : ce sont les oublis en début de plaquette qui sont source de grossesse.

Troisième explication : il y a des gastro-entérites épidémiques en ce moment. En avez-vous été atteinte ? Si vous avez vomi et/ou eu la diarrhée pendant 24 à 36 heures, l’absorption de votre pilule a pu être compromise et donc, son efficacité, surtout en début de plaquette.

Ce qui importe cependant est ceci :
- vous pouvez vous être retrouvée enceinte sans erreur de votre part ; bien entendu, lorsque vous utiliserez une contraception de nouveau, n’utilisez plus celle-ci. Si vous hésitez, je pourrai certainement vous donner des informations qui vous permettront de faire le choix adéquat.
- si votre grossesse est toute récente (un mois), vous n’avez pas à vous faire de souci ; certes l’hormone contenue dans Diane peut avoir des effets si elle est prise pendant toute la grossesse, mais pas pendant les 15 ou 20 premiers jours (le temps de se rendre compte d’une grossesse en évolution) car à un stade si précoce, l’embryon est peu sensible et très protégé.


- l’Implant comme première contraception

Allergique à l’amidon (allergie digestive et non de contact : l’absorption d’aliments ou de médicaments contenant de l’amidon me provoque de l’eczéma dans l’appareil digestif), je ne peux donc pas utiliser de pilule. Pouvez-vous me dire si l’implant diffuse de l’amidon dans le sang ; si oui, pensez-vous que je puisse avoir une réaction étant donné que ce n’est pas par voie orale ?
C.

A priori (j’ai vérifié sur la fiche du produit), il n’y a pas d’amidon dans l’Implanon. Il n’y a que l’hormone contraceptive, contenue dans un réservoir en plastique inerte, de la taille d’une allumette - mais souple. Donc, il n’est pas contre-indiqué pour vous.

L’implant serait pour moi une première contraception.

Pas de problème, c’est dans mon expérience souvent une première contraception (surtout chez les adolescentes, mais pas seulement).

En effet, bien qu’ayant 31 ans, je n’ai jamais eu de relations sexuelles. Moderne comme toutes les femmes de mon âge, très active et sociable, je suis entourée de collègues de travail et d’amis, je n’éprouve aucun complexe à ce sujet. Toutefois, je me demande si ma virginité tardive ne risque pas de susciter un blocage voire même un refus d’un partenaire. Qu’en pensez-vous ? Suis-je un cas particulier ou existe-t-il d’autres femmes comme moi ? Pensez-vous qu’une première relation sexuelle si tardive puisse bien se dérouler (autant sur le plan sentimental que physiologique) ?

Vous n’êtes pas du tout un cas isolé, je reçois régulièrement des messages de jeunes femmes me disant qu’elles n’ont jamais eu de rapport sexuel avant 25 ou 30 ans. Personnellement, je tiens tellement à la liberté sexuelle que celle-ci, dans mon esprit, inclut le fait de ne pas avoir de relations sexuelles si on désire ne pas en avoir (puisque la liberté, c’est le désir). Donc, ne vous sentez pas "anormale" (il y a 50 ans, c’était considéré comme normal... ce qui prouve à quel point la "normalité" est toute relative). Quant au fait que ça puisse susciter un blocage ou un refus chez un partenaire, j’imagine que ça dépendrait du partenaire. Mais décideriez-vous d’avoir des relations sexuelles avec n’importe qui ? Probablement pas, puisque jusqu’ici vous avez décidé de ne pas en avoir.

L’âge compte moins que la situation, les circonstances, la relation qui s’établit avec l’autre, etc. Et quant au fait que ça puisse bien se passer ""à votre âge", l’âge n’y est pour rien. Là encore, quand ça se passe bien, ça se passe bien quel que soit l’âge. Quand ça se passe mal, l’âge n’est probablement pas le facteur principal. Et à 30 ans (qu’on ait eu ou non des relations sexuelles auparavant, peu ou beaucoup) il me semble qu’on a d’autres choses à partager qu’à 18 ou 20. Alors...
- Parcours du combattant pour la pose d’un DIU

Au cours de mes investigations [pour me faire poser un DIU (je n’ai pas d’enfant)], j’avoue n’avoir pas rencontré beaucoup de compréhension de la part de vos confrères(-sœurs). J’ai même trouvé la démarche assez humiliante tout au moins au début, du coup, je l’ai traitée façon enquête avec du détachement comme ma vie professionnelle m’a si bien appris à le faire et j’ai préféré prendre le parti de m’en amuser tout en gardant le but bien en vue.

Je vous livre quelques morceaux choisis.

Côté généralistes, peine perdue, je me suis donc tournée vers les gynéco et là j’ai eu de tout. Du non catégorique au « c’est interdit en France », en passant pas le barrage et diagnostic de la fidèle et dévouée secrétaire : « ah non madame ! Ce n’est pas conseillé ! ». Et heureusement les plus nombreuses : celles qui m’ont dit qu’elles allaient se renseigner auprès du médecin et de rappeler plus tard pour avoir la réponse. Merci à elles.

J’ai eu le droit aussi au médecin qui les pose mais qui ne prend plus de nouvelles patientes. Comme je trouve assez morbide d’attendre qu’une place se libère, je suis passée au suivant et là le summum, d’ailleurs je vous l’ai gardé pour la fin : Un gynéco m’a dit que Oui il a vu ça chez des patientes qui venaient d’Angleterre ou d’Amérique du sud, que Oui il veut bien les poser mais Non, pas à moi, parce que je ne suis pas assez jeune mais pas assez vieille non plus !

En clair, il m’a fait un savant calcul en me disant que je n’avais qu’à prendre la pilule pendant 4 ans encore parce que mon taux de fécondité allait chuter après 35 ans et après on verrait. Ensuite il m’a vertement cueillie en disant que si la pilule ne m’était pas contre indiquée il ne voyait pas pourquoi il me poserait un stérilet ! Et qu’il serait grand temps que je pense à faire des enfants !

Alalalala ! Heureusement je suis de bonne composition mais franchement au cours de ces nombreux appels téléphoniques (une bonne trentaine) il m’est arrivé de penser qu’il m’aurait été plus facile de trouver un médecin acceptant de m’enlever un rein !

Finalement arrivée à la lettre M de l’annuaire, j’ai trouvé une gynéco qui a accepté sans problème. J’ai pris rendez vous et elle a fait le tour de la question avec moi et m’a indiqué les différentes solutions qu’elle estimait me correspondre. En tous cas j’ai beaucoup apprécié sa façon d’écouter et de proposer sans rien imposer.
Voilà pour ce petit récit.
R.


- Grossesse à 40 ans

Je voulais avoir votre avis de médecin : j’ai trois enfants de 9 ans, 6 ans et 1 an et mon mari et moi aimerions en avoir un quatrième, mais voilà j’ai déjà ( !!!) 37 ans et je me pose beaucoup de questions sur une grossesse vers 40 ans. Médicalement est-ce raisonnable ? Le gynéco qui s’occupe de moi ne me donne pas beaucoup d’indications et mon médecin généraliste me pousse très fortement à le faire rapidement !!!! Alors !!!! J’espère simplement avoir un point de vue médical de bon sens et surtout humain !!!
I.

Votre question me touche à titre personnel : comme beaucoup de gens, j’ai "refait ma vie" après un premier mariage et la question pour ma compagne et moi, qui avions déjà des enfants, s’est posée : "Devons-nous (pouvons-nous) en avoir ensemble". J’avais 38 ans, elle 37 quand nous avons eu nos jumeaux. Quatre ans plus tard, sur les 7 enfants (dont les jumeaux), il y avait 6 garçons pour 1 fille (mon aînée), nous nous sommes dit "Allez, on essaie d’avoir une autre fille".

Nous sommes allés voir le gynécologue qui avait mis au monde les 7 premiers enfants (oui, nous le connaissions tous les deux avant de nous rencontrer...) en lui faisant part de notre inquiétude : j’allais avoir 41 ans, ma femme 40. Etait-ce bien raisonnable ? Il nous a répondu qu’aujourd’hui, une grossesse après 40 ans n’est plus considérée comme une grossesse à risque pour la mère et pour l’enfant, car les femmes sont en bien meilleure santé qu’il y a 50 ans (à l’époque de nos mères).
Si vous êtes en bonne santé, une grossesse à 40 ans n’a pas de raison de mal se passer.

La seule inquiétude est évidemment celle d’une malformation, mais les échographies morphologiques (très précises) et l’amniocentèse, si on décide d’y recourir (on peut tenter sa chance sans, certaines personnes le font, et c’est leur droit) permet d’identifier la majorité des malformations graves.
Quand je dis que notre gynécologue a dit "Aujourd’hui" (en parlant des grossesses à 40 ans), j’oublie de dire que c’était il y a... 8 ans. Notre dernier enfant (un septième garçon !!!) a 7 ans bientôt.

Je ne vous dis pas que nous n’avons pas eu quelques inquiétudes pendant la grossesse (mais tous les parents en ont). Et je ne peux pas vous promettre que tout se passera bien (je n’en savais rien pour nous, je n’en sais rien pour vous, bien sûr - la vie est imprévisible et risquée ! ), mais je peux vous dire que nous avons eu des enfants, respectivement, à 37 et 38 ans puis de nouveau à 42 et 43, que ça s’est aussi bien passé que possible parce que nous les désirions et parce que ma femme était en bonne santé, et que, ni elle ni moi, nous ne le regrettons une seule seconde (sauf quand ces trois monstres nous font la vie dure, là on a envie de les jeter par la fenêtre, mais il paraît que c’est normal tant qu’on ne passe pas à l’acte...).

Alors je serais tenté de vous dire : élevez tranquillement votre petit dernier (deux ans entre deux grossesses, c’est le délai "médicalement" recommandé pour la mère et pour les enfants), et ensuite, si vous avez encore envie, pourquoi pas !!!

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