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Petit éloge des séries télé

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Le site de P.O.L, maison d’édition de littérature contemporaine (poésie, roman, théâtre, essais), présente ses nouveautés, des biographies et bibliographies d’auteurs, des lectures vidéos, des premières pages, un agenda, des feuilletons.

Les livres de Martin Winckler chez P.O.L : La Vacation (1989), La Maladie de Sachs, 1998 ; Légendes, 2002 ; Plumes d’Ange, 2004 ; Les Trois Médecins, 2004 ; Histoires en l’air, 2008 ; Le Choeur des femmes, 2009.

La page consacrée à Martin Winckler sur le site POL

Les autres éditeurs de Martin Winckler :
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Le Diable Vauvert (Contraceptions mode d’emploi et Les Miroirs Obscurs ;
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Fleurus (Les droits du patient ;Choisir sa contraception, TOut ce que vous vouliez savoir sur les règles)
et aussi Stock, EPA, La Martinière, Zulma...


Voir aussi :

Histoire des séries américaines
- Les séries télévisées
- Les Séries télévisées aujourd’hui
- Les miroirs de la vie

Séries télévisées
- Les téléfictions sont plus libres, plus engagées, plus subversives que les émissions d’actualité
- Les Séries TV et le Soap Opera
- L’école de médecine
- "Boomtown" : De la vérité comme puzzle
- J’irais pas me faire soigner par Francis Huster
- La télévision française est d’une extrême vulgarité
- "Friends " : une encyclopédie exhaustive... et en français
- Violence en « prime time »
- De la formation des soignants aux séries télévisées
- Le rire de Zorro (extrait)
- Les séries TV et le soap opera - Conférence en ligne

Mes Bouquins >

Histoire des séries américaines - 2e volume
Les Miroirs Obscurs - Grandes séries américaines d’aujourd’hui
Au Diable Vauvert, Avril 2005
Article du 8 avril 2005

Voici l’introduction rédigée pour Les Miroirs Obscurs, suite des Miroirs de la vie et deuxième volume de mon Histoire des séries américaines, paru aux éditions Au Diable Vauvert. Ce second volume est un ouvrage collectif, rédigé par une quinzaine d’auteurs. Le troisième, consacré aux comédies, le sera également. Plus on est de fous...

Commander "Miroirs Obscurs"
(Au diable Vauvert - 2005)
Commander "Les Miroirs de la Vie" (Le Passage-2005).

Imagination et engagement

Les Miroirs de la vie était le premier volet d’un triptyque. Après avoir brossé une histoire des séries américaines, délimité les principaux « genres » auxquels on pouvait rattacher les séries dramatiques et décrit les plus intéressantes de ces vingt dernières années, il m’a semblé indispensable de continuer l’aventure en parlant de séries alors encore en chantier, ou qui venaient de débuter. Les années ont passé, et le nombre des oeuvres méritant une analyse détaillée n’a fait, bien évidemment, que grandir.

Photo ci-dessus : une partie des auteurs des Miroirs Obscurs en dédicace collective (et rigolarde) au dernier Salon du Livre de Paris, sur le torride stand du Diable Vauvert.
De gauche à droite,
- au 1er rang : Alain Carrazé, Henri Larski, Jérôme Tournadre ;
- au 2e rang : Louise Kelso, Séverine Barthes, Laure Mistral, Hélène "Joey" Frohard Dourlent
- au 3e rang : Sébastien Lafond, Denys Corel, Martin Winckler, Guillaume Dessaix, Brice Ferré, Mélanie Zaffran et Antoine De Froberville.


A mesure que Les Miroirs de la vie rencontrait son public, je rencontrais, de mon côté, d’autres amateurs. En août 2002, le premier colloque consacré aux séries télévisées s’est tenu dans le prestigieux centre de conférences de Cerisy-la-Salle, avec et grâce à Anne Roche, alors professeur de littérature à la faculté d’Aix-en-Provence.

À l’issue des huit jours de communications, de projections et de discussion - autant dire de pur bonheur - passés à Cerisy, et pendant lesquels nous avions pu constater que les plumes désireuses de se mesurer au genre ne manquaient pas, il m’est apparu que le second et le troisième volet des Miroirs ne pourrait qu’être un ouvrage collectif.

Je voulais rendre hommage à deux séries majeures que je n’avais fait qu’effleurer (Buffy contre les vampires, The X-Files) et plusieurs intervenants de Cerisy connaissaient ces oeuvres-là sur le bout des doigts. Je voulais consacrer un chapitre de ce second volume à des séries que j’avais déjà traitées (Twin Peaks) mais sans me répéter, aborder des séries que je ne connaissais pas du tout (Babylon 5, Angel), d’autres que je connaissais mal (24 heures chrono, Smallville), d’autres encore que je pensais ne pas apprécier à leur juste valeur (The Sopranos, Alias)... sans parler de séries méconnues que j’avais envie de faire redécouvrir (Cop Rock, Profit, Leaving LA, Now and Again), de toutes celles qui venaient de faire leur apparition (CSI, Law&Order : Criminal Intent), et de celles qui ne manqueraient pas d’apparaître.

Il était évident qu’à moi seul, je ne suffirais pas à la tâche.
Confier à d’autres le soin de parler de The X-Files, de CSI ou de Smallville n’était pas, cependant, dicté par le désir d’être exhaustif. Les analyses présentées dans ce second ouvrage devaient être représentatives non seulement de la variété des productions, mais aussi de la variété de leurs spectateurs. La richesse d’un genre se mesure à l’étendue de son public.

Les auteurs de ce livre sont aussi différents que possible : tous sont de grands connaisseurs des séries télévisées, d’abord par goût personnel, et aussi parfois par leur activité professionnelle - nombre d’entre eux sont enseignants et/ou collaborent régulièrement à des magazines ou à des sites consacrés aux séries. Plusieurs autres travaillent dans l’audio-visuel. Quelques-uns seulement sont des écrivains déjà publiés. Leur point commun : un intérêt profond pour le genre, un attachement réel pour une ou plusieurs oeuvres.

Ces oeuvres, ils les ont dévorées comme un lecteur dévore les romans, un cinéphile les films. Ce sont, au sens premier du mot, des amateurs et leur amour pour les téléfictions leur permet d’en parler comme peu d’entre nous sauraient le faire. Pour beaucoup de ces amateurs, le texte présenté ici est le premier qu’ils publient en volume. Mais, comme vous pourrez le constater, chaque texte est le reflet fidèle de la série dont il traite, et de l’intérêt que l’auteur lui porte - ce qui lui donne une valeur inestimable.

Les séries dont il est question ici présentent le plus souvent une vision très critique, très sombre de la société américaine, et démentent la « superficialité » que les « intellectuels » français reprochent habituellement à sa télévision. Certaines séries sont l’œuvre de cinéastes réputés (David Lynch pour Twin Peaks, Jon Avnet pour Boomtown) ; d’autres ont été écrites et produites par des scénaristes de talent reconnu (Alan Ball pour Six Feet Under, David Chase pour Les Soprano, Joss Whedon pour Buffy et Angel) ; d’autres encore font depuis quelques années la une des magazines (24, Alias, Smallville).

Toutes ont, indéniablement, de grandes qualités artistiques, mais restent souvent méconnues, mésestimées - ou portées aux nues pour des raisons qui n’ont pas grand-chose à voir avec leurs qualités réelles. Il apparaîtra rapidement au lecteur que ce livre, comme le précédent, montre à quel point les fictions télévisées constituent un miroir de la société américaine et de ce qui la fait bouger, intimement, intérieurement - tout particulièrement depuis le 11 septembre 2001.

À l’heure où le monde est en proie à de nombreux conflits, ouverts ou larvés, les séries sont, plus que jamais, par leur gravité et leur sombre description - directe ou métaphorique - de la réalité, les « miroirs obscurs » de la société américaine.

On l’aura compris, le livre que nous vous proposons aujourd’hui n’est en rien une suite de dithyrambes myopes signés par des « fans » fascinés par leur feuilleton favori. Sombres et graves, les séries de ce début de XXIe siècle le sont indubitablement. Pour autant, elles savent faire preuve d’un humour solide, et d’une grande capacité à résister et à se battre.

À des qualités artistiques indéniables, celles dont il sera question dans ces pages allient presque toutes un engagement idéologique, social et politique clairement assumé - et précisément décrit par ceux qui les présentent ici.

Les auteurs ont par ailleurs tenu à éclairer le public sur la manière dont les fictions étrangères sont traitées en France, tout particulièrement par les plus grandes chaînes : coupes autoritaires dans les épisodes, diffusion dans un ordre incohérent, dialogues sabotés ou dénaturés par le doublage - les exemples ne manquent pas ; au fil des pages seront précisément décrites nombre de manoeuvres exercées par les chaînes françaises pour modifier le sens profond d’oeuvres qui sont autant de regards critiques, contestataires, face aux pouvoirs établis.

Que le discours soit direct (The West Wing, Les Soprano), poétique (Dead Like Me, Carnivàle) ou symbolique (Oz, Buffy encore), les plus grandes séries ont toujours une dimension politique, et tout ce qui vise à réfuter ou atténuer cette dimension-là est une censure insupportable.
Une télévision qui ampute ou censure les fictions, oeuvres de création, ou cherche à minimiser leur portée symbolique est une télévision qui méprise ses télespectateurs. Tôt ou tard, les spectateurs - qui sont aussi des citoyens - finiront par s’en rendre compte : ces textes sont, entre autres, écrits pour ça.

Dans "Normal Again", un des plus beaux épisodes de Buffy the Vampire Slayer/Buffy contre les Vampires, l’héroïne se retrouve tiraillée entre deux mondes : le premier est celui de la série, où en héroïne épique, elle lutte contre des monstres de toute nature ; le second ressemble au monde réel, au monde qui est le nôtre : là, ses parents n’ont pas divorcé, et elle est internée dans un asile psychiatrique dont les médecins remettent en cause l’existence de tout ce qui, depuis six ans, la fait vivre - les monstres qu’elle combat, mais aussi ses amis et ses proches.

Sommée de choisir entre les deux, l’héroïne doit, comme le spectateur, choisir de rester dans son univers imaginaire et fantasmagorique où les combats sont rudes mais où le bien triomphe (parfois) du mal... ou de retourner vers un monde « réaliste », aseptisé et sinistre, où le lot quotidien est une lutte constante contre l’enfermement et l’aliénation. Buffy choisit finalement de vivre et de combattre là où, même si les causes sont désespérées, imagination et engagement vont de pair.

Les auteurs de ce livre ont fait le même choix qu’elle.

Tourmens, le 7 décembre 2004


Histoire des série américaines en trois volumes :

- Partie 1 : Les miroirs de la vie
Le Passage - 1er avril 2005 - Format : Broché - 335 pages - Dimensions (en cm) : 15 x 23 - 19,80€ - ISBN : 2847420010
Commander ce livre

- Partie 2 : Les miroirs obscurs
Au Diable Vauvert (17 mars 2005) - Format : Broché - 462 pages - Dimensions (en cm) : 13 x 20 - 21,50€ - SBN : 2846260818
Commander ce livre (17 mars 2005 - Au Diable Vauvert)

- Partie 3 : Les comédies
à paraître...


Les Miroirs obscurs

Sommaire

Introduction : Imagination et engagement, par Martin Winckler

1. Inquiétantes étrangetés
BuffyThe Vampire Slayer, Buffy contre les vampires
par Denys Corel, Ronan Toulet, Antoine De Froberville
Angel, par Antoine de Froberville
"Comment j’ai grandi avec Buffy",
par Fanny Couturier, Hélène « Joey » Frohard Dourlent
Roswell, par Denys Corel
Smallville, par Henri Larski

2. Sombres familles
Twin Peaks, Mystères à Twin Peaks, par Diane Arnaud
The Sopranos, Les Soprano, par Guillaume Dessaix
Six Feet Under, Six pieds sous terre, par Martin Winckler
Dead Like Me, par Louise Kelso

Comment on produit des séries à Hollywood, par Alain Carrazé

3. Perles noires
Belles inachevées : (Cop Rock, Profit, Leaving LA, Now and Again (Un agent très secret)) par Martin Winckler
Oz, par Martin Winckler
Carnivàle, par Laure Mistral

4. Intentions criminelles
L&O : Criminal Intent, New York Section Criminelle,
par Sébastien Lafond
Entretien(s) avec Rene Balcer,créateur de L&O : Criminal Intent par Martin Winckler
CSI, Les Experts, par Brice Ferré et Mélanie Zaffran
CSI : Miami (Les Experts : Miami), par Brice Ferré
CSI : NY, par Mélanie Zaffran
The Shield, par Séverine Barthes

5. Reconstruire le passé,par Martin Winckler
Crossing Jordan (Preuve à l’appui)
Boomtown
Without a trace (FBI : Portés disparus)
Cold Case

6. Guerres secrètes
The X-Files (Aux Frontières du réel), par Séverine Barthes
Taken (Disparitions), par Denys Corel
Alias, par Eric Bouche
24 (24heures chrono), par Denys Corel

7. What’s Up, Doc ? - Figures de médecins dans les séries d’aujourd’hui par Martin Winckler
Northern Exposure (Bienvenue en Alaska)
Diagnosis : Murder (Diagnostic : Meurtre)
Gideon’s Crossing
Everwood
Nip/Tuck

8. Luttes de pouvoir
The West Wing, (À la Maison Blanche) par Christian Lehmann
Star Trek Deep Space 9, par Ronan Toulet
Babylon 5, par Jérôme Tournadre

9. La vie des séries en France
Réseau des séries, séries sur réseau, par Séverine Barthes
Comment on dénature les séries en France : le sort de Buffy
par Denys Corel, Antoine de Froberville et Ronan Toulet

Épilogue (provisoire), par Martin Winckler
Remerciements
Dictionnaire des auteurs
Glossaire
Index des séries

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