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Monstre du loch Ness et poissons des profondeurs post-Tsunami
France Inter, "Odyssée", 11 février 2003
Article du 6 février 2005

Le Loch Ness - loch signifie « lac » et on prononce « lokh » [1] - est un lac situé à 150 km au nord de Glasgow, en Ecosse, dans la région des Highlands, chère à Duncan McLeod [2].

Ce lac mesure 40 km de long, 2km de large et 230 mètres de profondeur, c’est le plus grand plan d’eau douce de Grande-Bretagne. La première mention qu’un monstre vivrait dans ses eaux remonte à l’an 565. On l’attribue à St Columba, qui évangélisa l’Ecosse et aurait empêché le monstre de dévorer un nageur. Mais c’est surtout à partir du 19e siècle que les témoignages sont recensés. En 1933, quand on construit une route touristique sur l’une des rives du lac, ils se multiplient.

Les propriétaires d’une auberge des environs déclarent à un journaliste du Courrier d’Inverness avoir vu dans les eaux du lac un énorme animal. En 1934, un colonel Robert Wilson photographie un animal qui ressemble à un plésiosaure, un dinosaure aujourd’hui disparu. Le Courrier d’Inverness la publie, le Daily Mail s’en mêle, et bientôt on crée un bureau d’enquête sur le Loch Ness qui recense les preuves de l’existence du monstre. La photo prise de 1934, cependant, est un faux, truqué avec un petit sous-marin jouet. Ses auteurs, qui ne cherchaient qu’à faire une blague, ont fini par le révéler au milieu des années 90.

Mais bien d’autres observateurs ont pris des clichés du monstre. Deux films, en particulier, ont attiré l’attention. L’un a été pris en 1960 et montre un objet en mouvement d’ 1,70 m de large, qui nage à la surface à 16 kms à l’heure, et plonge dans les eaux glaciales. Un autre film tourné en 1967, montre une sorte d’énorme otarie mesurant largement plus de deux mètres. Bien entendu, les savants ont étudié le problème avec des appareillages sophistiqués.

En 1964, une équipe d’Oxford et Cambridge explore les eaux du Loch au moyen d’un sonar et repère un écho important, sans parvenir à l’identifier. En 1968, une autre équipe repère un écho très important, qui n’est pas un banc de poisson et qui file assez vite, à près de 25 km/h. En 1968, un sous marin privé explore les eaux sous-marines. Ce qui ne donnera rien car les eaux, pleines de sédiments, sont très troubles, et la visibilité est presque nulle.

Bon, ce qui met tout de même un peu du plomb dans l’aile à la théorie du monstre, c’est que si pareil animal existe dans le fond du Loch Ness, il faut bien qu’il se nourrisse de quelque chose. Et en grande quantité, étant donné sa taille ! Or, les zoologistes ont calculé que les eaux du Loch ne contiennent pas de quoi nourrir un animal de plus de 300 kilos et encore moins plusieurs - car pour qu’il y ait toujours un monstre visible dans le Loch Ness, il faudrait qu’il y en ait une petite population, qui se reproduise.

D’autre part, s’il existait, mettons, des animaux préhistoriques dans le Loch, on finirait de temps à autre par retrouver leurs restes car aucun animal n’est immortel ; or, le Loch fait l’objet d’observations attentives depuis plus de cent cinquante ans et on n’a jamais trouvé de dépouille de monstre. Mais tout de même, si l’animal du Loch existe, de quoi s’agit-il ? Probablement pas d’un reptile, qui serait obligé de faire surface souvent pour respirer. Pour la même raison ça n’est probablement pas un phoque, car ceux-ci s’accouplent et élèvent leurs petits sur la terre ferme. D’après une autre hypothèse, il pourrait s’agir d’une anguille géante, vivant en profondeur, qui pourrait faire brièvement surface et se déplacer très vite, ce qui expliquerait les échos vus au sonar.

Enfin, aujourd’hui, rien ne prouve qu’il y a un monstre dans le Loch Ness, mais rien non plus ne démontre qu’il n’y en a pas. C’est heureux pour l’industrie locale du tourisme qui aurait représenté, dit-on, 37 millions de $ en 1993. Il faut dire qu’à raison de 100 $ l’heure de sous-marin en eaux boueuses qu’on propose aux touristes, le monstre du Loch Ness est une très bonne affaire.

http://www.nessie.co.uk/

Le Tsunami fait-il remonter les monstres des profondeurs ?

Auditeur d’Odyssée (il m’avait fourni de la matière pour une chronique intitulée : "Est-ce que depuis l’espace on peut voir une plaque d’immatriculation ?) et lecteur de ce site, T.R., docteur en géologie, est spécialisé depuis près de 25 ans dans les applications de l’imagerie et de la cartographie spatiale, tant en géologie que dans le domaine militaire. Il est co-rédacteur d’un blog intitulé "Géo 212" et y parle aussi bien des arcanes de son métier que des faux "monstres" soulevés des profondeurs par le Tsunami ou de la VF aberrante des séries télévisées.
Allez vers ce blog, il mérite le détour.

A la suite de la lecture de cette chronique, T.R. m’écrit : Votre ressortie de la chronique sur Nessie évoque l’actualité immédiate des pseudo photos de poissons de grande profondeur échoués sur les plages du raz de marée. Depuis début janvier ces photos circulent sur Internet et de fait un tsunami a tendance à créer des mouvements internes qui font remonter des organismes de grande profondeur vers la surface. Le problème, c’est que toutes les photos qui tournent sont des faux (elles proviennent d’une mission océanographique NéoZelandaise de 2003). De plus les biologistes marins et paléontologues spécialistes, s’ils expliquent qu’effectivement à chaque tsunami il y a des remontées de faune et de flore des profondeurs, ils soulignent qu’une bonne partie des specimens explosent (au sens propre) à l’arrivée à la surface (du fait de la différence de pression) et que la violence de la vague et les chocs avec tous les objets littoraux (coraux, ...) ont tendance à en faire des sushi ce qui rend un peu difficile l’observation d’un bel échantillon.
Pour la petite histoire, avant que les auteurs des photos ne soient prévenus et signalent le faux, c’est un vrai travail de police scientifique qui permettait de le savoir. Les spécialistes avaient repéré derrière les specimens que l’arrière plan était celui d’un navire océanographique. Et il n’y avait pas de navire océano sur zone au large de la Thaîlande ces dernières semaines. Un boulot pour Grissom [3] ...


[1à l’époque où je tenais cette chronique, un auditeur, entre autres.... amabilités (il m’insultait, tout bonnement), m’avait fait remarquer que le préfixe « quasi » se prononçait Kasi et non kwasi ; au début de cette chronique, à propos de prononciation, je lui recommandai l’écoute d’une chanson de Georges Brassens intitulée « Marquise », en particulier le tout dernier vers ; cette recommandation n’échappa pas aux brassenssophiles

[2Héros de la série Highlander

[3Personnage principal de l’excellente série CSI/Les Experts, malheureusement bien mal traitée par TF1

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