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Contraception et gynécologie >


Contraception : Questions / Réponses 20
Article du 9 janvier 2005

Les sujets abordés cette semaine :


- Trinordiol à l’envers
- DIU Mirena et problèmes de circulation
- Acné, Mercilon et Androcur
- DIU et Plongée
- Visite chez le gynéco (témoignage)




- Trinordiol à l’envers

Je suis étudiante en pharmacie et j’ai lu votre livre avec attention. Ceci dit au comptoir il arrive toujours des questions auxquelles on n’avait pas pensé. Une jeune fille prenant Trinordiol avait commencé sa plaquette à l’envers et ce pendant 5 jours (elle avait eu de nombreux rapports depuis 10 jours). Quelle était la réponse à lui apporter ?
P.

La réponse c’est qu’elle était protégée, mais qu’elle risquait d’avoir des saignements intempestifs (spotting) à cause de l’inversion des dosages dans la prise. Mais si elle ne l’oubliait pas, en dehors de saigner un peu, elle ne risquait rien...



- DIU Mirena et problèmes de circulation

J’ai 42 ans, 2 enfants. J’ai toujours eu des problèmes de circulation sur une jambe. La phlébologue m’avait déconseillé les pilules classiques, j’avais eu une pilule dont j’ai oublié le nom si ce n’est que je passais mon temps à avoir mes règles, l’horreur, là j’ai arrêté très vite. Donc cela a été les préservatifs. Ensuite le désir d’enfant. Les enfants. Puis les DIU.

Après la naissance du second enfant, en 1995, j’ai eu une contraception par DIU. Avec le premier DIU les règles étaient très abondantes, pas terrible. Puis le gynéco m’a proposé un Mirena. Quand il a fallu le changer, il m’a posé un autre Mirena. Franchement tout se passe bien : règles peu abondantes, pas de douleurs, jamais aucun souci, etc.

J’ai été opérée des varices vers 1997. Je n’ai pas de surpoids, je fais du sport (muscu, abdos, bref des trucs sans rebonds), je fume pas, je travaille assise. J’ai une phlébologue qui me donne du Daflon et je porte des contentions cl.II.

Je me demande si Mirena est OK avec des problèmes de circulation importants tout de même. Le problème est : si Mirena n’est pas bien, quelle solution ? J’ai une vie sexuelle régulière toujours avec le même homme, les préservatifs ne me tentent pas trop, sauf si ma santé en dépendait vraiment, lui ça ne le dérange pas. Quels conseils me donneriez-vous ?

Oh, mais le conseil est simple ; ne vous séparez pas de votre Mirena, qui est exactement ce qu’il faut et qui n’aura aucun effet sur vos problèmes de varices.
Vous avez la contraception qu’il vous faut, n’en changez surtout pas si tout se passe bien.



- Acné, Mercilon et Androcur

J’ai 25 ans et depuis plus de 10 ans j’essaie de traiter mes problèmes d’acné. Mon traitement actuel m’a été prescrit par 1 gynécologue : Mercilon + Androcur (1/4 de comprimé les 10 premiers jours). J’avais auparavant essayé Roacutane, sans résultats durables.

Mon acné s’est visiblement améliorée, mais elle subsiste. Est-ce que mon traitement actuel est le plus indiqué (les doses d’Androcur ont été revues à la baisse, j’ai commencé par 1 comprimé pendant 20 jours, je n’ai pas l’impression que le changement de dosage ait eu un impact) ? On ne m’a jamais prescrit de bilan hormonal, est-ce bien normal ? De plus, pourriez-vous me donner des précisions sur Androcur, la notice ne faisant nullement mention du cas de l’acné ?
C.

L’acné est une "hypersensibilité" de la peau aux hormones masculines (androgènes). Les femmes et les hommes fabriquent des androgènes, mais les hommes ont en général plus de "récepteurs" aux androgènes sur les cellules de la peau, ce qui explique qu’ils aient plus souvent de l’acné.

Devant une acné, il n’y a pas de "bilan hormonal" à faire, car ce n’est pas un problème d’hormones en excès. Disons que c’est comme le fait que quelqu’un qui a la peau claire et les cheveux roux est plus sensible au soleil. Sa peau est normale, mais se défend moins bien (à cause de sa composition) contre les rayons du soleil.

On prescrit de l’Androcur parce que c’est un "anti-androgène" (il diminue les effets des androgènes. C’est pour cela qu’il améliore (en principe) l’acné. Il est toujours souhaitable de prescrire les doses les plus faibles possibles pour éviter les effets secondaires, ne serait-ce que la baisse de la libido : les androgènes stimulent le désir, donc l’Androcur a tendance à le faire diminuer. Ce n’est pas forcément "désirable"...

Enfin, ce qu’il faut savoir c’est que votre hypersensibilité aux androgènes ne va pas disparaître du jour au lendemain. Le plus probable est qu’elle va s’atténuer avec le temps, et votre acné aussi. Il arrive aussi qu’après une ou plusieurs grossesses, les femmes souffrant d’acné n’en aient plus... Mais si vous avez une acné importante, il peut être nécessaire de prendre un traitement de longue durée. Cela dit, il est aussi possible que lorsque votre acné s’améliorera, vous n’ayez plus besoin de prendre de l’Androcur, et que Mercilon suffise. Mais ça peut demander plusieurs années...



- DIU et Plongée

Je pratique l’équitation et la plongée sous marine (jusqu’à -60m), puis je quand même me faire poser un DIU ?
R.

Aucun problème. Alors que ce n’est pas le cas avec la pilule, qui est déconseillée en cas de plongée en profondeur (à cause des problèmes vasculaires potentiels



- Visite chez la gynéco (témoignage)

Etes vous conscient, cher Martin, qu’une femme ayant échangé quelques propos avec vous, par miracle, la nuit précédent son rv chez son gynécologue, ne se rend pas chez ce praticien de la même manière ?!

9h30, ce matin, je me rends chez elle. Je l’aime bien cette femme, la bonne cinquantaine, pas la langue dans sa poche mais seulement pour dire des choses pertinentes (je crois) et des blagues pince-sans-rire qui me font sourire. Avec elle, jouer franc-jeu est la règle (bien que pas énoncée, mais d’emblée ressentie), on y va pas par 4 chemins et j’aime bien. Sans compter qu’avec elle, pas une seule seconde vous ne vous sentez dans une situation embarrassante quand vous vous allongez, au bout de la table, les jambes en l’air.

Donc, pas de souci, dans ma tête, Martin Winckler et nos échanges de la nuit passée, je vais évidemment lui en parler, et par conséquent, lui rendre le Nova T qu’elle m’avait prescrit, pour lui demander un TT380. Puis discuter du Mirena pour avoir son avis. De la curiosité tout ça (ou est-ce que je veux mesquinement la mettre à l’épreuve ?), puisque ma décision est déjà prise.

Salle d’attente. Une dame avant moi, j’ai le temps de lire les potins dans les magazines. Mais là, soudain, ça m’énerve. Dans les salles d’attente où, par définition, vous n’avez rien à faire d’autre qu’attendre, bonne idée, votre hôte a eu la délicate attention de vous donner à lire. Ca change les idées, ça permet de déstresser au cas où vous le seriez, ça tue le temps. Soit, allons-y. C’est l’occasion où jamais, je n’achète que très rarement des magazines. Mais ce matin, est-ce la conséquence d’avoir passé quelques heures à éplucher et lire le site de Martin Winckler la nuit d’avant, je ne comprends pas.

Paris Match et Elle se partagent la table basse et dans cet appartement où la médecine vous invite en son royaume, pas une revue, pas un journal qui pourrait ne serait-ce qu’évoquer la discipline, si mystérieuse, pour vous patient qui finalement ne demanderait qu’à en apprendre un petit peu plus du peu que vous pensez déjà connaître. Pas même un dépliant sur le Planning familial ou les méfaits du tabac (on les connaît presque par coeur mais quand même), pas un numéro de téléphone, pas même une affiche sur le SIDA, pas un numéro vert.

Pas l’ombre d’un stérilet dessiné dans un bas de page qui éclaircirait une bonne fois pour toute les patientes sur cette contraception ancestrale, pas un dessin humoristique qui décrocherait un sourire à l’adolescente qui viendrait se faire prescrire une pilule pour la première fois. Non, Paris match et la double vie de Paul Lou Sulitzer, Elle et le régime minceur pour perdre 5 kilos avant l’été, qui, entre nous, est fini depuis quatre mois, même si, cela dit, il sera toujours d’actualité au printemps prochain. La dame avant moi a été appelée. Je boude seule en silence et dégaine de mon sac "Mari et femme" de Zeruya Shalev.
Elle ne perd rien pour attendre, je lui dirai tout à l’heure dans son cabinet.

C’est mon tour. Sa blouse blanche et ses lunettes dans l’embrasure de la porte. Elle me fait toujours penser à l’étudiante qu’elle a été, sans doute poings en l’air en 68, je ne la connaissais pas, mais je l’imagine. Ca me met chaque fois le sourire aux lèvres. Sa blouse bien repassée, ce côté un peu ringard et bien rangée, elle qui fume parfois une cigarette en cachette, par la fenêtre, entre deux rendez-vous, et assassine la Sécu et les réformes chaque fois qu’on lui tend la perche.

Petite révision, ah oui, résultat du frottis, vous avez pris le traitement, Tricho-manintrucs, bon, il faut refaire un frottis aujourd’hui. Et vos seins, ça vous gêne ?, ..., Oh non, j’ai pas envie de vous donner du Lutényl, rien de grave, patience, vous êtes jeune, ... Ah, oui, stérilet la prochaine fois. Nova T , je vous l’avais prescrit.

Nous y voilà.

Alors, j’explique, calmement, mais quand même un peu avec des pincettes je crois, je l’aime bien, et je ne veux pas qu’elle se vexe, le TT380, Martin Winckler et tout, le cuivre, l’argent, les 6% de risque contre les 0,5%, le Mirena. J’y vais en douceur, mais quand même, je déballe ma science toute fraîche de la veille. Que c’est plaisant de parler de quelque chose qu’on connaît ! De se sentir, j’allais dire, "à égalité" avec le médecin, dans le sens, vous me parlez de quelque chose que je connais, vous n’allez pas me bluffer avec vos termes savants et me faire avaler n’importe quoi, etc. Même si je sais bien que, elle, cette gynécologue, ne me fera pas avaler n’importe quoi. Mais quand même.

Sa réaction ?

Oui, oui, bien sûr, Winckler... Très médiatisé ces temps-ci...Les statistiques dont vous parlez, oui, mais il y a eu plusieurs études qui ne sont pas tout à fait similaires, puis l’avantage du T380, c’est aussi que vous pouvez le garder plus longtemps, et.. Et là, elle se penche vers moi, regarde par-dessus ses lunettes et me dit : Je vais vous parler franchement. Je suis d’accord avec vous (soyons honnête, avec vous, Martin), et en fait, je n’ai tout simplement pas l’habitude de poser ce modèle-là. Et là, elle me sort le modèle de son tiroir, me montre, m’explique. Vous avez raison. Je vais désormais prescrire ce modèle. Et puis, j’ai un utérus en plastique pour m’entraîner, c’est pas fait pour les chiens.

Je n’ai plus qu’à me déshabiller, toute légère. Jambes en l’air, frottis et compagnie.
Je la remercie de son écoute et de sa compréhension.
Elle me remercie de lui avoir parlé ainsi.
On est copines. Ouf, j’aurais été déçue de la perdre.

Et puis, si elle n’arrive pas bien à le poser, le T380, je ne lui en voudrai sans doute pas. Et je souris en l’’imaginant dans son cabinet, le soir, après le couvre-feu des patients, en tête à tête avec son utérus en plastique et je suis touchée. De quoi vous donner envie d’écrire des livres. Du coup, j’ai oublié de lui toucher deux mots sur ces Paris Match.

Et quant aux requins... ça en fait un de moins.
L
.

PS. S’il y a des Paris Match dans votre salle d’attente, excusez mon impertinence... D’autant que je peux entendre que la revue puisse distraire des lecteurs...

Quelle belle histoire ! Elle démontre ce que je dis souvent : les médecins, il faut leur parler directement, leur annoncer la couleur, leur dire ce qu’on veut et qui on est. Et là, on est tout de suite fixé(e). Les mauvais (qui en général ont un ego mal placé et démesuré) nous envoient bouler. Qu’à cela ne tienne, on les quitte. Les bons, eux, deviennent encore meilleurs. Martin W.

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