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Où vont les cigognes ?
France Inter, chronique du 28 janvier 2003
Article du 27 décembre 2004

Dans son numéro de février 2003, l’excellente revue Pour la Science consacre un passionnant article aux oiseaux migrateurs. On y apprend, d’abord, que près de cinquante milliards d’oiseaux entreprennent un vol migratoire deux fois par an.

Les migrations font l’objet d’observations depuis l’Antiquité, et à la fin du XIXe siècle, quand on a commencé à baguer les oiseaux, on a eu des notions plus précises sur leurs déplacements, mais les connaissances ont fait un bond phénoménal depuis vingt ans avec la mise au point de balises Argos de plus en plus miniaturisées, qui permettent de suivre les oiseaux par satellite.

Au début, seuls les aigles ou les albatros étaient assez grands pour les porter. On a ainsi découvert que certains albatros parcourent en mer jusqu’à 1000 km par jour pour se nourrir, et qu’un aigle de Sibérie, le pyrargue de Steller, migre jusqu’en Afrique du sud ! Aujourd’hui, on équipe aussi les cigognes avec des appareillages pesant 35 grammes, équipées d’une pile solaire, et placées dans un petit sac, sous le plumage dorsal, de manière à ne pas gêner l’animal.

Le même article de Pour la Science apprend à tous ceux qui n’y connaissent rien en ornithologie - ce qui est mon cas - des foules de choses sur ces sympathiques animaux. Par exemple, qu’il y a deux grandes familles de cigognes blanches. Les cigognes de l’Est, qui vivent essentiellement en Allemagne de l’Est, et les cigognes de l’Ouest qui vivent en Allemagne de l’Ouest, dans le Bénélux, en France et en Espagne. Ces dernières étaient environ 100 000 couples au XIXe siècle ; leur nombre a beaucoup diminué à partir des années 50 puisqu’en Alsace, il ne restait que neuf couples reproducteurs en 1974.

Depuis les années 80, des ornithologues européens ont mis au point une méthode de repeuplement consistant à empêcher les cigognes de migrer. Quand on les garde captives trois ans, elles se sédentarisent près de l’endroit où on les libère. Grâce à quoi, en 2001, le nombre de couples de cigognes en Alsace est passé à près de 300.

L’autre grand enseignement du suivi des cigognes par balise Argos, c’est l’itinéraire et la longueur de leur trajet de migration. Une cigogne de l’Ouest partira d’Alsace vers le sud-ouest, longera la côte méditerranéenne de l’Espagne, traversera le détroit de Gibraltar et migrera jusqu’en Afrique occidentale. Une cigogne de l’Est partira d’Allemagne en direction du sud-est, survolera la Turquie, puis Israël et le Sinaï, traversera la mer Rouge et se dirigera ensuite plein sud pour atteindre le Soudan, la Tanzanie, voire l’Afrique du Sud.

Les cigognes voyagent de jour, par étapes de 250 à 300 kilomètres, et se reposent la nuit. Comment se dirigent-t-elles ? Eh bien, comme tous les oiseaux migrateurs : grâce à des repères visuels, mais aussi et surtout grâce à une zone particulière de leur cerveau, qui les guide le long des lignes du champ magnétique terrestre avec une précision telle qu’elles peuvent retrouver exactement l’endroit de leur naissance, même si elles s’écartent de leurs couloirs de migration. Les cellules magnétoréceptrices de la cigogne sont, semble-t-il, situées dans leur rétine. Autant dire que ces oiseaux ont, littéralement, le compas dans l’œil...

Pour la Science, Février 2003

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