logo Winckler’s Webzine
Le site personnel de Martin Winckler
logo

 Sommaire | Edito | In italiano | Courriers et contributions | Contraception et gynécologie | Radio et télévision | Lectures | Mes Bouquins | Les médecins, les patients, et tout ce qui s’ensuit... | WebTV | Être un(e) adulte autiste...
Recherche


L’éthique dans les séries télé : une émission radio hebdomadaire en ligne sur Radio Créum
Radio et télévision > Odyssée >


Y a-t-il des races dans l’espèce humaine ?
France Inter, 6 Janvier 2003
Article du 13 décembre 2004

Pendant ma chronique de vendredi, concernant Joséphine, j’ai cité le petit Robert qui, sous le mot « créole » écrit, je cite : Personne de race blanche née dans les colonies intertropicales, notamment les Antilles. L’expression « race blanche » m’a gêné, mais quand je cite le dictionnaire, je peux en penser ce que je veux, qui suis-je pour le corriger ? Cependant, cette formule m’a incité à me poser deux questions : d’abord, qu’est-ce qu’une race ? Ensuite, y a-t-il des races dans l’espèce humaine ?

Justement, le mot « espèce », pas dans les expressions courantes comme « espèce de crétin » mais dans son sens zoologique, est selon le petit Robert, un groupe naturel d’individus descendant les uns des autres dont les caractères génétiques, morphologiques et physiologiques, voisines ou semblables, leur permettent de se croiser.

Le mot « race » , toujours selon le petit Robert, désigne : une subdivision d’une espèce zoologique, elle même divisée en sous-races ou en variétés, constituée par des individus réunissant des caractères communs héréditaires.

Appliqué à l’espèce humaine, le mot « race » devrait donc avoir la même définition qu’en zoologie. Mais sur ce sujet, le petit Robert précise : En dépit des recherches sur l’indice céphalique (c’est à dire les mensurations du crâne), les groupes sanguins et la génétique, rien ne permet de définir la notion de race dans l’espèce humaine, sinon des caractères visibles globaux, relatifs et partiels.

Cette affirmation peut sembler gratuite mais elle a été précisée le 27 Septembre 1996. Pour répondre à une affirmation de Jean-Marie Le Pen selon lequel (je cite le communiqué de l’époque) les diverses races humaines [seraient] inégales et certaines [seraient] meilleures que d’autres, Albert Jacquard rédigea une déclaration cosignée par six cents scientifiques, où l’on pouvait lire : Le concept de race ne peut être défini qu’au sein d’espèces dont divers groupes ont été isolés les uns des autres suffisamment longtemps pour que leurs patrimoines génétiques se différencient. Il se trouve que, dans l’espèce hu-maine, cette différenciation est si peu marquée que le concept de races humaines est non opérationnel.

Je répète : des groupes isolés les uns des autres suffisamment longtemps pour que leurs patrimoines génétiques se différencient. Autrement dit : les populations humaines qui, je vous le rappelle, ont toutes des ancêtres communs, sont génétiquement si semblables qu’il est impossible d’y distinguer des races.

De manière assez significative, ceux qui affirment l’existence de races dans l’espèce humaine ne le font pas à des fins de classification, comme c’est le cas en zoologie, mais pour démontrer qu’il y a des races inférieures - étant bien entendu, évidemment, qu’eux-mêmes constituent la race supérieure. Supérieure de quel point de vue ? Du point de vue de l’intelligence ou de la culture, pardi ! Ce genre de préjugé n’est pas très nouveau. Dans l’Antiquité, les Grecs, qui se considéraient comme le summum de l’humanité, qualifiaient tous les autres peuples de barbares. Les Romains étaient à peine plus évolués. Pour eux, tous les peuples étaient barbares, sauf eux-mêmes et les Grecs.

Aujourd’hui, nous savons qu’il n’existe pas de gène de l’intelligence ou de la culture. Et c’est rassurant, car cela signifie qu’il n’existe pas non plus de gène du racisme.

IMPRIMER
Imprimer


RSS - Plan du site  - Site conçu avec SPIP  - Espace Privé