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Quelle difference y a-t-il entre le Nô et le Kabuki ?
Chronique "Odyssée", France Inter, 27 décembre 2002
Article du 21 novembre 2004

Nô et Kabuki sont des formes de théâtre traditionnel japonais.
Le Nô ou « théâtre de cour » apparaît à la fin du XIV ème siècle, il est contemporain des arts martiaux et de la cérémonie du thé. C’est un théâtre sacré, héritier des danses religieuses du Japon ancien qui étaient interprétées avec des masques inspirés par des démons, des animaux fabuleux, et des personnages mythiques. Le Nô mêle des textes poétiques, des chants et de la musique. Le texte est psalmodié, les déplacements sont très lents et l’interprétation est hiératique en raison du caractère tragique des thèmes. Les acteurs - exclusivement des hommes - sont revêtus de costumes somptueux et portent des masques travaillés comme des oeuvres d’art. Leur formation est longue et exigeante et suit une tradition familiale.

Une représentation de Nô dans la pure tradition comporte cinq pièces entrecoupées de kyôgen, intermèdes « comiques » destinés à lever la tension dramatique. Le shite ou « celui qui fait » en est le principal personnage ; il porte un masque qui peut représenter une femme, un jeune prince, un homme ivre, une ogresse, un démon. La scène est carrée, le décor est d’une simplicité absolue. Les musiciens se placent sur une estrade du côté droit ; une passerelle relie les coulisses et la scène ; le shite apparaît dans une brusque ouverture de rideau et un trille strident de la flûte. Tout dans le Nô est exprimé par le son de la voix ou celui des instruments, par le déplacement lent ou rapide des acteurs, par les masques qui jouent avec la lumière. C’est un théâtre où le temps, le son et les éclairages sont déformés et qui conte des histoires à la lisière du monde humain et de l’au-delà.

Le théâtre kabuki, populaire et urbain - le mot kabuki signifie d’ailleurs « extravagant » [1]- naît au début du XVII ème siècle. Ses thèmes sont historiques et réalistes, mais il puise aussi dans l’actualité ou le fait divers. C’est un théâtre épique, qui met en scène des héros légendaires et leurs ennemis. La scène est complexe, avec passerelles, escaliers, trappes et plateaux tournants pour un grand nombre de personnages et d’effets spéciaux.

Des dramaturges tel Chikamatsu Monzaemon, auteur des Quarante-sept Ronins, lui composent des pièces. Comme le Nô, le Kabuki est un théâtre centré sur l’acteur et ses interprètes se transmettent leur art de père en fils. Chaque lignée, comme les familles nobles ou les samouraï, est reconnaissable à son blason ou mon ; elle se reconnaît également à son maquillage de scène. Depuis 1649, les rôles de femmes, sont tenus par des hommes mûrs (on appelle ces rôles de travestis des onagata) qui commencent, sur un maquillage blanc très épais, par se redessiner des sourcils et une bouche, se revêtent ensuite de leur costume de femme, et terminent par la pose de la perruque.

Certains maîtres du Kabuki ont aujourd’hui au Japon le statut de « trésor national vivant ». Et ce théâtre extrêmement populaire servit également d’inspiration aux peintres d’estampes. L’un d’eux, Toshubai Sharaku, suivait les acteurs dans les coulisses et en ville, et les représentait avec tant de réalisme qu’on le soupçonna de voler l’âme de ses modèles.

Voilà, vous en savez à présent autant que moi sur le Nô et le Kabuki et je remercie chaleureusement le petit Jean-Pierre Liégeois ainsi que son papa, Marcel, de m’avoir suggéré de potasser cette question ardue, mais fort intéressante.

Sayonara, sensei.


[1et vient aussi d’un vieux verbe "kabuku" qui signifie "se trémousser". Le kabuki étant plus récent que le nô, on imagine que le style devait agacer les artistes de nô :-) - Note de Frédéric Faure, auditeur d’ Odyssée et visiteur de ce site

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