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Qui se perd dans le triangle des Bermudes ?
25 octobre 2002
Article du 13 septembre 2004

Le triangle des Bermudes est un lieu géographique mythique devenu synonyme, dans le langage courant, de disparitions bizarres.

Mais qu’est-ce que c’est que ce triangle ?

En général, on considère que c’est le triangle formé par Miami, en Floride, l’île de Porto-Rico et l’archipel des Bermudes. Le terme de triangle des Bermudes a été formulé pour la première fois par un journaliste nommé Vincent Gaddis dans un article de la revue Argosy, publié en 1964. Il y faisait état de la disparition mystérieuse dans ce secteur de vaisseaux qui s’y étaient engagés et d’avions qui l’avaient survolé.

La première affaire qui ait façonné l’image du triangle des Bermudes est celle du vol 19. Le vol 19 était composé d’une escadrille de cinq chasseurs bombardiers qui, en 1945, décolla de la base navale de Fort Lauderdale, en Floride, pour une mission de routine. Après une heure et demie de vol, le chef d’escadrille signala à sa base que les compas de bord donnaient des indications aberrantes. Pensant se trouver au-dessus des Keys, longue chaîne d’îles qui prolonge à la pointe de la Floride, il décida de se diriger vers le nord pour regagner son point de départ. Quelques heures plus tard, les avions avaient disparu corps et biens.

La disparition de l’escadrille fut facilement expliquée : après s’être perdus, les avions, qui ne disposaient pas d’appareils de navigation aussi fiables que ceux d’aujourd’hui, s’étaient par erreur dirigés vers la haute mer, avaient épuisé leur carburant et s’étaient malheureusement rapidement abîmés dans un océan ce jour-là très agité.

Rien de très mystérieux, donc, et les navigateurs chevronnés savent que la mer est un élément dangereux qui peut, à elle seule, expliquer bien des naufrages. Mais à partir de cette histoire, un très grand nombre de disparitions furent attribués rétrospectivement à des phénomènes paranormaux.

Outre des dizaines d’articles, le livre d’un certain Charles Berlitz, publié en 1974 et devenu un best-seller, a entretenu le mythe. Pour vendre du papier et des livres, tous les moyens sont bons : extra-terrestres, cristaux venus de l’Atlantide, tourbillons issus de la quatrième dimension etémissions de méthane par l’océan sont quelques-unes des « explications » invoquées par cet auteur et ses semblables.

Précisons cependant que la zone réserve, effectivement, une bizarrerie : les compas n’y indiquent pas le pôle magnétique. Mais ce phénomène n’est ni unique, ni spécifique du triangle des Bermudes : on l’observe également dans un secteur marin situé à l’est du Japon. Evidemment, cette zone-là aussi est accusée d’engloutir les vaisseaux...

Le mythe du triangle des Bermudes a été battu en brèche en 1975 par un bibliothécaire du nom de Larry Kushe qui, en comparant soigneusement les livres tonitruants écrits sur le sujet aux document officiels, montra que beaucoup de naufrages attribués au triangle avaient en réalité eu lieu ailleurs, et que les auteurs des ouvrages modifiaient la réalité à leur guise.

Si je vous ai parlé de ce faux mystère, c’est parce qu’il devrait nous servir d’exemple : le sensationnalisme fait vendre du papier, ce qui n’est pas très grave en soi, mais il peut aussi nous inciter à croire à des choses qui n’existent pas. Il me semble en particulier que le syndrome du triangle des Bermudes a été réactivé tout récemment par un ouvrage écrit par un Français, qui prétend qu’aucun Boeing ne s’est écrasé sur le Pentagone, le 11 septembre 2001. S’il y a une chose qui se perd dans le triangle des Bermudes - ou dans ce qui en tient lieu aujourd’hui - c’est, malheureusement, le bon sens.

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