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Où en est la fonte des pôles ?
21 octobre 2002
Article du 9 septembre 2004

Bonjour à tous les amateurs de sports d’hiver

Avec la pollution, la surpopulation, le trou de la couche d’ozone et le réchauffement planétaire, la fonte des glaces polaires revient très souvent dans les angoisses hebdomadaires que répandent et entretiennent les médias. En gros, le message qui passe est : « Si les banquises polaires fondaient, le niveau de la mer monterait de plusieurs mètres et nous nous retrouverions dans Waterworld - vous savez, le film qui a failli couler Kevin Costner ».

Aujourd’hui, les prévisions démographiques indiquent que la population mondiale devrait se stabiliser spontanément d’ici à 2045 ; les mesures les plus récentes montrent que le trou de la couche d’ozone se referme et le réchauffement de la planète semble un phénomène moins simple et inéluctable qu’on ne le présente habituellement. Mais qu’en est-il de la fonte des pôles ?

En mars 2002, une plaque de glace de la taille de la Corse s’est détachée de l’Antarctique et a déclenché une belle série d’articles alarmistes. Heureusement, les journalistes scientifiques ne sont pas tous terroristes et, dans le numéro de novembre de La Recherche, Olivier Postel-Vinay publie un article extrêmement éclairant sur le sujet. Je ne vais évidemment pas en faire le tour en trois minutes, mais j’y ai relevé quelques éléments, qui devraient d’abord vous rassurer, mais aussi vous donner envie d’en apprendre plus.

D’abord, une précision : l’Antarctique, qui représente 90% de la masse des glaces polaires, est un continent dont la surface est de 10 millions de km_ ; la glace qui le recouvre est donc en grande partie située sur la terre ferme et son épaisseur varie entre 1 kilomètre et 4, 8 km (la hauteur du Mont Blanc). La banquise, mer gelée qui entoure le continent antarctique, ne représente que 15 % de la masse glaciaire. La surface de la banquise varie et s’étend sur sept fois la surface de la France en été, trente-six fois cette surface en hiver. C’est de la banquise que se détachent périodiquement des masses de glace. Comme le révèle le principe d’Archimède, un glaçon qui fond dans un verre ne fait pas monter le niveau de l’eau. Les immenses icebergs qui se détachent de l’Antarctique ne peuvent donc pas non plus faire monter le niveau des océans quand ils y fondent. Même lorsqu’ils ont une taille colossale. Car l’eau qui constitue banquise vient évidemment de l’Océan ; quand les glaces fondent, elle y retourne.

De nombreuses équipes étudient actuellement la dynamique des glaciers, tant en Antarctique qu’au Groënland ou en Alaska. En pratiquant des forages, ces équipes recueillent de précieuses informations sur l’évolution des masses glaciaires au fil du temps. Et ils ont découvert que l’Antarctique est resté très stable au cours des millénaires écoulés. Certaines zones se réchauffent, d’autre se refroidissent, mais l’équilibre de l’ensemble ne bouge pas beaucoup. Ce n’est pas étonnant : non loin du pôle sud la température varie entre -70° l’hiver et - 50° l’été ! Les recherches ont ainsi montré que depuis 60 millions d’années, la calotte glaciaire antarctique n’a pas fondu, alors que la terre a connu des périodes plus chaudes qu’aujourd’hui !

Mais tout de même, avec toute cette pollution, est-ce que l’Antarctique se réchauffe ? Eh bien, rien ne semble l’indiquer. Les études par satellite montrent même que la surface de la banquise a augmenté régulièrement entre 1979 et 1999, ce qui suggère plutôt un refroidissement du pôle sud. La zone apparemment la plus sujette à la fonte de sa couche glaciaire n’est pas l’Antarctique ou le Groënland, mais l’Alaska. Et en tout, l’élévation du niveau des mers équivaut à... 0,5 mm par an. Alors, pas de panique...

Merci donc à Olivier Postel-Vinay de nous avoir remis les idées en place. Le même numéro de La Recherche - il s’agit d’une nouvelle formule, beaucoup plus agréable à lire que l’ancienne - contient aussi des articles très accessibles sur l’asthme et sur la taille de l’univers, et nous explique même comment le traitement informatique des sons a permis, dans le film Vatel, de donner l’illusion que Gérard Depardieu parlait anglais sans accent. Je me doutais bien qu’il y avait un truc !

La Recherche, Octobre 2002.

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