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L’éthique dans les séries télé : une émission radio hebdomadaire en ligne sur Radio Créum

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Qu’est-ce qu’un découvreur ?
10 octobre 2002 (chronique faite à France Inter)
Article du 29 août 2004

En 1937, un jeune savant norvégien, Thor (comme le dieu de la foudre) Heyerdahl, qui s’intéresse à la biologie des plantes insulaires, se rend en Polynésie pour changer d’air.

Pendant ce séjour, Thor Heyerdahl est frappé par l’impact des forces naturelles, vents et courants océaniques, se dirigeant d’est en ouest.

Parallèlement, il entend des contes indigènes suggérant que les ancêtres des Polynésiens seraient arrivés sur ces îles poussés d’est en ouest par les vents et les courants, explication en contradiction complète avec les thèses scientifiques prédominantes de l’époque, qui postulent que les ancêtres des Polynésiens sont arrivés d’Asie.

Il élabore alors une théorie selon laquelle une partie des hommes qui colonisèrent les îles de Polynésie auraient pu aussi venir des Amériques, depuis le nord en passant par Hawaii.

Pour prouver que les habitants d’Amérique du sud ont pu rallier les îles polynésiennes en bateau, Thor Heyerdahl entreprend de renouveler leur expédition. Avec de gros troncs de balsa récupérés dans la jungle d’Equateur, il construit un radeau qu’il nomme Kon-Tiki. Celui-ci quitte le port de Callao au Pérou le 27 avril 1947 avec à son bord Heyerdahl, quatre compatriotes norvégiens et un Suédois. Le Kon-Tiki se révèle très maniable, et emporte sa cargaison humaine vers l’ouest à travers le Pacifique. Malgré les tempêtes et les vagues, l’esquif flotte et ne sombre pas. Le 30 juillet 1947, il atteint l’île de Puka Puka dans l’archipel des Tuamotu. Une semaine plus tard, Le 7 août 1947, après 101 jours de mer, le Kon-Tiki s’écrase sur un récif de l’atoll de Raroia. Il a parcouru 4.300 milles nautiques à une vitesse moyenne de 42,5 milles par jour.

La plupart des scientifiques doutent de la véracité de l’exploit. Ils accusent Heyerdahl d’être un navigateur sportif qui veut se faire de la publicité... alors que Thor Heyerdahl lui-même ne sait pas nager et que seul un de ses coéquipiers avait des notions de navigation. Malgré le scepticisme des scientifiques, le public international fait un triomphe au livre sur l’expédition du Kon-Tiki qui se vend à plusieurs millions d’exemplaires et sera traduit dans plus de 50 langues. Le film sur le Kon-Tiki, tourné avec une simple caméra à main, remportera l’Oscar du meilleur documentaire en 1950. Bien que décrivant les fondements théoriques du projet, le film comme le livre mettaient l’accent principalement sur l’aspect aventureux de l’expédition. Ce qui occulte un peu l’importance des motivations scientifiques de l’expédition.

Mais Heyerdahl n’en restera pas là et poursuivra ses recherches sur les origines possibles des populations du Pacifique. En 1953, l’une des expéditions archéologiques qu’il organise sur les îles Galapagos, à 600 miles des côtes de l’Equateur, découvre des poteries similaires à celles des habitants de l’Amérique du Sud précolombienne - ce qui vient à l’appui de ses hypothèses.

Même si ces hypothèses ont été révisées depuis lors, je vous ai parlé de Thor Heyerdahl parce qu’il illustre parfaitement, à mon sens, ce qu’est un découvreur : un homme généreux qui s’intéresse au monde, qui formule des théories à partir de son savoir, mais aussi de ses observations et ses intuitions, et qui se donne les moyens de battre en brèche les théories établies en se lançant à l’aventure, non par goût du danger ou de la provocation, mais parce que le savoir, comme la vie, méritent qu’on prenne des risques. Bref, un homme que l’on peut, sans hésiter, prendre pour modèle.

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