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L’éthique dans les séries télé : une émission radio hebdomadaire en ligne sur Radio Créum

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Qui à succédé à Jules Verne ?
24 septembre 2002
Article du 20 août 2004

Jules Verne est l’un des écrivains les plus connus au monde. Ses lecteurs américains, en particulier, le considèrent non seulement comme un écrivain de science-fiction, mais quasiment comme le premier du genre, et il lui ont depuis rendu régulièrement hommage dans la réalité (le premier sous-marin atomique fut baptisé Nautilus) comme dans la fiction (dans l’épatante trilogie Retour vers le Futur, Doc Brown, le savant illuminé, baptise ses deux fils Jules et Verne). Il est vrai que ses romans anticipaient de manière plausible l’exploration sous-marine, le voyage dans la lune, la télévision, les machines de guerre volantes et j’en passe.

Chaque époque a son Jules Verne. Au cours des années 60, les Américains ont trouvé le leur en la personne d’un scénariste de télévision nommé Gene Roddenberry. Roddenberry avait été pilote pendant la guerre et il écrivait des scénarios de western.
Un jour, il eut l’idée de combiner ses deux passions (l’aviation et la conquête de l’Ouest) en imaginant une série de télé intitulée Star Trek. Ce titre signifie tout simplement « Voyage dans les étoiles » et son sujet n’est rien d’autre qu’une sorte de balade dans les possibles, une sorte de tour de l’univers en 76 épisodes tel qu’aurait pu le rêver Jules Verne s’il avait vécu au vingtième siècle.

L’une des choses les plus belles qu’on voyait dans Star Trek, ce n’est pas bien sûr le fait que les occupants du vaisseau Enterprise portent des combinaisons qui ressemblent à des pyjamas, mais que ce vaisseau ait à son bord, dès 1966, le premier équipage mixte et interethnique de l’histoire de l’humanité. Trois ans avant qu’un homme ne pose le pied sur la lune, il accueillait sans préjugé des hommes et des femmes, des Européens, des Africains, des Asiatiques, des Slaves et des Extra-terrestres.
A l’époque, ça faisait sourire (ou grincer des dents) mais regardez aujourd’hui, nous sommes les premiers à frémir de fierté quand un astronaute bien de chez nous grimpe dans une navette de la NASA ou va taper le carton avec des Russes et des Belges dans la station spatiale européenne.

En dehors même de son esprit tolérant et humaniste, la série Star Trek des années 60 (il y en a eu quatre autres depuis) anticipait plusieurs appareillages assez épatants qui ont été réalisés depuis. À commencer par le communicateur de poche du capitaine Kirk, dont certains fabriquants de téléphones portables ont sans vergogne copié l’esthétique, et le lit à diagnostic médical du Docteur Mccoy, dont il existe déjà des modèles expérimentaux : ils prennent le pouls et la température, mesurent le poids, la pression artérielle et bien d’autres choses.

De toutes les technologies mises en scène dans la série, la plus fascinante est sans doute le télétransport, qui consiste à désintégrer atome par atome les objets ou les individus pour les recomposer à l’identique à trois ou à trentre kilomètres de là. Roddenberry avait imaginé le télétransport parce que c’était narrativement plus élégant et financièrement moins coûteux que de passer son temps à montrer des allées et venues de navettes entre le vaisseau Enterprise et les planètes qu’il explorait. Il n’empêche. L’idée d’un déplacement quasi instantanée a de quoi faire rêver.
La question, évidemment, est de savoir si c’est du domaine du possible. Plusieurs physiciens se sont penchés dessus et ont répondu par la négative, ne serait-ce que parce que l’énergie nécessaire à la désintégration et à la réintégration des atomes d’une souris serait équivalente à celle que produit le soleil. Donc, pas de télétransport pour le moment, et sans doute jamais.
Encore que : plusieurs laboratoires de recherche prétendent avoir procédé au télétransport de particules d’énergie. Si cette chronique dure jusqu’en 2025, je vous promets qu’à la moindre avancée nouvelle en ce domaine, je vous en reparle.

En tout cas, Star Trek a anticipé de plusieurs années une autre invention, bien plus pratique et bien plus quotidienne, celle des portes automatiques - vous savez, ces portes en verre coulissantes qui s’ouvrent toutes seules quand vous vous préparez à entrer dans une gare ou une pharmacie. Eh bien, dans le vaisseau Enterprise, il y en avait partout !
Et elles fonctionnaient si bien qu’à l’époque, ça impressionnait beaucoup de monde, car leur technologie, qui nous paraît aujourd’hui si naturelle, n’était pas du tout maîtrisée dans la réalité.
Un jour, un fabriquant de portes envoie deux de ses ingénieurs au responsable des effets spéciaux de Star Trek pour lui demander son secret.
- « Quel genre de capteurs utilisez-vous pour que la porte s’ouvre juste devant les acteurs ? Lui demandent-ils. On a beau examiner l’image sous toutes les coutures, on ne voit rien. »
Le responsable des effets spéciaux éclate de rire et répond :
- « Il n’y a pas de capteur, mais un type qui, dans les coulisses, surveille les comédiens et appuie sur un bouton pour ouvrir la porte dès qu’ils s’en approchent. Et il a intérêt à être précis, car ils y vont franchement et, s’il rate son coup, ils se cognent ! »

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