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Le prix Goncourt 2008 à Atiq Rahimi pour "Syngué Sabour", aux éditions POL

Autopacte - site sur l’écriture autobiographique

Philippe Lejeune est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages sur l’écriture intime - journal personnel et autobiographie - et un grand observateur et praticien de l’internet. Son site, Autopacte est un lieu précieux pour ceux qui s’intéressent au sujet. Avec Catherine Bogaert, il vient de publier Un journal à soi , magnifique ouvrage consacré au journal intime.
Visitez son site, lisez ce livre, vous m’en direz des nouvelles


Voir aussi :

Politique et citoyenneté
- L’usage de la parole - politique du « Winckler’s Webzine »
- Si cet enfant avait été entendu, la face du monde aurait été changée !
- Plaidoyer pour une autre radiologie
- L’avenir menaçant de l’industrie pharmaceutique
- Sélection des étudiants en médecine : comparaison entre France et Québec
- Quand l’éducation nationale fabrique des handicapés…
- "Ce n’est pas le DIU qui perfore, c’est le médecin !" (et certains médecins mériteraient un procès...)
- Réflexion sur l’euthanasie en France : de Jacques Ricot au Comité national d’Ethique
- Violence en « prime time »
- Les hommes et les femmes : des sites et des réflexions

Santé
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
- Qu’est-ce qu’un patient "responsable" ? Qu’est-ce qu’un soignant respectueux ?
- Humbles réflexions d’un médecin généraliste sur l’IVG
- Pour prendre la pilule, examen gynécologique, examen des seins et prise de sang ne sont pas nécessaires...
- Santé : la fin du modèle français
- Que "vaut" une IVG ?
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- Une maladie méconnue : le trouble dysphorique du lundi matin (TDLM)
- "Je viens encore bêtement de faire perdre 800€ à la sécu pour une connerie"

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Histoire
Avortement : le corps médical a longtemps été du côté de la répression
par Michel Schiff
Article du 18 août 2004

Michel Schiff est chercheur au CNRS. Il a publié plusieurs livres dont La science aveugle(Ed. Sang de la Terre, 2003).
Emmanuelle Mignaton, qui fréquente assidûment le Webzine, nous en envoie des extraits qui lui ont paru particulièrement signifiants. Je la remercie vivement.

"Quand il s’agit de la violence faite aux femmes, l’écriture universitaire devient un chef œuvre d’aveuglement. Les chercheurs vont très loin dans l’espace ou le temps plutôt que d’étudier certaines violences dans leur propre société.

Au lieu d’étudier les curetages à vifs pratiqués jadis par des médecins pour punir les "salopes" qui s’étaient fait avorter ou l’abus de certaines opérations telles que les hystérectomies ou les césariennes, les chercheurs préfèrent regarder ailleurs.

Lorsqu’il s’agit de la violence sexuelle la plus grave, c’est-à-dire le viol, le contraste entre la société savante et la société civile est spectaculaire. Dans l’échantillon des mille articles "publiés" qui est évoqué ici, il n’y a pas la moindre allusion à un phénomène dont la société civile, elle, commence à se préoccuper.

A comme avortement. Dans une encyclopédie du sexisme universitaire, le premier volume pourrait concerner l’avortement. A propos de ce thème, j’ai fait une étude spécifique des publications de nombreuses disciplines- en particulier des publications médicales- s’étalant sur trente ans. Je ne retiendrai ici que deux des nombreuses questions occultées dans les textes explicitement consacrés à l’avortement, toutes disciplines confondues.

Commençons par une question toute simple. Avant sa dépénalisation, quelle était la proportion de femmes concernées par l’avortement ? S’agissait-il d’une bavure de la sexualité ou bien l’avortement concernait-il au contraire une proportion importante de femmes, voire la majorité d’entre elles ?

A cette question, les articles médicaux répondent de façon ambiguë : vous avez le choix entre penser que la majorité des femmes sont hystériques ou croire que l’avortement clandestin ne concernait qu’une assez faible proportion de femmes, socialement ou psychologiquement perturbés. Quant aux démographes, ils se sont contentés de faire leur travail de démographe : ils ont calculé des nombres annuels sans se préoccuper d’estimer la proportion des femmes qui subissaient le traumatisme d’un avortement clandestin.
(...)
Avant 1975, ce sont des médecins, en tant que corps constitué, qui ont été à la pointe du combat pour maintenir la répression contre l’avortement. Ce faisant, les médecins favorisaient la clandestinité alors qu’il s’agissait du principal facteur de risque d’une interruption de grossesse.

Après 1975, de nombreuses publications médicales ont insisté sur les risques d’une interruption volontaire de grossesse, en particulier sur les risques psychologiques. Cette insistance peut paraître suspecte. D’autant plus qu’un question toute simple aurait dû venir à l’esprit des auteurs qui manifestaient ainsi un souci bien tardif de la santé des femmes : les risques d’une IVG effectuée dans de bonnes conditions psychologiques et sanitaires sont-ils supérieurs, inférieurs ou égaux à ceux d’une grossesse qu’une femme mène à terme à son corps défendant ?

Je n’ai trouvé qu’un seul article médical qui soit consacré aux risques d’une grossesse menée à terme par une femme contre son gré. L’auteur y traite des risques...pour le médecin. "

(c)Michel Schiff, 2003

Au sommaire de La science aveugle (Ed. Sang de la Terre, 2003) :

Des lendemains thérapeutiques qui chantent.
- L’exemple du cancer.
- Le maccarthysme biomédical.
- Soufre et cancer : paroles de profanes.

Les oeillères de la science.
- Regard historique : les scientifiques ont la mémoire
courte.
- Regard politique : l’occultation scientifique de problèmes de société.
- Regard intellectuel : la pensée unique dans les sciences de la nature.
- Regard psychologique : la masculinisation de la pensée et des comportements.
- La santé comme marchandise : science, finance et désinformation.

Se libérer de l’obscurantisme savant.
- Repères intellectuels et techniques.
- Repères psychologiques pour résister à l’obscurantisme
savant

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