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Contraception : questions/réponses 06
17 mai 2004
Article du 17 mai 2004

Voici une nouvelle série de questions/réponses sur la contraception.
Cet article aborde, dans l’ordre, les sujets suivants :
- Adénome hypophysaire, hormones et DIU
- Syndrome prémenstruel (1)
- Syndrome prémenstruel (2)
- Pilule et plaques sur le visage
- Implant contraceptif et kystes de l’ovaire
- Effets secondaires de la pilule
- Contraception après cancer du sein.


Pour poser des questions sur la contraception :
martin_winckler@yahoo.fr


Lire les questions/réponses précédentes

Adénome hypophysaire, hormones et DIU

J’ai été opérée d’un adénome hypophysaire invasif en 99 après la naissance de ma fille. Je n’ai eu besoin d’aucun traitement, mais la pillule m’était déconseillée.(je ne sais pas pourquoi, mais à l’époque , je n’ai pas cherché à comprendre).

Puis suite à la naissance et l’allaitement de mon deuxième enfant, de nouveau reformation de l’adénome aussi gros que la première fois. Je passe régulièrement des IRM et champs visuels.Le prochain prévu en juin. Je ne dois plus faire d’autre enfant... Je me suis fait pauser un Mirena en février qui d’après mon gynéco n’est pas contre-indiqué avec l’adénome Selon lui, c’était mieux qu’un stérilet cuivre (qui pourtant est sans hormones) car il y a plus de risques de grossesses avec un stérilet cuivre.

Tout s’est bien passé au moment de la pose, mais deux jours plus tard, j’avais la sensation d’une inflammation de tout les organes contenus dans mon bassin. Puis, j’ai passé plus d’un mois bloquée du dos, avec des difficultés à marcher. Après vérifications (une écho) le stérilet étais bien en place. D’après ce gentil’homme, cela était certainement "psy"... Il est vrai qu’au bout d’un mois de bonnes douleurs, j’ai commencé fortement à déprimer(même avec des anti-inflammatoires...) La pause date du 5 février. Cela s’est bien amélioré en mars, et je pense avoir passé le plus difficile.Mais je constate que des douleurs se repointent cycliquement, en fonction de mon cycle hormonal, donc j’imagine que cela est plutôt d’origine hormonale. Je m’inquiète donc, car même si le Mirena est très faiblement dosé, cela n’a peut être pas qu’une influence locale.J’espère que cela n’aura pas un retentissement négatif sur le développement de cet adénome.

Réponse : La pilule "combinée" (contenant des estrogènes) est déconseillée en cas d’adénome hypophysaire car elle peut le faire grossir. Les progestatifs (en comprimés ou dans un implant ou un Mirena), en revanche, ne représentent aucun danger pour votre adénome. Les symptômes que vous décrivez peuvent se produire les premières semaines après la pose du Mirena : les progestatifs font "gonfler" un peu les tissus du petit bassin.

Et puis, ça se tasse (comme ça a l’air de se produire).

Même si vous n’avez pas de règles (ce qui peut se produire avec un Mirena, et ça n’a aucune importance) vous pouvez avoir des symptômes évocateurs du cycle : sensation d’ovulation, irritabilité à l’approche de la date des règles théoriques, crampes au moment des règles (mais sans saignement) car votre cycle n’est pas bloqué par le Mirena : il a surtout un effet contraceptif local.

Cela dit, je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre gynéco : on aurait pu vous poser un DIU au cuivre. Certes, l’efficacité est "un peu" moins grande qu’avec un Mirena, mais si vous avez déjà deux enfants, j’imagine que vous avez 30 ans ou pas loin, et après 30 ans, les deux types de DIU se valent largement sur le plan de l’efficacité. Si vous tolérez bien le Mirena, n’en changez pas. Si vous ne le tolérez pas pour une raison ou pour une autre, demandez à ce qu’il vous pose le DIU au cuivre de référence : le TT380 (copie générique française du TCu380, agréé aux USA pour être laissé en place... 12 ans !) En tout cas, dormez tranquille, quel que soit le type de DIU, il n’aura pas d’effet sur votre adénome.

MW

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Syndrome prémenstruel (1)

J’ai 32 ans, pas d’enfants, un compagnon depuis 7 ans, je prends la pilule LUTERAN 10mg (20jours avec arrêt de 8 jours) depuis 1 ans. Cette pilule m’a été prescrite par ma gynéco pour supprimer un syndrome prémentruelle trés invalidant. Résultat : plus de syndrôme et arrêt des règles. Mais ma gynéco s’inquiétant des effets négatifs d’un déficit en oestrogènes à long terme, me prescrit ESTREVA 0,1% gel, 1 dose/jour, les 10 derniers jours de la prise de lutéran.Je lui ai parlé du stérilet à base de progestérone mais elle se montre trés réticente : risques d’infections et de stérilité et taille de ce stérilet trop importante rendant douloureuse sa mise en place. De plus, ma mère est décédée d’un cancer du sein et je suis une enfant du distilbène...

Réponse : Effectivement, la pose d’un Mirena (DIU à la progestérone) pourrait être difficile si vous n’avez pas eu d’enfant. mais il est tout de même possible de le poser à des nullipares quand on "prépare" le col en donnant au préalable à la patiente un comprimé de Cytotec, un médicament qui dilate le col.

L’argument selon lequel le DIU serait source de stérilité, lui, en revanche, n’est pas pertinent. Ce sont les MST qui entraînent une stérilité, pas le DIU. Si vous avez des relations sexuelles exclusives l’un avec l’autre, votre compagnon et vous, ce risque n’existe pas. Ce qui m’étonne un peu, c’est que votre médecin vous ait prescrit du Lutéran, et non une pilule combinée monophasique (avec des comprimés contenant une dose fixe d’hormones) en continu (sans arrêt entre deux plaquettes) : en supprimant ainsi les règles, on supprime aussi le syndrome prémenstruel : c’est le traitement !

Avantages : 1 ° comme la pilule contient des estrogènes, pas de risque de carence ; 2° la prise en continu augmente l’efficacité contraceptive, même si vous oubliez un comprimé de temps à autre.

Cela pourrait être une solution plus simple que le Lutéran et le Mirena...

MW

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Syndrome prémenstruel (2)

Que faire pour lutter contre un syndrome prémenstruel qui me rend ultra-nerveuse au moins 10 jours avant date des règles... ? Après avoir testé différentes pilules (varnoline, la dernière) et les DIU rien ne convient (j’ai 3 enfants et je m’arrête à ce chiffre !!!).

Pourquoi les gynécologues et les chercheurs ne se penchent pas davantage sur ce pb véritablement handicapant ? Est-ce un solution de "couper" ses règles ? Si oui, quel est "la" molécule qui - ne fait pas grossir - ne donne pas de boutons Merci pour l’attention que vous porterez à ma question qui se renouvelle tous les 28 à 35 jours...

Réponse :

Votre problème, en principe, est simple. Si vous avez un SPM qui vous pourrit la vie, il faut le traiter.

Deux solutions :

1° prendre une pilule monophasique (tous les comprimés sont identiques) en continu deux ou trois mois d’affilée : vous n’aurez pas de règles, mais pas de SPM non plus. C’est la baisse brutale des hormones dans le sang (à la fin d’un cycle naturel, ou par cessation de prise de la pilule) qui réveille le SPM. On peut prendre la pilule sans interruption, mais il faut qu’elle soit monophasique. Varnoline ou Minidril ou Cilest, par exemple conviendraient parfaitement.

2° vous dites avoir testé les DIU : vous a-t-on proposé et posé un DIU hormonal "Mirena" ? C’est en général très efficace pour le SPM. Dans la plupart des pays du monde, c’est même le traitement de choix. Il est posible qu’il ne soit pas actif sur les troubles de l’humeur (son effet est surtout local) et donc que la prise de pilule en continu soit une solution plus efficace. On aurait dû vous le proposer. En tout cas, vous êtes en droit de demander à essayer si vous le désirez.

MW

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Pilule et plaques sur le visage

Cela fait 1 an et demi que je prend la pilule et j’ai des plaques sur le visage.J’aimerai bien savoir si c’est parce que la pilule ne me convient plus ?

Réponse : Il est très fréquent que les hormones contenues dans la pilule provoquent l’apparition de plaques qu’on appelle un "chloasma". Cela arrive aussi souvent pendant la grossesse et cela ne concerne que certaines femmes. Il est possible qu’il s’agisse de cela. Mais il m’est difficile de vous en dire plus par mail : je ne vous vois pas et on ne peut pas faire ce genre de diagnostic sans voir... S’il s’agit de cela, le chloasma disparaît souvent quand on change de pilule (c’est parfois le dosage des hormones qui est responsable. Il faudrait donc que vous alliez consulter votre médecin afin qu’il vous conseille dans ce sens.

MW

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Implant contraceptif et kystes de l’ovaire

Je viens de lire votre chronique sur l’implant contraceptif et me demandais si vous pourriez répondre à ma question qui apparement importune les gynécologues à qui je l’ai posée.

Je prends la pillule depuis 8 ans (j’ai 22 ans) J’ai commencé à la prendre pour raisons médicales car j’ai été opérée deux fois pour une polykhystose aux ovaires (à 14 et 18 ans)

Je me demande donc si l’implant aurait sur ce problème de khystes les mêmes vertus que la pilule, car il me simplifierait grandement la vie.

D’autant plus que j’utilise maintenant la pillule à des fins contraceptives également.

J’espère avoir su expliquer mon problème en quelques lignes et vous remercie d’y préter attention.

Réponse :

Les kystes ovariens sont en général mal contrôlés par les progestatifs seuls, ou alors, il faut en prendre à fortes doses, ce qui peut avoir des effets secondaires désagréables (acné, hyperpilosité, prise de poids, etc.)Il n’est donc pas sûr que le progestatif contenu dans l’implant suffise pour bloquer vps ovaires et maintenir votre polykystose en sommeil.

Si vous tolérez bien la pilule combinée (laquelle prenez-vous ?) ce sera un meilleur choix. Si vous craignez que la pilule soit une contraception aléatoire (oubli), il suffit de réduire le délai entre deux plaquettes à 4 jours au lieu de 7. Cela contribuera encore plus à laisser les ovaires au repos, et augmentera l’effet contraceptif : si vous oubliez un comprimé, une ovulation (et donc, une grossesse) aura alors très peu de chance de se produire.

MW

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Effets secondaires de la pilule

Je n’arrive cependant pas complètement à savoir comment interpréter, et donc m’adapter, aux effets secondaires liés à la prise de la pilule.

J’ai 26 ans. J’ai "commencé avec" MONEVA il y a 3 ans lorsqu’a débuté la relation avec mon compagnon actuel (de ce côté là, tout va bien !). Sont alors apparus les symptômes suivants : seins douloureux et gonflés (accompagné d’une sensation inconfortable de gonflement général), fragilisation de petites veines au niveau du genou.

Re-gynéco 3 mois après, et MELIANE pendant 10 mois : au fil des mois ma peau et mes cheveux sont devenus gras (même s’ils n’avaient certes jamais été "secs", là je commençais à mal vivre les cheveux sales tous les jours malgré le lavage). Plus embêtant : mes cheveux ont commencé à tomber, peu, puis beaucoup. Sans compter les 2 kilos qui s’étaient invités.

Autre gynéco (car autre ville pour le boulot) et CILEST +ANDROCUR (1/2 les 10 1ers jours) pendant 6 mois. Là les cheveux tiennent à peu près bon, mais la prise de poids (2-3 kg), combinée à la rétention d’eau, devient inquiétante. Sans ANDROCUR, un spotting apparaît.

Re-gynéco et JASMINE pendant 4 mois : les problèmes s’installent. Je suis devenue un cobaye ! Dernier essai (le labo pharma venait de passer) : TRIAFEMI. Et là les jeux sont faits, rien ne va plus : les cheveux, sales, tombent comme des feuilles, le malaise est réel et l’humeur mauvaise.

Pour réagir je vais voir une nutritionniste-endocrino.

Et je dois alors : continuer à surveiller mon alimentation mais faire de l’exercice de façon intensive. Quant aux prises de sang (aussitôt après l’arrêt de pilule en août) elles montrent un taux de testostérone "un peu élevé, mais pas pathologique".

Elle me parle de DIANE 35 ! Non merci.

Aujourd’hui les analyses sont normalisées, mes cheveux tiennent bons et j’ai retrouvé mon poids originel. Je revis quoi. Mais les retrouvailles de mon compagnon (très compréhensif) avec le préservatif ne sont pas concluantes.

Re-gynéco et c’est le pompon. Elle pense que je souffre d’une dystrophie ovarienne, mon cycle étant devenu un peu irrégulier, et "les problèmes étant seulement réveillés par la pilule" (ils passent inaperçus sans). De toute façon selon elle la médecine ne cherche pas à résoudre ce genre de problèmes.

Elle me propose alors (compte tenu du fait que momentanément, pour raisons professionnelles, je ne vois mon compagnon que le week-end) : tampons pharmatex (le risque existant, "mais il ne faut pas avoir peur de faire des enfants" !!) ou TRINORDIOL+ANDROCUR (1/4).

Je suis donc perdue. Le bébé, OK mais pas tant qu’on n’est "pas posé". Après un interlude, puis-je sereinement reprendre la pilule ? Laquelle ? Qu’est-ce qu’est cet androcur en réalité ? Je serais tentée par l’anneau contraceptif si c’était envisageable (dose d’hormones plus faible, action "locale"...).

Mais j’ai avant tout besoin de conseils professionnels et humains.

Réponse :

Merci pour ce long message, très précieux par sa précision.

Je pense (comme vous) qu’il faut sérier les priorités : vous ne voulez pas être enceinte en ce moment et vous avez envie d’avoir une sexualité tranquille. Donc, vous pouvez tout à fait reprendre une contraception permanente.

Je ne suis pas d’accord avec le/la gynéco qui dit que la dystrophie ovarienne est "révélée par la pilule". C’est tout le contraire : la pilule a tendance à faire disparaître les symptômes, quand ils sont présents.

Mais je ne vois pas comment elle peut faire un diagnostic comme celui-là "au pif"... Même un peu irrégulièrement réglée, une femme réglée à peu près tous les 25 à 35 jours depuis la puberté n’a pas de dystrophie ovarienne...

Alors si, en l’absence de pilule vous n’avez pas de symptôme, on peut se poser plusieurs questions :

- 1° vous a-t-on prescrit une pilule adaptée ? Réponse : non.

- 2° a-t-on épuisé les pilules possibles ? Réponse : non

- 3° A-t-on correctemement analysé la situation (votre réactivité à la pilule ?) Réponse : non

- 4° Vous a-t-on proposé d’autres méthodes ? Non...

Spontanément, je serais tenté de vous proposer deux options : une pilule moins dosée que Moneva (donc, qui ne vous donnera pas d’effets secondaires à type de gonflement des seins) et contenant un autre progestatif que ceux que vous avez déjà utilisé. Vous pourriez essayer, pendant 3 mois, Mercilon ou Minesse (pilule à 28 comprimés) Elles contiennent moins de 20 µ d’estrogène, et un progestatif peu "androgénique". Et voir comment vous êtes.

A noter aussi : la chute de cheveux est souvent spectaculaire chez les femmes (elles s’en rendent compte plus facilement que les hommes) mais je n’ai jamais vu de calvitie hormonale. C’est seulement le rythme de renouvellement des cheveux qui s’accélère : on en perd, mais on en refabrique autant. Le fait qu’ils graissent en revanche, est bien sûr très gênant. De toutes manière, si vous tentez l’aventure d’une nouvelle méthode hormonale pendant trois mois, ça n’aura pas grande conséquence sur votre santé. Les effets secondaires éventuels disparaîtront tout aussi vite.

Si ça va, pas de problème. Si vous êtes de nouveau gênée, il n’est pas interdit de vous faire poser un DIU au cuivre, qui n’a aucune action hormonale, mais qui est beaucoup plus sûr et confortable que les préservatifs ! Quant à l’anneau, bien sûr c’est envisageable, quand il sera disponible. Mais à cet égard, le patch (timbre contraceptif) l’est aussi. Il n’est simplement pas possible de dire à l’avance comment vous les tolèrerez. Personnellement, je pense que la méthode la meilleure est la plus simple (d’accès, d’utilisation, etc.) Alors je crois que vous pouvez, en toute simplicité, choisir l’une des méthodes que je vous propose, et essayer. Parfois, il faut faire plusieurs essais avant de trouver la bonne.

Enfin, un dernier mot sur le DIU : je pose de plus en plus souvent des DIU au cuivre à des femmes de 20 à 40 ans, sans enfant, qui ne veulent pas ou plus, pour des raisons de tolérance, utiliser la pilule ou une méthode hormonale comme l’implant, et qui se trouvent beaucoup plus naturelles et tranquilles avec un DIU. Les gynécos sont encore très frileux à cet égard en France, à tort. Mais on trouve partout, en cherchant un peu, des praticiens qui ne le sont pas.

MW

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Contraception après cancer du sein

Actuellement suivie pour un cancer du sein, opérée en aout 2003, chimio + radiothérapie j’ai donc arretée la pilule pas de pose de stérilet possible avant l’arret de la chimio je suis donc actuellement sans moyen de contraception. Plus de règle depuis décembre. Impossibilité de pose de DIU mon col refuse de s’ouvrir un minimun malgré la prise de cytotec. Le préservatif ne me permet pas d’avoir une vie sexuelle harmonieuse que me reste t il comme moyen de contraception efficace ? Merci de votre aide.

Réponse :

En l’état actuel des choses, je pense que la meilleure méthode (la plus sûre et la moins dangereuse) est un DIU. Avez-vous déjà accouché par voie basse ? Même si la réponse est non, je ne comprends pas qu’on ne puisse pas vous poser un DIU de petite taille, chose que je fais couramment chez des jeunes femmes de 20 ans sans enfant... Donc, c’est peut-être simplement parce qu’on n’a pas essayé correctement

Vous dites qu’on vous a prescrit du Cytotec. Combien de temps ? Parfois, il faut utiliser du cytotec intravaginal plusieurs heures avant la pose (parfois 10 ou 12...) voire pendant les deux jours qui précèdent, compléter par la prise d’anti-inflammatoires (pour éviter les crampes utérines) et avoir recours à une anesthésie locale du col pour poser le DIU sans douleur pour vous. Evidemment, c’est un peu plus long, et un peu plus compliqué, mais ça marche et le jeu en vaut la chandelle.

Une autre possibilité à la place de, ou en attendant la pose d’un DIU est d’avoir recours aux éponges vaginales (tampon pharmatex) au lieu des préservatifs. Si vous êtes en aménorrhée (absence de règles), il est probable que vous n’ovulez pas, peut-être à cause de la chimiothérapie. Votre fertilité est donc probablement moindre en ce moment, et les éponges peuvent suffire (note : c’est cher...) Votre fécondité dépend aussi de votre âge. J’imagine que vous avez plus de 35 ans et moins de 50. Si vous avez plus de 40-45 ans, compte tenu de votre aménorrhée, les éponges contraceptives et les spermicides sont considérées comme une méthode tout à fait suffisante en Angleterre, où on est très pragmatique avec le sujet de la contraception. L’intérêt est aussi la facilité d’emploi et le fait que ça ne gêne pas les rapports sexuels.

Même si vous avez moins de 40 ans, s’il n’est pas possible (ou en attendant ) de vous poser un DIU, ça me paraît être une méthode acceptable, compte tenu du fait que vous désirez avoir une sexualité aussi libérée que possible, ce qui n’est pas du tout superflu, même quand on a un cancer du sein. La perspective d’une grossesse est bien sûr angoissante, mais encore une fois, votre fertilité, même si elle n’est pas nulle, bien sûr, est probablement diminuée du fait de la chimiothérapie. Le risque d’une grossesse avec des éponges est donc nettement moindre que si vous aviez 25 ans et utilisiez... préservatifs et retrait en alternance.

MW

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