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Juste après dresseuse d’ours - par Jaddo

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En France, 1560 vaut moins que deux
A propos des prisonniers qu’on libère ou non pour raisons médicales
Article du 23 avril 2004

En France, quand un homme ou une femme est condamné pour un crime, il est envoyé en prison. Lorsqu’il a purgé sa peine, ou relève des conditions d’une libération anticipée, il peut en sortir. C’est la loi. La loi qui, en république, en démocratie, s’applique en principe à tout le monde.

En France, pays des Droits de l’Homme, la loi stipule qu’un prisonnier dont la santé est altérée au point que sa détention est incompatible avec les soins peut être libéré. Mais en France, pays plus féodal que républicain, la loi ne s’applique pas de manière identique à tous les citoyens.

Maurice Papon, ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing, a été condamné le 2 avril 1998 à 10 ans de réclusion pour complicité de crimes contre l’humanité : pendant l’occupation allemande, en tant que préfet de police de la Gironde, il a organisé la déportation des Juifs bordelais. On lui attribue celle de 1560 personnes. Il est sorti de prison en septembre 2002, au bout de quatre années de détention, pour raisons médicales.

Nathalie Ménigon, Georges Cipriani Jean-Marc Rouillan et Joëlle Aubron, membres d’ Action directe, ont été condamnés à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 18 ans pour les assassinats du général René Audran, inspecteur général de l’armement et du dirigeant de Renault, Georges Besse. Ils ont purgé dix-sept ans de prison. Georges Cipriani a perdu la raison. Joëlle Aubron souffre de métastases au cerveau. Nathalie Ménigon est paralysée après avoir fait trois accidents vasculaires. Jean-Marc Rouillan est atteint d’un cancer du poumon. Les trois derniers ont demandé la suspension de leur peine. Ils sont toujours en prison. [1]

Et combien d’autres détenus - qui n’ont pas de comité de soutien - sont-ils dans la même situation dans les prisons françaises ?

En France, pays des Droits de l’Homme, même s’il n’y a pas " officiellement " de prisonniers politiques, tous les crimes de sang n’ont pas la même valeur. Et, pour être plus précis, 1560 déportés juifs valent moins qu’un inspecteur général de l’armement et un dirigeant d’entreprise nationalisée.

Je hais tous les crimes de sang, sans exception. Mais aucun crime ne justifie la violence sadique d’un état qui se dit démocratique.

Marc Zaffran/Martin Winckler, médecin et écrivain.


[1Depuis l’écriture de cet article, Joëlle Aubron est sortie mi-juin du centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais), en application d’une mesure de suspension de peine pour raison médicale.

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