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Contraception : la " désinvolture " des patients...
un médecin écrit à l’Ordre...
Article du 26 mars 2004

A la suite de mon article sur la contraception paru dans le Nouvel Observateur, le président du Conseil de l’Ordre de la Sarthe m’a envoyé un courrier m’indiquant que le Dr X., radiologue exerçant à Y. avait souhaité attirer l’attention de l’Ordre (National) sur cet article.


Lire la réaction d’une lectrice de Contraceptions mode d’emploi aux commentaires de ce médecin sur la désinvolture des femmes


La lettre du Dr X. ne m’a pas été communiquée mais le Conseil départemental m’en cite les extraits les plus signifiants : le Dr X. explique trouver scandaleux le titre de cet article (" Contraception : l’ignorance criminelle des médecins ") et dit ne pas comprendre ce qui [me] permet d’écrire de telles insanités.

Le Dr X. précise que, pour lui (et c’est surtout ce commentaire qui me paraît valoir son pesant de cacahuètes) :

En majorité, les médecins gynécologues ou généralistes connaissent tout à fait correctement le problème de la contraception et les grossesses non désirées ne sont le fait ni de l’incompétence ni de l’ignorance des médecins, mais plutôt de la désinvolture des patients.

(Oui, je suis comme vous, j’aurais personnellement choisi de mettre un " e " à " patients ", car en général ce sont les femmes qui sont enceintes, mais apparemment, le Dr X. n’est pas de cet avis... à moins qu’il ne s’agisse d’une faute de frappe.)

Toujours est-il que le président du Conseil départemental me demande de lui adresser par écrit les éléments d’information que je jugerais utile de lui faire parvenir...

Voici la réponse que je lui ai adressée :

Monsieur le Président

J’ai bien reçu votre courrier concernant le courrier de M. le Dr X., radiologue exerçant à Y. Son antienne est ancienne [Note : j’avais eu droit à un courrier similaire venant du conseil de l’Ordre du Lot, il y a quelques années...], alors ne perdons ni mon temps, ni le vôtre, ni le sien.

Sur le fond. Je travaille depuis 20 ans dans un centre de planification et d’IVG. J’ai écrit de nombreux articles et un livre sur la contraception qui fait référence (il en est à sa 2e édition). Mon expérience dans le domaine est longue, et ma bibliographie très, très fournie. Je n’affirme donc rien gratuitement. Si Monsieur le Dr X. veut discuter de nos expériences et de nos sources respectives dans le domaine visé par l’article, je suis à sa disposition. Qu’il m’écrive, nous échangerons nos points de vue. Il découvrira peut-être que le mot " insanité " est moins approprié à ce que j’écris qu’à ce qui est fait par un certain nombre de nos confrères. (A propos, quelle expérience des IVG et de la contraception Mr le Dr X., radiologue exerçant à Y. - a-t-il donc ?)

Sur la forme. La France est un pays démocratique. On y écrit et on y dit ce qu’on veut tant qu’on n’est pas diffamatoire. L’article n’est pas diffamatoire (il ne nomme personne), il est polémique et exprime mon opinion. Or, en France, l’expression d’une opinion est une liberté civique inaliénable. Si Monsieur le Dr X. pense le contraire, libre à lui de porter plainte devant un tribunal. Mais cela risque de lui coûter cher en frais de justice pour un résultat plutôt cuisant. Un de nos éminents confrères, le Dr Michel Cymes, qui avait porté plainte contre moi pour ce même motif, vient de le constater à ses (lourds) dépens.

Sur la déontologie. Ma loyauté de soignant m’incite à me tenir au côté des citoyens et des patients, fût-ce en m’opposant aux us et coutumes de nos confrères ; surtout si ces derniers montrent des lacunes dans leurs connaissances et leurs prescriptions. A l’heure où le bulletin du Conseil national de l’Ordre de mars 2004 met en exergue la nécessité d’informer le patient, il me semble que c’est la moindre des choses. Si Monsieur le Dr X. désire débattre publiquement de cette conception de la déontologie, je suis à sa disposition. A l’heure actuelle, quelque chose me dit qu’un grand nombre d’associations de patients et de mouvements citoyens seront ravis de participer à ce débat... pour parler de la " désinvolture " des patientes à Monsieur le Dr X.

Bien cordialement,
Dr Marc Zaffran, alias " Martin Winckler "

PS : Je vous serais reconnaissant de transmettre l’intégralité de cette lettre à notre aimable confrère, le Dr X.

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