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Juste après dresseuse d’ours - par Jaddo

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Big Pharma et son Monde Meilleur
à propos de "Medicines out of Control ?" de Charles Medawar et Anita Hardon
Article du 22 mars 2004

Charles Medawar est un écrivain et conférencier britannique, spécialiste de la politique et de la sécurité des médicaments. Il anime un site internet - www.socialaudit.org.uk- financé par une ONG, Public Interest Research Center, qui reçoit 500 000 visites par an.

Anita Hardon est professeur d’Anthropologie du soin et de la santé à l’université d’Amsterdam. Elle est spécialiste des problèmes de santé des femmes et des études sur l’usage des médicaments en Asie, en Afrique et en Europe. Elle est membre du comité fondateur de Health Action International, une ONG luttant pour l’utilisation rationnelle et éthique des systèmes de santé dans le monde.

Ils viennent de publier Medicines out of Control ? Antidepressants and the conspiracy of Goodwill
("Traitements incontrolés ? Les antidépresseurs et la conspiration de la Bonne Volonté")Pour en savoir plus sur le livre et ses auteurs (en anglais)

Leur livre décrit la promotion, le marketing, la prescription et l’utilisation de médicaments régulateurs de l’humeur, comme la fluoxétine (Prozac) et la paroxétine (Seroxat/Paxil). Il a pour but, au travers de l’exemple des tranquillisants et des antidépresseurs, expliquer au grand public comment l’industrie pharmaceutique se préoccupe de moins en moins de santé publique et échappe de plus en plus au contrôle du public.

Après avoir décrit les grandes substances qui, au cours des 150 années écoulées, ont été utilisées pour "traiter" les troubles de l’humeur ; l’alcool, la morphine, la cocaïne, les bromures, les barbituriques, il passe ensuite en revue les tranquillisants : du Valium au Xanax en passant par l’Halcion puis aborde la question des anti-dépresseurs en posant des questions très provoquantes mais indispensables :
- les troubles qu’ils sont censés traiter sont-ils réels ou surestimés par les campagnes de sensibilisation ?
- Ces antidépresseurs sont-ils réellement efficaces ?
- Quelle dépendance entraînent-ils ?
- Quels effets secondaires ?

Les auteurs décrivent aussi l’influence considérable de la promotion publicitaire du médicament sur les autorités de régulation gouvernementales qui, dans tous les pays, devraient avoir pour objectif le bien-être de la population. Il traite de la politique commerciale des sociétés et des mensonges, approximations et manipulations qu’elles opèrent, dans tous les pays, au plus haut niveau décisionnel, politique et administratif.

Il critique la conduite des essais menés par l’industrie pour " démontrer " l’efficacité de leurs substances et " justifier " leur utilisation par une population de plus en plus grande... mais qui n’en a probablement pas besoin.

L’ouvrage aborde également les conséquences néfastes des médicaments antidépresseurs, conséquences dont la gravité est parfaitement connue : ainsi la Food and Drugs Administration (autorité de régulation américaine) et le Committee on Safety of Medicines (son équivalent britannique) ont tout récemment déconseillé la prescriptioin des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (antidépresseurs de la famille de la fluoxétine-Prozac) chez les enfants de moins de 18 ans en raison d’un risque de suicide accru observé lors de l’utilisation de ces médicaments dans des conditions expérimentales... (1)

Bref, ce livre est un bilan impressionnant de l’emprise de l’industrie pharmaceutique sur les politiques de santé mondiales et de la dépendance des états à l’égard des moyens financiers de cette industrie ; il compare les systèmes de régulation gouvernementaux mis en ?uvre aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe, ainsi que le fonctionnement des agences de contrôle des médicaments auxquelles participent beaucoup d’experts... liés à l’industrie.

Au travers de l’exemple des antidépresseurs, Medawar et Hardon brossent le portrait d’un " Monde Meilleur " - le nôtre - dans lequel, pour reprendre l’expression de John Le Carré, le Big Brother s’appelle Big Pharma. L’arme principale de ce Grand Frère - le lavage de cerveau médiatique - vise à rendre gouvernements et populations dépendants de drogues légales d’autant plus redoutables qu’elles promues comme indispensables à la santé des populations.

Cet ouvrage vient de sortir en Angleterre. Connaissant l’ampleur de l’emprise pharmaceutique sur le système de santé hexagonal, on peut se demander quel éditeur français aura le courage de le faire traduire et de le publier.

PS ecrit au Canada : ce matin a la television americaine j’entendais un avertissement destine au public et appelant la famille des personnes prenant un certain nombre d’antidepresseurs a surveiller les patients... qui seraient a risque accru de suicide !!!!

Martin Winckler

Medicines out of Control ? Antidepressants and the conspiracy of Goodwill
(Traitements incontrolés ? Les antidépresseurs et la conspiration de la Bonne Volonté)
par Charles Medawar et Anita Hardon

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