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Contraception
- Dix idées reçues sur la contraception
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
- Diane 35 et ses génériques : le principal risque, c’est la grossesse non désirée...
- Comment s’y retrouver, parmi toutes ces pilules ?
- La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
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Contraception : questions/réponses 05
16 mars 2004
Article du 16 mars 2004

Les questions sur la contraception continuent à affluer sur ma boîte électronique. A l’heure actuelle, j’ai sur mon ordinateur un fichier de 135 pages (!!!) de questions-réponses à mettre en ligne. En voici une petite partie. Le nombre et la précision de ces questions attestent de deux choses :
- 1° beaucoup de femmes ne trouvent pas de réponse satisfaisante à des questions pourtant techniquement simples (en principe) pour les médecins à qui elles les posent
- 2° ces mêmes femmes n’ont qu’une envie : être tranquilles quand elles utilisent leur contraception, et ne pas faire n’importe quoi.
Trop de médecins (spécialistes ou non) se comportent comme si les femmes qui les consultent étaient des ’écervelées" ou des "incapables".

Les incapables, en l’occurrence, ce sont les praticiens qui ne prennent pas la peine de se renseigner et leur donnent des réponses inappropriées ou sans fondement scientifique.

L’article qui suit aborde dans l’ordre les sujets suivants :
- A la lecture du livre...
- Cholestérol et contraception
- Les ratés de la pilule
- Acné, implant et irritation
- Cérazette et Microval : quelle différence ?
- Contraception et hypertension
- Acné résistante
- Saignements sous pilule après un accouchement
- Contractions douloureuses après pose d’un DIU


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A la lecture du livre...

J’ai 22 ans et un ami.
Je prends Diane 35 depuis 6 ans, mon médecin me l’ayant marqué pour pallier à une pilosité abondante ; ça a bien marché de même que sur ma peau légèrement acnéique.

J’ai découvert avec horreur ce que vous en disiez, d’autant que j’ai essayé de changer de pilule (Minidril) et que mes problèmes de peau recommencent.

A la lecture attentive de votre livre, Contraceptions mode d’emploi, indispensable pour toute femme, il me semble qu’une pilule comme Moneva pourrait convenir.
Je n’ai pas de conseils spécifiques de mon gynécologue.
Merci beaucoup de me donner votre avis que j’attends avec impatience et confiance.

Réponse :

Je pense qu’effectivement, 6 ans ça suffit largement. Une pilule comme Moneva (de climat estrogénique) pourrait parfaitement vous convenir, alors que le Minidril contient un progestatif qui est plus "androgénique" (qui augmente l’acné et la pilosité), comme vous l’avez constaté.

Moneva est effectivement le choix idéal en ce qui vous concerne, je vois que vous avez non seulement choisi une pilule à dominante estrogénique mais aussi une 30 µg (moins dosée, l’effciacité risque d’être plus aléatoire) et la moins chère ! (encore que je vous recommande de comparer les prix dans plusieurs pharmacies ; celle qui me donne les siens n’est pas chère du tout...)

Bravo ! Je suis heureux que toutes les infos du bouquin soient aussi bien exploitées. Par conséquent, je ne saurais que vous engager à demander à votre médecin de vous la prescrire... au besoin en lui expliquant d’où vous tirez vos informations...
M. W.


Cholestérol et contraception

Je viens de passer un coup de fil au planning familial de Strasbourg et la façon dont j’ai été reçue m’a écoeurée. Je prends Lutényl depuis plus de 6 mois et depuis quelques temps, je me pose des questions. Il n’est absolument pas indiqué que c’est un contraceptif. La notice est laconique, je n’ai aucune information sur comment la prendre. Mon généraliste qui me l’a prescrite ne m’en a pas donné plus et les pharmaciens chez qui je l’achète semblent plus préoccupés par leur clientèle plus fortunée.

Il y a quelques jours à peine, en début de plaquette, j’ai pris avec beaucoup de retard (10H), l’un des premiers comprimés. C’est alors que j’ai réalisé que je ne savais rien de ce contraceptif et comme je l’ai expliqué plus haut, pas la peine de se tourner vers la notice. Mon médecin n’étant pas là, et mes doutes grandissants, j’ai voulu contacter le planning familial. J’ai eu la permanence téléphonique de Mulhouse qui a essayé de me donner toutes les informations qu’elle avait en main, elle m’a aussi dit que je n’étais pas la première à 23 ans qui n’avait aucune information sur la contraception qu’elle prenait.

Elle m’a demandé de recontacter le planning de Strasboug d’où je suis originaire, j’étais censée y trouver l’écoute et l’information nécessaire. Je me suis fait humilier, je ne mettrai pas les pieds dans ce centre. On m’a demandé pourquoi j’allais chez un généraliste pour me faire precrire la pilule (parce que la gynéco que j’avais vue ne m’avais pas écouté, rien expliqué, c’était "prends ton ordonnance et barres toi"), pourquoi je prenais cette pilule (j’avais des jambes pas belles à voir cet été), que ce genre de pilule ne tolérait aucun retard et que c’était abérrant que je ne le sache pas.

Pour un docteur, c’est pas sûr qu’il y en ait Lundi 9, je n’ai qu’à rappeller la semaine prochaine. Je ne sais pas s’ils parlent comme ça aux ados qui les appellent mais ça donne froid dans le dos, on a envie de se débrouiller sans eux. J’avais besoin d’aide, d’information et ce que j’ai entendu m’a fait peur, mais ne m’a rien appris. Ah si, à 23 ans, je devrais être un peu moins stupide et savoir ce que je prends, sauf que les choses ne sont pas aussi simples que ça, j’ai cru savoir ce que je prenais, que c’était comme une pilule classique, etc...

J’ai eu par le passé un très fort taux de cholestérol sous pilule, c’est pourquoi on m’a orienté sur Lutényl. J’ai pris du poids dont que je n’arrive pas à perdre, j’ai lu votre réponse à une internaute, est-ce que ça peut venir de là ? Et puis elle est remboursée, et moi, en tant qu’étudiante et bien je trouve ça important...

E.

Réponse :

Je suis aussi écoeuré que vous par cette réaction des personnes que vous avez appelées... Ca fait partie des brimades quotidiennes que les femmes subissent de la part de " professionnels " qui ne le sont pas...

Le Lutényl est un progestatif. Même s’il n’est pas "indiqué" comme contraceptif, tous les progestatifs sont contraceptifs (et très efficaces) quand on en prend 21 jours sur 28. Donc, vous prenez effectivement une contraception. Un retard de 10 heures n’est pas un gros problème, même si ce retard a lieu en début de plaquette, car l’ovulation est souvent très bien bloquée par le Lutényl.

Effectivement on vous a prescrit du Lutényl parce qu’il n’a pas d’effet sur le cholestérol. Effectivement, ça peut contribuer à vous avoir fait prendre du poids. Mais ce poids peut -être reperdu au moyen d’une diminution des calories dans votre alimentation (il vaut mieux voir ça en détail avec une diététicienne). Et il n’est pas dû au Lutényl à lui seul, mais au fait que souvent les progestatifs ouvrent l’appétit...

Voici ce que je vous conseille : continuez à prendre votre Lutényl comme d’habitude. Lorsque vous l’arrêterez pendant une semaine (d’ici une dizaine de jours, j’imagine...), si vos règles sont parfaitement normales, vous pouvez vous détendre. Si vous avez un retard de règles ou des règles inhabituellement courtes (ou si vous voulez être rassurée) faites un test de grossesse, par précaution (mais si vous n’avez pas le temps de le faire avant la reprise du Lutényl, reprenez-le comme d’habitude : il ne troublera pas le test). Ne faites pas votre test trop tôt : il ne serait pas interprétable.

Une autre option contraceptive adéquate pour vous pourrait être soit un DIU (stérilet) — mais peu de médecins acceptent d’en poser aux femmes sans enfants - ou l’implant Implanon, qui contient des progestatifs à doses bien moindres que le Lutényl, qui se place sous la peau et est efficace 3 ans (pas de comprimés à prendre) ; et il est remboursé.

M. W.


Les ratés de la pilule

Une chose nous intrigue ma compagne et moi, c’est la comparaison entre le stérilet et la pilule contraceptive. Les "ratés" de cette dernière ne sont elles pas dues majoritairement à une très mauvaise information des adolescentes et de jeunes adultes qui l’utilisent, c’est à dire à des carences du système éducatif et médical plutôt qu’à un défaut du produit ? Ma compagne me dit également que le stérilet a la réputation d’être cancérigène et de favoriser les grossesses extra-utérines. Ces accidents seraient ils dus uniquement à un mauvaise formation des médecins qui les posent ?

Réponse :

Les ratés de la pilule sont effectivement, en grand nombre dus à une mauvaise information, mais pas seulement des "jeunes" - de toutes les femmes. Les médecins ont de plus la mauvaise habitude de ne pas vouloir admettre des vérités scientifiques comme le fait qu’on peut être enceinte sans oubli (si le dosage ne convient pas à la femme) ou qu’un seul oubli (le premier de la plaquette) suffit à une grossesse. Donc, défaut d’information, certainement, mais aussi défaut de souplesse et d’adaptation des médecins aux femmes (et à ce qu’elles leur disent de leur vie quotidienne).

Par ailleurs, la pilule a un gros défaut : il faut la prendre. Le DIU (stérilet) et l’implant ne l’ont pas et toute méthode qui ne demande pas d’intervention de la part de l’utilisatrice est plus efficace que les méthodes qui en demandent (pilule, préservatif), tout simplement en supprimant les circonstances d’erreur..

Pour le DIU (stérilet) , non seulement ils ne provoquent pas de grossesse extra-utérine (légende consécutive à l’ignorance et au refus de se mettre à jour des médecins français), ni cancer, mais des études de cohorte (portant sur plusieurs milliers de femmes pendant 20 ans) ont montré que les utilisatrices de DIU font moins de cancer de l’utérus que les non-utilisatrices car, en augmentant le volume des règles, ils permettent d’évacuer les cellules à multiplication rapide de l’endomètre (paroi intérieure de l’utérus), cellules dont la multiplication et la transformation est, elle, susceptible d’être cancérigène.

Dans ce domaine, comme dans bien d’autres en médecine, les médecins français ont beaucoup à apprendre.

M. W.


Acné, implant et irritation

Ma fille est âgée de 20 ans et s’est fait poser un implant(Implanon) il y a un an et demi après avoir pris Diane 35 pour traiter l’acné. Elle n’a plus de règles et une acné importante est réapparue. Depuis cette pose, elle se sent très irritée nerveusement. Il parait que cet implant favorise l’acné et que ses effets secondaires seraient dangereux. Est-ce vrai ? Elle avait tendance à oublier sa pilule quand elle la prenait et a subi une IVG. Que peut-elle faire ? Merci.

B.

Réponse :

Merci pour ce message. Les deux symptômes (l’arrêt des règles et le retour de l’acné) sont effectivement dus à l’implant, ce sont des effets bien connus. Ils ne présentent aucun danger. Le fait que votre fille soit sous contraception efficace permet, de plus, si son acné est très importante, de lui prescrire un traitement très actif par Roaccutane. L’irritabilité, en revanche, est un symptôme plus subjectif, et il peut être dû à beaucoup de choses qui n’ont rien à voir avec l’implant.

Quant aux "risques" de l’implant, ils sont inexistants. A titre de comparaison, la quantité d’hormone contenue dans l’implant est dix à quinze fois moins grande que la quantité qu’elle ingérait sous forme de pilule et cent fois moins grande que ce qu’une grossesse (qui produit beaucoup de progestérone) représenterait. Par ailleurs, l’hormone en question est celle que l’on administre sans danger aux femmes qui ont une contre-indication à la pilule.

Donc, si je voyais votre fille en consultation je lui dirais ceci, qui est la stricte vérité : "Votre contraception est sûre. L’absence de règles n’a pas d’importance. Si vous la tolérez bien, ne vous en souciez pas ; elle est même le signe que votre ovaire est totalement au repos, donc qu’une grossesse est très peu probable (ce qui n’était pas le cas avec la pilule...).

Pour ce qui est de l’irritation, je chercherais à savoir s’il n’y a pas autre chose (les études, les relations amicales ou amoureuses, le travail, etc...). Quant à l’acné, il n’est pas interdit de consulter un dermatologue pour qu’il/elle prescrive un traitement approprié.

Je suis actuellement plusieurs jeunes femmes dans la même situation, qui avaient déjà une acné importante auparavant, qui portent un implant, et qu’on soigne par isotrétinoïne (le traitement de référence de l’acné). Elles vont bien. Mais si l’acné ne cède pas au traitement et si votre fille se sent vraiment trop inconfortable avec son implant, il est tout à fait possible de lui poser un DIU (stérilet) au cuivre, plus efficace qu’une pilule et qui n’agira pas sur son acné. Dans tous les cas, c’est son confort qui importe, c’est donc sa décision et son choix qui comptent.

M. W.


Cérazette et Microval : quelle différence ?

Pourriez-vous me dire la différence (hormis le prix !), entre "Cérazette" et "Microval".Je sais qu’elles sont composées de 2 progestatifs différents : agissent-il de la même façon ? Quelle est la plus légère des deux ?
Pourquoi tant de saignements fréquents avec Cérazette ?

Réponse :
La différence entre Cérazette et les autres pilules progestatives (Microval, Milligynon) est qu’en plus des effets contraceptifs habituels des progestatifs (épaississement des sécrétions du col de l’utérus, qui empêche le passage des spermatozoïdes ; effet "amincissant" sur la paroi intérieure (muqueuse) de l’utérus, qui empêche la nidation d’un ovule), Cérazette bloque souvent l’ovulation (comme une pilule combinée contenant des estrogènes).

Son efficacité contraceptive est donc plus grande, et les spécialistes britanniques pensent que c’est plutôt celle-là qu’il faut proposer aux femmes jeunes (moins de 35 ans) : les échecs en cas d’oubli sont moins fréquents qu’avec les autres pilules progestatives (Microval, Milligynon). Après 35 ans, l’efficacité est similaire. Si Cérazette provoque souvent des saignements c’est parce que son action sur la muqueuse de l’utérus est plus importante ; de sorte que la muqueuse, qui s’amincit beaucoup, saigne facilement. Ca n’est pas dangereux, mais ça peut compliquer la vie des femmes à qui ça arrive...

M. W.


Contraception et hypertension

Je suis une femme de 37 ans sans enfant et hypertendue et bien en chair.
Suite à l’une de vos chroniques sur France Inter, j’ai été voir une gynécologue pour me renseigner sur les stérilets. Il faut préciser que due à mon hypertension, je ne prends plus la pilule, mais que trouver un remplacement est un peu le cadet des soucis des médecins qui me soignent.

Cette praticienne à été extremement désagréable à mon encontre ( ! le mot est faible ) me demandant si je ne voulais pas maigrir. Je lui ai dit que ça ne la regardais pas et que je n’étais pas là pour ça. Elle m’a alors examiné sans douceur en se plaignant que je l’empéchais de faire son travail, et qu’il faillait "améliorer" les patients ! Évidemment, je me suis accrochée avec elle ! Mais il est plus difficile de se défendre déshabillée face à quelqu’un d’habillé, qui essaie activement de vous humilier !!!

Depuis, je n’ai pas très envie d’aller voir quelque gynécologue que ce soit, et je me demande quels sont les moyens contraceptifs sans incidence sur mon hypertension qui s’offrent à moi. je n’ai pas encore lu votre ouvrage, mais je compte bien le faire.
V.

Réponse :
La seule contraception fortement contre-indiquée dans votre situation, c’est la pilule combinée, qui contient un estrogène (de l’éthynil-estradiol, c’est marqué sur la boîte) et un progestatif. Toutes les autres méthodes, et en particulier les contraceptions contenant seulement des progestatifs ne sont pas contre-indiquées. Cela étant, les pilules progestatives (sauf Cérazette, plus puissante) sont parfois moins efficaces chez les femmes de plus de 90 kilos.

On préfère alors leur proposer Cérazette, un implant contraceptif, un DIU ("stérilet") contenant des progestatifs (" Mirena ") ou un DIU au cuivre (idéal quand on ne veut pas prendre d’hormones). A priori, rien n’interdit qu’on vous pose un DIU au cuivre... sauf la réticence des médecins, qui ont peur de leur ombre quand on parle de DIU chez les femmes sans enfants. Personnellement, j’en pose couramment depuis plus de dix ans.

Donc je résume : vous pouvez utiliser
- une pilule progestative (Cérazette)
- un implant progestatif (Implanon )
- un DIU ("stérilet") progestatif : Mirena (parfois difficile à poser aux femmes sans enfants)
- un DIU au cuivre : UT 380 ou TT380 " short " ou Sertalia (les deux derniers ont des tailles adaptées aux femmes sans enfants).

Sur mon site j’ai posté la liste de tous les centres de planification de France dont j’ai recueilli l’adresse, vous pouvez la télécharger librement. A priori, dans les centres proches de chez vous, vous devriez trouver des médecins qui vous proposent l’une des contraceptions qui vous conviennent.

M.W.


Acné résistante

J’ai 27 ans, deux enfants et je souffre d’acné résistant même au Roaccutane. Suite à un bilan sanguin, mon gynécologue a remarqué que j’avais un taux beaucoup trop bas d’oestrogènes, ce qui pourrait expliquer mon problème de peau (les androgènes ayant en quelque sorte le "champs libre"). Il m’a donc prescrit Diane 35, ce qui m’effraye un peu au vu de tout ce qu’on peut lire à son sujet.

Ma question est donc : vu mon taux très bas d’oestrogènes, ai-je autant de risques de connaître ces effets secondaires, puisque mon taux d’oestrogènes deviendrait alors "normal" ? Lorsque j’ai parlé de Cilest à mon gynécologue (car j’avais lu votre réponse à une question traitant de problème d’acné), mon médecin m’a répondu qu’elle n’avait aucun effet sur la peau ! Que penser ? Je suis un peu perdue, j’aimerais tant avoir une belle peau et ne pas passer une heure à tout camoufler, mais si possible sans prendre deux tailles de soutien-gorge et 5 kilos...

C.

Réponse :

Un taux d’estrogènes bas peut effectivement expliquer que votre acné soit résistante au Roaccutane. Auquel cas, le traitement serait une pilule de type "estrogénique", dont la composition comporte 35 microgrammes d’estrogènes et un progestatif comme le désogestrel (Cycléane 30, Varnoline), le norgestimate (Cilest, Effiprev) ou le gestodène (Minulet, Moneva). Il n’est pas sûr que Diane soit la meilleure option car les effets secondaires peuvent être plus fréquents avec le progestatif que Diane contient.

Quant à l’affirmation de votre gynécologue selon laquelle "Cilest n’aurait pas d’effet sur l’acné", elle est mal renseignée : ce qui a de l’effet, ce sont les estrogènes, justement. Le progestatif de Diane est censé "potentialiser" l’effet des estrogènes, mais en pratique, les pilules que je vous cite sont aussi efficaces. Si ce choix n’était pas efficace pour votre acné, et si vous n’avez jamais présenté de complication ou de trouble veineux (phlébites), et si vous ne fumez pas, une autre option est de prendre une pilule un peu plus dosée en estrogènes : Stédiril (qui contient 50 µg d’éthynyl-estradiol).

C’était la pilule de référence il y a trente ans, et chez une femme sans antécédents ni facteur de risque, il n’est pas interdit de l’utiliser pendant quelques années. Elle pourrait avoir un bien meilleur effet sur votre acné, de par son contenu en estrogènes important, sans vous faire courir de risques supplémentaires.

M.W.


Saignements sous pilule après un accouchement

J’ai eu mon retour de couches 4 semaines après mon accouchement. A l’occasion des règles suivantes (5 semaines après le retour de couches), j’ai démarré une pilule (Méliane). Cela fait maintenant 11 jours, et mes règles ne s’arrêtent pas, j’en suis donc au 11ème jour de saignements relativement abondants et ininterrompus. Est-ce normal, fréquent ? Dois-je arrêter la prise de pilule ? Cela va-t-il finir par s’arrêter ???

A.

Réponse :
Il arrive souvent que les accouchées aient des saignements persistants quand elles prennent la pilule juste après leurs règles. C’est dû à une mauvaise adéquation de la pilule. Je vous conseille de ne pas l’arrêter (sauf si vous voulez être de nouveau enceinte !) mais de demander à votre médecin de vous prescrire une pilule plus dosée en estrogènes : Méliane ne contient que 20 microgrammes d’estrogènes (éthynil estradiol). IL faudrait que vous preniez une pilule qui en contient au moins 30 ou 35 (Adépal, Minidril, Miniphase, toutes trois remboursées).

Le seul avantage de Méliane est d’être "à 28 comprimés" (dont 4 placebo) et d’être prise en continu ce qui réduit le délai d’arrêt des hormones à 4 jours (les quatre comprimés blancs) et non 7 (la semaine d’arrêt) pour les pilules classiques. Ce délai plus faible diminue beaucoup les risques de grossesse en cas d’oubli.

Mais si on vous prescrit une autre pilule, à 21 comprimés, il suffit d’arrêter 4 jours (et non 7) entre deux plaquettes pour obtenir la même sécurité... avec une tolérance meilleure (pas de saignements) !!!

M. W.


Contractions douloureuses après pose d’un DIU

J’ai fait poser un stérilet aujourd’hui par un gynéco (la pilule ne me convient plus, je souhaitais la cesser et j’ai subi une IVG il y a 2 mois). J’ai 32 ans et n’ai pas d’enfant. Mon souci : j’ai des contractions douloureuses (plusieurs fois par heure depuis ce matin), de type "règles" mais en plus important malgré la prise de spasfon. Durant mes cycles habituellement je ne prends jamais de spasfon car c’est tout à fait supportable.Est-ce normal car j’ai lu que la pose du stérilet pouvait entraîner quelques douleurs "légères" ? Sinon que faire si ce n’est prendre sa t° et surveiller les saignement ?

Réponse :
Oui, il peut arriver que le DIU, une fois en place, les premiers jours, provoque des contractions. Le meilleur traitement n’est pas le Spasfon (pas très efficace) mais l’ibuprofène (vendu sous ce nom sans ordonnance, ou présent dans Advil, Nurofen, Nureflex). La dose de 200 mg (2 comprimés à 100 mg) toutes les 4 heures pendant une journée (souvent moins) suffit à calmer les contractions.

Il s’agit d’un anti-inflammatoire, mais la contre-indication des anti-inflammatoires chez les femmes portant un DIU est une légende strictement hexagonale, donc utilisez-le sans crainte. Si vous avez des crampes ou des contractions au moment des règles, et des saignements plus importants que d’habitude (ça peut arriver, avec un DIU) vous pouvez également en prendre à raison de 200 mg 3 ou 4 fois par jour les deux ou 3 premiers jours des règles. C’est ce que je conseille à toutes les femmes qui sont dans votre cas, et ça marche très bien. A priori, il n’y a rien d’autre à faire, sinon vous reposer sur vos deux oreilles : selon toute vraisemblance, vous allez oublier très vite que vous avez un DIU. Et ce sera tant mieux.

M. W.


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