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Démographie et "pénurie" de médecins : des précisions
par Elie Arié
Article du 15 mars 2004

Elie Arié est cardiologue, et secrétaire national à la Santé du Mouvement Républicain et Citoyen. Il enseigne l’économie et la gestion des services de santé au Conservatoire National des Arts et Métiers et à l’Ecole Centrale de Paris.

Il réagit ici à mon article sur la démographie médicale et les données complémentaires qu’il nous apporte sont précieuses pour alimenter la réflexion.

Y a-t-il "pénurie de médecins" en France, comme le répète la presse à l’envi, sans avancer le moindre chiffre ni se livrer à la moindre comparaison internationale ?

Avec un numerus clausus maintenu à ce qu’il est aujourd’hui (4700) , la densité médicale en France en 2020 serait comparable à ce qu’elle était en 1985, époque où l’on parlait, pour la même proportion de médecins, de "pléthore médicale".

Si le numerus clausus était porté entre 6000 et 8000 d’ici à 2007, la France disposerait en 2020 de la même densité médicale que les Etats - Unis ( 280 pour 100 000 habitants).

Densités actuelles pour 100 000 habitants :

Moyenne des pays de l’OCDE 292
Moyenne des pays de l’ Union Européenne 337

Italie 570
Espagne 440
France 335
Suède 290
Norvège et Etats-Unis 280
Canada 210
Japon 190

Autrement dit : le problème de la démographie médicale française est un problème :

- de réponse à une question jamais posée : quels sont les objectifs de la médecine ? À quelle " demande " doit-elle " répondre " ? On peut imaginer des réponses impliquant des besoins d ?un médecin par habitant. On notera simplement que personne ne parle de " pléthore " médicale en Italie (une des densités les plus élevées) , ni de " pénurie " médicale au Japon (une des densités les plus faibles), et que, chez nous, la même densité médicale est, selon les époques, perçue comme une "pléthore " ou une " pénurie ", avec un jeu incessant de yo-yo du numerus clausus aux concours d ?entrée en Faculté de Médecine, faute de savoir de quoi on parle ;

- de répartition très inégalitaire à travers le territoire : la densité des médecins pour 100 000 habitants varie entre (chiffres de 2000) 424 pour l’ Ile -de-France et 409 pour Provence-Alpes-Côte d’Azur, et 241 en Picardie ; les inégalités entre centre villes et banlieues vont également en s’accentuant ;
 
- de répartition par spécialités : nous formons un trop grand nombre de spécialistes par rapport aux besoins en généralistes, et si les places offertes à l’Internat de Médecine Générale (devenue une spécialité comme les autres) restent notoirement insuffisantes, c’est parce que les postes d’internes - donc la formation des médecins - dépendent essentiellement des besoins de fonctionnement des services des Centres Hospitalo-Universitaires, et non des objectifs d ?une politique de santé.

Ainsi l’organisme de formation (le service hospitalo-universitaire) est-il devenu une fin en soi, et non un instrument au service d’une politique ? C’est pourquoi personne ne parle du manque dramatique de certains spécialistes tels que les médecins scolaires (1 pour 9000 élèves), car la prévention n ?intéresse personne dans un pays où tous les responsables de la santé ne manquent pas de l’invoquer régulièrement sur le mode incantatoire : dans les huit groupes de travail créés à la suite du rapport du Haut Comité pour l’avenir de l’Assurance - Maladie, aucun n’est consacré à la prévention !

L’ouverture du numerus clausus combinée à la liberté d’installation ne feront qu’augmenter la densité médicale en Ile-de-France et PACA, sans modifier celle de la Picardie , alors que les solutions aux problèmes de répartition sont connues depuis longtemps :

- incitations à l’installation dans les zones déficitaires, non seulement financières, mais portant sur le cadre de la pratique ( réseaux, cabinets de groupe, organisation du système de gardes, partage d’activités, de plateaux
techniques et de personnel entre praticiens isolés et établissements) ;

- structures publiques avec des médecins salariés bien rémunérés ;

- obligation de service dans les zones mal desservies pour rétribuer les années d’études gratuites financées par la collectivité (que les syndicats médicaux "libéraux" ne remettent jamais en cause : le "libéralisme" a des limites...)

- conventionnement sélectif en fonction des objectifs géographiques (comme en Allemagne) - encore faut-il qu’on se soit fixé des objectifs !

- extension et substitution de tâches entre médecins et paramédicaux, entre généralistes et spécialistes, à l’exemple de ce qui se fait aux Etats-Unis..

Les solutions ne manquent pas, mais ce qui frappe c’est leur non préparation, la recherche dans l’urgence de solutions mal étudiées à des problèmes connus depuis plus de vingt ans. (Jean de Kervasdoué, ancien Directeur des Hôpitaux).

Elie Arié

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