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Témoignage
La sectorisation au Royaume-Uni
par "Hamster Violent"
Article du 23 février 2004

Le système de santé français est en crise. A cette crise, on tente de répondre par des solutions diverses et variées. En Angleterre, où les praticiens sont beaucoup mieux formés et plus exigeants sur le niveau de compétence que ne le sont les médecins français, la qualité des soins est pourtant compromise par un système instauré au cours des années Thatcher, la sectorisation.

Une des lectrices du site nous décrit cette sectorisation et ses dérives. Il faut aussi préciser qu’elle est tombée sur une praticienne particulièrement peu attentive, qui ne correspond pas aux critères de qualités relationnelles habituellement exigés au Royaume-Uni. Mais dans un mauvais système, un bon praticien peut dispenser de bons soins. Quel que soit le système, un mauvais praticien en dispensera toujours de mauvais.

Mar(c)tin W.


Je suis actuellement en poste en Irlande du Nord, et ce pour un an. Or, [au Royaume-Uni], c’est la sectorisation qui prime en ce qui concerne le choix de votre médecin. Cela signifie que c’est votre adresse qui détermine quel médecin sera le vôtre. Ainsi, mon patron m’a emmené m’inscrire chez un médecin, où plutôt MON médecin. Parce que sans jamais l’avoir rencontrée, j’étais déjà sa patiente.

Un mois plus tard, j’étais convoquée au cabinet de mon médecin - j’ai dû prendre un taxi car c’est inaccessible à pied, et car de toute façon, j’étais incapable de me rappeler le trajet. Arrivée à destination, on me fait remplir une fiche de renseignement médicaux dans la salle d’attente. Puis une infirmière me pèse, me mesure et me demande de fournir un échantillon d’urine.

Quand j’entre dans la salle oû se trouve le médecin, elle me dit vaguement bonjour, et me montre une chaise. Puis, elle prend le questionnaire que j’ai rempli en attendant d’être appelée, et entreprend de relire toutes les questions et les réponses à haute voix. Elle arrive à une question que j’ai laissée en blanc, ne sachant pas ce que "cervical smear" (frottis) signifiait.

J’essaie de lui expliquer la situation, que j’ai préféré attendre qu’elle m’explique la question avant d’hasarder une réponse. Mais comme j’ai hésité à répondre comme toute patiente anglophone l’aurait fait, elle reste persuadée que je n’ai jamais subi de frottis de ma vie. Je lui explique que si, que j’ai même consulté mon gynécologue un mois avant de partir pour être sure de ne pas subir d’interventions médicales de ce type en Grande-Bretagne. Elle ne me croit toujours pas et commence à me prescrire un frottis. Je lui explique que mon dernier frottis date d’avril dernier, elle me demande des preuves, que je devrai lui apporter la prochaine fois.

Il n’y a pas eu de prochaine fois. Cette scène a eu lieu en octobre 2003. Nous sommes en février 2004, et je ne suis jamais retournée au cabinet médical. Je ne me souviens pas le nom du médecin, je serais incapable de vous dire où le cabinet se trouve, même si ma vie en dépendait. En janvier dernier, j’ai eu une bronchite aggravée par le fait que je suis asthmatique. J’ai préféré me soigner seule, car de toute façon il faut deux semaines de délai pour obtenir un rendez-vous.

Je rentre en France pour les vacances de Pâques. J’ai déjà pris rendez-vous avec mon gynécologue pour un renouvellement de pilule (et sûrement un frottis !), et avec mon médecin de famille, juste pour lui expliquer tout ce qui m’est arrivé sur le plan médical depuis mon départ. (c’est un médecin qui ne vous regarde pas de travers lorsque vous consultez parce que tout bêtement ça ne va pas, ou parce que vous voulez éviter que ça n’aille pas dans les jours qui viennent, et ce sur le plan psychologique comme sur le plan physique).

Lorsque j’ai appris que le gouvernement français pensait à appliquer ce système de sectorisation, je dois avouer que j’ai bondi. La sectorisation, c’est les listes d’attente, le travail à la chaîne et l’absence d’implication des docteurs, qui se fichent de garder leur clientèle. En effet, ils ont un "numerus clausus" de patients, et ne peuvent de toute façon pas en acquérir de nouveaux. Quand au patient qui décide de changer de docteur, c’est tout à fait possible, mais le changement n’est effectif qu’au bout de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et toutjours dans une région géographique prédéterminée.

[Dans le système britannique] les patients ne peuvent pas choisir le praticien qui leur convient, même si celui-ci les met mal à l’aise, ou est tout simplement incompétent. Et il est impossible d’avoir un deuxième avis.

"Hamster Violent"

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