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Contraception
- Dix idées reçues sur la contraception
- Tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur l’implant contraceptif
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- J’ai arrêté ma contraception il y a quelques semaines et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Je n’ai pas (encore) d’enfant. Puis-je utiliser un DIU ("stérilet") ?
- Diane 35 et ses génériques : le principal risque, c’est la grossesse non désirée...
- Comment s’y retrouver, parmi toutes ces pilules ?
- La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
- Pilule "Jasmine" : à ne pas utiliser n’importe comment !

Contraception et gynécologie >


Contraception : questions/réponses 04
14 février 2004
Article du 15 février 2004

L’article qui suit aborde les sujets suivants :
- Jasmine : quels dangers ?
- Le DIU Mirena fait-il prendre du poids ?
- Cérazette, DIU et antécédents de Chlamydiae
- La pilule, jusqu’à quel âge ?
- La pilule provoque-t-elle une stérilité ?
- Choix d’une méthode et obscurantisme d’une gynéco


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Jasmine : quels dangers (1) ?

Bonjour ! depuis bientôt 2 ans, ma gynéco m’a prescrit une pilule contaceptive Jasmine. J’ai entendu dire qu’elle pouvait présentée des "dangers" mais impossible d’en savoir plus. Qu’en est-il réellement ?

Les risques de Jasmine sont détaillés sur cette page à la rubrique "Contraceptions". En général, les problèmes, quand il y en a - essentiellement : une phlébite, c’est à dire un caillot dans une veine de la jambe - surviennent au cours de la première année de prise. Si vous allez bien avec cette pilule, il n’est pas urgent d’en changer dans la mesure où on vous l’a prescrite depuis 2 ans. Après 35 ans, si vous fumez, il faudra recourir à une autre contraception (mais ce n’est pas spécifique de Jasmine, c’est la même chose avec toutes les pilules " combinée ", c’est à dire contenant de l’éthynil-estradiol, c’est écrit sur la boîte). En dehors de ces circonstances, la meilleure contraception est celle que la femme tolère le mieux avec le moins de contraintes. Je ne sais pas pourquoi on vous a prescrit Jasmine car les cas de femmes qui peuvent en bénéficier réellement sont peu nombreuses, mais c’était peut-être justifié. Si vous entriez dans mon cabinet aujourd’hui en me disant : "Je vais bien", et si vous n’êtes pas fumeuse ET âgée de plus de 35 ans, je ne vous inciterais pas à changer de contraception.
M.W.


Jasmine : quels dangers (2) ?

J’ai lu votre article sur le nouvel observateur et je me suis aperçu que vous parliez de la pilule de ma femme jasmine je vois sa boite dans notre pharmacie très souvent j’ai ainsi pu faire le rapprochement. Je ne lui ai pas parlé de cet article car cela aurait pu l’affoler surtout que vous restez très évasif sur les dangers de cette pilule ; je suis très étonné car son gynécologue que je connais est un médecin très compétent et très à l’écoute de ses patientes ;il lui avait proposé le stérilet après sa grossesse mais elle préférait en en parlant prendre la pilule. Ma femme se sent très bien avec cette pilule et ne fait que répéter qu’elle est mieux avant ses régles qu’avant ,pourquoi je ne sais pas ? Doit-elle l’arrêter ? Quels dangers risque-t-elle ? pouvez vous me tenir informé rapidement ?
Merci d’avance.
Emmanuel

Cher Emmanuel
J’ai décrit les problèmes de Jasmine en détail sur mon site (adresse ci-dessous) à la rubrique "Contraceptions". je vous invite à aller lire ce qui y est dit. Mais je peux d’ores et déjà vous dire ceci : le problème ne réside pas dans les dangers "intrinsèques" de Jasmine mais dans celui qu’il y a à prescrire une nouvelle pilule à toutes les femmes qui se présentent. J’imagine qu’en ce qui concerne votre femme, ce n’est pas la première qu’on lui a prescrite (elle en prenait apparemment une autre pilule auparavant) et que ce choix a été guidé par la connaissance que son gynécologue a de sa tolérance propre et des inconvénients que provoquaient, auparavant, les autres pilules. Quand Jasmine (ou une autre) est choisie de cette manière, il n’y a évidemment pas de danger. Et l’élément le plus important, vous l’indiquez vous-même : elle se sent bien avec. Si elle se sent mieux avant ses règles, c’est parce que certaines pilules entraînent un inconfort juste avant les règles, inconfort que Jasmine est susceptible de réduire. Dans le cas de votre femme, le choix était judicieux. Ce n’est pas le cas de la plupart des femmes à qui on l’a prescrite car les fabriquants ont tendance à présenter TOUTE nouvelle pilule comme LA pilule parfaite, alors que le choix doit être approprié à chaque femme, en tenant compte de ses observations et de sa tolérance personnelle. C’est le cas, manifestement, en ce qui concerne votre compagne. Vous pouvez donc dormir tranquille (et lui faire lire l’article, votre question et ma réponse : elle sera tranquillisée elle aussi).
M. Winckler


Le DIU Mirena fait-il prendre du poids ?

Je suis une utilisatrice de Mirena depuis plus de 5 ans.Je n’ ai jamais eu de problèmes particuliers avec. Je n’ai plus de règles du tout et je ne m’en plains pas. Par contre je rencontre depuis quelque temps des médecins qui me disent que c’est Mirena qui m’a fait prendre du poids (5 kg environ) et qu’ il n’ y a que des soucis avec. Il y a de quoi être un peu inquiète. J’aimerais bien connaître l’avis d’autres médecins ou gynécologues à ce sujet. Je prends souvent des anti-inflammatoires, le gynécoloque qui m ’a placé le Mirena m’avait alors assurée d’ aucune incompatibilité entre les deux. J’ai besoin d’ être rassurée. Qui croire ? Merci. Odile

Chère Odile
D’un point de vue général, il ne faut jamais croire les commentaires destinés à vous terroriser.
Je ne sais pas quel âge vous avez, mais presque toutes les personnes en bonne santé (hommes et femmes) prennent du poids avec l’âge. Chez les femmes, c’est plus marqué entre 16 et 25 ans et à partir de 35 ans (surtout après plusieurs grossesses). Cinq kilos ne me paraissent pas très significatifs, surtout si vous utilisez ce type de DIU depuis plus de cinq ans. Vous les auriez probablement pris de toute manière.

Ma règle générale de soignant est la suivante : si un(e) patient(e) va bien, je ne cherche pas à toute force à lui prouver que ça va mal (ou que ça pourrait aller mal) : il/elle sera assez grand, le jour venu, pour me le signaler lui/elle-même. Si vous-même n’êtes pas gênée par ces cinq kilos, très bien. S’ils vous gênent, ce qui vous aidera à les perdre, c’est l’activité physique et une réduction raisonnée des calories dans votre alimentation. Mais je connais beaucoup de femmes (et leurs maris) qui ne s’en soucient pas. En tout cas, inutile d’enlever un Mirena que vous supportez bien.

Quand un gynécologue vous dit qu’il " n’ a que des soucis avec le Mirena" (on dit la même chose de TOUTES les méthodes contraceptives..), c’est parce qu’il voit surtout les femmes qui ont des soucis avec ! C’est bien normal : les autres (les plus nombreuses), il ne les voit pas car, comme elles vont bien, elles ne consultent pas ! Dans mon expérience, les DIU ("stérilets") en général et le Mirena en particulier sont si confortables que je ne revois les utilisatrices que tous les 18 mois ou 2 ans : elles n’ont pas besoin de moi et c’est tant mieux. Et il est rarissime que je retire un DIU à une femme qui ne veut plus d’enfants : elle trouve ça trop confortable. Mais je ne passe pas non plus mon temps à les faire revenir en consultation tous les quatre matins quand elles vont parfaitement bien...

Donc, si vous êtes contente et n’avez aucun symptôme, évitez d’aller trop souvent chez le gynécologue (un frottis tous les 3 ans, ça suffit largement). Les cinq kilos, vous pourrez parfaitement les perdre en gardant le Mirena.
J’espère vous avoir rassurée. N’hésitez pas à me réécrire si vous le voulez.

M. W.

PS : Votre gynéco a raison : les anti-inflammatoires n’ont aucune action sur les DIU. Ni sur le Mirena, ni sur les autres. C’est une légende (strictement hexagonale) dont la réalité n’a jamais été démontrée. Et, en Angleterre et aux Etats-Unis, quand les femmes ont des règles trop longues avec un DIU, on leur donne des anti-inflammatoires pour les raccourcir.


Cérazette, DIU et antécédents de Chlamydiae

Depuis l’âge de 16 ans, j’ai toujours été sous pilule (Adépal), tout d’abord pour éviter les douleurs importantes que j’avais au moment des règles.
A l’arrêt de la pilule à 30 ans, je suis tombée enceinte tout de suite (grossesse gémellaire). Après la grossesse implant contraceptif pendant 6 mois puis arrêt à cause de saignement. Depuis de nouveau Adépal puis souci de bleus et de jambes lourdes (ce que je n’ai jamais eu auparavant même pas durant la grossesse)
Changement de pilule (Cérazette) mais peu habituée à ce genre de pilule, j’ai du mal à lui faire confiance. Qu’en pensez vous ? De plus j’aurais bien aimé mettre un DIU mais ayant souffert avant ma grossesse de plusieurs infections vaginales dont un chlamydiae, j’hésite beaucoup. (Je tiens à signaler que je suis mariée depuis 10 ans et que mon mari et moi n’avons jamais compris le fait d’avoir ces infections). Que me conseillez vous car je ne me vois pas de nouveau enceinte ou avec des soucis infectieux ?

Après 30 ans, Cérazette est une contraception aussi efficace qu’une pilule combinée ou un implant, vous pouvez donc la prendre sans crainte. Mais ça reste une contrainte quotidienne et vous pouvez aussi avoir des problèmes de saignements (" spotting ") intermittents, ce qui n’est pas très confortable. Le fait d’avoir été porteuse d’une chlamydiae n’est pas en soi une contre-indication au DIU, à partir du moment où vous n’en êtes plus porteuse (après traitement antibiotique). Quand une infection est soignée sans séquelle (ce qui semble être le cas en ce qui vous concerne) la pose d’un DIU n’est pas interdite. Et le port d’un DIU ne favorise pas, en lui-même, les infections. Les médecins Britanniques posent couramment des DIU hormonaux (Mirena) aux femmes ayant fait une infection des trompes, car à la contraception que procurent ces DIU s’ajoute un épaississement des sécrétions du col, qui empêchent le passage des spermatozoïdes ET des bactéries. Donc, une protection supplémentaire contre les infections. Si vous étiez l’une des patientes qui consultent dans le centre où j’exerce, je vous proposerais certainement d’essayer cette méthode-là.
Merci de votre confiance. N’hésitez pas à me réinterroger si vous le voulez.

MW

PS : On peut être porteuse de chlamydiae pendant longtemps sans aucun symptôme. Ceci explique la découverte de chlamydiae chez des couples strictement monogames depuis longtemps : l’un des deux partenaires avait été contaminé par un partenaire sexuel antérieur et ne le savait pas parce qu’il/elle n’avait aucun signe évocateur.


La pilule, jusqu’à quel âge ?

Je prends depuis plusieurs années maintenant ( avec 3arrêts pour raisons de désir d’enfants) d’abord une pilule assez ancienne qui était d’ailleurs remboursée, puis Triminulet conseillé par mon gynéco , puis depuis 6 mois Minulet... Je suis de 1956. Je n’ai pas de problème particuliers... Que pensez vous de ces pilules ? J’ai eu 3 césariennes et mon gynéco n’a jamais voulu de stérilet pour moi... Avait-il raison ? Jusqu’à quel âge pouvons nous avoir un stérilet ? Prendre la pilule ? Mon gynéco ne m’a jamais parlé de patch !
Jacotte

Chère Jacotte
La principale attente qu’on peut avoir d’une pilule contraceptive c’est d’être fiable et bien tolérée. Chez la femme de plus de 30 ans, la plupart des pilules (combinées ou progestatives) sont une excellente contraception. Elles se valent toutes. Le choix doit alors reposer essentiellement sur le confort. Si vous êtes contente de votre pilule, si la prise n’occasionne aucun effet indésirable, n’en changez pas.

Si vous ne fumez pas et n’avez jamais fait de phlébite ou de problème veineux grave (les varices n’en font pas partie quand elles sont peu importantes), vous pouvez continuer la pilule jusqu’à 50 ans et la vôtre (si vous la tolérez bien) convient tout à fait. Maintenant, si vous en avez assez de prendre un comprimé chaque jour, rien (je dis bien RIEN) n’interdit de vous poser un DIU (stérilet), d’autant que j’imagine que votre dernière césarienne remonte à plus de... 2 mois (délai au bout duquel on peut en poser un...) ! Si vous n’avez pas de fibrome utérin, on peut parfaitement vous en poser un et l’efficacité est bien supérieure, à 47 ans, à ce qu’elle est à 25, donc la sécurité contraceptive est au moins comparable et probablement supérieure à celle de la pilule. On peut vous poser indifféremment un DIU au cuivre (efficace 10 ans !) ou un DIU hormonal (Mirena) qui est efficace 5 ans, qui diminue le volume des règles (certaines femmes n’en ont presque plus, ce qui n’a aucune importance) et sert aussi de traitement des premiers symptômes ménopausiques !!! Vous pourriez le garder jusqu’après que votre ménopause soit installée, sans problème aucun.

Le patch, lui, vient juste d’être commercialisé. A mon avis, ce n’est pas une méthode idéale pour une femme qui a envie de simplifier sa contraception (c’est un souci moindre, mais ça reste un souci). Et c’est très cher : 10 à 15 Euros par mois non remboursés !!! Si vous n’avez pas de difficultés à prendre la pilule, il vaut mieux, pour un coût moindre ne pas changer vos habitudes.

M. W.


La pilule provoque-t-elle une stérilité ?

Lorsque j’étais au lycée, en cours de SVT, la prof nous a dit que prendre la pilule était dangereux dans le sens où elle pourrait entraîner une stérélité si on la prenait trop longtemps. En clair si on prend la pilule trop jeune et pendant une longue période, il y aurait des risques qu’on ne puisse pas avoir d’enfants plus tard. Est-ce vrai ?

Non, la pilule ne provoque pas de stérilité. Cette notion remonte à une quarantaine d’années, époque à laquelle on manquait de recul et où on était très angoissé et culpabilisé par les opposants à la pilule, qui menaçaient les utilisatrices de tous les maux....

Ce qui se passe en réalité est la chose suivante : la fertilité varie d’une femme (et d’un couple) à l’autre ; mais pour chaque femme elle est déterminée très tôt : dès la naissance, par le stock d’ovocytes qu’elle a constitué depuis sa conception ; bien évidemment, une femme ne connaît pas l’importance de sa fertilité tant qu’elle n’a pas essayé d’être enceinte. Or, il arrive de plus en plus souvent que les jeunes femmes prennent la pilule avant d’avoir été enceintes. Quand elles interrompent leur contraception, elles retrouvent leur fertilité antérieure. Si celle-ci était très grande, elles sont enceintes rapidement. Si leur fertilité était moindre, la grossesse mettra du temps à venir. Mais le sentiment qui prévaudra est évidemment : " J’ai pris la pilule, et je suis en train de le payer : je suis stérile. " Si la pilule rendait stérile, il n’y aurait pas de grossesse chez les utilisatrices de pilule...

Aujourd’hui, avec quarante ans de recul, on sait non seulement que la pilule ne compromet pas la fertilité naturelle (pré-déterminée) de la femme qui la prend, mais qu’elle contribue même à la protéger ! Des études ont en effet montré que les hormones de la pilule épaississent les sécrétions du col de l’utérus et empêchent le passage de certains microbes vers l’utérus et les trompes, ce qui diminue la fréquence des infections graves, qui sont, elles, responsables de stérilité. Par conséquent, en prenant la pilule, on protège sa fécondité !

M. W.


Choix d’une méthode et obscurantisme d’une gynéco

Je ne sais pas quelle méthode de contraception choisir et je me heurte à l’obscurantisme de ma gynéco, ainsi qu’à la sensibilité au marketing de mon médecin... J’ai 25 ans et depuis mes 16 ans je prends la pilule. Depuis mes 19 ans je rencontre des problèmes de baisse significative de libido, que je ressens comme étant liés à la pilule. J’ai d’abord cherché une cause psychologique et j’ai consulté à ce sujet, je n’ai pas cherché à diaboliser ma pilule, mais le fait est que lorsque je démarre ma plaquette, je sens tout désir disparaître, et mon corps semble se mettre en veille...

J’ai fait une pause de 2 ans entre deux pilules - ce qui m’a valu une IVG, soit dit en passant. Depuis que je reprends la pilule, les mêmes symptomes réapparaissent : dépressivité, irritabilité, baisse de désir. Je sais que ça peut être la fatigue, mais mon ressenti est préoccupant. J’en ai parlé depuis 2 ans à ma gynéco qui refuse catégoriquement de me poser le stérilet que je demande, "parce que je suis nullipare et que le taux d’échec serait trop important", et elle ne veut pas me prescrire de pilule micro-dosée dernière génération pour cause de taux d’échec trop important aussi !

Je suis donc allée en discuter avec mon généraliste "de famille", qui m’a prescrit Jasmine, qui (dit-il) m’aiderait en plus à maigrir et à avoir une silhouette plus tonique. Il m’a tout d’abord dit que le stérilet n’était pas souhaitable à cause des infections et de la gêne (!) et qu’il fallait en fait modifier le dosage hormonal de ma contraception (...)

Il aurait pu certainement me prescrire une autre pilule que Jasmine, mais il est apparemment sujet à la persuasion des laboratoires et de la pub... En lisant vos articles, rubriques etc sur internet j’avoue être perdue... Que dois-je faire ? Est-il possible que ma pilule fasse baisser ma libido (j’ai lu des témoignages allant dans ce sens, en cherchant récemment) ou est-ce purement psychologique ?

Selon vous il n’y a pas de contre-indication à porter un stérilet pour une nullipare et je souhaite vous croire de tout mon coeur parce que je n’en peux plus d’avoir une vie sexuelle au point mort (3 relations par mois, les 3 derniers jours entre deux plaquette !)

Chère Eléonore

Oui, un certain nombre de femmes sentent leur libido baisser quand elles prennent la pilule. C’est un effet des progestatifs. Les mêmes femmes ressentent aussi souvent la même chose quand elles sont enceintes.
Et quand bien même la baisse de la libido sous pilule serait-elle purement psychologique, ça n’en resterait pas moins un effet secondaire indésirable ! (A moins que certains médecins ne considèrent la libido comme " facultative " chez les femmes...) Par conséquent, en soi, c’est une raison suffisante pour vous proposer autre chose !

Je ne crois pas que Jasmine soit un bon choix, en raison des risques supplémentaires qu’elle fait courir, parce qu’elle ne fait pas du tout maigrir (c’est un argument commercial) et surtout parce que dans votre cas, les problèmes de libido n’ont pas de raison de s’améliorer avec. Dans votre cas, le DIU est effectivement une méthode de choix. Et non, un DIU ne provoque pas d’infections, ce sont les partenaires sexuels qui transmettent les infections. Le port d’un DIU n’expose pas aux infections, en soi. Qu’une femme prenne la pilule ou porte un DIU, si elle a plusieurs partenaires sexuels, il vaut mieux qu’elle utilise des préservatifs en plus. Si elle n’en a qu’un, et si elle est raisonnablement assurée qu’il n’a qu’une partenaire (elle), la contraception suffit. Mais cette situation est identique quelle que soit la contraception choisie !

A 25 ans, vous n’êtes plus une enfant et vous êtes en droit de demander la pose d’un DIU ; le fait que vous ayez eu ou non une IVG n’y change rien : on peut poser un DIU à la plupart des nullipares, qu’elles aient eu une IVG ou non Il faut seulement choisir un modèle adapté : Sertalia ou UT 380 "short".

Il est possible que vous trouviez un médecin prêt à vous le poser en vous adressant au centre de planification public (hospitalier, en général proche du centre d’IVG) ou privé (antenne du Planning familial, en ville, en général) le plus proche de votre domicile. Une liste (régulièrement mise à jour)de ces centres est disponible sur mon site, et téléchargeable librement.

L’argument selon lequel les échecs de DIU sont plus nombreux avant 25 ans n’est pas valide une contraception qui vous laisse tranquille est toujours plus efficace que pas de contraception, et aussi plus efficace et plus confortable qu’une contraception mal tolérée (la pilule). C’est le confort de votre vie (sexuelle, psychologique) qui est en jeu, pas le confort moral (mal informé) des médecins. Vous êtes en droit d’obtenir qu’on vous pose un DIU. Essayez aussi de découvrir si des généralistes autour de chez vous posent des DIU. Ces généralistes-là sont souvent plus ouverts et moins obtus que beaucoup de gynécologues.
Amitiés
M. W.

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